jeudi 3 avril 2014

La crème de la crème

Dan, Kelliah et Louis sont trois étudiants d'une des meilleures écoles de commerce de France. Alors que les lois du marché semblent s’appliquer jusqu’aux relations entre garçons et filles, ils vont transformer leur campus en lieu d’étude et d’expérimentation et accessoirement en bordel. La crème de la crème de la jeunesse française s'amuse et profite pleinement de ses privilèges : tout se vend car tout s’achète… mais dans quelle limite ?


Sans être glauque, le film n'est pas beau car l'image n'est pas assez soignée et sombre parfois dans de longues scènes de sexe passablement ennuyeuses. Heureusement, il y en moins que la bande annonce le laissait présager. Il y est plutôt question d'intégration dans une école élitiste, d'expérimentations et d'amitié. D'ailleurs, les étudiants ne sont pour ainsi dire jamais en cours, ils ne sont là que pour se créer un réseau. Le propos aurait pu être intéressant si les personnages n'étaient pas si inconséquents, complètement en dehors de la réalité. Les acteurs principaux sont assez bons, notamment Alice Isaaz. Toutefois, il est réaliste, quoique volontairement outré, et à le mérite d'être sans concession sur cette génération Y abreuvée au porno et à internet, qui confond tout. Certaines répliques sont drôles mais l'humour du film peut aussi être lourdingue. La scène finale est bizarre et en aucun cas crédible. L'angle choisi ne parait pas être le bon et manque de pertinence.

5/10

mercredi 2 avril 2014

L'héritage Belton d'Anthony Trollope

J'avais déjà lu une œuvre de Trollope, Miss Mackenzie. Je dois avouer qu'elle ne m'a pas laissé un souvenir impérissable, dans un sens comme dans l'autre. En voyant L'héritage Belton sur l'étal de la librairie, c'est d'abord la couverture qui m'a intéressée. La situation décrite en 4ème de couverture m'a fait pensé à Jane Austen, je me suis lancée.
 
  
Clara Amedroz, toujours célibataire à 25 ans, est la seule fille du vieux châtelain de Belton Castle (Somersetshire). Ce dernier a dilapidé sa fortune pour assouvir les extravagances de son fils, qui vient de se suicider, de sorte que le domaine doit revenir à son cousin par alliance, Will Belton. Aimable et généreux, quoique très franc, celui-ci offre d’épouser Clara. Sensible à ses qualités, elle ne s’en croit pas moins éprise du très courtois mais fuyant capitaine Frederic Aylmer, membre du Parlement, auprès duquel Will fait pâle figure. Aussi, lorsque Aylmer se décide enfin à demander sa main, Clara s’empresse-t-elle d’accepter ce prestigieux parti. Son bonheur sera de courte durée : Aylmer se révèle un homme froid et snob, qui ne songe qu’à son confort et soumet sa fiancée à la férule de sa mère…
 
Fils d'un avocat désargenté et d'une romancière à succès, Anthony Trollope (1815-1882), nommé inspecteur des postes, parcourt la province anglaise où il puise les intrigues de cycles romanesques qui feront dire à Tolstoï : "Trollope me tue avec sa maîtrise !". Il écrit notamment lors des longs trajets en train qu'il doit effectuer pour son travail. Dès le départ, il s'est fixé des règles très strictes concernant le nombre de pages à écrire chaque matin. Cette discipline, à laquelle il ne faillit jamais, lui permet de devenir l'un des écrivains les plus prolifiques de tous les temps. Ses premiers romans sont inspirés par la boite dite des « dead letters ». Beaucoup de ses premiers romans ont l'Irlande pour cadre, ce qui, pour d'évidentes raisons politiques, lui vaut un accueil plutôt distant et réservé de la part de la critique. Au milieu des années 1860, Trollope est élevé à un grade important dans la hiérarchie des Postes. C'est l'époque où ses romans commencent à lui rapporter des sommes importantes. Candidat malheureux du parti libéral, il abandonne la politique et se consacre à sa carrière littéraire. Il publie en 1875 une fresque satirique tirée de son expérience politique, Quelle époque !. La popularité de Trollope et son succès critique pâlissent dans les dernières années de sa vie, mais il continue d'écrire avec la même verve.
En tout, Trollope a écrit quarante-sept romans, ainsi que des douzaines de nouvelles et quelques livres de voyage.
 
Le roman peine à démarrer mais devient assez addictif grâce à des chapitres bien liés et plutôt courts. C'est bien écrit même si les apostrophes de l'auteur au lecteur sont agaçantes. J'ai d'ailleurs cru comprendre qu'Henry James était du même avis sur ce point. L'autre point fort de cette histoire somme toute assez simple de triangle amoureux, c'est la modernité de son héroïne. Clara est une jeune femme qui se trompe, s'enfonce dans son erreur jusqu'à ce que sa fierté l'oblige à réagir. Elle croit aimer, se cache la vérité, se débat dans ses sentiments tout en faisant face à un scandale dont elle refuse les conséquences sur ses amitiés. Quoique Clara vive au milieu du XIXème siècle, le lecteur -ou plutôt la lectrice dans mon cas- peut s'identifier à cette jeune femme.
 
