dimanche 28 décembre 2014

The hobbit : la bataille des cinq armées

Les nains et Bilbo ont réussi à récupérer leur royaume et leur trésor. Mais ils ont également réveillé le dragon Smaug qui déchaîne désormais sa colère sur les habitants de Lac-ville. A présent, les Nains, les Elfes, les Humains mais aussi les Wrags et les Orques menés par le Nécromancien, convoitent les richesses de la Montagne Solitaire. La bataille des cinq armées est imminente.


Pour commencer, cet opus est bien meilleur que le deuxième, plus rythmé, plus prenant. L'histoire originale de Tolkien n'est toujours pas respectée et cela m'agace toujours autant d'autant que la complexité de l’œuvre passe inaperçue. Passons. Passons parce que l'on parvient enfin à l'épilogue épique et haletant : la grande bataille. Le spectateur, même s'il la connaît déjà, est tenu en haleine jusqu'à la fin. Effets spéciaux géniaux, 3D sympa. Le travail sur les décors et les costumes est impeccable. Dommage que les transitions entre les scènes soient bâclées et que certains dialogues manquent de profondeur. Les tentatives d'humour sont tantôt efficaces, tantôt hors de propos. La folie de Thorïn, joué par Richard Armitage, apparaît clairement mais sobrement. Martin Freeman est toujours aussi virevoltant. Les rôles secondaires sont particulièrement attachants (Thranduil, Barde, Kili, Tauriel). Enfin, l'épilogue du roman est plus développé et nous apprend ce qu'il advient des personnages principaux. Un meilleur film que le précédent mais une adaptation toujours aussi douteuse.

8/10
 

dimanche 21 décembre 2014

Bridget Jones, Folle de lui

De passage dans une librairie, je tombe sur le nouvel opus de Bridget Jones. Ayant adoré les deux premiers, je n'ai pas pu résisté, évidemment.
 
 
Veuve, 51 ans, mère de deux enfants en bas âge, mais toujours en quête de l’homme idéal. Elle n’est plus obsédée par ses kilos, plutôt par les réseaux sociaux, le nombre d’amis qu’elle a sur Facebook et ses enfants qui la font tourner en bourrique. Le grand Mark Darcy est mort dans un accident, et après une longue période de deuil, Bridget se transforme en cougar dans les bras d’un trentenaire sexy. Mais pour combien de temps ? Car elle a bien entendu toujours le don de se mettre dans des situations impossibles.
Helen Fielding (1958 - ) est une femme de lettres anglaise, connue comme auteur du roman Le Journal de Bridget Jones et sa suite Bridget Jones : L'Âge de raison. Helen Fielding est diplômée du St Anne's College de l'université d'Oxford, possède un diplôme d'anglais et a travaillé dans le journalisme télévisuel durant quelques années avant d'écrire son premier roman, Cause Celeb. Les romans de Bridget Jones sont d'abord publiés dans les colonnes des journaux The Independent et The Daily Telegraph en 1997 et 1998.
 
Je regrette de le dire mais je suis déçue, très déçue. Le livre n'est pas dépourvu de qualités mais a de gros défauts. Il n'est pas, et de loin, aussi drôle que les deux précédents, alors que c'est la marque de fabrique de la "franchise". Certes, on sourit souvent. Toutefois, je n'ai pas ri franchement. Pourquoi ?
D'abord, Bridget a vieilli et mal. Elle est toujours immature mais avec des enfants. Elle se pose toujours des questions mais celles-ci ne me touchent pas. Autant je pouvais me sentir concernée par sa quête de l'homme idéal de trentenaire maladroite, autant ses déboires de femme mûre m'ennuient plutôt. Par ailleurs, la situation de Bridget à trente ans pouvait ressembler à celles de milliers de trentenaires britanniques. Celle de Bridget à cinquante, mère riche avec nounou et gamins allant dans une école privée, ne concerne plus qu'une minorité privilégiée.
Ensuite, certains personnages ont disparu. Le frère de Bridget n'est pas important mais de là n'être même pas évoqué... Son père, personnage attachant, est décédé. Sa mère apparaît à peine et sa présence survoltée et agaçante manque. Ses vieux amis sont à peine traités autrement qu'en faire-valoir de seconde zone et ses nouveaux ont peu d'intérêt. Enfin, Mark Darcy est mort. Quelle horreur ! Quelle erreur ! Il nous manque et ses remplaçants ne sont que de pâles copies sans saveur ni profondeur. Seul Cleaver est égal à lui-même.
Même la mise en page en chapitres m'a déçue. Je préférais la version du vrai journal, par jour et par mois. De plus, j'ai deviné la fin dès le début.
La lecture n'est pas désagréable et on suit sans déplaisir les aventures de notre vieille copine Bridget, qui prend toujours des résolutions qu'elle est incapable de tenir. Par ailleurs, un peu de sang neuf ne fait pas de mal, un peu de mélancolie non plus plus. Bridget a gagné un peu de profondeur en devenant mère, tant mieux. Ce n'est cependant pas suffisant pour convaincre.
Finalement, je me replongerai plus volontiers dans les précédents volumes.
 
4/10


dimanche 7 décembre 2014

La french

1975. Pierre Michel, jeune magistrat muté à Marseille avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme. Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier. N’écoutant aucune mise en garde, le juge Michel part seul en croisade contre Gaëtan Zampa, figure emblématique du milieu et parrain intouchable. Pour obtenir des résultats, il emploie des méthodes peu orthodoxes.


