jeudi 2 octobre 2014

Une femme dimple et honnête de Robert Goolrick

Ce livre est le dernier prévu pour mon fameux voyage en train et finalement lu un peu plus tard. Je l'avais remarqué lors de sa sortie en grand format et le titre m'était resté dans un coin de la tête. Cependant, vu la quantité de livre que j'achète, je dois me contenter, à quelques exceptions près, tant pour des raisons de prix que de place, des formats poches.
 
 
Wisconsin, automne 1907. Sur un quai de gare, Ralph Truitt, magnat local craint et respecté, attend un train en retard alors que s'annonce une tempête de neige. Ce train renferme son dernier espoir, une promesse de bonheur et d'harmonie retrouvée. Ralph Truitt a placé plusieurs mois auparavant une annonce dans les journaux, dans laquelle il a écrit qu'il était à la recherche d'une femme fiable, ayant renoncé aux illusions romantiques, mais sachant apprécier le confort d'un foyer. Dans le train, Catherine Land s'apprête à le rencontrer. Elle lui a répondu qu'elle était cette femme simple et honnête qu'il appelait de ses vœux. Pour mieux l'en convaincre, elle se débarrasse de ses derniers atours de courtisane et se déguise en cette épouse modèle qu'elle compte bien incarner à la perfection, le temps de parvenir à ses fins.
 
Robert Goolrick (1948 - ) vit à New York. Il est l'auteur de The End of the World as We Know It, un récit acclamé par la critique américaine. Une femme simple et honnête son premier roman, N°1 sur la liste du New York Times, fera prochainement l'objet d'une adaptation cinématographique confiée au réalisateur David Yates. Féroces a reçu en France un accueil prodigieux de la part des critiques, des libraires et des lecteurs. Robert Goolrick reçoit le Prix Virgin Megastore 2012 et le Grand prix des lectrices de Elle 2013 pour Arrive un vagabond.
Je m'attendais à un livre différent aussi les premiers chapitres m'ont-ils réellement surprise et j'ai dû me forcer un peu pour continuer. Je pensais lire un roman peut-être plus lisse, plus romantique mais plus enlevé aussi. Je me suis trouvée face à un drame psychologique  en quasi huis clos qui plonge dans les états d'âmes de ses trois personnages principaux, qui, il faut le dire, sont dans un état mental discutable.
La surprise passée, j'ai découvert des personnages torturés par le passé, leur conscience, la culpabilité, les remords et les regrets, la vacuité de leur vie, le désir de mort, le sexe, surtout le sexe. Car il est beaucoup question de sexe dans ce livre, sorte d'exutoire à leur désespoir, de voie vers l'oubli. Une femme simple et honnête est un roman sombre, âpre, peuplé d'êtres tourmentés dans les paysages désolants de l'hiver. Je n'ai pas aimé la narration répétitive qui tourne en rond et répète à l'infini les mêmes choses : la dureté de l'hiver, les gens qui deviennent fous, les tourments inchangés des personnages, sans cesse, en boucle, non seulement plusieurs fois dans le livre mais parfois dans le même chapitre. Je m'explique : l'auteur décrit un sentiment, passe une ligne et recommence, parfois, il passe une ligne et recommence encore. J'avais compris la première fois, merci. Je me demande quelle serait la durée du roman sans ces répétitions sensées donner de l'épaisseur aux personnages alors qu'elles ne font que lasser le lecteur. Du reste, ces derniers n'en manquent pas : ils sont complexes et contradictoires, obsessionnels mais guère attachants. Trop froids, trop dénués de vraies émotions, ou peut-être trop désespérés. Seule Catherine échappe à ce vide. Goolrick décrit avec talent mais jusqu'à la nausée le désir sexuel. Si bien que la sensualité promise n'est pas, ou rarement, au rendez-vous. Je retiens plutôt l'excellente description de la vie dans l'Amérique du début du XXème siècle.
Malgré ces défauts, j'ai suivi avec un certain plaisir et une certaine impatience les "aventures" quasi immobiles de ces étranges personnages. Talent de la plume tout de même ? Sans doute.
 
