vendredi 2 mai 2014

Pas son genre

Clément, professeur de philosophie parisien, est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C'est alors qu'il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires et de soirées karaoké avec ses copines. Cœurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?


Ce qui empêche ces deux-là de s'aimer, ce n'est pas seulement leurs différences culturelles et sociales (entre un intellectuel parisien tête à claque et une provinciale franche qui rêve au prince charmant), c'est aussi la philosophie amoureuse de Clément : le couple tue l'amour et ne marche pas, pas d'enfant... Bref il ne veut pas s'investir, d'ailleurs, il ne le fait pas vraiment. On aurait pu détester ce personnage un peu snob, bobo, qui crache sur tout ce qui n'est pas la philosophie, un peu caricatural, mais non, on s'attache à son air de gamin paumé dans une ville inconnue loin de ses repères ou au milieu d'une bande de filles déchaînées. Cela tient surtout au charme de Loïc Corbery et à son talent. Emilie Dequenne, quant à elle, est lumineuse et pleine d'énergie, elle est éblouissante. On voudrait que ce couple à l'écran marche, d'ailleurs on a de l'espoir même si on sait que le final ne peut être heureux : ils s'aiment mais ne se comprennent pas. La B.O est un peu surprenante au début mais cohérente avec l'histoire. Le film tient sur la bonne performance des deux comédiens car le scénario, plutôt drôle et bien troussé, avec des dialogues parfois intéressants, accumule les clichés faciles jusqu'à la fin. Ah ! la fin ! Voilà sans doute le point épineux du film. Incompréhensible, elle le gâche, le prive de sens, agace. Pourquoi cette fin ? Paraîtrait-il que c'est celle du roman. Certes, mais elle n'en est pas moins énigmatique. de plus, elle ne résout pas tous les arcs ouverts dans le film (par exemple, finalement, il le finit ou pas son nouveau bouquin ?). Tout le film avance sur une bande étroite entre légèreté et gravité, et puis tout à coup, bam ! une espèce de coup de théâtre insensé.

5/10

lundi 28 avril 2014

Brick mansions

Détroit, 2018. Damien, policier, est chargé d'infiltrer le ghetto de Brick Mansions pour neutraliser une arme de destruction massive détenue par le gang de Tremaine, qui règne sur les lieux. Il devra faire équipe avec Lino, un habitant du quartier adepte du parkour qui veut sauver son ex enlevée par Tremaine.


Ce n'est pas le film de l'année, ni même du mois, mais c'est sympa. Remake à la sauce américaine de banlieue 13 produit par la société de Luc Besson et évidemment dédié à Paul Walker, le film enchaîne scènes de baston, d'échanges de tirs et de parkour, le tout avec un brin d'humour. Les cascades sont bien réalisées et donnent parfois un aspect 3D sans lunette assez cool. Le résultat, survitaminé, est plaisant mais le scénario n'est toujours pas tip top. David Belle a toujours la forme et Paul Walker, moins à l'aise dans l'escalade, distille son charme et fait le boulot, quoique les dialogues ne permettent pas un grand jeu. L'idée du méchant qui retourne sa veste à la fin a le mérite du culot sinon de la crédibilité. C'est bourrin, ça ne se prend pas au sérieux, bref c'est efficace.

6,5/10