C'est un policier classique, "à la papa". Deux figures charismatiques s'opposent sur fond de trafic international de drogue. Dommage que le réalisateur ait choisi de filmer caméra à l'épaule. L'image tressaute sans cesse, on ne voit rien à l'action et ça donne le tournis. Horripilant. Pour ceux qui, comme moi, sont trop jeunes pour connaître l'histoire, c'est un bon point d'entrée mais le film manque trop de détails pour être vraiment précis. C'est regrettable parce qu'elle est intéressante, portée par une excellente B.O. et bien menée malgré quelques ralentissements du rythme. D'ailleurs la grande scène de rencontre, qui n'a pas eu lieu en réalité, n'apporte rien. Jean Dujardin joue un juge courageux mais obsessionnel qui ne manque pas d'humour. J'ai mis du temps à dépasser Jean Dujardin l'acteur pour voir le juge même si cela ne retire rien à son talent. Gilles Lellouche est quant à lui le truand sympathique, violent mais bon père et bon mari. Ces deux personnages sont attachants. Céline Sallette et Mélanie Doutey campent les épouses aimantes de ces messieurs. Il faut citer Benoît Magimel, en léger surjeu, Guillaume Gouix et Bruno Todeschini, discrets mais efficaces, et Féodor Atkine en Deferre opportuniste. Et justement, plus que la petite histoire plus ou moins romancée, ce qui frappe dans ce film, c'est ce qu'il dit du Marseille des 70's : ville corrompue, gangrenée par la drogue et le racket. Et aujourd'hui ?

7/10

mardi 2 décembre 2014

Tiens-toi droite

Trois femmes qui ne se connaissent pas mais dont la volonté farouche d’évolution va les faire se rencontrer, se rejoindre, se juxtaposer.
Louise quitte le pressing de famille pour travailler dans une grande entreprise de fabrication de poupée où l'a pistonnée son amant. Lili, miss Nouvelle-Calédonie, fait la rencontre d'un riche industriel. Sam, mère de famille nombreuse, décide de prendre son indépendance. Il y a la pression de leurs mères, de leurs sœurs, de leurs amies. Il y a leurs hommes qui disparaissent. Il y a leurs filles qui les regardent, les imitent. Et il y a la conception de ce nouveau modèle de poupée, enfin à l'image de la femme.


Ce film est une énigme. Je comprends qu'il est question d'émancipation féminine, de l'image de la femme, de la sexualisation de la société mais le message est flou, brouillé par une absence quasi totale de scénario. Le film ne dépasse jamais le synopsis et n'examine jamais en profondeur l'histoire de ces héroïnes dont chacune méritait un long métrage plutôt que ce fouillis artificiellement relié. Il est plein de dialogues souvent drôles mais tellement isolés qu'ils sont sans conséquence sur la suite. Les femmes sont toutes cinglées, les hommes sont absents. Pauvre Richard Sammel qui n'est là que pour faire joli ! Jonathan Zaccaï et Michaël Abiteboul ont des rôles à peine esquissés. Marina Foïs en féministe qui peine à s'affirmer, Noémie Lvovsky, en mère débordée, et Laura Smet, en reine de beauté paumée, sont excellentes. Dommage que ces rôles soient assez caricaturaux et qu'aucun ne soit suffisamment fouillé. Heureusement, les actrices sont attachantes quoique mal dirigées : elles ne cessent de gesticuler, c'est agaçant. La réalisatrice avait sans doute un propos intéressant mais caché derrière une mise en scène hystérique et un montage décousu. En résumée : heu... hein ?

2/10

dimanche 30 novembre 2014

Astérix : le domaine des dieux

En 50 avant Jésus-Christ, toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village d'irréductibles Gaulois résiste encore. Exaspéré, Jules César change de tactique : c’est la civilisation romaine qui devra séduire les barbares gaulois. Il fait construire à côté du village un domaine résidentiel destiné à des propriétaires romains, « Le Domaine des Dieux ». Les Gaulois résisteront-ils à l’appât du gain et au confort romain ? Leur village deviendra-t-il une simple attraction touristique ?

L'animation est soignée et bien faites mais j'ai regretté la proéminence des nez des personnages, on ne voit que cela. Les dialogues sont très drôles, les situations aussi. Le scénario critique le présent sans subtilité mais avec efficacité, ce qui permet de donner un peu de corps à ce film pour enfants. On sent la présence et l'humour d'Alexandre Astier. Ce dernier aurait pu pousser le bouchon plus loin à mon avis, le résultat manque de sel. Les doublages sont bons, on reconnaît avec plaisir quelques voix, notamment issues de Kaamelot. En revanche, Hercule Poirot qui double Astérix, c'est bizarre ; en effet, Astérix retrouve son doubleur historique mais dont la voix est trop âgée par rapport au reste du casting. C'est une bonne adaptation, pleine de drôlerie mais un peu fade.

7/10

 

mardi 25 novembre 2014

Hunger games : la révolte partie 1

Katniss Everdeen s’est réfugiée dans le District 13 après avoir détruit à jamais l’arène et les Jeux. Sous le commandement de la Présidente Coin, chef du district, et suivant les conseils de ses amis en qui elle a toute confiance, Katniss déploie ses ailes pour devenir le symbole de la rébellion. Elle va se battre pour sauver Peeta et libérer le pays tout entier, à qui son courage a redonné espoir.


