jeudi 20 février 2014

Only lovers left alive

A Detroit, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante vivant à Tanger, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?


 









 
 
Jarmush propose un film d'ambiance plus qu'un film fantastique, d'ailleurs, le scénario est léger. Il peut falloir un peu de temps pour entrer dans ce film très esthétique, beau, sensuel et lent. Quoique légèrement assourdissante au début, la musique, hypnotique, y aide et y tient une grande part. Si l'on ne s'ennuie pas vraiment, notamment grâce à l'humour et au magnétisme des personnages, il ne se passe pas grand chose non plus. Ces derniers, charismatiques, parlent d'art et du monde décadent conduit par les zombies, c'est à dire les êtres humains. Cependant, la critique du monde actuel et la nostalgie des 70's sont nuancées par la peinture de l'utilité de certaines nouvelles technologies, les balades en voiture et l'espoir de voir Detroit renaître. Les acteurs, entre lesquels l'alchimie est visible sont superbes. Tom Hiddleston, séduisant, est convaincant en musicien pourvu d'un spleen magistral. Tilda Swinton est sublime, mystérieuse à souhait. Mia Wasikowska remplit parfaitement son rôle de petite peste. J'ai trouvé dommage le manque d'explication sur un peu près tout (provenance de l'argent, passé des personnages...), même si j'ai apprécié la présentation de ce monde à part avec ses us et coutumes et ses éternels amants, unis par un amour fort, sincère, charnel et tendre. En revanche, honnêtement, cette manie de donner le nom des choses en latin est carrément étrange.

8,5/10

L'amour et tout ce qui va avec de Kristan Higgins

Cela faisait un moment que j'avais envie d'un bon livre de chick lit, un peu déçue par la lecture de mes précédents choix. L'histoire à la Bridget Jones m'a séduite, je n'ai pas été déçue cette fois.
  
 
Callie Grey, amoureuse depuis toujours de Mark, son patron, a eu quelques mois plus tôt une brève liaison avec ce dernier, à laquelle il a mis fin sous prétexte que ce n'était "pas le bon moment". Alors qu'elle garde espoir envers et contre tout, il lui annonce qu'il est amoureux de Muriel, la fille de leur plus gros client qui s'apprête à intégrer l'agence. Callie est désespérée. C'est sans compter sur sa nature duale mais foncièrement positive, sa famille un peu dingue, et sa rencontre avec Ian, le nouveau vétérinaire distant et froid mais doté d'un sourire craquant.

Kristan Higgins est un auteur américain vivant dans le Connecticut qui a reçu deux Rita awards et figure régulièrement sur la liste des best sellers.


Enfin une vraie bonne romcom ! ça faisait longtemps. Souvent, je suis déçue par ce genre de livre dont la 4ème de couverture vante la drôlerie et le charme et qui au final se révèle tout juste divertissant. L'amour et tout ce qui va avec est drôle, vraiment drôle, parfois même hilarant. Au point de me faire rire toute seule comme une nouille devant mon bouquin. Le personnage principal est attachant, plein de charme, atteinte de diarrhée verbale (tiens, ça me rappelle quelqu'un) et d'analysite aigue, les personnages secondaires déjantés. J'apprécie que leur histoire soit développée en intrigue secondaire qui densifie le récit et permet au lecteur de s'immerger dans la petite ville dans laquelle vit Callie. L'auteur transmet aussi bien le rire que l'émotion. J'ai aussi pleuré comme une nouille avec mon bouquin dans les mains.

Le livre est un peu long à démarrer mais une fois que c'est fait, on ne peut plus le lâcher. Les pages se tournent toutes seules, malgré une trame évidemment convenue (c'est une comédie romantique je vous dis !). C'est frais, pétillant, plein de vie et d'énergie. Un feel good book !

 8/10


lundi 17 février 2014

Palmarès des BAFTA awards 2014

Hier soir a eu lieu à Londres, la cérémonie des British Academy of Film and Television Arts awards. Autrement dit, les Oscars britanniques.
Créée en 1947, l'académie est actuellement présidée par le prince William. Elle est composée d'environ 6 000 professionnels des industries du cinéma, de la télévision et des jeux vidéo. Le siège de la BAFTA est situé à Piccadilly, à Londres. Les trophées de l'Académie ont la forme d'un masque de théâtre.
Voici le palmarès :
Meilleur film :
12 Years a Slave
American Bluff
Capitaine Phillips
Philomena
Gravity
Je ne suis pas vraiment convaincue par ce choix, puisque j'ai été déçue par ce film. D'un autre côté, je trouve la sélection de cette année très fermée. Peu de films ont été nommés.

