lundi 7 août 2017

Chouquette

Chouquette vit seule sur une île en Bretagne dans sa grande maison. Chaque année depuis trois ans, elle organise l’anniversaire surprise de son mari Gepetto. Il ne vient jamais, pas plus que les autres invités. Pourtant cette année, débarquent son petit-fils Lucas et l’ex maîtresse de Gepetto, Diane…
Chouquette est un film sans conséquence. Sa meilleure qualité : les fabuleux paysages bretons filmés avec amour et sur un B.O extra. Franchement, de ce point de vue, le film est superbe. Pour le reste, il s'agit de marier des solitudes plus ou moins visibles entre trois femmes mûres et un petit garçon. Sabine Azéma joue un personnage revêche qui cache son mal-être sur une île habitée par son majordome et son adorable otarie. Michelle Laroque campe l'"autre" femme, en apparence superficielle mais souffrant de ses relations conflictuelles avec sa mère, Michèle Moretti, exquise. Quant au petit Lucas, Antonin Brunelle-Rémy est très mignon et bénéficie de nombre de bonnes répliques. Sans être hilarant, le scénario fait souvent sourire. Quelques vagues péripéties un brin loufoques émaillent ce film qui ne décolle jamais vraiment mais aurait pu complètement enchanter par sa poésie fantasque et tendre si un véritable ton avait été trouvé. Le résultat, plaisant, s'avère fade et flottant.

5/10

La planète des singes - Suprématie

César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.
J'avais adoré le premier, le second m'avait laissé une impression beaucoup plus mitigée. Ce dernier opus -même si certains noms donnés aux personnages laissent entrevoir une nouvelle adaptation du roman de Pierre Boulle- se situe entre les deux. On élimine la 3D superflue et l'aspect vraiment trop explicatif mais sans parvenir à atteindre la réussite d'Origines. L'histoire est entièrement racontée du point de vue des singes, ce qui donne une idée du résultat final (je ne vous apprends rien, nous nous trouvons toujours avant le roman ou l'adaptation de Burton). Les effets spéciaux, excellents, dotent ces derniers de visages expressifs, notamment César et Maurice. Andy Serkis et les autres interprètes font un boulot incroyable. Je regrette le choix d'un film assez manichéen : les humains n'ont qu'un rôle négatif alors que la nuance existe du côté des singes. D'ailleurs Woody Harrelson a l'air de se demander ce qu'il fait là même si sa prestation est correcte. Malgré quelques incohérences, l'émotion apparaît parfois entre deux scènes d'action spectaculaire. A noter une bataille finale un rien expéditive. Les parallèles avec les questionnement de notre époque sont nombreux. Au final, et malgré quelques incursions humoristiques surtout dues à un nouveau personnage attachant, ce dernier volet s'avère triste, mélancolique, quasi nihiliste. Outre le fait que je sois sortie de la séance avec le moral dans les chaussettes, je trouve qu'il manque quelque chose à ce film pour se targuer d'être une réussite aussi totale que celle pointée par les critiques presse. Un scénario soigné et construit peut-être. Cela dit le divertissement y est.
 
6/10

samedi 5 août 2017

My cousin Rachel

Début du XIXème siècle, Philip, un jeune propriétaire terrien anglais, apprend la mort mystérieuse de son cousin en Italie, survenue peu après son mariage avec Rachel, une jolie veuve. Il n’a qu’une idée en tête : découvrir les véritables raisons de sa mort afin de le venger. Mais la visite inattendue de cette nouvelle cousine va tout bouleverser. 
J'ai lu le roman dont est tiré le film quand j'étais adolescente. J'en garde le souvenir diffus d'un roman sombre. Le film est à l'image du roman, auquel il est très fidèle par ailleurs, il distille une atmosphère sombre, presque tendue par la suspicion, quoique pas tout à fait aussi oppressante que celle de Du Maurier. Si le casting est de qualité, il aurait pu être plus percutant si des acteurs, plus vénéneux pour elle et plus charismatique pour lui, avaient été choisis. Rachel Weisz joue bien le mystère et l’ambiguïté mais manque de séduction. J'avais en effet le souvenir d'une cousine Rachel irrésistible, fascinante. Sam Claflin est charmant mais manque un peu de présence. De plus, son personnage tombe amoureux en deux scènes alors que la fascination qu'exerce sa cousine sur lui est plus progressive dans le roman : elle met du temps à transformer la méfiance et l'envie de vengeance en amour fou. Iain Glen est parfait. Michell a travaillé la lumière et la reconstitution avec soin ; sa réalisation n'a toutefois rien du piquant nécessaire à l'adaptation de l'œuvre de Du Maurier et elle a un je-ne-sais-quoi d'académique. Je suis restée sur ma faim car l'absence d'ampleur et d'épaisseur occulte les qualités pourtant réelles du film.
 