Je ne me souviens pas très bien du 2 que je n'ai pas revu depuis sa sortie en salle mais une partie m'est revenue au fil des dialogues, au passage pas assez ciselés, frôlant parfois le ridicule (en partie à cause d'un doublage douteux), et j'ai pu suivre le film sans peine. encore une fois, Jennifer Lawrence m'épate par sa capacité à provoquer l'empathie, on ressent les émotions de Katniss. Elle est impeccablement secondée par une pléiade de seconds rôles : Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks (pétillante), Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman (irremplaçable, ce qui risque de poser problème pour la 2ème partie), Donald Sutherland, Natalie Dormer. Cet opus joue plus sur les stratégies et manipulations politiques et médiatiques que sur les scènes d'actions, moins nombreuses, mais tout aussi efficaces, que dans les précédents films. Cependant, certaines scènes semblent tournées caméra à l'épaule, c'est sans intérêt visuel et agace plus qu'autre chose. Pourtant les effets spéciaux sont de qualité. Il est aussi question d'engagement, de choix et de responsabilité, thèmes centraux de la saga. Cet opus de transition aurait cependant gagné à être plus dense. J'attends la dernière partie avec, je l'espère, plus de combats et un final explosif.

7,5/10
 

 

dimanche 23 novembre 2014

Respire

Charlie, lycéenne de 17 ans asthmatique plutôt discrète. Sarah, c’est la nouvelle. Belle, culottée, un parcours, un tempérament. La star immédiate, en somme. Sarah choisit Charlie. C'est le début d'une amitié intense.

C'est l'histoire d'une jeune fille un peu effacée qui se trouve confrontée à une jolie fille extravertie et compliquée, de leur amitié toxique teintée de violence sous-jacente. L'atmosphère du film épouse leur relation, d'abord joyeuse, pleine de vie, ensoleillée, avec des couleurs vives, puis de plus en plus oppressante. Mélanie Laurent a soigné la photographie, les paysages, la lumière mais manque un peu d'audace. Joséphine Japy est parfaite, portrait en creux d'une ado ordinaire. Pour une fois, la représentation de l'asthme, rapidité d'action de la ventoline mise à part, est proche de la réalité. Lou de Laâge explose littéralement en garce charismatique et manipulatrice. Isabelle Carré campe quant à elle une mère paumée mais aimante. Les émotions de Charlie sont transmises au spectateur avec efficacité et sincérité et les lycéens sont traités avec plus de justesse que dans certains films évoquant un certain microcosme du XVIème parisien. La mécanique de manipulation passionnelle est bien montrée. Quelques scènes sont un peu trop apprêtées, trop esthétisantes. En terme de rythme, les deux premiers tiers sont bien faits, le troisième est moins convaincant. Même si j'avais compris l'intrigue dès le début, le dénouement est surprenant.

7,5/10

mardi 18 novembre 2014

Love is strange

Après 39 ans de vie commune, George et Ben décident de se marier. Mais George se fait subitement licencier. Du jour au lendemain, le couple n'est plus en mesure de rembourser le prêt de son appartement new-yorkais. Contraints de vendre et déménager, ils vont devoir compter sur l'aide de leur famille et de leurs amis. Une nouvelle vie les éloignant l'un de l'autre, s'impose alors dans leur quotidien.


C'est un petit film indépendant qui parle avec sincérité de la famille et de l'amour. Il est très doux, mélancolique, tendre, émouvant. Émouvant sans gros plans tape-à-l'œil, ça change. toute la mise en scène est d'ailleurs élégante et feutrée. Dans certains plans, on remarque un joli travail sur la lumière (même si dans la dernière scène, elle n'est pas utilisée au mieux). Les deux acteurs principaux Alfred Molina et John Lithgow sont géniaux, crédibles en vieux couple qui se passe de mots pour se comprendre. Leurs personnages sont très attachants. Marisa Tomei apporte une touche féminine et énergique à ce film qui aurait pu être plus rythmé. La société des artistes new-yorkais est intelligemment dépeinte en filigrane. Le film, quoique d'une tonalité douce-amère, est parsemé d'humour. On rit avec les personnages et pas des personnages. Je regrette que la fin ne traite pas la situation de tous les personnages alors que leurs soucis ont été exposés. Le scénario est un poil léger même si je comprends le parti pris.

7/10

dimanche 16 novembre 2014

Quand vient la nuit

Bob Saginowski, barman solitaire, suit d’un regard désabusé le système de blanchiment d’argent basé sur des bars-dépôts – appelés « Drop bars » - qui sévit dans les bas-fonds de Brooklyn. Avec son cousin et employeur Marv, Bob se retrouve au centre d’un braquage qui tourne mal. Il est bientôt mêlé à une enquête qui va réveiller des drames enfouis du passé...


The drop -le vrai titre- est un petit thriller d'atmosphère, celle des quartiers malfamés de Brooklyn. Peu ou pas d'action mais de la tension. L'intrigue est très prévisible, disons que le scénario ne fait pas appel à l'intelligence du spectateur. D'ailleurs, le scénario aurait pu être plus étoffé. Tom Hardy est parfait en type pataud, calme, une force tranquille, mais avec un peu trop de sang-froid pour être aussi gentil qu'il y paraît. Je l'ai trouvé attachant. Certes, le mignon petit chien aide. Noomi Rapace joue avec beaucoup de douceur la jeune femme en détresse, heureusement, elle ne passe pas son temps à hurler ou à pleurer. Le regretté James Gandolfini campe avec le talent qu'on lui connaît le type amer et louche. Matthias Schoenaerts a droit au personnage le plus barré du film, un psychopathe qu'il rend inquiétant sans qu'il soit vraiment violent. Un peu plus d'ambition et d'ampleur n'aurait pas nui.

6,5/10

vendredi 14 novembre 2014

Serena

En 1929, George et Serena Pemberton, jeunes mariés, s’installent dans les montagnes de Caroline du Nord, où ils sont décidés à faire fortune dans l’industrie du bois. Serena se montre rapidement l’égale de n’importe quel homme et règne d’une main de fer avec son mari sur leur empire. Lorsque Serena découvre le secret de George alors qu’elle est elle-même frappée par le sort, leur couple passionné et impétueux se fissure.


