samedi 20 janvier 2018

Brillantissime

Angela pense avoir une vie idéale : bel appartement niçois, beau mari, ado musicienne. Mais le soir de Noël, sa fille la laisse pour rejoindre son petit copain, son mari la quitte, sa mère part en vacances et sa meilleure amie préfère prendre des somnifères...
Je m'attendais à une comédie pas vraiment subtile mais drôle. Pas hilarante, juste marrante. Finalement, j'ai vu une comédie qui peine à faire sourire, la faute à un scénario bâclé et à des dialogues et des situations manquant cruellement de mordant. La réalisation n'est pas vraiment en cause, elle s'avère seulement banale. Le casting, sympathique, ne convainc pas totalement malgré sa complicité. Seule Françoise Fabian, dans le rôle de la mère indigne, tire véritablement son épingle du jeu. Michèle Laroque aime visiblement son personnage, cela ne suffit pas à lui donner de la profondeur, seulement à lui faire partager son capital sympathie. La chanson de la fille m'a fait penser à celle du spectacle "Ils s'aiment". Étant donné que celle-ci me fait mourir de rire, c'est plutôt un compliment. Enfin je crois. Sans être déplaisant, le film est insipide, déjà oublié en somme.

4/10

mercredi 17 janvier 2018

In the fade

La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe.
Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance. 
Aus dem nichts (du néant) n'est pas un film facile. Il traite d'un sujet difficile : ceux qui restent après un acte barbare : la famille des victimes, les meurtriers, leur propre famille. Si ces derniers sont traités en filigrane dans la deuxième et troisième partie, le sort de l'épouse et mère constitue le cœur du long métrage allemand sombre à la narration sèche et tendue. L'émotion point au cours de plusieurs scènes, notamment grâce à l'interprétation sobre et néanmoins habitée de Diane Kruger. Denis Moschitto interprète un avocat et un ami attentif et engagé avec une certaine douceur. Portrait d'une femme à la dérive dont la vie part en morceaux, le film évoque aussi les groupes néonazis européens et la justice allemande. Fatih Akin clôt son œuvre par de belles images mais laisse parfois la camera trembler, apparemment volontairement mais si désagréable ! J'ai trouvé la dernière partie moins intéressante, plus hollywoodienne avec un final un peu décevant au regard des deux premières. Captivant mais dur.

7,5/10

lundi 15 janvier 2018

Normandie nue

Au Mêle sur Sarthe, petit village normand, les éleveurs sont touchés par la crise. Georges Balbuzard, le maire de la ville, rencontre Blake Newman, grand photographe qui déshabille les foules de passage dans la région. Il y voit l’occasion de sauver son village. Seulement voilà, aucun normand n’est d’accord pour se mettre à nu…

Après une dure journée, rien ne vaut un bon ciné. Question horaire, ce fut donc Normandie nue, un film sur le milieu des éleveurs. La campagne et moi ça fait deux, je ne suis pas le public cible. Et pourtant. Et pourtant j'ai bien aimé ce film léger qui traite de sujets graves en faisant sourire : la crise du prix de la viande et du lait, la démographie vieillissante des campagnes, les pesticides, la souffrance animale, l'installation des hypermarchés, les vieilles rancunes qui empoisonnent le présent... Mené par François Cluzet, le casting n'en fait pas des tonnes et offre de beaux moments de complicité dans le bocage normand magnifié par les éclaircies. S'il n'évite pas tous les clichés, et malgré un scénario manquant de liant confinant parfois à la naïveté, le film recèle une vraie sincérité et une tendresse pour ses personnages. Sympathique. 

6,5/10

vendredi 12 janvier 2018

La monnaie de leur pièce

Paul, Nicolas et Charlotte ont toujours pensé qu’ils hériteraient de la riche tante Bertille. Hélas, ils découvrent à sa mort qu’elle a tout légué à Eloïse, cette cousine exaspérante et pot-de-colle qu’ils n’avaient pas vue depuis longtemps. En faisant à nouveau irruption dans leur vie, que cherche-t-elle exactement ?
Je n'attendais rien de cette petite comédie sur l'appât du gain familial mais elle s'est révélée plus fine que ce que j'attendais en évoquant aussi le mal d'aimer, la manipulation, la revanche et les relations familiales sans jugement mais toujours prêt à dégainer une pique un rien vacharde. Qu'est-on prêt à faire pour obtenir de l'argent ? Quelle compromission est-on prêt à réaliser ? Le casting est réussi, mention spéciale à Julia Piaton en bourgeoise collet-monté tout en gentillesse envahissante, presque flippante. Les dialogues pleins de mauvais esprit alimentent le rythme de cette comédie caustique légère évoquant les mésaventures sentimentalo-financières de cette famille bien barrée. Dommage que certains rôles soient sous-traités et les ficelles du scénario trop visibles. Au final, une comédie douce-amère plaisante. 