6/10

vendredi 28 juillet 2017

Bonjour tristesse de Françoise Sagan

J'ai lu Bonjour tristesse quand j'étais lycéenne, ça fait donc quelques années. Pour un déplacement, j'avais besoin d'un petit livre qui ne pèserait pas trop dans mon sac déjà conséquent.
La villa est magnifique, l'été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile, dix-sept ans, ne connaît de l'amour que les baisers, les rendez-vous, les lassitudes. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s'amusent, ils n'ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d'une femme de cœur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare.

Voici une brève notice biographique, pour le pavé, vous pouvez vous reporter à mon article sur Le garde du cœur.

Françoise Sagan (1935 – 2004) écrit Bonjour tristesse en 1953. Elle obtient le prix des Critiques et connaît un succès immédiat. Happée par le succès et l'argent, fascinée par le jeu et les voitures, elle épouse en 1958 l'éditeur Guy Schoeller dont elle divorce en 1960 pour se marier deux ans plus tard avec Robert Westhoff, avec qui elle a un fils, Denis, en 1962. Le couple se sépare en 1972. Son grand amour, la styliste Peggy Roche fut, jusqu'à sa mort en 1991, sa compagne. Sagan écrit une vingtaine de romans : 30 millions de livres vendus en France. Le théâtre tient une place importante dans son œuvre mais avec un succès en dents de scie. La romancière avait rédigé son épitaphe : "Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954, avec un mince roman, Bonjour tristesse, qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même."

Quel plaisir de redécouvrir ce roman court, 160 pages à peine. Quel plaisir de retrouver la petite musique déjà vive et mélancolique de Sagan ! Celle-ci, dans ce premier roman brillant, a déjà un style reconnaissable, fluide, sensible et caustique. Elle observe à la loupe cette petite société peuplée de gens riches et insouciants, de mâles vieillissants voulant rester jeunes, de demi-mondaines et d'intellectuelles. Elle évoque déjà les thèmes qui hanteront son œuvre : amour, lassitude, égoïsme, jouissance, alcool et facilité. Bien sûr, le scandale que le roman a provoqué lors de sa parution n'a plus lieu d'être, les jeunes filles de dix-sept ne sont plus les mêmes aujourd'hui. Et cependant, il y a quelque chose d'intemporel dans cette histoire simple, presque banale et pourtant extraordinaire par l'ardeur tranquille qui s'en dégage. Pourtant, la première fois que j'ai lu ce roman, je me souviens m'être vaguement ennuyée. Sans doute étais-je trop jeune pour saisir la subtilité de son propos sur le désespoir de soi, d'un vide perçu sans que rien ne soit fait pour le combler.

Bonjour tristesse, c'est un beau roman cruel sur l'égoïsme d'une adolescente oisive, jouisseuse, qui refuse toute contrainte, même sensée. Lucide, elle reconnaît ses défauts mais son indolence l'empêche de réagir. Elle aime son père et réciproquement mais ils n'aiment vraiment qu'eux. Cécile expose sa volonté de vivre seule avec son père, de ne pas le partager alors que s'immisce entre eux cette femme racée, intelligente, sensée qui veut imposer des règles à la jeune fille qui n'en subit d'habitude aucune. Par caprice et presque sans remord, elle va s'abandonner à ses pires penchants, tandis que la distinction même d'Anne l'empêche de pressentir quoi que ce soit. Raymond est un homme léger, inconséquent, un peu lâche, qui ne veut pas se voir vieillir. Anne est une bourgeoise intellectuelle un peu indifférente peut-être, et en même temps concernée, sachant où se trouvent ses devoirs. Elle s'avère bien plus intéressante et attachante que la trop gâtée Cécile dont l'épicurisme enviable ne cache pas complètement le caractère vain.