Le film débute par un premier plan superbe sur une montagne noyée dans le brouillard. D'ailleurs pendant tout le film, les paysages sont magnifiques. La musique en revanche appuie un peu trop lourdement à mon goût le pathos. De nombreuses invraisemblances m'ont gênée (au début, ils se rencontrent, il lui balance une phrase idiote et, paf, ils sont mariés, l'inexplicable obsession de monsieur pour la chasse au puma, la "prophétie" qui ne sert à rien...). Certaines scènes sont inutiles, d'autres redondantes (inutile de multiplier les scènes de sexe pour faire comprendre l'alchimie sensuelle entre les personnages, d'autant qu'elle ne passe pas à l'écran). Jennifer Lawrence -mon dieu ce blond est trop clair et ce smoky hideux ne lui va pas- propose une composition intéressante sur une large palette d'émotion de la femme forte et manipulatrice à la femme dont le psychisme s'effondre. Bradley Cooper joue bien, Toby Jones aussi. Rhys Ifans campe avec talent un type mystérieux au sang-froid impressionnant. Trahisons, meurtres et corruption sur fond d'exploitation forestière. Ce qui aurait pu être un grand mélo classique manque son but, faute d'émotion. On ne s'ennuie pas mais on n'éprouve pas tellement d'empathie pour les personnages qui dérapent à partir d'une tragédie mais de façon trop brusque. Le sujet aurait mérité d'être filmé de façon plus âpre.

5/10

lundi 10 novembre 2014

Interstellar

Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.


Plus précisément, il s'agit de Cooper, pilote de la NASA devenu fermier par la force des choses qui se résout à quitter sa famille pour une mission de la dernière chance dans une autre galaxie rendue accessible par l'apparition d'un trou noir. Le premier tiers du film se concentre sur la vie sur Terre et se révèle un peu trop longue. Certes la situation est bien exposée mais il y avait moyen de faire plus court. Le reste se situe principalement dans l'espace avec des incursions sur Terre. Là encore, certaines scènes sont trop longues. Près de trois heures, c'est trop. Deux heures ou deux heures et quart auraient suffi. Parfois les dialogues très techniques ou très philosophiques m'ont perdu en route. C'est dommage. L'intrigue est bien construite et a le mérite de se pencher sur l'humain, et particulièrement sur ceux qui sont censés être des héros mais ne sont que des Hommes mais aussi sur ceux qu'ils laissent. Certains personnages secondaires existent peu et servent seulement de faire-valoir. Matthew McConaughey est excellent, il parvient à faire passer l'émotion même sous la combinaison et le casque d'astronaute (V.O indispensable). Mackenzie Foy et Jessica Chastain, dans le rôle de Murph, sont toutes les deux épatantes et, alors que le personnage aurait pu être agaçant, parviennent à le rendre attachant. Anne Hathaway, Michael Caine et Casey Affleck complètent efficacement ce casting, de même que les robots au design novateurs très sympa. La B.O est soignée et participe à la réelle tension du film. Malgré ses longueurs, le film sait aussi émouvoir, notamment grâce au talent des comédiens. Visuellement, c'est une vraie réussite, tant dans sa représentation de l'espace qu'en matière d'effets spéciaux.


7,5/10
 

dimanche 9 novembre 2014

Chef

Carl Casper, chef cuisinier, préfère démissionner soudainement de son poste plutôt que d’accepter de compromettre son intégrité créative par les décisions du propriétaire de l’établissement. Il doit alors décider de son avenir. Se retrouvant ainsi à Miami, il s’associe à son ex-femme, son ami et son fils pour lancer un food truck.


Le film s'étend plus longuement sur la vie de Casper chef de restaurant et père à mi-temps que le synopsis ne le laisse penser. Il prend le temps de poser la situation de départ, à savoir Casper, chef dans un restaurant qui s'ennuie mais qui n'ose pas reprendre sa liberté tout en essayant de s'occuper de son fils au quel il n'a guère de temps à consacrer, tout à sa passion. Toutes les scènes de cuisine sont bien réalisées et mettent l'eau à la bouche. Jon Favreau est crédible et attachant en chef à fort caractère mais aussi grand cœur. John Leguizamo et Emjay Anthony sont charmants, Sofia Vergara canon et Scarlett Johansson attendrissante. Robert Downey Jr. fait une apparition au cours de laquelle je n'ai pas compris la moitié de ce qu'il disait, même avec le sous-titrage. La complicité entre les comédiens, perceptible, fait plaisir à voir. Le scénario est simple et sympathique. Relevé d'une bonne dose d'humour, il porte sur la cuisine bien sûr et la créativité culinaire, le rapport à la critique et le poids d'internet, la renaissance d'un homme qui s'était perdu en route, les relations entre un homme divorcé et son jeune fils, l'amitié aussi. Dommage que l'assaisonnement ne soit pas plus piquant (pardon, je n'ai pas pu éviter la métaphore culinaire), tout cela est un peu trop marqué par les bons sentiments. Favreau propose une réalisation classique mais efficace. Une ou deux scènes sont de trop mais ce n'est pas handicapant. Il a choisi une B.O au top, très entraînante. Ce film n'a rien de sensationnel ou d'inoubliable mais il donne faim et on sort de la salle avec le sourire.

8/10

jeudi 6 novembre 2014

Une nouvelle amie

À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie.

