lundi 19 février 2018

Palmarès des BAFTA awards 2018

Voici les résultats britanniques de cette année, cérémonie présentée par Joanna Lumley. Pour plus de petites précisions sur les BAFTA, cf mon article de 2015. 



Meilleur film
Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Call Me by Your Name
Les Heures sombres (Darkest Hour)
Dunkerque (Dunkirk)
La Forme de l'eau (The Shape of Water)

Je n'en ai vu que deux : Les heures sombres et Dunkerque. Les heures sombres étaient incontestablement le meilleur.

Meilleur film britannique
Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Les Heures sombres (Darkest Hour)
La Mort de Staline (The Death of Stalin)
Seule la Terre (God's Own Country)
The Young Lady (Lady Macbeth)
Paddington 2

Meilleur réalisateur
Guillermo Del Toro pour La Forme de l'eau (The Shape of Water)
Denis Villeneuve pour Blade Runner 2049
Luca Guadagnino pour Call Me by Your Name
Christopher Nolan pour Dunkerque (Dunkirk)
Martin McDonagh pour Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Meilleur acteur
Gary Oldman pour le rôle de Winston Churchill dans Les Heures sombres (Darkest Hour)
Timothée Chalamet pour le rôle d'Elio Perlman dans Call Me By Your Name
Daniel Day-Lewis pour le rôle de Reynolds Woodcock dans Phantom Thread
Jamie Bell pour le rôle de Peter Turner dans Film Stars Don't Die in Liverpool
Daniel Kaluuya pour le rôle de Chris Washington dans Get Out 

Évidemment ! Qu'elle est méritée cette récompense !! Day-Lewis était pourtant un sérieux concurrent. 

Meilleure actrice
Frances McDormand pour le rôle de Mildred Hayes dans Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Annette Bening pour le rôle de Gloria Grahame dans Film Stars Don't Die in Liverpool
Sally Hawkins pour le rôle d'Elisa Esposito dans La Forme de l'eau (The Shape of Water)
Margot Robbie pour le rôle de Tonya Harding dans Moi, Tonya (I, Tonya) 
Meilleur acteur dans un second rôle
Sam Rockwell pour le rôle de l'officier Jason Dixon dans Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Willem Dafoe pour le rôle de Bobby dans The Florida Project
Hugh Grant pour le rôle de Phoenix Buchanan dans Paddington 2
Woody Harrelson pour le rôle du shérif Bill Willoughby dans Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Christopher Plummer pour le rôle de J. Paul Getty dans Tout l'argent du monde (All the Money in the World)

Meilleure actrice dans un second rôle
Allison Janney pour le rôle de LaVona Harding dans Moi, Tonya (I, Tonya)
Lesley Manville pour le rôle de Cyril Woodcock dans Phantom Thread
Laurie Metcalf pour le rôle de Marion McPherson dans Lady Bird
Kristin Scott Thomas pour le rôle de Clementine Churchill dans Les Heures sombres (Darkest Hour)
Octavia Spencer pour le rôle de Zelda Fuller dans La Forme de l'eau (The Shape of Water)

Meilleur scénario original
Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri) – Martin McDonagh
Get Out – Jordan Peele
Moi, Tonya (I, Tonya) – Steven Rogers
Lady Bird – Greta Gerwig
La Forme de l'eau (The Shape of Water) – Guillermo del Toro et Vanessa Taylor

Meilleur scénario adapté
Call Me By Your Name – James Ivory
Film Stars Don't Die in Liverpool– Matt Greenhalgh
Le Grand Jeu (Molly's Game) – Aaron Sorkin
La Mort de Staline (The Death Of Stalin) – Armando Iannucci, Ian Martin, David Schneider et Peter Fellows
Paddington 2 – Paul King et Simon Farnaby 

Meilleurs décors
La Forme de l'eau (The Shape of Water) – Paul Austerberry, Jeff Melvin, Shane Vieau
Blade Runner 2049 – Dennis Gassner, Alessandra Querzola
La Belle et la Bête (Beauty and the Beast) – Sarah Greenwood, Katie Spencer
Les Heures sombres (Darkest Hour) – Sarah Greenwood, Katie Spencer
Dunkerque (Dunkirk) – Nathan Crowley, Gary Fettis

