mercredi 11 juin 2014

Le secret de l'immortelle d'Alma Katsu

Je suis tombée sur ce livre alors qu'il était mis en avant à la librairie. Je suis dans une période bit-lit/fantasy saupoudrée de gothique, du coup la couverture et le résumé m'ont bien plu.
 

 
Luke Findley est médecin à St Andrew, une petite ville perdue du Nord de l'État du Maine. Ce soir-là, quand il prend son service à l'hôpital, il s'attend à une nuit comme les autres. Mais au lieu de cela, Lanore McIlvrae entre dans sa vie– et la transforme pour toujours. En effet, Lanny est une femme au passé chargé... Son histoire, où l'amour se mêle à la trahison et transcende la mort, a commencé au début du XIXe siècle dans une petite communauté puritaine au Nord des États-Unis. Là, à douze ans, Lanny a décrété que Jonathan, d'une beauté exceptionnelle, serait l'homme de sa vie.
 
Après une carrière d'analyste dans le renseignement pour diverses agences gouvernementales américaines, Alma Katsu se consacre aujourd'hui à l'écriture. Elle est diplômée de l'université de Brandeis, où elle a étudié avec John Irving. Elle signe de temps à autre des papiers dans le Publishers Weekly ou le Huffington Post. Sa trilogie connaît un vif succès aux États-Unis et à l'étranger.
 
 
Le livre fonctionne en tiroirs : l'époque actuelle, le début du XIXème et le XIVème siècle. Toutes sont bien écrites et passionnantes, quoique les plus anciennes soient aussi les plus violentes. Le ton est résolument sombre et sensuel, comme il sied lorsqu'il est question d'obsession amoureuse, de culpabilité et d'immortalité. Une bonne partie du livre décrit la vie dans un petit village du Maine peu après l'accession à l'indépendance des États-Unis. Si elle peut paraître lente, elle a le mérite de planter les mentalités et l'environnement. Pour une amatrice d'histoire telle que moi, elle était passionnante bien qu'elle ne fasse pas rapidement avancer le récit.
Le livre -l'objet- est beau et sombre, à l'image du contenu. Cependant, Cosmo exagère en le qualifiant de sexy. Les scènes de sexe ne sont pas particulièrement torrides lorsqu'elles sont consenties et les autres sont des viols.
Le personnage de Lanny pourrait être agaçant mais, talent de l'auteur, il ne l'est pas. Elle est intéressante et un peu attendrissante. En effet, son obsession pour l'inconséquent Jonathan la conduit inexorablement sur une voix de souffrance. Elle est obstinée, parfois -souvent- égoïste mais capable de bonté et d'amour. elle évolue de l'innocence à la perversité, de l'horreur à l'apaisement. Jonathan est si beau qu'il attire l'attention de toutes les femmes, au point qu'il peut sans difficulté, et malgré le milieu puritain dans lequel il vit, collectionner les aventures. Lanny rencontre des personnages plus sombres, malveillants, troubles. Adair est positivement machiavélique. Pourtant, on aimerait le croire capable d'aimer. Luke, quant à lui, est un homme brisé par le décès de ses parents et le départ de son épouse. De retour dans le Nord du Maine, il est paumé, seul. Sa rencontre avec Lanny lui permet de réinventer sa vie. Cependant, son personnage est plus un relais de l'histoire de Lanny qu'autre chose.
L'écriture est fluide, le volume, bien qu'épais, se lit rapidement. Toutefois, son rythme est inégal, il connaît quelques baisses de régime, souvent dues au retour dans le présent. Grâce à son univers fascinant, on a tout de même du mal à le poser.
 
8/10 

lundi 9 juin 2014

Sous les jupes des filles

Paris. 28 premiers jours du printemps. 11 femmes. Mères de famille, femmes d'affaires, copines, maîtresses ou épouses... Toutes représentent une facette de la femme d'aujourd'hui : Complexes, joyeuses, complexées, explosives, insolentes, surprenantes... Bref, un être paradoxal, totalement déboussolé, définitivement vivant.

Audrey Dana signe un film à la fois joyeux et acide sur les femmes et les hommes qui partagent leur vie. Oui, l'humour, qui fait mouche à coups de répliques assassines et percutantes, est parfois trash (trash se dit lorsqu'une femme emploie des codes masculins de façon décomplexée et un poil déjantée). Mais c'est trash intelligent et surtout juste et sincère. On peut retrouver un peu de nous dans chacune d'elle, notamment grâce au casting bourré de bonnes actrices, toutes en forme, parfois à contre-emploi, croquant avec justesse des femmes tour à tour attachantes ou agaçantes, souvent névrosées, toujours pleines de dérision. Ce florilège porte en lui un défaut qui aussi le principal du film : une réalisation en vignettes qui manque un peu de profondeur. Pourtant, on a plaisir à combler nous-mêmes les trous. Si les hommes n'ont que des rôles secondaires, ils ne sont pas tous dépeints négativement, loin de là. Certaines scènes sont franchement hilarantes, d'autres plus émouvantes mais jamais guimauves ni tire-larmes. Le film, énergique, donne le sourire.


9/10


                      









dimanche 8 juin 2014

Edge of tomorrow

Dans un futur proche, des extraterrestres, les Mimics, ont livré une bataille acharnée contre la Terre et semblent désormais invincibles. Le commandant William Cage, qui n'a jamais combattu de sa vie, est envoyé dans ce qui ressemble à une mission-suicide. Il meurt en l'espace de quelques minutes et se retrouve projeté dans une boucle temporelle, condamné à revivre le même combat et à mourir indéfiniment…

 
Le film est sympa mais il ne casse pas des briques. Le pauvre Tom Cruise, toujours efficace, doit revivre les mêmes événements jusqu'à passer à l'étape suivante. Du coup, le spectateur aussi. C'est parfois répétitif mais jamais totalement ennuyeux grâce à des rebondissements nombreux et absents de la bande annonce. L'explication du phénomène passe. Emily Blunt joue bien mais ne peut donner toute la mesure de son talent dans un rôle aussi limité. Cruise a un rôle de trouillard pleutre qui, évidemment, devient très courageux. Les effets spéciaux, notamment ceux concernant les Mimics, sont bien réalisés et plutôt beaux mais l'action est souvent illisible, la faute aux mouvements de la caméra. C'est dommage parce que les chorégraphies sont fluides et dynamiques. Certaines critiques presse parlent d'humour, je ne l'ai pas vu, ni entendu. J'ai dû manquer un truc. La toute fin est décevante car non plausible et trop "américaine".
 

7/10