dimanche 20 juillet 2014

L'homme qu'on aimait trop

1976. Après l’échec de son mariage, Agnès Le Roux rentre d’Afrique et retrouve sa mère, Renée, propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée à Nice. La jeune femme tombe amoureuse de l’homme de confiance et avocat de Renée, Maurice Agnelet. Maurice est un homme à femmes volage, Agnès l'accepte. Elle veut vendre sa part de l’héritage familial alors qu'un concurrent lié au banditisme tente de prendre le contrôle du casino.
C'est un film que j'ai vu avec ma mère pour lui faire plaisir. Elle a aimé. Moi...
Je ne suis pas l'aise avec la réalité romancée, sorte de demie fiction dans laquelle on ne distingue plus le faux du vrai, l'imagination, la liberté de l'artiste de la réalité. Le film s'attarde sur la relation amicale puis amoureuse entre Agnès Le Roux et Maurice Agnelet et évoque la "guerre" des casinos en lien avec le banditisme, cette partie n'étant traitée que de façon secondaire. Le film est en effet plutôt mal contextualisé. Catherine Deneuve campe une femme autoritaire, une mère un peu étouffante, déroutée par le comportement destructeur de sa fille. Adèle Haenel joue une enfant gâtée adroitement manipulée, butée, refusant les avertissements, même du principal intéressé. Je ne sais pas si cela tient au personnage, à l'actrice perpétuellement boudeuse (c'est une mode en ce moment ?) ou aux deux mais lorsqu'elle pleurait, je ne parvenais pas à éprouver de l'empathie, j'avais seulement envie de la secouer énergiquement. Guillaume Canet confirme sa capacité à jouer les salauds avec brio. Quant à la mise en scène, elle est décevante. Téchiné, complaisant pendant les scènes de sexe, choisit des cadrages douteux. La reconstitution des années 70, mise à part l'absence de technologie moderne, est invisible. Tout aurait pu se dérouler de nos jours, je n'aurais pas vu la différence. Les maquillages qui vieillissent les acteurs pour la dernière partie sont figés et pas complets puisque les mains ont été oubliées. Si je ne me suis pas totalement ennuyée, je n'ai pas été passionnée par le destin de cette pauvre petite fille riche qui s'enfonce à loisir et volontairement dans une voie dangereuse. Quant à savoir si Agnelet a ou non tué Agnès Le Roux, le réalisateur, qui a revendiqué son parti pris artistique au début du film pour romancer leur liaison, ne prend pas parti et donc ne donne pas d'épaisseur à ses personnages. Il ne va pas au bout de sa démarche et le film aurait pu se finir quant Agnelet vide les comptes, le compte-rendu judiciaire n'ayant pas d'intérêt en soi puisqu'il n'apporte aucune certitude. Le film est totalement dépourvu de point du vue ou de souffle, ça ressemble à ces émissions télé dans lesquels des acteurs illustrent les faits divers.
3/10