Meilleurs costumes
Phantom Thread – Mark Bridges
La Belle et la Bête – Jacqueline Durran
Les Heures sombres (Darkest Hour) – Jacqueline Durran
Moi, Tonya (I, Tonya) – Jennifer Johnson
La Forme de l'eau (The Shape of Water) – Luis Sequeira 

La Belle et la Bête, c'était beau, mais l'élégance des années 50...
Meilleurs maquillages et coiffures
Les Heures Sombres (Darkest Hour) – David Malinowski, Ivana Primorac, Lucy Sibbick, Kazuhiro Tsuji
Blade Runner 2049 – Donald Mowat, Kerry Warn
Moi, Tonya (I, Tonya) – Deborah La Mia Denaver, Adruitha Lee
Confident royal (Victoria & Abdul) – Daniel Phillips
Wonder – Naomi Bakstad, Robert A Pandini, Arjen Tuiten
Meilleure photographie
Blade Runner 2049 – Roger Deakins
Les Heures sombres (Darkest Hour) – Bruno Delbonnel
Dunkerque (Dunkirk) – Hoyte van Hoytema
La Forme de l'eau (The Shape of Water) – Dan Laustsen
Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri) – Ben Davis

Meilleur montage
Baby Driver – Jonathan Amos et Paul Machliss
Blade Runner 2049 – Joe Walker
Dunkerque (Dunkirk) – Lee Smith
La Forme de l'eau (The Shape of Water) – Sidney Wolinsky
Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri) – Jon Gregory

Meilleurs effets visuels
Blade Runner 2049 – Gerd Nefzer, John Nelson
Dunkerque (Dunkirk) – Scott Fisher, Andrew Jackson
La Forme de l'eau (The Shape of Water) – Dennis Berardi, Trey Harrell, Kevin Scott
Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi (Star Wars: The Last Jedi) –
La Planète des singes : Suprématie (War for the Planet of the Apes) 

Meilleur son
Dunkerque (Dunkirk) – Richard King, Gregg Landaker, Gary A. Rizzo, Mark Weingarten
Baby Driver – Tim Cavagin, Mary H. Ellis, Julian Slater
Blade Runner 2049 – Ron Bartlett, Doug Hemphill, Mark Mangini, Mac Ruth
La Forme de l'eau (The Shape of Water) – Christian Cooke, Glen Gauthier, Nathan Robitaille, Brad Zoern
Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi (Star Wars: The Last Jedi) – Ren Klyce, David Parker, Michael Semanick, Stuart Wilson, Matthew Wood

Meilleure musique de film
La Forme De L'Eau (The Shape of Water) – Alexandre Desplat
Blade Runner 2049 – Benjamin Wallfisch, Hans Zimmer
Les Heures sombres (Darkest Hour) – Dario Marianelli
Dunkerque (Dunkirk) – Hans Zimmer
Phantom Thread – Jonny Greenwood

Meilleur film en langue étrangère
Mademoiselle (아가씨) de Park Chan-wook – Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud (en coréen)
Le Client (فروشنده, Forushande) de Asghar Farhadi – Drapeau de l'Iran Iran (en persan)
D'abord, ils ont tué mon père d'Angelina Jolie – Drapeau du Cambodge Cambodge (en khmer, anglais et français)
Elle (Una mujer fantástica) de Paul Verhoeven – Drapeau de l'Allemagne Allemagne Drapeau de la Belgique Belgique Drapeau de la France France (en français)
Faute d'amour (Нелюбовь) d'Andreï Zviaguintsev – Drapeau de la Russie Russie (en russe) 
Meilleur film d'animation
Coco
La Passion Van Gogh (Loving Vincent)
Ma vie de Courgette

Meilleur film documentaire
I Am Not Your Negro
City of Ghosts
Icarus
Une suite qui dérange (An Inconvenient Sequel: Truth to Power)
Jane