C'est bon l'été...

9,5/10

Valérian et la cité des mille planètes


Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline, une équipe d'agents spatio-temporels, vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers. 
En général, j'avoue, je suis plutôt fan du travail Besson. Le cinquième élément est pour moi un monument du cinéma SF et j'adore Léon. Avec Valérian, il se plonge à fond dans le space-opéra avec déluge d'effets visuels -réussis. Il nous offre une esthétique foisonnante, riche, colorée, inventive. Les créatures, parlantes, ou non, sont extraordinaires, notamment les Pearls sublimes. J'avais des doutes quant aux deux acteurs principaux. Finalement, ils ont rapidement été levés. Dane DeHaan et Cara Delevigne forment un duo explosif et plein de charme, bien que pas exceptionnel. D'autres acteurs auraient peut-être fait mieux, avec plus de charisme, toutefois, leur charme opère entre les moues amusée de la demoiselle et le sourire ravageur de ce Valérian à la fois blagueur, dragueur et professionnel. Rihanna campe un personnage polymorphe qui décoiffe et qui se révèle presque plus dense que les deux héros, sympathiques mais dépourvus de back-ground. Sa forme réelle est canon et ses "déguisements" sont hyper bien réalisés. Sa danse, sensuelle et piquante, vaut le coup d'œil. L'intrigue s'avère prévisible, très classique, bref un peu faiblarde mais le principal n'est pas là. Beaucoup d'action, un tourbillon d'effets spéciaux, de l'humour qui fonctionne, une B.O entraînante -notamment des génériques au top- et une 3D utile dans les scènes spatiales, particulièrement spectaculaires -mais assez encombrante le reste du temps. On voit que Besson s'est fait plaisir, s'en est même donné à cœur joie et nous fait partager son plaisir. On retrouve aussi son message de brassage des cultures, de mise en commun des intelligences. Les deux premières séquences, réussies, en sont une illustration. Malgré ses défauts, le film remplit sa première mission : divertir et émerveiller.
8/10

dimanche 23 juillet 2017

Dunkerque

Le récit de la fameuse évacuation des troupes alliées de Dunkerque en mai 1940.
Nolan, dont j'apprécie beaucoup les œuvres, a réalisé un survival chorale centré sur le point de vue des Britanniques. Un peu surprenant même si on connaît déjà son goût pour la multiplication des personnages. Dommage que cette fois, la plupart soient en carton, à peine des stéréotypes, des ombres chinoises sur une plage désolée. Les soldats de la plage sont littéralement interchangeables et je pense que c'est volontaire. Le capitaine du bateau -Mark Rylance, toujours émouvant et sobre- et les pilotes -Tom Hardy et Jack Lowden- sont les seuls à être attachants, par leur courage et leur droiture. Cillian Murphy, qui campe brillamment le soldat traumatisé, a un rôle difficile parce que pas sympathique. Pourtant, c'est l'incarnation du soldat qui est arrivé à son point de rupture. Kenneth Branagh représente l'autorité bienveillante qui garde son calme dans la tempête. Le montage déstructuré et la quasi absence de dialogues m'ont un peu perturbée, j'ai eu beaucoup de mal à resituer les scènes sur un axe chronologique clair. Je dois aussi reconnaître que le scénario s'avère extrêmement léger, d'autant qu'il comporte quelques incohérences. Outre l'indéniable qualité des comédiens, ce qui rend le film intéressant, ce qui fait sa véritable force, c'est son aspect immersif. Dès le départ, Nolan et Zimmer incluent le spectateur dans les événements grâce à une bande sonore brillamment orchestrée et à une musique à la fois discrète et parfaitement accompagnatrice. Les scènes d'action, maîtrisées, sont parfaites, notamment celles de combat aérien. Par ailleurs, le film raconte, certes de façon tronquée, un événement méconnu de la seconde guerre mondiale, ce qui est un intérêt en soi. En bref, si le fond a été un peu sacrifié, la forme est impeccable. Attention, si l'effet "cinéma" fonctionne en salle, je doute que le film conserve son intensité sur un écran de taille moindre.
6/10

