samedi 24 mai 2014

Palmarès du festival de Cannes 2014

Le Festival de Cannes, fondé en 1946 sur un projet de Jean Zay1, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-arts du Front populaire, et appelé jusqu’en 2002 le Festival international du film, est un festival de cinéma international se déroulant chaque année à Cannes durant douze jours. Il est notamment renommé pour la montée des marches : le tapis rouge et ses vingt-quatre « marches de la gloire ». Le Festival est aussi beaucoup critiqué, et fut à l'origine de plusieurs scandales ou controverses que relayèrent magazines et journaux, français et étrangers. Chaque année, durant la seconde quinzaine de mai, des cinéastes, des vedettes, des professionnels de l'industrie cinématographique (producteurs, distributeurs, vendeurs internationaux…) et des milliers de journalistes se déplacent à Cannes. Les principales projections ont lieu au palais des festivals et des congrès, situé sur la promenade de la Croisette.
Le 67e Festival de Cannes 2013 a dévoilé ce samedi 24 mai son palmarès, décerné par le jury présidé par Jane Campion lors d'une soirée animée par Lambert Wilson.

Palmarès des longs métrages :

Palme d'Or : Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan
Grand Prix du jury : Les Merveilles d'Alice Rohrwacher
Prix de la mise en scène : Bennett Miller pour Foxcatcher
Prix du scénario : Leviathan
Prix d'interprétation féminine : Julianne Moore pour Maps to the Stars
Prix d'interprétation masculine : Timothy Spall pour Mr. Turner
Prix du Jury (ex aequo) : Adieu au langage de Jean-Luc Godard et Mommy de Xavier Dolan

Palme d'or du court métrage : Leidi de Simon Mesa Soto.

Caméra d'or : Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et et Samuel Theis


Un Certain Regard :

Prix Un Certain Regard : Fehér Isten réalisé par Kornél Mundruczo
Prix du Jury - Un Certain Regard : Turist réalisé par Ruben Östlund
Prix spécial Un Certain Regard : The salt of the earth réalisé par Wim Wenders, Juliano Ribeiro Salgado
Prix d'ensemble : Party girl réalisé par Claire Burger, Samuel Theis, Marie Amachoukeli
Prix du meilleur acteur : David Gulpilil dans Charlies's country réalisé par Rolf De Heer

 N'ayant pour le moment vu aucun de ces films, je n'ai évidemment aucun avis sur ce palmarès. Rassurez-vous, cela ne va pas durer puisque je vais aller voir Maps to the stars sous peu.

PS : après avoir visionné Maps to the stars, je ne suis pas certaine que Julianne Moore méritait le titre. Était-elle bonne dans le rôle ? Oui, bien sûr. Est-ce que ça méritait un prix ? Pas sûr. Le rôle manque trop de nuances pour permettre à l'actrice de développer toute sa palette et donc tout son talent. En bref, elle est un poil trop hystérique pour être intéressante.

mardi 20 mai 2014

Pourquoi relire la saga Harry Potter

J'ai découvert Harry Potter au début de sa publication en France, avant la folie du 4ème tome. Comme tant d'autres, j'ai attendu avec impatience la sortie de chaque volume et ai été déçue de voir la saga finir. Je l'ai relue en entier pour la première fois en 2011 et depuis ça me reprend régulièrement. Récemment, j'ai commencé la lecture de la version anglaise dans la jolie édition Bloomsbury.

Harry Potter est un jeune sorcier qui s'ignore jusqu'à ce qu'un demi-géant lui révèle sa véritable nature. Dans le train qui le conduit à l'école des sorciers, Poudlard, il rencontre Ron Weasley et Hermione Granger qui deviendront ses meilleurs amis. Durant ses sept années de scolarité, Harry découvrira peu à peu le monde des sorciers et affrontera Lord Voldemort, un sorcier en quête de puissance et d'immortalité entouré d'une garde rapprochée de dangereux mangemorts.