7,5/10

mardi 9 janvier 2018

Darkest hour

Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill, piliers du Parlement, est nommé 1er ministre le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain. Alors que plane la menace d’une invasion du Royaume-Uni par Hitler et que 300 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque, Churchill découvre que son propre parti complote contre lui et que même le roi, George VI, se montre fort sceptique quant à son aptitude à assurer la lourde tâche qui lui incombe.
Les heures sombres, traduction absurde de "Darkest hour" : l'heure la plus sombre, celle où Churchill, héros britannique s'il en est, a failli abandonner, pour lui comme pour sa chère île. Comment il en est arrivé là et comment il s'en est relevé, voilà le sujet du film dans lequel les hommes politiques britanniques n'ont pas le beau rôle. Churchill lui-même n'est pas présenté en homme parfait : il boit -tellement!- il enfume tout le monde, il a des accès de colère, il peut être hésitant. Ses qualités apparaissent aussi : brillant, drôle, courageux, orateur de génie quand il le veut. Gary Oldman, magnifiquement maquillé, l'interprète avec un certain mimétisme, ses yeux font passer beaucoup d'émotions. Ben Mendelsohn apparaît peu mais brillamment, de même que Kristin Scott Thomas qui campe Clementine Churchill, premier et meilleur soutien de son époux. Quant à Lily James, définitivement mieux en brune, sa fraîcheur allège le propos tout en amenant le point de vue d'une personne qui ne participe pas à la prise de décision. Le scénario, bien écrit et concentré sur les choix anglais, fait monter la tension petit à petit. Je regrette que Wright n'ait fait preuve d'un peu plus de lyrisme et du même piquant que son personnage. A voir ne serait-ce que pour les éclairs de génie de Oldman-Churchill.

9/10

lundi 8 janvier 2018

Le palmarès des Golden globes 2018

Aucun commentaire cette année car c'est pire que d'habitude, j'ai dû voir trois ou quatre des films nommés, et encore pas les multi-nommés.Une exception toutefois. Je vous laisse découvrir laquelle...

Cinéma


Meilleur film dramatique

Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance

Call Me By Your Name

Dunkerque

Pentagon Papers

La Forme de l'eau



Meilleur film musical ou comédie

Lady Bird

The Disaster Artist

Get Out

The Greatest Showman

Moi, Tonya



Meilleur réalisateur

Guillermo del Toro pour La Forme de l'eau

Martin McDonagh pour Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance

Christopher Nolan pour Dunkerque

Ridley Scott pour Tout l'argent du monde

Steven Spielberg pour Pentagon Papers


Meilleur acteur dans un film dramatique

Gary Oldman pour le rôle de Winston Churchill dans Les Heures sombres

Timothée Chalamet pour le rôle d'Elio Perlman dans Call Me By Your Name

Daniel Day-Lewis pour le rôle de Reynolds Woodcock dans Phantom Thread

Tom Hanks pour le rôle de Benjamin Bradlee dans Pentagon Papers

Denzel Washington pour le rôle de Roman J. Israel dans Roman J. Israel, Esq. 

Je n'ai vu que Les heures sombres. Je ne sais pas ce que vaut la prestation des autres comédiens mais celle de Gary Oldman est assez exceptionnelle. 


Meilleure actrice dans un film dramatique

Frances McDormand pour le rôle de Mildred Hayes dans Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance

Jessica Chastain pour le rôle de Molly Bloom dans Le Grand jeu

Sally Hawkins pour le rôle d'Elisa Esposito dans La Forme de l'eau

Meryl Streep pour le rôle de Katharine Graham dans Pentagon Papers

Michelle Williams pour le rôle de Gail Harris dans Tout l'argent du monde



Meilleur acteur dans un film musical ou une comédie

James Franco pour le rôle de Tommy Wiseau dans The Disaster Artist

Steve Carell pour le rôle de Bobby Riggs dans Battle of the Sexes

Ansel Elgort pour le rôle de Baby dans Baby Driver

Hugh Jackman pour le rôle de Phineas Taylor Barnum dans The Greatest Showman

Daniel Kaluuya pour le rôle de Chris Washington dans Get Out



Meilleure actrice dans un film musical ou une comédie

Saoirse Ronan pour le rôle de Christine McPherson dans Lady Bird

Judi Dench pour le rôle de la Reine Victoria dans Confident royal

Helen Mirren pour le rôle d'Ella dans L'Échappée belle

Margot Robbie pour le rôle de Tonya Harding dans Moi, Tonya

Emma Stone pour le rôle de Billie Jean King dans Battle of the Sexes


Meilleur acteur dans un second rôle

Sam Rockwell pour le rôle de l'officier Jason Dixon dans Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance

