mercredi 7 mai 2014

Arthur Newman

Wallace Avery, qui ne supporte plus sa vie, opte pour une solution radicale : il met en scène sa propre mort, s’achète une nouvelle identité – Arthur Newman – et met le cap sur Terre Haute dans l’Indiana où on lui a promis un poste de prof de golf. Ses plans sont remis en question quand il croise la route de Michaela Fitzgerald qu’il découvre sans connaissance au bord de la piscine d’un motel.
 
Sur une idée de départ déjà-vue mais qui fonctionne presque toujours -un road movie entre un type banal limite ennuyeux et une femme fantasque-, le film traite de la solitude, des relations familiales, des choix et de leurs conséquences. Les acteurs -Colin Firth, toujours charmant, Emily Blunt, rayonnante et explosive, le jeune Lucas Hedges, émouvant en ado déboussolé, Anne Heche, sobre- sont convaincants et leurs personnages "attachiants" de paumés qui survivent dans leur vie morne et sans attrait. Firth et Blunt sont visiblement complices. On a envie de les aimer, on a envie d'aimer ce film qui, de motels en maisons visitées, vogue entre mélancolie, crises, larmes et humour, non sans tendresse. Seulement on n'y parvient jamais tout à fait, notamment à cause d'un démarrage long, d'importantes longueurs, d'un manque patent de piquant et d'anticonformisme. En effet, la fin fait preuve d'un certain conservatisme que l'on ne peut que regretter tant le départ était prometteur. J'attendais plus de ce film.
6/10

lundi 5 mai 2014

Barbecue

A 50 ans, Antoine a eu un infarctus.Seulement voilà, il a passé sa vie entière à faire attention : à sa santé, à ce qu'il mangeait, à sa famille, à accepter les travers de ses amis, et à avaler de trop nombreuses couleuvres… Désormais, il va adopter un nouveau régime.


En gros, Le cœur des hommes rencontre Les petits mouchoirs. Réunion d'une bande potes à l'arrivée de la cinquantaine. Est-on encore amis ? S'aime-t-on encore ? A-t-on fait les bons choix ? Et crise mid-life qui se pointe par-dessus. Les acteurs, menés par Wilson, sont sympathiques et attachants. Mention spéciale pour Dubosc qui n'en fait pas trop et ne fait pas du Dubosc pour une fois et à Jérôme Commandeur, touchant. Dommage que les personnages féminins soient inexistants. Bien que l'on se demande comment ces gens ont pu devenir et, surtout, rester amis, on regarde avec plaisir cette tranche de vie estivale au sein de paysages superbes, drôle, ponctuée de dialogues savoureux. C'est léger, agréable, mais pas inoubliable.

7/10

dimanche 4 mai 2014

96 heures

Gabriel Carré, patron de la BRB, a fait tomber un grand truand, Kancel, il y a 3 ans. Aujourd’hui, à la faveur d’une extraction, Kancel kidnappe le flic. Il a 96 heures pour lui soutirer une seule information : le nom de la personne qui l’a balancé.


Alléchée par le casting 3 étoiles, j'étais impatiente de voir ce film. Sans être complètement déçue, je dois avouer que j'attendais plus. Niels Arestrup, impérial, écrase tous les autres de son talent et de son charisme, face à un Gérad Lanvin impassible, quasi stoïque, même quand on veut lui couper les doigts. Laura Smet est convaincante (même si son personnage a dans l'intrigue une place bizarre), de même que Sylvie Testud. Les dialogues sont bien écrits, parfois drôles, le scénario plutôt intéressant quoique prévisible et émaillé d'invraisemblances. La bande son est trop forte par moment, ce qui rend le visionnage pénible, les coups de feu éclatent violemment. C'est dommage parce que la tension est bien retranscrite malgré quelques longueurs dues à des plans inutiles sur les comédiens dont le réalisateur est apparemment "amoureux". La confrontation entre les deux routiers du polar français est prenante mais manque de corps, de profondeur et peut-être de répliques à la Audiard. La faute à un scénario bâclé et à un réalisateur trop peu ambitieux. Le film se laisse toutefois regarder avec plaisir.

6/10