mardi 18 juillet 2017

The circle

Mae est engagée chez The Circle, un groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux. Tandis qu'elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l'entreprise, Eamon Bailey, l'encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l'éthique et des libertés individuelles.

Mae est une jeune femme connectée, comme tout le monde, idéaliste et naïve. Engagée dans un groupe carnivore, mélange de Facebook, de Google, de Twitter et d'Apple, elle se convertit à la déesse transparence, en devenant bientôt la prophétesse. Elle est campée par Emma Watson, formidable, accompagnée par Tom Hanks, hypnotique, et Karen Gillan, nuancée. J'ai du mal à comprendre le rôle de John Boyega, son personnage reste très mystérieux. Ces deux derniers personnages sont assez maltraités par une intrigue qui les oublie un peu. Le film montre efficacement les dangers de l'intrusion trop grande des réseaux sociaux et de la technologie dans la vie privée qui, de ce fait, disparaît. Oui, il y a des avantages, mais on y perd tellement. L'atmosphère crée de plus en plus de malaise jusqu'à une fin abrupte, en demi-teinte, peu aboutie. Cette fin semble mettre à mal le propos entier du film, elle est vraiment étrange. Elle donne raison à ceux qui disent que les jeunes gens n'apprennent rien de leurs erreurs et s'y complaisent avec la volupté de ceux qui croient avoir raison. La forme est particulièrement soignée, parfois au détriment du fond qui aurait mérité d'être plus approfondi, tout en enfonçant moins de portes ouvertes. Certains commentaires qui apparaissent à l'écran sont très pertinents et dénoncent cette entreprise peuplée de jeunes gens sans enfants, à la limite du fanatisme entre délire facho-communiste et glorification personnelle.

6,5/10 
 

Spiderman : homecoming

Galvanisé par sa brève expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier.
Après la trilogie Maguire et la duologie avec Garfield, voici Tom Holland. Plus jeune, plus facétieux, il campe un Spiderman volubile, plein d'humour, plein de promesses. Il est accompagné par deux pointures, Michael Keaton en super-vilain avide et Robert Downey Jr, en guise de mentor. J'ai bien aimé le design du Vautour même si je n'ai pas compris comment il contrôle ses ailes. Les autres ados sont assez stéréotypés. Cet opus, un peu long au démarrage, est bourré d'action et d'effets spéciaux réussis. Léger, fun, moins "prise de tête" que certains autres Marvel tout en évoquant la difficulté pour un jeune homme prometteur et ambitieux de faire ses preuves. Il n'est pas question ici de sauver le monde mais de New-York, voire même juste du quartier, et c'est déjà pas mal. Cela dit, comme je suis sympa, j'éviterai de pointer les facilités et les incohérences. Espiègle et marrant.