Willem Dafoe pour le rôle de Bobby dans The Florida Project

Armie Hammer pour le rôle d'Oliver dans Call Me by Your Name

Richard Jenkins pour le rôle de Giles dans La Forme de l'eau

Christopher Plummer pour le rôle de J. Paul Getty dans Tout l'argent du monde



Meilleure actrice dans un second rôle

Allison Janney pour le rôle de LaVona Harding dans Moi, Tonya

Mary J. Blige pour le rôle de Florence Jackson dans Mudbound

Hong Chau pour le rôle de Ngoc Lan Tran dans Downsizing

Laurie Metcalf pour le rôle de Marion McPherson dans Lady Bird

Octavia Spencer pour le rôle de Zelda Fuller dans La Forme de l'eau



Meilleur scénario

Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance - Martin McDonagh

La Forme de l'eau - Guillermo del Toro et Vanessa Taylor

Lady Bird - Greta Gerwig

Pentagon Papers - Liz Hannah et Josh Singer

Le Grand Jeu - Aaron Sorkin



Meilleure chanson originale

This Is Me dans The Greatest Showman - Benj Pasek et Justin Paul

Home dans Ferdinand - Nick Jonas, Justin Tanter et Nick Monson

Mighty River dans Mudbound - Raphael Saadiq, Mary J. Blige et Taura Stinson

Remember Me dans Coco - Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez

The Star dans L'Étoile de Noël - Mariah Carey et Marc Shaiman



Meilleure musique de film

La Forme de l'eau - Alexandre Desplat

Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance - Carter Burwell

Phantom Thread - Jonny Greenwood

Pentagon Papers - John Williams

Dunkerque - Hans Zimmer



Meilleur film en langue étrangère

In the Fade de Fatih Akın (en allemand)

Une femme fantastique de Sebastián Lelio (en espagnol)

D'abord, ils ont tué mon père d'Angelina Jolie (en Khmer, anglais et français)

Faute d'amour d'Andreï Zviaguintsev (en russe)

The Square de Ruben Östlund (en suédois, danois et anglais)


Meilleur film d'animation

Coco

Baby Boss

Parvana, une enfance en Afghanistan

Ferdinand

La Passion Van Gogh



Télévision


Meilleure série dramatique

The Handmaid's Tale : La Servante écarlate

The Crown

Game of Thrones

Stranger Things

This Is Us



Meilleure série musicale ou comique

The Marvelous Mrs. Maisel

Black-ish

Master of None

SMILF

Will et Grace



Meilleure mini-série ou meilleur téléfilm

Big Little Lies

Fargo

Feud: Bette and Joan

The Sinner

Top of the Lake: China Girl



Meilleur acteur dans une série dramatique

Sterling K. Brown pour le rôle de Randall Pearson dans This Is Us

Jason Bateman pour le rôle de Martin Byrde dans Ozark

Freddie Highmore pour le rôle du Dr Shaun Murphy dans The Good Doctor

Bob Odenkirk pour le rôle de Jimmy McGill dans Better Call Saul

Liev Schreiber pour le rôle de Raymond Donovan dans Ray Donovan



Meilleure actrice dans une série dramatique

Elisabeth Moss pour le rôle de Defred / June Osborne dans The Handmaid's Tale : La Servante écarlate

Caitriona Balfe pour le rôle de Claire Fraser dans Outlander

Claire Foy pour le rôle d'Élisabeth II dans The Crown

Maggie Gyllenhaal pour le rôle de Eileen Merrell dans The Deuce

Katherine Langford pour le rôle de Hannah Baker dans 13 Reasons Why



Meilleur acteur dans une série musicale ou comique

Aziz Ansari pour le rôle de Dev Shah dans Master of None

Anthony Anderson pour le rôle de Andre Johnson Sr. dans Black-ish

Kevin Bacon pour le rôle de Dick dans I Love Dick

William H. Macy pour le rôle de Francis Gallagher dans Shameless

Eric McCormack pour le rôle de Will Truman dans Will et Grace



Meilleure actrice dans une série musicale ou comique

Rachel Brosnahan pour le rôle de Miriam Maisel dans The Marvelous Mrs. Maisel

Pamela Adlon pour le rôle de Sam Fox Sr. dans Better Things

Alison Brie pour le rôle de Ruth Wilder dans GLOW

Issa Rae pour le rôle d'Issa Dee dans Insecure

Frankie Shaw pour le rôle de Bridgette Bird dans SMILF



Meilleur acteur dans une mini-série ou un téléfilm

Ewan McGregor pour le rôle de Emmit Stussy / Ray Stussy dans Fargo

Robert De Niro pour le rôle de Bernard Madoff dans The Wizard of Lies

Jude Law pour le rôle de Lenny Belardo, le pape Pie XIII dans The Young Pope

Kyle MacLachlan pour le rôle de Dale Cooper dans Twin Peaks

Geoffrey Rush pour le rôle d'Albert Einstein dans Genius



Meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm

Nicole Kidman pour le rôle de Celeste Wright dans Big Little Lies

Jessica Biel pour le rôle de Cora Tannetti dans The Sinner

Jessica Lange pour le rôle de Joan Crawford dans Feud: Bette and Joan

Susan Sarandon pour le rôle de Bette Davis dans Feud: Bette and Joan

Reese Witherspoon pour le rôle de Madeline Mackenzie dans Big Little Lies


Meilleur acteur dans un second rôle dans une série, une mini-série ou un téléfilm

