vendredi 14 février 2014

Haut-Royame, tome 1 Le chevalier de Pierre Pevel

J'ai acheté ce livre à l'occasion d'un salon littéraire au cours duquel j'ai pu échangé quelques mots avec l'auteur (ce n'est pas la première fois que nous nous y croisons). J'ai attendu un bon moment pour le lire, j'attendais d'avoir le feeling pour lire la nouvelle petite merveille de Pevel que j'adore. J'ai également retardé le moment de sa lecture parce que je sais que le tome 2 ne sera pas publié dans l'immédiat. Ah ! Ces auteurs qui prennent le temps d'écrire et frustrent leurs lecteurs !
 
 
Un homme, un royaume, un destin. Il avait pour nom Lorn Askariàn. Certains disent que le malheur arriva par lui et d'autres qu'il fut celui par qui tout fut sauvé. Dans ses veines coulait le sang noir des héros condamnés. Le Haut-Royaume connaît sa période la plus sombre. Le roi est affaibli et la rébellion gronde aux frontières du territoire. En dernier recours, le souverain libère Lorn de ses geôles et le nomme Premier Chevalier de la garde d'’Onyx, chargée de protéger l’'autorité royale.
 
Pierre Pevel (1968 - ) a d'abord été scénariste, journaliste et auteur pour les jeux de rôle, avant de venir à l'écriture. Il écrit plusieurs romans de fantasy sous le pseudonyme de Pierre Jacq, puis signe ses livres de son vrai nom. Il se fait connaître par sa trilogie des Ombres de Wielstadt, publiée en 2001, qui lui vaut en 2002 un Grand prix de l'Imaginaire. Ses romans se rapprochent souvent de l'uchronie, et en particulier de l'uchronie de fantasy. Par ailleurs, il a entrepris, depuis 2006, de traduire à nouveau les aventures de James Bond de façon à respecter le texte original.
 
Le résumé est un peu sinistre et annonce un roman sombre. C'est vrai mais il ne faut pas négliger les touches d'humour distillées par l'auteur. Son personnage principal est torturé par son passé et un mal mystérieux. Il s'interroge sur son identité et ce qu'il reste de lui après un emprisonnement violent. Comme souvent dans l'œuvre de Pevel, il n'est pas manichéen et loin d'être caricatural. Il s'agit plutôt d'un contre-héros empli de doutes, de colère, d'envie de vengeance, mais aussi d'amitié, d'amour et de sens du devoir.
On retrouve également avec plaisir son univers : dragons, dracs, intrigues politiques, combats à l'épée ou à mains nues. Pevel est passé à la fantasy pure, supprimant l'aspect historique et créant son propre monde. Les comparaisons avec Game of thrones sont inévitables, d'autant que le conseiller machiavélique Estévéris ressemble fort à Varys et que l'auteur multiplie aussi les points de vue quoi que de façon moins large que Martin. Heureusement, notre auteur frenchy tient la route et ne souffre pas de la comparaison.
 
La construction du roman diffère un peu de l'habitude : cela démarre lentement, puis tout s'accélère jusqu'au final en forme de cliffhanger. Le récit est divisé en parties nettement séparées qui évitent les longueurs lorsqu'il n'y a pas d'action, car le roman est émaillé de rebondissements qui permettent de découvrir plus profondément les personnages principaux. Je ne suis pas fan de certains passages où Pevel va à la ligne presque à chaque phrase. Cette rédaction journalistique m'agace. Dieu merci, il n'a pas complètement cédé à cette manie ! D'ailleurs, la lecture est fluide et addictive, comme toujours.
 
J'attends la suite avec impatience !
 
9/10


mercredi 12 février 2014

Les 3 frères, le retour

Ils sont trois, ils sont frères, ils sont de retour. 15 ans après, Didier, Bernard et Pascal sont enfin réunis... par leur mère... Cette fois sera peut-être la bonne.