Le film est une œuvre à part, comme souvent chez Ozon. On reconnaît son esthétique léchée. Les relations entre les personnages principaux sont complexes et troubles. D'ailleurs Claire et David, profondément touchés par la mort de Laura, sont à un tournant de leur vie. Ils se posent beaucoup de questions. David interroge son identité sexuelle. Claire, quant à elle, s'intéresse à ses propres fantasmes. Romain Duris est excellent, dans les deux identités de son personnage mais peine trop à dissimuler sa masculinité. On ne peut jamais y croire totalement. Anaïs Demoustier joue une ingénue pas si ingénue que ça, entre bourgeoisie conformiste et fantasmes hot (desperate houswife ?). Raphaël Personnaz campe le personnage témoin, c'est à dire le type moyen, gentil, à fond dans le boulot, avec des réflexions idiotes mais pas un mauvais fond. C'est le personnage le plus crédible et peut-être le plus intéressant. Le film peut être drôle, surprenant, non sans mettre mal à l'aise, sans doute parce que, s'il se garde de toute vulgarité, il n'évite pas le ridicule. Un sentiment d'étrangeté ne m'a pas quittée et m'a empêchée d'être complètement dedans et donc d'être sensible à l'émotion du film. Le mélange des genres n'est pas convaincant d'autant qu'Ozon multiplie les clichés et ne va pas au fond des choses. Une psychologie plus fine et mieux exprimée aurait mieux servi le sujet.
4/10


mardi 4 novembre 2014

Drôle de mariage de Madeleine Wickham, alias Sophie Kinsella

J'avais besoin d'un peu de légèreté, aussi ai-je choisi une couverture colorée avec dessus le nom d'un auteur de chick-lit.
 
 
Milly vit à Bath, dans la maison de ses parents, qui est aussi un Bed and Breakfast tenu de main de maître par Olivia, sa mère. La jolie Milly est sur le point de se marier avec Simon Pinacle, héritier du milliardaire Harry Pinacle, à la plus grande joie d'Olivia, qui a fait de la préparation de ce mariage grandiose son cheval de bataille. Dans l'euphorie générale, Milly semble avoir complètement occulté son premier mariage, il y a dix ans, avec Allan, un ami homosexuel américain rencontré durant ses études à Londres. Il avait besoin de ce mariage blanc pour rester auprés de Rupert, son grand amour. Quand le secret menace de remonter à la surface, toute la belle harmonie familiale vole en éclats.
 
Sophie Kinsella (1969 - ) est le pseudonyme de Madeleine Wickham, une femme de lettres anglaise. Elle vit actuellement dans le quartier de Wimbledon avec son mari et leurs cinq enfants. Elle a étudié la musique puis la PPE au New College de l'université d'Oxford et est devenue écrivain après avoir été journaliste financière.
 
C'est un livre léger qui raconte les déboires d'une jeune femme incapable d'affronter la réalité et les conséquences de ses actes. Elle agace parfois par son inaction mais on a hâte de savoir comment elle va se dépatouiller de tout ça. L'auteur suit aussi d'autres personnages : ses parents, sa sœur, son fiancé. Bémol : le roman est un peu court, donc les développements le sont aussi. Les personnages secondaires auraient mérité plus d'espace malgré le talent de l'auteur pour les croquer en quelques phrases. De plus, certains sont un peu trop caricaturaux à mon goût. Le déroulement de l'histoire est assez prévisible. Le final réussit pourtant à être touchant.
Comme souvent chez Kinsella quand elle publie sous le nom de Wickham, le ton n'est pas hilarant, plutôt pince-sans-rire. On sourit mais on ne rit pas franchement. Le thème du mariage est abordé sous toutes ses formes (le mariage blanc, l'organisation de la cérémonie,... ), l'homosexualité, la paternité. Des questions sont posées, telles que faut-il tout se dire sous prétexte qu'on s'aime ?
Et bon sang ! Le titre en anglais est : Wedding girl. Drôle de mariage n'est pas une traduction heureuse.
C'est une lecture agréable, rapide, légère malgré les thèmes graves abordés. Sympa mais pas inoubliable.
 
6/10

lundi 3 novembre 2014

The giver

Dans un futur lointain, les émotions ont été éradiquées en supprimant toute trace d'histoire. Seul "The Giver" a la lourde tâche de se souvenir du passé, en cas de nécessité. On demande alors au jeune Jonas de devenir le prochain "Giver"...
 
 
Je n'ai pas vu la bande-annonce, juste lu le synopsis, donc je ne savais pas vraiment ce à quoi je devais m'attendre. Finalement, c'est une bonne surprise. Le réalisateur a une une bonne idée de départ : l'utilisation du noir et blanc. Cet affadissement de l'image exprime clairement l'affadissement de la vie dépourvue d'émotions. D'ailleurs l'esthétique est extrêmement soignée. L'histoire est assez classique : une dystopie dépourvue d'émotion dont s'émancipe peu à peu un individu qui souhaite que tout le monde profite de ses découvertes. Les ficelles sont bien connues et pourtant, contre toute attente, ça marche. Je me suis laissée cueillir par l'émotion qui se dégage du film, notamment grâce aux interprètes : Jeff Bridges en type bourru prêt à passer le flambeau, Brenton Thwaites, un peu pâle en jeune garçon curieux avide d'émotions nouvelles, Meryl Streep en doyenne figure de sagesse mais aussi d'autoritarisme, Alexander Skarsgård à qui la douceur va bien, Katie Holmes à qui la sévérité va bien, Odeya Rush en jolie jeune première. L'utilisation d'images du passé superposées et les sensations fortes éprouvées par le héros est classique mais fonctionne. Je n'ai pas pu m'empêcher de comparer ce film avec Le Labyrinthe qui part d'une idée semblable : l'émancipation d'une communauté restreinte vers une autre vérité. The giver bénéficie de plus d'allant, d'un certain souffle épique, et peut-être d'un enjeu plus marqué. Cela aurait gagné à être plus pointu, moins ciblé young adults.