Alexander Skarsgård pour le rôle de Perry Wright dans Big Little Lies

David Harbour pour le rôle de Jim Hopper dans Stranger Things

Alfred Molina pour le rôle de Robert Aldrich dans Feud: Bette and Joan

Christian Slater pour le rôle d'Edward Alderson dans Mr. Robot

David Thewlis pour le rôle de V.M. Vargas dans Fargo



Meilleure actrice dans un second rôle dans une série, une mini-série ou un téléfilm

Laura Dern pour le rôle de Renata Klein dans Big Little Lies

Ann Dowd pour le rôle de Tante Lydia dans The Handmaid's Tale : La Servante écarlate

Chrissy Metz pour le rôle de Kate Pearson dans This Is Us

Michelle Pfeiffer pour le rôle de Ruth Madoff dans The Wizard of Lies

Shailene Woodley pour le rôle de Jane Chapman dans Big Little Lies



Cecil B. DeMille Award

Oprah Winfrey



Un peu de chiffres :


Les gagnants 
Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance : 4 sur 6

La Forme de l'eau : 2 sur 7

Lady Bird : 2 sur 4



Big Little Lies : 4 sur 6

The Handmaid's Tale : La Servante écarlate : 2 sur 3

The Marvelous Mrs. Maisel : 2 sur 2


Le grand perdant

Pentagon Papers : 0 sur 6

dimanche 7 janvier 2018

Mes 9 tops 2017

Cette fois, j'ai compté moins de tops que de flops. Pour être au top cette année, il fallait au moins atteindre 9/10 et j'ai eu beaucoup de 8,5. Je deviens exigeante. Quelques belles pépites tout de même.

Quelques minutes après minuit // Sublime //

8 janvier 2017



Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, juste quelques minutes après minuit, un if prend vie et visite le garçon.



Ce film est un conte moral qui évoque la mort, le deuil, la solitude, les liens familiaux. Conor fait face à quelque chose de bien trop grand et bien trop dur pour lui, alors il fait appel à un monstre qui l'aide à mettre des mots sur sa profonde souffrance. Lewis MacDougal est extraordinaire en gamin perdu mais plein d'imagination. Sa palette de jeu est impressionnante vu son jeune âge. Felicity Jones amène sa douceur alors que Sigourney Weaver amène son énergie irradiante. La voix de Liam Neeson fonctionne parfaitement. Quant à Toby Kebbel, c'est le père indigne le plus sympathique que j'ai vu. Les effets spéciaux, baroques, sont sublimes, tant du point de vue visuel que sonore. L'utilisation des silences est remarquablement maligne. Les séquences animées façon aquarelle, de même que le générique sont superbes. En plus d'être beau, le film est intelligent et sensible. Loin d'être tire-larmes, il fait naître l'émotion petit à petit et de façon durable. Le scénario, déchirant, bien qu'un peu léger, est une ode à l'imagination et à son pouvoir. Ça fait penser aux meilleurs opus de Spielberg, et ce n'est pas peu dire.



9/10 

Un film beau et triste. Surtout beau. 


Hidden figures // Exaltant //

8 mars 2017


Le destin de trois scientifiques afro-américaines, Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson, qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et blancs, leur histoire est restée longtemps méconnue.



Le film, à la réalisation classique et lisse, se concentre sur trois scientifiques ayant réellement existé, trois femmes noires extrêmement brillantes dans un monde d'hommes blancs, à une époque pendant laquelle personne ne voulait les entendre et encore moins les écouter. A cet égard, certaines scènes d'humiliation sont terribles par leur banalité et leur violence silencieuse. Heureusement, quelques hommes s'intéressent plus aux capacités techniques qu'à leurs certitudes machistes et/ou racistes. A ce sujet, le scénario, néanmoins soigné et parfois drôle, aurait pu être plus incisif (mais bon, ce n'est pas un film purement politique). Par son côté conquête, tant de l'espace que des droits, il est exaltant. D'ailleurs la seule scène de véritable révolte est très émouvante. Le casting a été soigné. Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae sont exceptionnelles, mélange de résignation, de courage et de détermination. Kristen Dunst campe avec le talent qu'on lui connaît une femme qui se donne bonne conscience mais est loin d'être aussi progressiste que les personnages du sobre Kevin Costner et du charmant Glen Powell. La B.O sixties, au top, accompagne une reconstitution impeccable qui recoupe naissance de l'informatique moderne et conquête de l'espace ambiance guerre froide. Jamais ennuyeux, le film mêle dans un savant équilibre l'intime, le professionnel et la grande histoire. Un film qui fait réfléchir sur l'actualité autant qu'il évoque un passé pas vraiment révolu.