Joanne Rowling (1965 - ) est une romancière britannique, connue sous le pseudonyme J. K. Rowling pour ne perdre le lectorat-cible (les jeunes garçons) qui aurait pu rechigner à lire des livres écrits par une femme. Elle a étudié à l'université d'Exeter, vécu en France et au Portugal. Jeune mère divorcée vivant d’allocations, elle a commencé à écrire Harry Potter à l'école des sorciers en 1990 et a dû attendre de longues années et l'aide d'un agent littéraire, Christopher Little, avant que son livre paraisse en 1997 chez Bloomsbury. Joanne trouve un poste à Leith Academy comme professeur de français. Très rapidement, le livre s'inscrit dans la liste des meilleures ventes et la publication est suivie par les distinctions et les louanges : il remporte le British Book Awards et le Children’s Book of the Year. L’argent gagné par la vente des droits à l'étranger permet à Joanne de quitter définitivement l’enseignement et de se consacrer pleinement à l'écriture de Harry Potter, pour lequel elle a en tête depuis le départ une saga en 7 volumes. Le succès planétaire des six tomes suivants ainsi que des hors-série lui ont permis d'acquérir une fortune estimée en 2008 par le Sunday Times à 560 millions de livres et d'apporter sa contribution à de nombreuses associations caritatives luttant contre la maladie et les inégalités sociales. Le 26 décembre 2001, l'année même où est adapté Harry Potter à l'école des sorciers au cinéma, elle se remarie avec le médecin anesthésiste Neil Michael Murray. En 2003, ils ont un fils David et en 2005, une fille, Mackenzie. En 2012, elle publie Une place à prendre et L'appel du coucou en 2013.
Pourquoi relire la saga Harry Potter ? Même quand on n'a plus l'âge du lectorat-cible ? Même quand on a des monceaux de boulot à faire ? Parce que c'est trop bon !
La première fois, je m'ennuyais sur un bouquin que j'ai pris en grippe au bout de dix pages, alors a commencé un cycle de relecture, cela m'arrive parfois. Je devais être un peu patraque parce que j'ai eu envie de relire Harry Potter que j'ai découvert alors que j'étais à peine plus jeune que le héros dans le premier livre. J'ai grandi avec Harry, je me suis identifiée aux personnages, surtout à Hermione, j'ai aimé chacun d'entre eux ou presque. J'avoue une préférence pour le professeur Rogue et son âme torturée. L'interprétation cinématographique d'Alan Rickman n'y est sans doute pas pour rien. Bref, Harry Potter a pour moi une odeur d'enfance qui s'éteint doucement.

On se replonge avec délice dans ce monde tantôt drôle, tantôt sombre, tantôt loufoque, tantôt triste. Car s'il s'agit d'un roman d'apprentissage, il y est aussi question de bien et de mal, avec moins  de manichéisme que l'on ne pourrait le croire : le livre est peuplé d'anti-héros et de héros pas si clean qu'ils n'y paraissent. La magie nous emporte loin du quotidien prosaïque. Et, chose surprenante, même lorsque l'on connaît la fin, chaque livre est un véritable page turner. On ne peut plus s'arrêter quand on a commencé.
Le premier et le deuxième tomes, plaisants, sont un peu trop légers, l'univers n'est encore qu'esquissé. A partir du troisième et de l'apparition du séduisant et sombre Sirius Black et du touchant Remus Lupin, l'univers s'étoffe et s'assombrit, se peuplant de grands méchants secondaires telles Bellatrix Lestrange ou Dolores Ombrage. Les personnages gagnent en épaisseur. Les volumes suivants se penchent sur l'adolescence des héros confrontés à la montée en puissance du mal, jusqu'au paroxysme que constitue la bataille finale de Poudlard.
J'ai découvert de nouveaux aspects de leurs personnalités que je n'avais pas saisis, parce que j'étais trop jeune ou trop avide de connaître la suite. J'ai aujourd'hui une meilleure compréhension du monde créé par Rowling. Je suis positivement impressionnée par la cohérence générale de l'ensemble. Il est passionnant de voir comme tous les éléments additionnés peu à peu s'emboîtent parfaitement à la fin.