8/10



dimanche 2 novembre 2014

The november man

Peter Deveraux est un ex-agent de la CIA réputé pour sa redoutable efficacité. Contacté pour assurer l'exfiltration de Natalia, un agent placé auprès du futur président de la Russie, il s'aperçoit qu'il a été manipulé.

Le synopsis allociné est très limite, tant il aligne les approximations et les révélations. Je m'attendais à un thriller d'espionnage classique et c'est exactement ce que c'est. Pierce Brosnan campe avec classe un ex agent de la CIA désabusé et cynique. J'étais contente de le retrouver dans un film d'action. Il est épaulé par la ravissante -et parfois très sexy- Olga Kurylenko et le sympathique Luke Bracey. La fille a le rôle basique de la jeune et jolie fille en détresse / à sauver / qui attire les ennuis, mais ces messieurs bénéficient de rôles plus denses, plus ambigus, de l'ex espion qui picole volontiers, au jeune espion plein de doutes, en passant par le manipulateur aux intentions troubles. Pour établir une paix qui semble plus durable, que peut-on accepter de sacrifier ? L'intrigue sur fond de manipulations géopolitiques, prévisible, se suit avec plaisir. Les scènes d'action sont bien réalisées, bien visibles, parfois violentes. Un agréable divertissement.
7/10


vendredi 31 octobre 2014

Les apparences de Gillian Flynn

Après avoir vu le film Gone girl, je me suis demandé à quoi ressemblait le bouquin. Ça tombe bien, ma mère vient de l'acheter, elle me l'a prêté.  

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari, Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre des meubles renversés dans leur salon et aucune trace de sa femme. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal.

Gillian Flynn (1971 - ), est une scénariste et romancière américaine, spécialisée dans le roman policier. Elle fait des études supérieures à l'Université du Kansas qu'elle poursuit à l'Université Northwestern, où elle obtient une maîtrise en journalisme. Elle désire devenir reporter d'affaires criminelles, mais comprenant qu'elle n'a guère les qualités pour cet emploi, elle travaille plutôt comme critique littéraire au magazine américain Entertainment Weekly durant une dizaine d'années. Au cours de cette période, elle épouse Brett Nolan dont elle a un fils. Sa carrière littéraire s'amorce en 2006 avec la publication d'un premier thriller intitulé Sur ma peau (Sharp Objects). Son troisième roman, Les Apparences (Gone Girl) lui vaut une reconnaissance internationale.
Ayant vu le film, je connaissais déjà l'intrigue et la fin. Toutefois, le film étant fidèle en tous points au roman, je peux dire que le suspense fonctionne et tient jusqu'à la fin, notamment grâce à une construction maligne. Gillian Flynn a su placer les rebondissements aux bons moments. Elle sait également créer une atmosphère délétère, celle d'un couple qui se détricote sous nos yeux sur fond de crise économique dans l'Amérique profonde en pleine dépression. Le délitement de ce mariage est rendu avec précision, c'en est presque clinique. L'auteur dépeint non sans talent les illusions des débuts qui sombrent dans la réalité et le quotidien. Cependant, le choix d'écrire un thriller psychologique a des avantages et des inconvénients qu'elle n'a pas réussi à éviter. Les avantages d'abord. Les personnages sont bien écrits, détaillés, leur psychologie est fouillée, expliquée. D'ailleurs, elle se penche, plus que dans le film, sur l'épatante Amy et son impact sur la vraie Amy, et c'est tant mieux. Le lecteur est plongé dans leur psyché, comprend leur façon de penser et de réagir. Les inconvénients maintenant. D'une part, les deux personnages principaux, bien plus détaillés que les autres, sont antipathiques. Amy est une psychopathe rigide et Nick est un connard pathétique. J'ai été incapable de ressentir la moindre empathie envers eux, à tel point que j'avais du mal à revenir au livre. L'avantage du film sur le livre, c'est l'incarnation, par de bons acteurs certes, mais qui bénéficient au départ d'un capital sympathie ; les personnages écrits sont des concepts désincarnés et donc encore plus distants. Par ailleurs, de tels personnages sont à la limite du crédible. Le final est plus développé, que dans le film, l'expliquant mieux. Ça ne le rend pas moins trash. D'autre part, le roman manque de rythme. Plongé dans l'esprit retors des protagonistes, on avance à tous petits pas. Si bien que l'ennui nous guette parfois.
6,5/10


mardi 28 octobre 2014

Magic in the moonlight

Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford, un Anglais arrogant et grognon qui ne supporte pas les soi-disant médiums. Se laissant convaincre par son ami Howard Burkan, il se rend chez les Catledge sur la Côte d’Azur dans le but de démasquer la ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

Pour des raisons pratiques, j'ai dû voir le film en français. Une catastrophe ! Le doublage de Colin Firth est horrible, épouvantable, il m'a gâché une bonne partie du film. Bon, ça et le froid qui régnait dans la salle. Je vais donc essayer de donner mon avis abstraction faite de ces facteurs dérangeants. Le film est joyeux, plein de dialogues bien écrits. ce n'est pas hilarant mais on sourit souvent. La reconstitution des 20's est plaisante, notamment grâce à la B.O. D'ailleurs tout dans le film est charmant mais pas complètement abouti, malgré un vrai travail sur la photographie et la lumière. Le film manque de rythme, c'est dommage d'autant que l'hommage aux comédies romantiques de l'âge d'or est palpable. Colin Firth campe avec talent un magicien cynique un poil dépressif sur les bords qui voit ses certitudes vaciller. Emma Stone est pétillante mais manque un peu de charisme. Leurs personnages sont attachants, de même que la fameuse tante Vanessa. En revanche certains personnages secondaires apparaissent puis disparaissent sans raison. Un peu plus de profondeur et de fond n'aurait pas nui. Charmant donc mais extrêmement volatile.