9/10 

Girl power ! Hiha ! Ça donne envie de demander une augmentation. Plus sérieusement, une belle histoire qui exalte la réussite par l'intelligence.


Monsieur et Madame Adelman // Délicieux //

12 mars 2017



Comment Sarah et Victor ont-ils fait pour se supporter pendant plus de 45 ans ? Qui est vraiment cette femme énigmatique qui vivait dans l'ombre de son mari ?



J'ai vu le passage de Bedos et Tillier chez Ruquier, si Moix adore, j'ai peur. Mais la bande annonce m'avait plu. J'avais crainte du film auto-centré d'un auteur qui se regarde jouer et filmer. Pas du tout. Nicolas Bedos signe un film très drôle, parfois émouvant, un peu dingue, impertinent et surtout sincère. Il ne s'épargne pas en type qui se rêve écrivain mais manque de volonté. Dora Tillier impose sa présence tantôt solaire, tantôt ombrageuse, son sourire lumineux tout en gencives. On sent chez le réalisateur l'envie de sublimer sa partenaire. On suit 45 ans de la vie d'un couple, avec quelques personnages secondaires à la fois discrets et plantés en quelques scènes, sans temps mort ou presque (un ralentissement se fait sentir au milieu mais le film repart de plus belle) et avec des dialogues ciselés hilarants. Bavard, le film est intelligemment écrit. Néanmoins, il ne néglige pas la forme avec une B.O sympathique et une photographie particulièrement soignée. Il s'interroge sur le couple et le temps qui passe sur l'amour mais aussi sur les espérances et déceptions filiales, la création et la postérité. Que reste-t-il d'un personnage célèbre ? De quoi le public se souviendra ? Sera-ce la vérité ? Il est si généreux qu'il en devient peut-être un peu foutraque. Bon, il faudra sans doute le revoir pour en saisir toutes les subtilités.



9/10



Un mot du titre qui apparaît au début : Monsieur, en abrégé français, s'écrit M. et non Mr, ça, c'est anglais. C'est un détail mais c'est agaçant. 

Un film brillant et très drôle qui parle de l'amour et du succès, non sans une certaine ironie.


Le dernier vice-roi des Indes // Aussi déchirant que passionnant //

16 juillet 2017


Mars 1947. Petit-fils de la reine Victoria et dernier Vice-Roi des Indes, "Dickie" Mountbatten doit préparer le pays à l'indépendance. Mais la tâche s'avère bien plus ardue que prévu, entre âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah et violents conflits religieux. Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces événements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés.



La bande-annonce, alléchante, m'avait appâtée, d'autant que je ne l'ai vue qu'une fois, ce qui évite la saturation (suivez mon regard vers Dunkerque). On suit deux aventures qui mettent intelligemment la grande et la petite histoire en parallèle. Tandis que Mountbatten, débonnaire mais plus fin qu'il n'y paraît, son épouse dévouée, brillante et perspicace et leur fille, pleine de bonne volonté, tentent désespéramment de maintenir la paix, Jeet et Aalia assistent discrètement aux négociations tout en essayant de trouver leur propre voie. C'est l'histoire déchirante d'une idée magnifique, d'un beau rêve, qui meurt. Hugh Bonneville, Gillian Anderson et Lily Travers font merveille, de même que Manish Dayal et Huma Qureshi. La photographie des extérieurs aussi grandioses que les intérieurs est très soignée, ainsi que la lumière et les très beaux costumes. Je n'ai pas compris pourquoi les Indiens s'exprimaient en anglais y compris dans l'intimité, une facilité peut-être. Connaissant mal l'histoire de la partition de l'Inde, le sujet m'a passionnée et les difficultés rencontrées par Mountbatten m'ont parues insurmontables et terribles. Même si la petite histoire amène un côté romantique sympathique et incarne la vision indienne des événements, elle aurait pu être réduite au profit de plus longs développements portant sur les négociations et le travail de Mountbatten. Le film réussit à créer plusieurs moments d'émotion sans être tire-larmes. Le plus gros défaut de ce film, c'est d'être trop court pour saisir toute la complexité de l'indépendance de l'Inde et de la création du Pakistan ; une mini-série aurait mieux convenu.



9/10

Une page de l'histoire rappelée et expliquée : passionnant.


Kingsman : le cercle d'or // Jouissif //

14 octobre 2017



Alors qu’une bombe détruit leur quartier général, les agents Kingsman découvrent une puissante organisation alliée : Statesman, fondée il y a bien longtemps aux États-Unis. Les deux services d’élite doivent réunir leurs forces pour sauver le monde des griffes d’un impitoyable ennemi qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice.