Meilleur court métrage
Cowboy Dave
Aamir
A Drowning Man
Work
Wren Boys

Meilleur court métrage d'animation britannique
Poles Apart
Have Heart
Mamoon

Meilleur nouveau scénariste, réalisateur ou producteur britannique
Rungano Nyoni (scénariste, réalisateur), Emily Morgan (producteurs) pour I Am Not A Witch
Gareth Tunley (scénariste, réalisateur, producteur), Jack Healy Guttman & Tom Meeten (producteurs) pour The Ghoul
Johnny Harris (scénariste, réalisateur), Thomas Napper (réalisateur) pour Jawbone
Lucy Cohen (réalisateur) pour Kingdom Of Us
Alice Birch (scénariste), William Oldroyd (réalisateur), Fodhla Cronin O'Reilly (producteurs) pour Lady Macbeth

EE Rising Star Award
Meilleur espoir, résultant d'un vote du public.
Daniel Kaluuya
Florence Pugh
Josh O'Connor
Tessa Thompson
Timothée Chalamet

BAFTA Fellowship
Ridley Scott

Outstanding British Contribution To Cinema
National Film and Television School (NFTS)

Récompenses multiples
Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance : 5 victoires sur 9 nominations
La Forme de l'eau : 3 victoires sur 12 nominations
Blade Runner 2049 : 2 victoires sur 8 nominations, Les Heures sombres : 2 victoires sur 9 nominations
 

samedi 17 février 2018

Le labyrinthe : le remède mortel

Afin de sauver Minho, Thomas et ses amis devront pénétrer dans la légendaire et sinueuse Dernière Ville contrôlée par la terrible organisation WICKED. Une cité qui pourrait s’avérer être le plus redoutable des labyrinthes.

Beaucoup de points communs avec le précédent malgré quelques défauts supplémentaires. L'ouverture sur l'attaque du train commence bien et nous remet dans le bain immédiatement. Les personnages sont de nouveau approfondis et bien plus actifs, quoique leurs réactions apparaissent pour le moins changeantes et parfois peu compréhensibles. Le casting est toujours aussi efficace. Les scènes d’action, bien réalisées, rythmées, visibles et pleines d’effets spéciaux convaincants, alternent avec des scènes plus intimistes. La question morale développée reste posée sans manichéisme et se révèle toujours aussi complexe à résoudre. Le scénario souffre parfois d'incohérences difficiles à justifier. La fin, l'épilogue pour être précise, s'avère un rien décevante.

7/10


Black panther

Après la mort de son père, T’Challa revient au Wakanda prendre sa place sur le trône. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, son courage est mis à rude épreuve. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…

La bande annonce était prometteuse et n'en dévoilait pas trop. Cet opus Marvel allie humour, action et effets spéciaux de qualité sans trop d'esbroufe, comme toujours et se situe principalement en Afrique, nouveauté en soi. Chadwick Boseman campe la fameuse panthère avec ce qu'il faut de charisme. La jeune Letitia Wright amène une espièglerie bienvenue tout à fait charmante, tandis que Danai Gurira impose sa force pas si tranquille. Martin Freeman et Andy Serkis composent des sidekicks parfaitement efficaces. Entre tradition colorée et modernité, le scénario, prévisible, vise un aspect social, féministe et profondément humain plutôt plaisant. C'est sans doute le Marvel le plus politique, le plus mature.

8/10
 


jeudi 15 février 2018

Phantom thread

Dans les années 50, le couturier de renom Reynolds Woodcock et sa sœur Cyril règnent sur le monde de la mode anglaise. Célibataire endurci, il collectionne les femmes qui lui servent à la fois de muses et de compagnes jusqu’au jour où la jeune et très déterminée Alma les supplante toutes. Mais cet amour va bouleverser une routine jusque-là ordonnée et organisée au millimètre près.

