vendredi 24 janvier 2014

Philomena

Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, rejetée par sa famille car fille-mère, vit au couvent de Roscrea. À l’âge de trois ans, son fils lui est enlevé pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver. Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier, dans l'espoir d'écrire un bon article, la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony.
 
  
Je suis un peu déçue par ce film dont j'attendais plus. Stephen Frears nous a habitué à plus de verve. Or, ce film, même s'il fait souvent sourire, n'est pas vraiment drôle, il a plutôt un ton mélancolique et ne fait preuve d'aucune originalité dans son déroulement. Il porte un indéniable petit air de déjà vu à cause du duo antagoniste qui se rapproche peu à peu. La critique de certains couvents irlandais, que ce soit aujourd'hui ou dans les années 50, est évidente et appuyée et à peine modérée par le comportement aimable d'une nonne. Judi Dench et Steve Coogan sont formidables et sobres. Ils permettent au film de gagner en émotion. Le portrait de cette vieille dame franche et candide est attachant et apporte la note d'humour. Le portrait du journaliste cynique qui évolue vers plus d'humanité est plus prévisible. Sans avoir de gros défaut, le film marque une certaine platitude dans la réalisation, un certain manque de dimension dramatique. Il lui manque un je-ne-sais-quoi pour gagner en force.
 
6/10

mercredi 22 janvier 2014

Prêt à tout

À 30 ans, Max a fait fortune sur internet avec ses deux potes et profite de la vie au soleil. Las de cette vie creuse, il ne cesse de penser à son amour de fac, Alice, une fille engagée, pleine d’idéaux qui ne s’est jamais intéressée à lui. Pour se rapprocher d’elle, Max rachète l’usine en faillite dans laquelle elle travaille. Et sans dévoiler sa fortune ni son nouveau statut de patron, il se fait passer pour un simple ouvrier et ne cesse de mentir par peur de décevoir.


Sur fond de lutte sociale, Prêt à tout est une comédie romantique touchante et drôle quoique convenue et cousue de fils blancs. Épaulés par des seconds rôles épatants (Lauby, Astier, Timsit, Roberson, Lahmi, Tran...), Max Boublil et Aïssa Maïga sont rafraîchissants. On peut regretter la lourdeur de certaines blagues pas drôles, notamment dues au personnage de Malik. Toutefois, on sourit beaucoup dans son fauteuil et on s'émeut des catastrophes provoquées par Max, de sa bonne volonté toujours mise à mal dès qu'il passe à la réalisation. Les personnages sont attachants, bien qu'Alice soit carrément butée et parfois un peu agaçante. Enfin, pour une fois, c'est agréable de ne pas se retrouver face à des bobos du XVIème bossant dans la mode ou la presse féminine, sans tomber dans le pathos et la victimisation. Au contraire, le film est positif et énergique.

7/10 // Marrant //


lundi 20 janvier 2014

Les brasiers de la colère


Dans une banlieue ouvrière, Russell Baze travaille à l'usine, comme son père, alors que son cadet, Rodney, a préféré s'engager dans l'armée. De retour à la maison, Rodney, psychologiquement ravagé, refuse l'usine et se lance dans les paris et les combats illégaux.

 
L'idée de départ était intéressante mais mal exploitée entre film social et polar. En effet, toute la première partie décrit la vie quotidienne de ces deux frères malchanceux alors que la seconde partie, qui arrive très -trop ?- tard, évoque l'enquête et la vengeance de l'aîné. La chronique de l'Amérique profonde est toutefois intéressante et honnête, parfois non dénuée d'émotion grâce à la complicité des acteurs principaux. Malgré une excellente première scène et une bonne B.O, de nombreux plans, très courts, sont inutiles et hachent la première partie du film en série de brèves séquences souvent muettes qui servent à poser les personnages de façon peu subtile. Bref, on s'ennuie un peu, notamment à cause d'une réalisation mollassonne. Certes, tous les acteurs, de Bale à Affleck en passant par Dafoe et Harrelson, sont talentueux et impliqués malgré des personnages parfois caricaturaux et sous-exploités. Cela ne suffit pas à faire un bon film d'autant que les choix du réalisateur en terme de qualité d'image n'ont pas d'intérêt et sont laids (grain, flous).

4/10 // Décevant //

dimanche 19 janvier 2014

Marina de Carlos Ruiz Zafon

On m'a très récemment offert ce roman dont je ne connaissais pas l'auteur. Passé le premier chapitre un peu déroutant, je n'ai plus pu le lâcher. A tel point que j'ai raté une séance de ciné (pas pour très longtemps, je vous rassure).
 