Kingsman : toujours plus dingue, toujours plus loufoque, toujours plus d'action et d'effets spéciaux réussis. Julianne Moore campe une méchante ultra charismatique et bien allumée qui donne un bon contrepoint aux élégants Taron Edgerton, Colin Firth (youpi il est de retour !) et Mark Strong et aux très rednecks Channing Tatum, Jeff Bridges et Pedro Pascal. Halle Berry reprend un rôle qu'elle affectionne : la discrète efficace. Visuellement bluffant, doté d'une B.O efficace, le film pétarade dans tous les sens pour notre plus grand plaisir, mêlant humour british punk, espionnage bourré de gadgets et grand méchant mégalo. Le scénario ne brille pas par son originalité mais par son sens de l'absurde et du délire. Que c'est jouissif tout cela !



9/10 

C'est fou, c'est bien foutu et la méchante est hilarante.


Carbone // Haletant //

1er novembre 2017



Menacé de perdre son entreprise, Antoine Roca, un homme ordinaire, met au point une arnaque qui deviendra le casse du siècle. Rattrapé par le grand banditisme, il lui faudra faire face aux trahisons, meurtres et règlements de compte.


Olivier Marchal sait réaliser de bons polars, sombres, un rien poisseux, assez 80's dans leur inspiration, il le prouve une fois encore. Avec un casting aux petits oignons mené par un Benoît Magimel épaissi et d'une densité tantôt rassurante tantôt inquiétante, il explore la noirceur de l'argent facile, de l'avidité qu'il engendre et ses désastreuses conséquences en forme de spirale infernale. La présence de quelques clichés n'enlève rien à la force du propos. Nerveux, le film a beau annoncer la couleur dès le départ, il réussit à nous surprendre dans un final énigmatique. 



9/10

Un polar français bien fichu, tendu, imparfait mais généreux.


Jalouse // Grinçant //

8 novembre 2017



Nathalie Pêcheux, professeur de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d'action s'étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage...


La bande annonce m'avait fait rire, comme le film. La première qualité de Jalouse est sans doute de faire rire du début à la fin. Les situations sont marrantes, les dialogues joyeusement salés voire carrément vaches. La deuxième réside dans sa mélancolie sous-jacente et le regard porté sur une femme qui perd pieds. L'émotion affleure sous la comédie. L'excellente Karin Viard s'en donne à cœur joie pour incarner cette femme jalouse, vindicative, de mauvaise fois, mais surtout malheureuse et en plein questionnement. Elle est accompagnée par un casting réussi, d'Anne Dorval à à Dara Tombroff en passant par Anaïs Demoustier et Bruno Todeschini. Mention spéciale pour la touchante Marie-Julie Baup, en belle-mère attentive et d'une rafraîchissante naïveté. Parfois, le film peut déranger le spectateur, un peu, mais dans le bon sens du terme. Il le bouscule pour mieux mettre en lumière la perversité d'une jalousie dévorante, extériorisation fielleuse d'un mal-être douloureux.


 
9/10


Quand la crise de la cinquantaine devient vraiment piquante !


Loving // Superbe //

17 février 2017



Mildred et Richard Loving s'aiment et décident de se marier. Sauf qu'il est blanc et qu'elle est noire dans l'Amérique ségrégationniste de 1958. L'État de Virginie où les Loving ont décidé de s'installer les poursuit en justice.



On a beau savoir comment cela se finit, ça a beau être classique, on s'attache et on s'inquiète pour ce couple atypique. Lui, est un doux géant taiseux, elle est son point d'ancrage, celle qui a toujours le dernier mot au final (ce qui a constitué pour moi une sorte de running gag pendant tout le film). Joel Edgerton est génial : tout impressionnant qu'il soit, il a parfois l'air d'un gamin qui a peur de prendre un coup. Il a un regard incroyable et laisse éclater la luminosité de sa partenaire. Ruth Negga joue sur une large palette de sentiments avec beaucoup de nuances et d'intelligence. Leur alchimie, tangible, sert le propos. Ils forment un couple très tendre, très attachant, qui, tel un roseau, plie mais ne rompt pas. Sa résilience force l'admiration d'autant qu'il est dépourvu d'héroïsme ou de volonté d'exposition médiatique, contrairement à leurs avocats concernés par leur cas mais aussi par ses retombées. Michael Shannon fait une apparition en forme de clin d'œil pour venir prendre une photo touchante. Nichols filme sobrement le quotidien et les péripéties de ce couple simple qui n'aspire qu'à une vie tranquille sans revendiquer quoi que ce soit. Il réussit à émouvoir sans jouer sur le pathos, ni trop en faire sur le racisme. On parle ici d'un racisme légal, presque sans violence, mais si injuste qu'il en devient insupportable. Qu'ont fait les Loving qui met l'État de Virginie en danger ? Rien, ils s'aiment, énormément. On voit peu le combat, pourtant réel, des avocats pour leur cause, on en voit seulement les effets pour eux, entre espoir et découragement. Les paysages se font discrets, sans extraordinaire, mais filmés avec élégance et une belle lumière.



9,5/10 

Le film le plus réussi de l'année pour moi. Une petite histoire d'amour toute simple, portée par un couple de comédiens au sommet et un réalisateur habité par son sujet.