 
Honnêtement, j'ai dû voir le 1er il y a longtemps à la TV mais je n'en ai aucun souvenir. Il n'était donc pas évident de saisir les références qui y sont faites. Après un début très lent et une intro neutre sans intérêt, ça devient drôle mais il est dommage que nombre de bons mots aient été révélés dans la bande-annonce qui en montre beaucoup trop. Les trois compères semblent complices et sont convaincants en menteurs pathologiques mais quelque chose cloche. Le scénario n'est pas épais et rempli de clichés dont les auteurs ne se servent pas, qu'ils ne dénoncent pas, n'exploitent pas, comme la plupart des idées du film d'ailleurs. Cela ressemble plutôt à une suite de sketchs. Sofia Lesaffre ajoute une touche de fraîcheur (et de jeunesse) à ce film un peu mou malgré de nombreuses scènes qui fonctionnent, sur fond de légère nostalgie. Bref, c'est drôle mais c'est tout. Insuffisant.

5/10

lundi 10 février 2014

Robocop

Reboot du Robocop de 1987 de Verhoeven. Les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d'acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville.


On ne peut s'empêcher de le comparer au classique de Verhoeven dont il diffère en de nombreux points : de la mort de Murphy à ses relations familiales, en passant par son partenaire et les méchants, beaucoup plus fades. Certaines différences sont justifiées par la volonté de faire un film moins violent et de l'adapter aux questionnements actuels, à savoir non plus la seule robotisation mais aussi l'intelligence artificielle, les manipulations scientifiques sans frein et manipulations médiatiques et politiques. Cette version est plus cérébrale que la précédente, plus explicative, mais prenante du fait des enjeux clairement posés. Un peu plus d'action, ça aurait quand même été sympa. La scène du désossement du robot est trash et très bien faite, de même que les effets spéciaux. C'est une bonne idée d'avoir conservé tout le visage de Murphy car Joel Kinnaman peut jouer sur toute la palette, même s'il manque de charisme, contrairement à Michael Keaton dont le personnage, malheureusement insipide, a déjà été vu et revu. Gary Oldman joue à la perfection un scientifique pris entre sa volonté de progrès et sa conscience. Les deux sont sous-exploités, tout comme Jacky Earle Haley dont le personnage a des motivations floues. Samuel L. Jackson est flippant en présentateur TV partisan et de mauvaise foi. La B.O est vraiment soignée, les scènes d'action tournées caméra à l'épaule un peu moins. On regrette un certain manque de saveur malgré une satire des médias efficace et de belles intentions qui ont du mal à aboutir. Dommage que Robocop soit devenu un peu mou, limite gentillet avec ses coups de taser. De plus, sa relation avec son épouse est fort belle mais peu réaliste : elle est triste mais c'est à peine si la quasi totale absence de corps de son mari la fait réagir. L'original avait une ambiance et mieux que des intentions.

5,5/10

dimanche 9 février 2014

American hustle dit American bluff

Entre fiction et réalité, American hustle nous plonge dans l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70. Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…


American hustle est un film foutraque, avec des dialogues tantôt hilarants tantôt alambiqués. L'intrigue est prenante, le scénario malin, menés par des personnages tous plus cinglés les uns que les autres. C'est burlesque, parfois à la limite de la parodie du film d'arnaque. La musique est top et enjouée, la reconstitution des 70's aussi : esthétique mais pas toujours jolie. Christian Bale, gros, chauve, barbu, disparait derrière ses énormes lunettes. Bradley Cooper -et ses bouclettes- est excellent en dindon de la farce. Jeremy Renner est excellent malgré sa coupe hideuse qui le vieillit. Robert DeNiro s'offre une apparition sympa. Amy Adams et Jennifer Lawrence volent la vedette aux acteurs et crèvent l'écran, l'une en manipulatrice, l'autre en dépressive de mauvaise foi à tendance hystérique. Les personnages sont plus profonds qu'ils n'en ont l'air. C'est drôle, bien mené malgré une légère baisse de rythme au milieu (cette manie de faire des films de plus de 2h aussi !). C'est divertissant et le FBI en prend pour son grade mais c'est aussi un peu vain.

8,5/10