9,5/10

lundi 19 mai 2014

The homesman

En 1854, trois femmes ayant perdu la raison sont confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière forte et indépendante mais désespérément seule, par leurs maris respectifs qui s'en débarrassent avec une certaine lâcheté. Sur sa route vers l’Est, où ces femmes pourront trouver refuge, elle croise le chemin de George Briggs, un rustre vagabond qu’elle sauve d’une mort imminente. Parce qu'il l'a promis et pour 300 dollars, ce dernier accepte de faire le voyage avec elle.


Voilà un film surprenant. Il prend son temps pour démarrer et garde un rythme lent -trop lent- pour un rendu âpre, comme les terres sans cesse battues par les vents. Les performances d'acteurs, de Tommy Lee Jones, drôle et un peu fou, à Hilary Swank, obstinée et pathétique, en passant par Grace Gummer et Miranda Otto, sont parfaites. Ils parviennent à rendre leurs personnages attachants alors que ce n'était pas évident. Les guest, en revanche, ne semblent être là que pour pouvoir mettre des noms connus au générique. On ne voit pas toujours où Jones veut en venir et les flashbacks brouillons et glauques n'aident pas. Malgré le thème un peu différent du western habituel puisqu'il traite de la place de la femme dans l'Ouest sauvage, le film est rempli de clichés. La fin est maladroite et terriblement amère. Tout cela manque cruellement d'espoir et de lumière, bien que les paysages soient superbes et la photographie impeccable.

5/10

dimanche 18 mai 2014

Grace de Monaco

Lorsqu'elle épouse le Prince Rainier en 1956, Grace Kelly est alors une immense star de cinéma. Six ans plus tard, alors que son couple rencontre de sérieuses difficultés, Alfred Hitchcock lui propose de revenir à Hollywood, pour incarner Marnie. Mais c'est aussi le moment ou la France menace d'annexer Monaco. Grace est déchirée. Il lui faudra choisir entre la flamme artistique qui la consume encore ou devenir définitivement : Son Altesse Sérénissime, la Princesse Grace de Monaco.
 
Au vu des critiques mitigées, je me suis dit que je devais voir par moi-même. Je ne connais pas assez l'histoire de Monaco pour juger de la véracité historique du film, bien qu'il paraisse évident que le rôle politique d'un seul discours, même émouvant, n'a pu être celui-là. Cependant, le film restitue bien l'ambiance délétère au moment où le Rocher et la France connaissaient des tensions qui ont véritablement conduit à un blocus. Une fois la question de la véracité historique évacuée, on peut se pencher sur le film et son contenu. La réalisation est académique, comme on pouvait s'y attendre. Dahan multiplie les plans serrés sur le visage de Nicole Kidman, au détriment du reste et notamment des autres personnages. Par ailleurs, Kidman est magnifique, émouvante, vraiment expressive pour la première fois depuis des années. Tim Roth est excellent en prince distant mais amoureux mais un peu sous-estimé, de même que les nombreux seconds rôles avec une mention spéciale pour Paz Vega. La reconstitution des sixties et les costumes, superbes, nous plongent instantanément dans l'époque et son atmosphère à la fois glamour et glacée. Ce dernier aspect tient aussi sans doute à la lumière employée par Dahan. Ce dernier admire visiblement Grace Kelly à laquelle il ne trouve aucun défaut. Il livre un beau portrait de femme tiraillée entre ses aspirations artistiques et son rôle politique, entre Hitchcock et sa famille. Lorsqu'elle commence à orienter son choix, elle s'implique alors enfin dans son rôle de princesse. Deux choses, toutefois, m'ont gênée : il semble pendant près de la moitié du film que Rainier et Grace ne communiquent pas, ne se voient même pas, comme s'ils vivaient séparément, et Grace, dans une bonne partie du film et surtout dans son discours, fait preuve d'une naïveté surprenante, limite miss France.

7,5/10