Wind river // Magistral //

2 septembre



Cory Lambert, pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming, découvre le corps d’une femme. Le FBI envoie une jeune qu'il va aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement.



J'ai détesté Sicario, j'ai adoré Comancheria. Ce 3ème volet de la trilogie Nouvelle frontière américaine devait donc départager mon avis sur Taylor Sheridan, scénariste des premiers, scénariste et réalisateur du troisième. Eh bien je lui trouve beaucoup de talent ! Wind river est un grand film à l'atmosphère aussi soignée que la photographie, sans parler de l'excellente B.O. Western glacé, thriller prenant, le film bénéficie d'un scénario simple mais terriblement efficace. La communauté amérindienne y est décrite en filigrane, avec une certaine délicatesse. Rien n'est tape à l'œil, tout est maîtrisé, y compris une très belle scène d'action. Jeremy Renner, royal, Elizabeth Olsen, sobre, et Kelsey Asbille, belle et forte, sont formidables. Pour une fois, les femmes sont aussi les héroïnes de ce polar sombre, mélancolique, émouvant et pourtant porteur d'espoir. Une réussite sur toute la ligne.


 
9,5/10 

Un western ultra léché et très efficace, d'une belle sobriété.


Et bonus, les 5 films notés 8,5 qui m'ont marquée cette année :



A united kingdom // Très beau //

2 avril 2017


En 1947, Seretse Khama, jeune Roi d'un pays qui n'est pas encore le Botswana, et Ruth Williams, une londonienne de 24 ans, tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Tout s’oppose à leur union : leurs différences, leur famille et les lois anglaises et sud-africaines. Mais Seretse et Ruth vont défier les ditkats de l’apartheid. En surmontant tous les obstacles, leur amour a changé leur pays et inspiré le monde.



Hasard du calendrier des sorties, A united kingdom sort quelques semaines après Loving, une autre histoire vraie, sur un sujet similaire. Alors que Loving traitait de l'intime, A united kingdom traite de l'intime mais aussi d'un pays. Deux personnes s'aiment contre la raison d'État(s). Le Royaume-Uni voulait conserver son pré carré et éviter de contrarier l'Afrique du Sud. L'oncle était contrarié de ne pas avoir été consulté et de l'image que donnerait une reine blanche. L'image des Britanniques, y compris de Churchill en prend un sacré coup, quelques uns seulement s'opposant à ce que l'on peut légitimement considérer comme une injustice. Amma Asante a pris le parti de se placer du point de vue du charmant couple. Du coup, il nous manque des éléments, notamment géopolitiques, pour être objectifs, et certainement des précisions et des nuances. A ce titre, le représentant du Royaume-Uni, impeccablement interprété par Jack Davenport, me semble caricatural dans l'espèce de jouissance qu'il paraît trouver à mettre des bâtons dans les roues du couple. Outre un casting de seconds rôles très bien choisi, le film repose sur David Oyelowo et Rosamund Pike. Le premier, énergique, reste très sobre et apporte beaucoup de dignité à son personnage. La seconde, lumineuse, montre encore la dimension de son talent. Tout est suggéré dans un regard ou un sourire, elle est absolument parfaite. La réalisation s'avère un peu terne, elle ne tire pas tout le potentiel de la lumière et des paysages africains pourtant justement opposés à la grisaille londonienne. Sans emphase mais aussi sans audace, le film, qui aurait gagné à être plus resserré de quelques minutes (vraiment pas grand chose), réussit à être émouvants lors de plusieurs scènes, qui concernent notamment Ruth. S'il n'est pas parfait, il emporte tout de même l'adhésion, du moins la mienne, grâce à la complicité entre les deux acteurs principaux et la sincérité du propos.

Un mot enfin pour saluer la grande ouverture d'esprit et l'immense courage de cette femme qui a tout abandonné pour l'inconnu et sacrifié beaucoup pour l'amour de sa vie.



8,5/10



Life - origine inconnue // Ultra tendu //

19 avril 2017



À bord de la Station Spatiale Internationale, les six membres d’équipage font l’une des plus importantes découvertes de l’histoire de l’humanité : la toute première preuve d’une vie extraterrestre sur Mars.



Très prenant et même angoissant, le film bénéficie d’effets spéciaux discrets et efficaces. La créature, superbe, passe de toute mignonne, presque attendrissante, à carrément flippante. Le jeu des acteurs est à l’image du scénario : sobres intelligent, presque sec. La musique colle au plus près de l’action. Dommage que le film ne compte pas un quart d’heure supplémentaire pour mieux installer les personnages qui s’avèrent esquissés dans les grandes lignes mais peu détaillés. Il y a de grandes scènes d’action très tendues et des moments plus calmes qui auraient eu plus de force si les personnages avaient eu plus d’épaisseur. Les références à Alien sont nombreuses et visibles, y compris pour les non spécialistes de la saga, elles donnent un côté déjà-vu au scénario. La pirouette finale, bien pensée, cohérente et plausible, surprend.