Meilleur film étranger :
La Vie d'Adèle (France)
La Grande Bellezza (Italie)
The Act Of Killing (Norvège)
Wadjda (Arabie-saoudite)
Metro Manila (Philippine)
Malheureusement je n'en ai vu aucun, donc pas d'avis, bien sûr.

Meilleur film britannique :
Mandela
Dans l'ombre de Mary
Philomena
Le Géant égoïste
Gravity
Rush
Why not. Gravity était excellent mais Rush méritait selon moi un prix car il m'avait enthousiasmée.
Meilleur film d'animation :
Moi, moche et méchant 2
Monstres Academy
La Reine des neiges
Tout à fait d'accord ! Ce film bénéficiait d'une belle animation et d'une histoire sympa. En revanche, Monstres Academy ne méritait pas d'être nommé, ce n'était qu'une mauvaise resucée du premier.
Meilleur documentaire :
The Act Of Killing
The ArmstrongTim's
Vermeer Teller
We Steal Secrets: The Story Of Wikileaks
Blackfish
Meilleur court-métrage :
Keeping Up With The Joneses de Megan Rubens, Michael Pearce, Selina Lim
Orbit Ever After de Chee-Lan Chan, Jamie Stone, Len Rowles
Island Queen de Ben Mallaby, Nat Luurtsema
Room 8 de James W. Griffiths, Sophie Venner
Sea View de Anna Duffield, Jane Linfoot
Meilleur court-métrage d'animation :
Everything I Can See From Here de Bjorn-Erik Aschim, Friederike Nicolaus, Sam Taylor
Sleeping With The Fishes James Walker, de Sarah Woolner, Yousif Al-Khalifa
I Am Tom Moody de Ainslie Henderson

Meilleur actrice :
Amy Adams dans American Bluff
Emma Thompson dans Dans l'ombre de Mary
Cate Blanchett dans Blue Jasmine
Sandra Bullock dans Gravity
Judi Dench dans Philomena
C'est très amplement mérité, même si aucune actrice n'aurait dépareillé. cate Blanchett était exceptionnelle dans ce film dont elle constituait le principal intérêt. 

Meilleur acteur :
Leonardo DiCaprio dans Le Loup de Wall Street
Christian Bale dans American Bluff
Chiwetel Ejiofor dans 12 Years a Slave
Bruce Dern dans Nebraska
Tom Hanks dans Capitaine Phillips
Je n'ai vu que les trois premiers films, alors mon avis n'est pas complet. Je n'ai pas accroché avec ce film, et guère plus avec l'acteur même si je ne nie pas son talent.
Meilleure actrice dans un second rôle :
Jennifer Lawrence dans American Bluff
Julia Roberts dans Un été à Osage County
Lupita Nyong'O dans 12 Years a Slave
Sally Hawkins dans Blue Jasmine
Oprah Winfrey dans Le Majordome
Là encore, c'est mérité. Je n'ai toutefois pas encore vu un été à Osage County et je pense que ça s'est joué entre Lawrence et Roberts.
Meilleur acteur dans un second rôle :
Matt Damon dans Ma Vie avec Liberace
Bradley Cooper dans American Bluff
Barkhad Abdi dans Capitaine Phillips
Daniel Brühl dans Rush
Michael Fassbender dans 12 Years a Slave
N'ayant pas vu Capitaine Phillips, je ne peux jugé de la performance du gagnant. Toutefois, pour moi (c'est à dire mon palmarès personnel), ça se jouait entre un Michael Fassbender inspiré et un Daniel Brühl épatant de sobriété, parce que leurs rôles étaient difficiles, entre un psychopathe ultra violent et un type pas forcément aimable mis face à un être solaire.
La star montante (EE Rising Star Award) :
Dane DeHaan
George MacKay
Lupita Nyong'o
Will Poulter
Léa Seydoux

Meilleur début pour un artiste britannique :
Colin Carberry, Glenn Patterson pour Good Vibrations
Kelly Marcel pour Dans l'ombre de Mary
Kieran Evans pour Kelly + Victor
Paul Wright, Polly Stokes pour For Those in Peril
Scott Graham pour Shell

Meilleur réalisateur :
Paul Greengrass pour Capitaine Phillips
David O. Russell pour American Bluff
Steve McQueen pour 12 Years a Slave
Martin Scorsese pour Le Loup de Wall Street
Alfonso Cuarón pour Gravity
Il fallait saluer Gravity et sa virtuosité.