8/10
 

dimanche 16 juillet 2017

Le dernier vice-roi des Indes

Mars 1947. Petit-fils de la reine Victoria et dernier Vice-Roi des Indes, "Dickie" Mountbatten doit préparer le pays à l'indépendance. Mais la tâche s'avère bien plus ardue que prévu, entre âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah et violents conflits religieux. Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces évènements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés.
La bande-annonce, alléchante, m'avait appâtée, d'autant que je ne l'ai vue qu'une fois, ce qui évite la saturation (suivez mon regard vers Dunkerque). On suit deux aventures qui mettent intelligemment la grande et la petite histoire en parallèle. Tandis que Mountbatten, débonnaire mais plus fin qu'il n'y paraît, son épouse dévouée, brillante et perspicace et leur fille, pleine de bonne volonté, tentent désespéramment de maintenir la paix, Jeet et Aalia assistent discrètement aux négociations tout en essayant de trouver leur propre voie. C'est l'histoire déchirante d'une idée magnifique, d'un beau rêve, qui meurt. Hugh Bonneville, Gillian Anderson et Lily Travers font merveille, de même que Manish Dayal et Huma Qureshi. La photographie des extérieurs aussi grandioses que les intérieurs est très soignée, ainsi que la lumière et les très beaux costumes. Je n'ai pas compris pourquoi les Indiens s'exprimaient en anglais y compris dans l'intimité, une facilité peut-être. Connaissant mal l'histoire de la partition de l'Inde, le sujet m'a passionnée et les difficultés rencontrées par Mountbatten m'ont parues insurmontables et terribles. Même si la petite histoire amène un côté romantique sympathique et incarne la vision indienne des évènements, elle aurait pu être réduite au profit de plus longs développements portant sur les négociations et le travail de Mountbatten. Le film réussit à créer plusieurs moments d'émotion sans être tire-larmes. Le plus gros défaut de ce film, c'est d'être trop court pour saisir toute la complexité de l'indépendance de l'Inde et de la création du Pakistan ; une mini-série aurait mieux convenu.
9/10

dimanche 9 juillet 2017

K.O

Antoine Leconte est un homme de pouvoir arrogant et dominateur, tant dans son milieu professionnel que dans sa vie privée. Au terme d’une journée particulière oppressante, il est plongé dans le coma. À son réveil, plus rien n’est comme avant : Rêve ou réalité ? Complot ? Cauchemar ? Il est K.O. 
Ça partait bien : une intrigue paranoïaque, de bons acteurs, et puis patatras ! Très vite, le rythme en dents de scie et les péripéties répétitives fatiguent. Le scénario tourne en rond et clôt le film de façon aberrante. Tout ça pour ça ? Mais dans ce cas quel était le message ? Quel est l'intérêt ? Si ce son est le point final du film, celui-ci est une arnaque. Ça se veut un thriller manipulateur et mystérieux mais ça ne fonctionne pas. Parce qu'on s'ennuie un peu à force de ne pas progresser dans l'intrigue fil rouge. Parce que cette fin abominable remet tout le reste en question de façon très négative. Ne reste que l'excellent casting, le charismatique Laurent Lafitte en tête, excellent en connard arrogant comme en pauvre type paumé, complètement à la masse. Pio Marmaï joue très bien les types insupportables, le sale type misogyne qui se croit arrivé dont les dents rayent le parquet -je ne suis pas sûre que dans son cas, ce soit un compliment. Chiara Mastroianni amène un peu de sensibilité et d'élégance dans cet univers impitoyable de la télé. C'est le deuxième bon point du film : la peinture critique de ce petit milieu télévisuel. Insuffisant, potentiel gâché.

3/10

mercredi 5 juillet 2017

Moi, moche et méchant 3

Alors que Gru, mis à pied, tente de trouver une nouvelle voie, il découvre l'existence d'un frère jumeau prénommé Dru. Si Gru, tout d’abord enthousiasmé à l’idée d’avoir un frère, se rend avec Lucy et les filles dans son île natale pour le rencontrer, il déchante vite quand il découvre que Dru lui est nettement supérieur. 

Gru, toujours aussi moche, n'est plus aussi méchant mais il a encore besoin d'action. Du coup, il y en a pas mal dans cet opus même s'il connaît des baisses de rythme. L'animation, bien réalisée et colorée, ne casse pas des briques. On retrouve avec plaisir sa petite famille, Lucy l'extravertie, les trois adorables gamines -notamment la benjamine si mignonne avec ses envies de licorne-, et bien sûr les minions, déjantés à souhait. Dru est plutôt marrant avec son improbable tignasse blonde. Balthazar Bratt est un méchant vraiment fun, d'autant qu'il amène avec lui une B.O eighties survitaminée. Le concept du combat de danse m'a bien fait rire. L'humour ne vole pas haut mais fonctionne bien. L'univers créé est suffisamment attachant pour qu'on dépasse le manque de surprise et de méchanceté.

Les enfants dans la salle étaient à fond, c'était plutôt drôle.