8,5/10


Si j’étais un homme // Jouissif //

22 février 2017



Fraîchement divorcée, séparée de ses enfants une semaine sur deux, Jeanne ne veut plus jamais entendre parler des hommes. Mais un beau matin, elle se réveille avec un truc nouveau.



Si j'étais un homme propose une belle réflexion sur le genre. Qu'est-ce qui fait de vous une femme ou un homme ? L'occasion de mettre à bas quelques stéréotypes, d'interroger la femme et l'homme d'aujourd'hui. Jeanne est une mère qui a un peu oublié qu'elle était aussi une femme. Paradoxalement, avoir un attribut masculin va le lui rappeler. Sa meilleure amie Marcelle a quant à elle oublié que tous les hommes ne sont pas des connards. Son personnage aurait mérité d'être plus fouillé. Audrey Dana, au top, passe par toutes les émotions et on jubile avec elle. Elle a une façon très masculine d'être terriblement féminine qui n'appartient qu'à elle. Eric Elmosnino conserve son charme mais a déjà été plus à l'aise. Alice Bellaïdi déborde d'énergie et ses réactions à la limite de l'absurde sont hilarantes. Christian Clavier campe le gynéco complètement déstabilisé. Audrey Dana sait choisir sa musique : la B.O est géniale. Imany fait même une apparition musicale amicale. Les situations et les dialogues sont réellement drôles. C'est couillu mais pas vulgaire. Ça aurait pu être encore plus drôle mais certaines nuances auraient disparu. On en ressort gonflé à bloc et souriant.



8,5/10


Miss Sloane // Savoureux //

8 mars 2017


Elizabeth Sloane est une femme d’influence brillante et sans scrupules qui opère dans les coulisses de Washington. Face au plus grand défi de sa carrière, elle va redoubler de manigances et manipulations pour atteindre une victoire éclatante ou une défaite totale.



Journée de la femme oblige, aujourd’hui, double séance, double dose de femmes fortes.

Miss Sloane est un film aussi intelligent et retors que son héroïne, ou plutôt anti-héroïne. Car Elizabeth est une femme aussi brillante que glaciale. Elle ne sait pas exprimer le peu d'émotions qu'elle ressent, ne montre jamais ses failles, s'avère un bourreau de travail qui contrôle tout et n'aime rien tant que gagner. Une piste est très brièvement évoquée pour expliquer son comportement mais aussitôt abandonnée, ce qui est dommage et frustrant pour le spectateur qui voudrait comprendre. Cela dit, cela n'enlève rien à la mécanique complexe du scénario qui n'hésite pas à nous balader. Jessica Chastain est époustouflante, dans la maîtrise comme dans les rares moments de doute. Le casting est plutôt au diapason mais elle illumine l'écran. Ses tenues sont superbes. L'intrigue est très bien construite mais je l'ai vue venir avant la fin qui n'éclaire pas toutes les zones d'ombre créées. Ce n'est pas grave parce que c'est un régal de voir cette femme manipuler la terre entière en prévoyant ses coups des années-lumière à l'avance. Portrait d'une femme exceptionnelle, le film critique la culture des armes aux États-Unis et le système politique livré aux lobbyistes de tout poil sans oublier de maintenir la tension. Est-ce que le film est volubile ? Oui, mais les dialogues sont ciselés et tout le monde sait que la politique, ce n'est que du blabla. Savoureux.



8,5/10


Atomic blonde // Décapant //

17 août 2017



L'agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté. Envoyée seule à Berlin dans le but de récupérer une liste de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s'associe avec David Percival, chef de la station locale, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.



Voilà le mélange détonnant entre Code uncle et Sin city. Explosif, nerveux, parfois un peu brouillon à cause d'un scénario pas complètement abouti et déjà-vu, mais toujours jouissif, le film alterne violence crue sous forme de scènes d'action hyper bien fichues et couillues, et pure provoc' fun sur fond de tubes américains et allemands des 80's, le tout dans un Berlin survolté. On note un très beau plan séquence de combat dans une cage d'escaliers (Raid es-tu là ?), ainsi qu'un gros travail sur les lumières et les filtres. Charlize Theron est à fond, convaincante en agent badass à souhait. James McAvoy déploie un charme vénéneux, insolent et déjanté. Sofia Boutella amène un french touch sympathique mais un peu creuse. Bill Skarsgard (frère du très sexy Alexander et lui même pas laid à regarder -pas du tout), lui, apporte un je-ne-sais-quoi de cool et de doux tout à fait appréciable dans cet environnement en permanence au bord de la rupture. Évidemment les méchants sont increvables mais notre copine Lorraine, elle, morfle, d'où la première scène, surprenante. Grâce à un twist final bien vu, je n'ai pas deviné la fin même si elle n'était pas imprévisible.



8,5/10