Meilleure adaptation :
Ma vie avec Liberace, par Richard LaGravenese
12 Years a Slave, par John Ridley
Le Loup de Wall Street, par Terence Winter
Philomena par Steve Coogan, Jeff Pope
Capitaine Phillips par Billy Ray
Meilleur scénario original :
American Bluff par Eric Warren Singer, David O. Russell
Inside Llewyn Davis par Joel Coen, Ethan Coen
Gravity par Alfonso Cuarón, Jonás Cuarón
Blue Jasmine par Woody Allen
Nebraska par Bob Nelson
J'approuve ce choix car American hustle a le don de vous emmener, de vous bluffer, de vous arnaquer.

Meilleure photo :
Inside Llewyn Davis par Bruno Delbonnel
Capitaine Phillips par Barry Ackroyd
Nebraska par Phedon par Papamichael
Gravity par Emmanuel Lubezki
12 Years a Slave par Sean Bobbitt
On savait que de nombreux prix dits techniques lui reviendraient, dont acte.

Meilleur son :
All Is Lost par Richard Hymns, Steve Boeddeker, Brandon Proctor, Micah Bloomberg, Gillian Arthur
Captain Phillips par Chris Burdon, Mark Taylor, Mike Prestwood Smith, Chris Munro, Oliver Tarney
Gravity par Glenn Freemantle, Skip Lievsay, Christopher Benstead, Niv Adiri, Chris MunroRush par Danny Hambrook, Martin Steyer, Stefan Korte, Markus Stemler, Frank Krus
Inside Llewyn Davis par Peter F. Kurland, Skip Lievsay, Greg Orloff

Meilleur montage :
Capitaine Phillips par Christopher Rouse
Gravity par Alfonso Cuarón, Mark Sanger
12 Years a Slave par Joe Walker
Le Loup de Wall Street par Thelma Schoonmaker
Rush par Dan Hanley, Mike Hill
Un film rythmé et efficace, sans temps mort, absolument passionnant. Tous les autres souffraient de quelques longueurs.

Meilleurs effets visuels :
The Hobbit : La Désolation de Smaug par Joe Letteri, Eric Saindon, David Clayton, Eric Reynolds
Gravity par Tim Webber, Chris Lawrence, David Shirk, Neil Corbould, Nikki Penny
Iron Man 3 par Bryan Grill, Christopher Townsend, Guy Williams, Dan Sudick
Pacific Rim par Hal Hickel, John Knoll, Lindy De Quattro, Nigel Sumner
Star Trek Into Darkness par Ben Grossmann, Burt Dalton, Patrick Tubach, Roger Guyett
Tous avaient de très beaux visuels, le choix relevait presque du goût personnel. Et certes, j'avoue, les pros ont plus que probablement vu des erreurs dans les effets spéciaux qui m'ont échappées.

Meilleure musique originale :
Capitaine Phillips par Henry Jackman
La Voleuse de livres par John Williams
12 Years a Slave par Hans Zimmer
Gravity par Steven Price
Dans l'ombre de Mary par Thomas Newman
La B.O contribuait magnifiquement à ancrer le spectateur dans la combinaison de Sandra Bullock.

Meilleurs décors :
Gravity par Andy Nicholson, Rosie Goodwin, Joanne Woodlard
Gatsby le Magnifique par Catherine Martin, Beverley Dunn
American Bluff par Judy Becker, Heather Loeffler
12 Years a Slave par Adam Stockhausen, Alice Baker
Behind The Candelabra par Howard Cummings

Meilleurs costumes :
Ma vie avec Liberace par Ellen Mirojnick
American Bluff par Michael Wilkinson
The Invisible Woman par Michael O'Connor
Gatsby le Magnique par Catherine Martin
Dans l'ombre de Mary par Daniel Orlandi
Deux prix de consolation pour le très esthétique mais creux Gatsby.

Meilleurs maquillages et coiffures :
Le Hobbit : La Désolation de Smaug par Peter Swords King, Richard Taylor, Rick Findlater
Le Majordome par Debra Denson, Beverly Jo Pryor, Candace Neal
Ma vie avec Liberace par Kate Biscoe, Marie Larkin
American Bluff par Evelyne Noraz, Lori McCoy-Bell
Gatsby le Magnifique par Maurizio Silvi, Kerry Warn
Pour les perruques, je ne suis pas sûre... Le Hobbit avait à mon avis, de ce point de vue, plus d'intérêt.

Enfin, deux prix d'honneur ont été remis :

Fellowship Award (BAFTA d'honneur) : Dame Helen Mirren. Amplement mérité, Helen Mirren est une grande actrice capable de tout jouer de la reine d'Angleterre à l'espionne pas si à la retraite que ça.
Award d'honneur pour la contribution au cinéma britannique : Peter Greenaway.