Je ne sais pas quoi penser de ce film. Il est élégant comme les tenues incroyables qu'il montre. Il est mélancolique et sombre comme les musiques assourdissantes qui nous déconcentrent. Il est hanté par trois personnages névrosés, bourrés de défauts et néanmoins attachants. Daniel Day-Lewis campe, à sa façon aussi charismatique qu'inquiétante, Reynolds, couturier de génie, lunatique, ogre dévorant tout autour de lui. Vicky Krieps explose en ingénue pas si naïve tandis que Lesley Manville lui oppose un jeu monolithique et glacial. Ce tango, tantôt à deux, tantôt à trois, vénéneux à souhait, explore les relations de couple qu'il soit amoureux ou fraternel. Parfois longuet, le film s'avère d'une beauté visuelle indéniable, tant au niveau de la photographie que des costumes, en un mot : somptueux, mais guère émouvant. Un affrontement splendide et tendu qui risque de valoir un oscar à Daniel Day-Lewis, encore. 

8/10

mercredi 14 février 2018

Le retour du héros

Elisabeth est aussi droite et sérieuse que le capitaine Neuville est lâche et sans scrupules. En faisant de lui un héros d'opérette, elle est devenue, malgré elle, responsable d'une imposture qui va très vite la dépasser… 

Récit mordant d'une imposture frôlant l'absurde à l'époque napoléonienne, ce retour d'un héros de pacotille qui mérite surtout le titre de meilleur conteur ne surprend guère mais offre un spectacle sympathique bourré de références tant aux films de Broca qu'à Jane Austen. Jean Dujardin et Mélanie Laurent, complices, cabotinent à loisir, s'échangeant avec délice des piques assassines. Joyeuse, légère, sans trop de prétentions autres que divertir, cette comédie pêche parfois par excès d'enthousiasme et des traits trop épais, passant très près de la caricature. Cela dit, la peinture de la bourgeoisie napoléonienne, avide d'histoires romanesques et de diamants. Réjouissant. 

7/10

dimanche 11 février 2018

Agora

En janvier 2010 est sorti un film ambitieux qui n'a pas très bien marché aux États-Unis. Parfois, le public américain rate des choses... 

IVème siècle après J-C. L’Égypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des Chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande Bibliothèque, désormais menacée par la colère des insurgés, la brillante astronome Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, avec l'aide de ses disciples. Parmi eux, deux hommes se disputent son amour : Oreste et le jeune esclave Davus, déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les Chrétiens, de plus en plus puissants...

On entre difficilement dedans au début, il faut apprivoiser ce film qui connaît une coupure centrale inappropriée car il a de très nombreuses qualités. Les acteurs sont formidables, notamment Rachel Weisz, Max Minghella, Oscar Isaac, Ashraf Barhom... La reconstitution est élégante, les costumes magnifiques et la BO efficace. Il y a de belles prises de vue avec une photographie soignée. Le film est nuancé, aucun manichéisme là dedans : toutes les factions sont violentes et veulent convaincre les autres. Il montre un beau portrait de femme moderne voulant protéger le savoir et la liberté, éprise d'astronomie et de maths, aimée et admirée par ses disciples. Ses interrogations sont plausibles et ne cassent pas le rythme. Je doute du respect de la réalité historique de la romance mais je ne pense pas non plus que ce soit le but ni l'intérêt du film qui s'avère essentiellement politique. Il dénonce implacablement le fanatisme et les extrémismes de toute sorte. Le parallèle avec le monde actuel est évident et effrayant tant le monde ne semble pas avoir changé en 1500 ans ! Je trouve détestable que l'on s'en prenne sans raison aux arts et aux sciences. Quand les hommes s'en prennent à la liberté des individus, à la condition des femmes (bizarrement c'est systématique) et qu'ils interprètent des écrits comme cela les arrangent plutôt qu'en respectant leurs principes (pardon, bonté, pitié chrétienne ou juive en l'espèce), c'est là qu'ils deviennent dangereux. Moralité : tolérance et respect sont les meilleurs armes contre le fanatisme. Péplum intelligent et bavard, presque intellectuel, parfois maladroit, ce film d'Amenàbar est injustement méconnu.

9/10