D'autre part, la peinture de la société anglaise de cette période est parfois cruelle, toujours juste et sincère bien que légèrement outrée. L'auteur ne peut s'empêcher d'appuyer certaines descriptions de personnages afin, semble-t-il que le lecteur soit bien convaincu que ces derniers ne sont pas manichéens. Il est vrai qu'ils ne le sont pas, l'étude de caractère est fine et parfaitement réalisée.
 
Trollope dénonce la situation des femmes, toujours dépendantes d'un homme, que ce soit leur père, leur frère, leur mari, ou à défaut leur cousin. Pourtant, il ne peut se défendre de quelques interprétations un peu machistes de leur comportement, entre la dévote, le dragon manipulateur, la scandaleuse et l'idiote. La sœur de Belton s'en sort bien mieux mais elle est physiquement contrefaite. Quant à Clara, elle fait preuve d'un entêtement et d'un aveuglement coupables dénoncés à demi-mots par l'auteur dont le final -guère surprenant- rétablit les choses selon leur ordre naturel. Les hommes s'en tirent un peu mieux, notamment le cousin Belton. Toutefois, l'indépendance manifestée par l'héroïne contrebalance ce penchant sans doute dû à la façon de penser commune de l'époque.
 
En bref, L'héritage Belton est un livre agréable et intéressant, plutôt moderne malgré quelques éléments qui rappellent l'époque à laquelle il a été écrit.

7/10

lundi 31 mars 2014

Captain Amercica 2 Le soldat de l'hiver

Steve Rogers, aka Captain America, vit tranquillement à Washington et essaie de s'adapter au monde moderne. Mais quand un collègue du S.H.I.E.L.D. est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d'intrigues qui met le monde en danger.
Chris Evans est toujours aussi sympathique -et beau- mais toujours aussi peu magnétique, terriblement lisse en fait. Son personnage est devenu plus super héros mais garde un fond un peu contestataire envers le SHIELD. La Veuve noire a un rôle plus important que dans le premier, c'est sympa, elle a un peu plus d'aspérités. Cependant, les personnages restent caricaturaux. L'intrigue est ultra prévisible (j'ai tout vu à l'avance, vraiment tout). Les combats sont beaucoup moins lisibles que dans le premier, c'est très agaçant et la 3D, assez inutile, n'aide pas, malgré de bons effets spéciaux. Certaines scènes sont très bien réalisées, comme l'attaque de la voiture de Fury, trépidante. Certaines répliques sont très drôles, l'humour allège joyeusement ce complot traditionnel. On suit les aventures de Rogers avec plaisir mais ce n'est guère mémorable.
6,5/10


dimanche 30 mars 2014

All about Albert (Enough said)

Mère divorcée, Eva, masseuse, redoute le jour – désormais imminent – où sa fille va aller à l’université. A l’occasion d’une soirée, elle rencontre Albert, un homme doux, drôle et attachant qui partage les mêmes appréhensions qu’elle. Tandis qu’ils s’éprennent l’un de l’autre, Eva devient l’amie et confidente de Marianne, une nouvelle cliente, ravissante poète qui semblerait parfaite si seulement elle n’avait pas un énorme défaut : dénigrer sans cesse son ex-mari. Soudain Eva en vient à douter de sa propre relation avec Albert.
 
Les quarantenaires, quasi quinqua, ayant connu le mariage puis le divorce, étant parents de jeunes adultes, sont-ils plus sages ? Connaissent-ils moins de situations embarrassantes ? Savent-ils mieux aimer ? Eh bien non. Pas du tout. Le film suit les tribulations pathético-comiques d'une femme un peu paumée par les changements intervenus dans sa vie, qui cherche encore l'amour. Julia Louis-Dreyfus et James Gandolfini campent un couple complice et attachant. Les seconds rôles sont bien joués, notamment par Catherine Keener et Toni Collette. On sourit beaucoup dans ce film aux dialogues ciselés et à la sympathique B.O. Le tableau brossé des quarantenaires qui veulent croire à une deuxième vie, tout en restant accrochés à leurs amertumes, à leurs manies, à leurs lâchetés est à la fois intéressant, drôle, réaliste (si l'on excepte le quiproquo original qui n'est qu'un prétexte) et émouvant.
8/10
PS : Mais pourquoi, pourquoi utiliser un titre français... en anglais ? Les traductions sont suffisamment dépourvues de sens d'habitude sans rajouter une couche de bêtise en plus.