7/10

dimanche 26 octobre 2014

The judge

Fils de magistrat, Hank Palmer, grand avocat, revient dans la petite ville de son enfance, où son père, qu'il n'a pas revu depuis longtemps, est soupçonné de meurtre. Il décide alors de le défendre et, chemin faisant, renoue avec sa famille avec laquelle il avait pris ses distances…

C'est un long film et pourtant, on ne s'ennuie pas un instant. Pourquoi ? D'abord, l'histoire, malgré une belle incohérence et un classicisme certain, tient en haleine, entre drame familial et procès. Ensuite, le scénario est truffé de rebondissements, les personnages se découvrent petit à petit. Enfin, tout le casting est une pointure : Robert Downey Jr. moins cabotin qu'à son habitude, donc à son meilleur jeu, Robert Duvall, sobre, aussi antipathique qu'attachant, sans oublier Billy Bob Thornton, Vincent D'Onofrio, Jeremy Strong, Vera Farmiga, Leighton Meester et Dax Shepard, tous au diapason. Les personnages sont bien écrits, existent en soi et permettent de faire passer l'émotion. Dommage que la musique pousse au pathos. Le film aborde des thèmes chers au cinéma américain : la famille et ses non-dits, l'éducation, les relations entre père autoritaire et fils avide de reconnaissance, la justice et sa représentation, les erreurs de jeunesse. Les dialogues sont bien écrits, souvent drôles, alors que le climat du film peut être pesant.

8/10

mardi 21 octobre 2014

Balade entre les tombes

Ancien flic, Matt Scudder est désormais un détective privé sans licence. Engagé par un trafiquant de drogue pour retrouver ceux qui ont enlevé et assassiné sa femme avec une rare violence, Scudder découvre que ce n’est pas le premier crime sanglant qui frappe les puissants du milieu…


Je m'attendais à un film d'action. Erreur. Il s'agit d'un thriller très noir. La première scène est convenue mais le générique trompeur. On croit que c'est une chose, c'en est une autre, terrible. Ce renversement met immédiatement dans l'ambiance. Ce sera sombre et tendu, pendant tout le film, notamment grâce à deux sociopathes particulièrement inquiétants : David Harbour et Adam David Thompson sont ravis de vous présenter leur petite boutique des horreurs et de vous faire froid dans le dos. Liam Neeson est bon mais ne sort guère du rôle du héros traditionnel, le type mélancolique plein de sang froid qui aide le gentil gosse insolent -Briand Bradley, mignon. On retrouve avec plaisir Dan Stevens, méconnaissable en brun moustachu, campant un personnage intéressant. L'enquête est bien construite, même si je ne suis pas certaine d'avoir compris le rôle exact de la police dans cette affaire. Le suspense tient pendant tout le film, quoi que la fin soit prévisible et décevante.

8/10
 

lundi 20 octobre 2014

Le labyrinthe

Quand Thomas reprend connaissance, il est pris au piège avec un groupe d’autres garçons au centre d'un labyrinthe géant dont le plan est modifié chaque nuit. Il n’a plus aucun souvenir du monde extérieur, à part d’étranges rêves à propos d’une mystérieuse organisation appelée W.C.K.D. En reliant certains fragments de son passé, avec des indices qu’il découvre au sein du labyrinthe, Thomas espère trouver un moyen de s’en échapper.


Grace à l'immersion immédiate dans l'ascenseur avec Thomas, le spectateur est tout de suite dans l'histoire, en empathie avec les personnages, du moins certains, littéralement happé. Leur psychologie est bien rendue, même si elle est parfois basique. Pourtant, on trépigne presque tant on voudrait comprendre, en savoir plus, entrer dans le labyrinthe et voir ce qu'il y a dedans. On se surprend à pencher la tête en même temps que Thomas. Même si j'ai vite compris une partie de l'intrigue et de son explication inspirées par Sa majesté des mouches, Cube, Lost, entres autres, tout un pan reste dans l'ombre, même à la fin de cette première partie. Le pourquoi reste mystérieux. Il y a du déjà-vu dans ce film, on ne peut le nier, mais c'est du déjà-vu attractif, enthousiasmant. Dylan O'Brien est sympathique, il a une bonne tête de héros. Will Poulter a tellement la tête de l'emploi que c'en est cruel. Thomas Brodie-Sangster, Ki Hong Lee et Blake Cooper complètent ce casting plutôt au niveau, parfois attachant, mais qui ne fait pas d'étincelles. Teresa est, pour le moment je l'espère, complètement sous-exploitée. Les effets spéciaux sont impeccables et les scènes d'action bien fichues. Le rythme tient la route, la tension va croissant, bref, le film, malgré ses défauts, est convaincant. A suivre.
7,5/10 
 

dimanche 19 octobre 2014

White bird in a blizzard

Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité, Kat semble à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…
 
 
Ce film est d'abord un film d'ambiance. Dès le début, et malgré un décor aseptisé et pimpant, le réalisateur instille une atmosphère glauque au possible, si bien que je me suis sentie vaguement mal à l'aise pendant toute la projection. Il décortique les relations de couple, de parents à enfant, enfin à ado. L'ado en question est une drôle de fille qui passe son temps à traiter son père de lavette et sa mère de cinglée sans jamais cesser de les défendre, enfin quand elle ne parle pas de sexe. Ou n'y pense pas. Shailene Woodley est excellente en ado un peu paumée qui feint une assurance qu'elle n'a pas vraiment. Eva Green, sublime, est parfaitement glaçante en mère tirée à quatre épingles qui s'ennuie, refuse de vieillir et jalouse sa fille jeune et jolie avec tout l'avenir devant elle, alors qu'elle-même a gâché sa vie. Son personnage est de loin le plus intéressant. Christopher Meloni -mon Dieu rasez-moi cette moustache- campe avec plus de pertinence que je ne l'aurais cru un père et mari effacé, avec une petite voix, mais dont on ne parvient pas à percer les motivations. Le choix d'une réalisation distanciée avec voix off fait perdre une bonne partie de potentiel émotionnel du film.
5/10
 

 


jeudi 16 octobre 2014

L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon

Je n'ai finalement pas attendu longtemps avant de lire le premier volume de la trilogie du Cimetière des livres oubliés. Ni à lire d'ailleurs.
 