 
A Barcelone, au début des années 1980, Oscar, quinze ans, a l'habitude de s'échapper le collège où il est interne pour flâner dans les rues de la ville. Au hasard de l'une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina et de son père, German, qui vivent dans une vieille maison hors du temps. Fascinée par l'énigme d'une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagnon dans un cimetière oublié de tous. Qui est la femme venant s'y recueillir ? Et que signifie le papillon noir qui surplombe la pierre tombale ? S'égarant dans les entrailles d'une terrifiante cité souterraine, s'enfonçant dans les coulisses d'un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d'une tragédie vieille de plusieurs décennies.
 
Carlos Ruiz Zafon (1964 - ) est un auteur et scénariste espagnol vivant aux États-Unis. Il a gagné plusieurs prix dont le prix Femina en 2004 et le prix Michelet en 2005. En plus de Marina, il a écrit deux trilogies : Le cimetière des livres oubliés et la Trilogie de la brume.
 
La quatrième de couverture m'a induite en erreur, je pensais me trouver face à un ouvrage de pur fantastique. Or, Marina est un ouvrage poétique et sombre, presque gothique. Il y est question d'inquiétants mannequins, de cimetière oublié, de vieilles maisons décrépites, de drôles de papillons, de lourd passé et surtout de Barcelone que le héros parcourt avec bonheur.
Avec un humour surprenant et présent presque à chaque page, l'auteur décrit la fin de l'enfance, évoque la mort, la peur qu'elle inspire, les réactions diverses qu'elle suscite, les transformations subies par une ville aussi. Il est aussi beaucoup question d'amour, du premier, du grand, du filial. Barcelone est presque un personnage tant elle est parcourue en tous sens, surtout dans ses vieux quartiers, ceux des maisons vides et à moitié en ruine, des jardins perdus peuplés d'ombres mouvantes, ceux des fantasmagories intemporelles, ou plutôt prisonnières du temps, tant les années 80 sont presque absentes. Les descriptions du narrateur sont fascinantes et souvent inquiétantes, d'autant qu'il y est souvent question d'araignées qui se baladent ou tissent leur dangereuse toile autour des personnages.
Finement écrit et distillant un suspense prenant, Marina est un fabuleux page-turner, si bien que le lecteur se surprend à avoir fini, trop vite. On en veut encore, c'est trop court. Je ne vais pas tarder à m'atteler à l'une des trilogies de l'auteur.

9,5/10


L'amour est un crime parfait

Professeur de littérature à l'université de Lausanne, Marc, qui vit avec sa sœur, est un séducteur qui collectionne les aventures avec ses trop séduisantes étudiantes. Peu après la disparition de sa dernière conquête, il rencontre la belle-mère de celle-ci, une jeune femme un peu étrange.


Ce polar se veut esthétique et érotique. Mouais. C'était sans doute un peu trop ambitieux. Certes, les paysages sont magnifiques. Les plans le sont moins avec de temps à autre des incrustations de mauvaise qualité, des changements de zoom visibles, de la fausse neige qui tombe mal. La tension nait dès le début à cause d'une musique crispante, et, après un long creux plus proche du drame que du polar, renaît pour un final étrange. Autant Amalric est excellent, autant Viard ne semble pas tout à fait à sa place malgré son talent et sa plastique. Maïwenn et Forestier sont un peu énervantes à minauder. Parfois, les acteurs semblent déclamer leurs dialogues comme des tirades de théâtre, c'est déroutant et ne permet pas d'entrer dans le film, à tel point que je me suis demandé si je devais partir ou non. Quelques scènes de nudité ne paraissent pas utiles à la progression du film qui est quasi nulle par ailleurs. En effet, la police fait son enquête on ne sait comment, ni même quels indices elle trouve ni comment elle parvient au résultat final. L'inspecteur Jacques a avec Marc des conversations surréalistes hallucinantes et décalées mais, comme de nombreuses choses dans le film, peu crédibles. Un peu d'humour ponctue agréablement le film, quoique de façon décalée. Au final, les personnages ne sont pas assez approfondis et le film garde trop de zones d'ombres car il aurait été plus judicieux et efficace, pour montrer un homme dont le vernis craque, d'expliquer ce qui a conduit au meurtre plutôt que de s’appesantir sur les conséquences sans en montrer les causes.

3/10 // Raté //