7/10

Loue-moi

Léa n’est pas la brillante avocate qu’imaginent ses parents. Elle a monté une agence louant ses services pour tous types de missions. De ramasseuse de balles à fille aimante, de conseillère conjugale à belle-fille idéale, Léa jongle avec les identités jusqu’à s’y perdre elle-même.
Loue-moi, c'est un film sympathique sur le mensonge et la peur de s'engager ou même simplement de vivre. Déborah François et Alison Wheeler, pétillantes, portent cette comédie charmante qui surfe sur l'air du temps où tout s'achète, ou se loue, même les individus. Léa a peur de souffrir alors elle ment, se prétend autre, avocate ou agent immobilier. Bertille, elle, a peur de tout, alors elle passe à côté de sa vie et des gens qu'elle aime, son petit-ami comme son adorable grand-père. Le scénario n'est pas nécessairement très original mais sa légèreté emporte l'adhésion, notamment grâce à des seconds rôles un brin loufoque. Quelques scènes sont vraiment marrantes comme le Qui-est-ce ? nouvelle version ou l'imagination de Léa dans l'appartement. Sans être hilarant et bien sûr prévisible, le film fait sourire, même après être sorti de la salle. 
 
7,5/10

vendredi 30 juin 2017

L'arnacœur

Alex est briseur de couple professionnel. Sa méthode : la séduction. Sa mission : transformer n'importe quel petit ami en ex. Mais Alex a une éthique, il ne s'attaque qu'aux couples dont la femme est malheureuse. Alors pourquoi accepter de briser un couple épanoui de riches trentenaires qui se marie dans une semaine ?
Le film repose principalement sur l'alchimie entre les acteurs, qui se sont visiblement beaucoup amusés. Romain Duris, bon danseur, charmant séducteur, gaffeur irrésistible, et Vanessa Paradis, toujours pleine de charme, de charisme et de grâce, future mariée en plein doute, forment un couple extra. Julie Ferrier et François Damiens sont loufoques à souhait. Héléna Noguerra est une nymphomane très encombrante (et réaliste) ; Andrew Lincoln est le gendre idéal tendance parfait. La technique de drague d'Alex ne fait pas dans la finesse mais quelle fille ne s'est jamais laissée prendre à ce genre de numéro ? C'est tellement kitsch, que c'est drôle. Malgré quelques invraisemblances, des clichés et une certaine prévisibilité, le film est rythmé, plein de d'humour, de légèreté, de romantisme (la scène dirty dancing géniale). Il associe vraie drôlerie et paysages de rêves pour une ambiance estivale et romantique à souhait. La BO est top. Et, soyons chauvin, c'est français ! et aussi bon que les Américains pour une fois, ce qui vaut la peine d'être noté. Une romcom pétillante et solaire qui sait, par son charme, faire oublier ses petits défauts et son manque de subtilité. Une gourmandise à savourer. 
Ma note : 9,5/10 
 

L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde

Un autre livre offert pour mon anniversaire. J'en avais entendu parler mais je n'avais pas donné suite. Heureusement, quelqu'un y a pourvu pour moi.
Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. A tel point qu'une brigade spéciale est chargé de traquer les plagiats, chercher la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Thursday appartient à cette brigade, jusqu'à ce qu'une autre la recrute pour traquer un ancien professeur psychopathe et machiavélique.

Jasper Fforde (1961 - ), écrivain britannique, a travaillé vingt ans dans l'industrie cinématographique sur des films tels que Haute Voltige et GoldenEye. Il vit au pays de Galles où il pratique l'aviation et la photographie. Son premier roman, L'Affaire Jane Eyre, a essuyé 76 refus d'éditeurs avant d'être finalement accepté et publié par Penguin. Le livre a connu, dès sa sortie, un grand succès. Fort de ce premier succès, Jasper Fforde a poursuivi les aventures de Thursday Next dans plusieurs romans. Il a créé trois autres séries : Nursery crime division, La tyrannie de l'arc-en-ciel, et Jennifer Strange.