 
 

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, Sempere le libraire emmène son fils, Daniel, dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et le marquer à jamais : L’Ombre du Vent de Julian Carax.
 
 
Carlos Ruiz Zafon (1964 - ) est un auteur et scénariste espagnol vivant aux États-Unis. Il a gagné plusieurs prix dont le prix Femina en 2004 et le prix Michelet en 2005. En plus de Marina, il a écrit deux trilogies : Le cimetière des livres oubliés et la Trilogie de la brume.
 
 
En jetant un œil aux critiques portant sur Le jeu de l'ange, je m'étais aperçue que certains trouvaient les deux livres redondants. Oui et non. L'auteur traite toujours des mêmes thèmes -la fin de l'enfance, les premiers émois adolescents, Barcelone, ses rues, ses bâtiments, le mal, les livres, l'écriture, l'amour fou et tragique, la cruauté. Pourtant, cet opus y ajoute l'amitié adolescente et ses suites, les contraintes sociales pesant particulièrement sur les filles et les domestiques, la guerre en Espagne, les opportunistes psychopathes. Il est plus ancré dans la réalité que Le jeu de l'ange, sous toutefois se départir de l'atmosphère gothique, sombre, envoutante qu'affectionne Ruiz Zafon. Toutefois, mon erreur dans l'ordre de lecture s'est révélée chanceuse car L'ombre du vent se déroule de nombreuses années plus tard. Deux points communs entre les deux opus : le cimetière des livres oubliés bien sûr et la librairie Sempere.
Daniel est un garçon sympathique et passionné. Fermin est très attachant, souvent drôle. J'ai regretté que Bea et Tomas ne soient pas encore plus développés. Les seconds rôles sont riches, tous intéressants.  Grâce aux personnages et à l'écriture magnifique de l'auteur, on est plongé dans l'ambiance sombre de la Barcelone d'après-guerre et on suit les aventures tantôt drôles, tant effrayantes, voire angoissantes de Daniel, qui, malgré l'auto-critique dont il fait preuve, ne manque pas de courage.
Le livre fait plus de 600 pages et pourtant il se lit vite car les chapitres s'enchaînent intelligemment. De plus, il s'avère difficile de le lâcher tant on est immergé dans l'histoire. Il n'y a pas à dire, j'adore cet auteur.


9/10

mercredi 15 octobre 2014

Lou ! journal infime

Lou est une jeune fille créative et rêveuse d’une douzaine d’années. Elle vit seule avec sa mère qui a mis de côté sa vie de femme ces dernières années. Leur cocon confortable cache malgré tout quelques failles : sa mère stagne et glisse doucement vers la mélancolie alors que Lou est obnubilée par Tristan son petit voisin, délaissant sa bande de copains...

Le réalisateur a fait des choix surprenants, très inspirés par l'univers BD. Les décors sont très colorés, artificiels, l'ambiance très joyeuse, surtout dans la deuxième partie. Ludivine Sagnier joue toujours aussi bien les femmes-enfants immatures, même cachée derrière une crinière brune et d'énooormes lunettes. La jeune Lola Lasseron, toute mimi, joue plutôt bien, contrairement à certains de ses camarades. Nathalie Baye, à peine reconnaissable, est parfaitement agaçante en mère glaciale et vindicative, ça tombe bien, c'est le but. Tout cela aurait pu être bien fichu, pêchu et intéressant puisque le film traite des premiers émois, de relations fusionnelles mère-fille... Mais non. La musique est assez effacée, trop pour ce genre de film. Ce dernier manque par ailleurs de rythme, est un peu mou, un peu plat. Le traitement est superficiel, naïf et décousu. Tout est mené par l'absurde, ce qui est parfois drôle et souvent déroutant. Devant le grand écran, mes pensées étaient souvent WTF avec un gros point d'interrogation dans les yeux.

5,5/10

 

mardi 14 octobre 2014

Tu veux ou tu veux pas

Lambert, sex addict repenti, tente de se racheter une conduite en devenant conseiller conjugal. Abstinent depuis plusieurs mois, il recrute une assistante, la séduisante Judith, dont la sexualité débridée va très vite mettre ses résolutions à rude épreuve…


C'est une petite comédie romantique sans prétention. Ni piquant. Ni sel. Ni beaucoup de sensualité. Pour un film sur les sex addict, c'est dommage. Patrick Bruel joue bien mais quelque chose m'a gêné dans sa prestation sans que je réussisse à mettre le doigt dessus. Sophie Marceau, pétillante, est sexy à souhait. La trame est classique. Les seconds rôles sont inexistants et trop peu exploités. Ils auraient pu étoffer l'intrigue faiblarde. Le cameo de Jean-Pierre Marielle est marrant et sympa mais relève de l'anecdote. Les dialogues sont souvent drôles, l'ambiance joyeuse. Derrière celle-ci se cachent des thèmes plus sérieux : le désir, l'addiction (à peine effleurée finalement), la peur d'aimer et de souffrir, la peur de l'engagement. Le film est agréable, mais son traitement est trop peu ambitieux et trop paresseux.

5/10