Deux grands gagnants : 12 years a slave et Gravity. Au final, un petit nombre de films était nommé dans les grandes catégories, c'est dommage. Il n'est pas forcément utile d'être spectaculaire pour être un excellent film, et il y avait sans doute d'autres qui auraient mérité d'être récompensés, ou même seulement nommés pour leur grande qualité : The grandmaster, Stocker, Mud, Song for Marion, The East, Prisoners, Il était temps... et j'en oublie sûrement.


Pour conclure, je ne suis pas convaincue par tous les choix effectués mais on ne m'a pas demandé mon avis (mais je le donne quand même, notez). Si je ne l'ai pas donné, c'est que je n'en avais pas ou que je n'avais pas vu les œuvres en question. Si vous n'êtes pas d'accord, avec moi ou l'académie, dites-le.
Voilà, vous êtes arrivés au bout de cet article fleuve. Bravo ! et à bientôt.

La Belle et la Bête

Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné s’exile à la campagne avec ses six enfants. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose destinée à sa fille préférée, Belle. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie, attend la jeune femme.

 
Bon, je suis un peu déçue, j'attendais plus et mieux. D'abord, l'univers visuel est superbe, magique, de beaux costumes, mais les effets spéciaux de qualité parfois inégale (la biche est hideuse) cependant majoritairement de bonne facture. Le visage de la Bête correspond à l'idée mais il y a quelque chose qui ne va pas, peut-être un certain manque de mobilité des traits. Les émotions du personnages passent dès lors surtout par la voix de Vincent Cassel. Léa Seydoux joue assez bien le chagrin ou la joie mais ne peut en aucun cas avoir l'air modeste, alors que le personnage l'est, et fait une moue insupportable lorsqu'elle est en colère (souvent). De plus, son amour de la lecture est absent et on comprend mal le cheminement de ses émotions. Pourquoi tombe-t-elle amoureuse ? Quand ? Comment ? Aucune idée. D'ailleurs, l'émotion peine à nous atteindre. Les personnages secondaires auraient pu être intéressants, les tadums sont mignons quoique inutiles. La B.O aurait pu être belle mais appuie trop lourdement le propos et de fait, le dessert tant elle est explicative et intrusive. Quelques longueurs, surtout au début ; c'est agaçant à la fin ces réalisateurs qui ne savent plus faire leur montage. Les dialogues sont pauvres, quasi inexistants et le film est parsemé d'invraisemblances. Pourtant, une part du spectateur est emportée, mais ça tient plus à la magie du conte et à un vieil attachement datant de Disney qu'à la réalisation en elle-même. J'aurais voulu que ça marche mais il y a vraiment quelque chose qui cloche dans ce film. C'est dommage.

4/10

dimanche 16 février 2014

La voleuse de livres


Liesel, une jeune fille envoyée dans sa famille d’adoption allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, apprend à lire avec le soutien de sa nouvelle famille, et de Max, un réfugié Juif qu’ils cachent dans la cave. Pour Liesel et Max, le pouvoir des mots ainsi que leur propre imagination vont devenir leur seule échappatoire face à la guerre.




N'ayant pas lu le livre, je m'attendais à un film un peu triste, le genre tire-larmes. En réalité, et malgré une réalisation classique au possible, il est parsemé d'humour, on sourit souvent, on rit parfois. Il est aussi très émouvant, tant dans les séparations, déchirantes, que dans les retrouvailles, tendres. Malgré l'évocation de la guerre, du racisme, de la mort, de l'amour des mots, des rafles, de l'endoctrinement, on évite de peu le pathos grâce au talent des acteurs. Geoffrey Rush est exceptionnel en doux excentrique. Emily Watson joue avec brio les femmes revêches au cœur tendre. Sophie Nélisse est excellente et expressive. Ben Schnetzer a un charme fou. Et le petit Nico Liersch est attachant. Les quelques mots d'allemand utilisés surprennent au début, puis contribuent à ancrer le récit, même si on regrette l'emploi de l'anglais en pleine Allemagne nazie. D'ailleurs, malgré des effets spéciaux de mauvaise facture, la reconstitution de l'Allemagne juste avant et pendant la guerre est bien faite et intéressante car le contexte est évoqué par touches, sans lourdement insister. J'ai cependant regretté le manque de rythme dans le déroulement de l'histoire, quelques scènes brèves mais inutiles. Une durée d'1h50 aurait sans doute suffit. Par ailleurs, la naïveté des enfants est compréhensible mais les personnages sont un peu trop manichéens, à l'exception peut-être de Rosa.

8/10