J'avais un peu peur que le roman parte dans tous les sens. et qu'il massacre l'une de mes œuvres favorites, à savoir Jane Eyre donc. C'est vrai qu'il est riche, généreux, parfois un peu foutraque mais surtout jubilatoire. Fforde a créé une uchronie complète dans laquelle les arts sont primordiaux et la guerre de Crimée toujours en cours. Au début, j'ai eu un peu de mal à me plonger dans cet univers inconnu. Et puis les pages défilant, j'ai pris de plus en plus de plaisir à ma lecture dans ce monde étrange, souvent loufoque, que le lecteur découvre petit à petit par touches successives. J'aurais aimé que le travail quotidien des Litteratecs soit plus développé afin de mieux appréhender cette profession pour laquelle je postule dès à présent. A bon entendeur...
Thursday Next est une héroïne attachante, imparfaite, intelligente et volontaire mais parfois imprudente. elle se trompe, elle souffre mais elle avance, un vrai bulldozer. Son étrange et virevoltant père fait des apparitions sporadiques mais remarquées. Son délirant oncle Mycroft et sa terre à terre tante Polly sont drôles et attachants. On rencontre aussi son ancien amoureux, Landen, le genre un peu falot, on se demande ce qu'elle lui trouve. Acheron Hadès campe un méchant méphistophélique charismatique. Bowden est un bon second quoique sous-exploité et Victor un chef sympathique. Quant à Rochester, on découvre une nouvelle facette d'un personnage déjà fascinant.
Le style, efficace, fait du roman un véritable page turner dans lequel les rebondissements se multiplient. Je regrette qu la quatrième de couverture en révèle un qui se produit assez loin dans l'ouvrage. Fforde rend y un vibrant hommage aux arts en général, à la littérature en particulier. Les noms d'auteurs défilent comme les pages, certains connus, d'autres inconnus. Je dois admettre que quand il a été question de s'en prendre à deux de mes romans favoris, je n'ai pas pu m'empêcher de m'écrier "Ah ! non !". Heureusement, j'étais seule chez moi. L'auteur multiplie les trouvailles : les automates qui récitent des extraits de Shakespeare, les vers correcteurs qui donnent des synonymes, la possibilité d'entrer dans les œuvres et même d'y croiser l'auteur, la pièce de théâtre jouée par les spectateurs, tous les John Milton... J'ai adoré pouvoir entrer dans un roman et vivre avec les personnages quand ils ne sont pas "sur la page". Et il le fait avec humour, un humour décalé, qui tourne parfois à l'absurde. Les aventures de Thursday ne sont pas seulement ébouriffées, elles sont aussi ébouriffantes. 

9/10 

PS : Si vous avez lu Jane Eyre, c'est mieux.

dimanche 25 juin 2017

It comes at night

Alors que le monde est en proie à une menace terrifiante, un homme vit reclus dans sa propriété totalement isolée avec sa femme et son fils. Quand une famille aux abois cherche refuge dans sa maison, le fragile équilibre qu'il a mis en place est soudain bouleversé. 
Je suis particulièrement mitigée quant à ce film. Autant l'atmosphère est réussie, autant l'histoire ne m'a pas forcément convaincue. Le suspense est haletant, soutenu par une B.O oppressante et le jeu parfait des acteurs, à commencer par Joel Edgerton, habité, et Kelvin Harrison Jr., émouvant. Le traitement de la paranoïa, de la peur, du protectionnisme familial s'avère intelligent et plein de réalisme dans ce décor de bois ensoleillés contrastant avec la maison toujours plongée dans l'ombre. Au passage, le couple mixte ici est un non-sujet, tant mieux, on progresse. En revanche, je n'ai pas tout compris, certains éléments restent complètement nébuleux pour moi. L'absence totale d'explication, même implicite, m'a gênée. De surcroît, malgré la tension qui vous noue les épaules, le film manque de rythme, on finit par s'ennuyer un peu. La fin n'est guère réjouissante quoiqu'elle soit émouvante. Filmé très sèchement, film de survie post-apocalyptique plus que film d'horreur, It comes at night est surtout une œuvre terriblement anxiogène sur la nature humaine.
 
5/10