samedi 20 septembre 2014

Diane de Poitiers dame, reine et maîtresse de Mireille Lesage

Lors d'une manifestation littéraire, épouvantée par la foule compressée, oppressante, j'avoue, j'ai attendu que ce soit calmé pour faire le tour des étals. Donc, plus d'auteurs en vue, sauf ceux qui vivent dans la région, les autres ont déjà courus attraper le TGV qui les reconduit à Paris. Tant pis, de toute façon mon auteur français favori n'est pas de la partie cette année. Pas grand chose à se mettre sous la dent. Quelques auteurs pipeolisés qui ne m'intéressent guère. Quelques livres historiques qui attirent mon regard. J'ai succombé à Diane de Poitiers.
 
 
Duchesse de Valentinois, comtesse de Brézé, dame de Saint-Vallier... Femme de tête, femme de cœur, intrigante et loyale, qui fut vraiment Diane de Poitiers, amie de François Ier et maîtresse du roi Henri II, dont elle était l'aînée de vingt ans ? Protectrice des Lettres et des Arts, elle sut donner au château de Chenonceau toute sa splendeur et fit édifier le superbe et audacieux château d'Anet. Éclipsant Catherine de Médicis, déjouant les complots et balayant les jalousies, armée de sa légendaire beauté et de sa redoutable intelligence, elle régna dans l'ombre sur le cœur du souverain et les destinées de la France.
Née d’une mère lyonnaise et d’un père breton, Mireille Lesage a vécu dans de nombreux pays (Chine, Algérie, Espagne et Thaïlande) avant de s’établir en Bretagne. Elle est notamment l’auteur de deux séries (Les ailes du matin et L’envol de Clémence) et d’une saga en deux parties, mêlant histoire et romance, Amor. Plus récemment, elle a publié Légendes des déesses de l’amour.
 
L'auteur a fait le choix du roman plutôt que de la biographie pure. Le livre retrace la vie de Diane de Poitiers mais de façon romancée, multipliant les détails et les partis pris. Pourtant, sans doute afin de ne pas publier un pavé de 1 000 pages,  certains pans de sa vie restent assez mystérieux, comme par exemple ses relations avec ses filles au delà du choix politique de leur époux. Mireille Lesage se concentre plus sur la vie amoureuse et politique de Diane. C'est dommage, j'aurais sans peine pu lire 100 pages de plus.
Je ne connaissais pas bien le personnage, me souvenant à peine qu'elle avait été la maîtresse d'un roi aujourd'hui méconnu plus jeune qu'elle et que la reine l'avait privée de Chenonceau à la mort de ce dernier. Doté d'un caractère fort et déterminé, Diane, telle qu'elle est décrite, fascine malgré une apprêté au gain acharnée. On parvient sans peine à s'attacher à cette femme de tête étonnante. On rencontre bien d'autres personnages historiques plus ou moins connus. François I en prend pour son grade, jouisseur entièrement sous la coupe de sa mère puis de sa cupide favorite. Henri II est dépeint comme un roi plus autonome, plus capable, plus raisonné mais à la dévotion entière de sa puissante et irrésistible maîtresse. Quand à Catherine de Medicis, elle cache sous une apparente docilité, une fourberie et un appétit de pouvoir qui ne tarderont pas à apparaître. Sans parler des courtisans, tous avides de pouvoir, de titres et de richesses. Les mœurs de la cour sont décrites en filigrane, entre adultères, trahison, manipulations, intrigues, réconciliations politiques, sur fond de déplacement quasi permanent et de joutes de chevalerie.
Si je n'ai pas d'affection particulière pour les descriptions du mobilier ou de l'architecture, je dois reconnaître que Mireille Lesage prend le soin de planter le décor. Son écriture est fluide, loin de la sécheresse de certaines biographies. On sent son admiration pour cette femme brillante et énergique, et pour les femmes de caractère en général. Passionnant.
 
9/10

mercredi 17 septembre 2014

A most wanted man

Lorsqu’un immigré d’origine russo-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands et américains sont en alerte. Une course contre la montre s’engage alors pour identifier cet homme très recherché : s’agit-il d’une victime ou d’un extrémiste aux intentions destructrices ?

Je m'attendais à un thriller d'espionnage nerveux, du coup je suis un peu déçue par le rythme lent adopté par le réalisateur qui aurait pu raccourcir le film d'un bon quart d'heure. Le démarrage est long jusqu'à ce que l'intrigue soit enfin en place et le final tombe à plat. En revanche, Philip Seymour Hoffman -que l'on regrettera- est parfait, comme toujours. Il est bourré de charisme et parvient à humaniser son personnage désabusé et manipulateur entouré d'une équipe soudée. Robin Wright est sublime en garce glacée. Daniel Brühl est sous employé, c'est dommage vu son talent. Rachel McAdams campe avec beaucoup de fraîcheur une avocate idéaliste désirée par un Willem Dafoe trouble. Au delà des manipulations qui émaillent le film, il est question de savoir jusqu'où aller pour faire du monde un endroit plus sûr. Sont aussi abordées les questions de coopération entre les services, de lutte d'egos et d'efficacité. Faute d'énergie, ce film d'espionnage vaut surtout pour son interprétation impeccable et sa sobriété.

6,5/10

mardi 16 septembre 2014

Hippocrate

Benjamin commence son premier stage d'internat dans le service de son père. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence.

Le film démarre assez lentement, j'ai eu du mal à rentrer dans cet univers hospitalier qui m'est totalement étranger. Vincent Lacoste est assez moyen en jeune interne dépassé par la réalité de son métier ; sa palette d'expressions est relativement limitée. Reda Kateb campe en revanche parfaitement un médecin confirmé et droit qui doit passer ses équivalences, son talent est pour beaucoup dans l'intérêt du film. Le film décrit le quotidien banal et difficile d'un service hospitalier. Il critique vertement le manque de moyens, de personnel, de matériel, ainsi que le traitement réservé aux médecins étrangers et les lourdeurs administratives. Même si on sourit souvent, ce n'est pas vraiment une comédie, d'autant que tous les passages drôles sont dans la bande annonce. Le propos est intelligent, parfois émouvant, sans jamais sombrer dans le pathos, mais le résultat est assez plat, la faute à une réalisation froide. Finalement, c'est presque un documentaire, à peine romancé, qui pose des questions intéressantes mais ne parvient pas à emporter totalement l'adhésion.

6/10