 
5,5/10

mercredi 1 octobre 2014

Horns

Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…

Horns est un film sombre à l'ambiance soignée portée par une bonne B.O. Je trouvait que l'atmosphère me faisait penser à un bon Stephen King. Normal, renseignements pris, le film est l'adaptation d'un livre de Joe Hill, son fils. Il faut accepter le postulat de départ ; cela fait, et malgré quelques invraisemblances, on peut se laisser embarquer dans cette histoire un peu dingue d'autant que l'entourage du héros ne semble pas gêné lui. Daniel Radcliffe campe un jeune homme dévasté par le chagrin, souvent imbibé, parfois violent, en colère. Décidément, il a du talent et on le retrouve avec plaisir. Il est secondé d'une pléiade de seconds rôles, dont notamment le convaincant Joe Anderson. Le film emprunte aux codes du christianisme mais aussi à la mythologie grecque avec les érynies. Au delà de l'aspect fantastique, il est question de relations filiales, fraternelles, amicales et amoureuses, de rivalité et de vengeance, mais aussi des petits secrets et des petites névroses des habitants d'une petite ville américaine. C'est assez bien traité, souvent avec finesse. Par ailleurs, cela donne parfois des scènes loufoques qui donnent une respiration au film. Les paysages sont superbes et filmés avec talent. Le film aurait pu être encore plus sombre et plus resserré pour gagner en rythme. Le suspense, pourtant, est habilement mené. Dommage que la dernière demi-heure soit moins efficace car elle semble accélérée et artificielle. Finalement, le mélange des genres (horreur, drame, thriller, comédie) est plaisant mais aurait pu être mieux dosé.




 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
7/10 
 

mardi 30 septembre 2014

Sin city : J'ai tué pour elle

Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance. Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d'un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter le redoutable sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, une femme très dangereuse. Nancy Callahan, dévastée par le suicide de John Hartigan qui cherchait à la protéger, n'aspire plus qu'à assouvir sa soif de vengeance. Tous vont se retrouver au Kadie's Club Pecos de Sin City…


J'avais aimé le premier, j'étais ravie de voir le deuxième. Je suis un peu surprise par la chronologie adoptée : après Sin city pour le segment Nancy/Hartigan, avant pour le segment Dwight/Ava/Gail. C'est très bizarre et le montage chaotique n'aide pas. Je pense que quelque chose m'a échappé. Passons. On retrouve le côté pastiche des films noirs des années 40, l'univers visuel esthétique et soigné, le graphisme épuré, en noir et blanc sauf les touches de couleurs. Je ne suis pas fan de la voix off commentant l'action même si elle a le mérite de permettre au spectateur de connaître les pensées des personnages, d'autant que les dialogues ne sont pas toujours au top malgré quelques bonnes répliques, parfois drôles. Le scénario est un peu faiblard, trop confus, trop tout azimut. C'est sombre, très violent, sanglant, sensuel et porté une B.O adaptée. L'ambiance poisseuse de cette ville corruptrice est bien restituée. A mon sens, Nancy aurait pu être mieux et plus exploitée, Marv est attachant. Eva Green campe magnifiquement une Ava sublime, glaciale et calculatrice, c'est résolument LE personnage de cet opus. Josh Brolin n'a ni le physique, ni le charme de Clive Owen, c'est dommage. Joseph Gordon-Levitt est parfait, même défiguré ; j'ai apprécié qu'il joue avec son image. Ici les femmes sont toutes dangereuses et les hommes les jouets d'une fatalité prenant le visage du pouvoir et de l'argent.


6,5/10
 

 
 

dimanche 28 septembre 2014

Dans la peau de Meryl Streep

Ce livre fait partie de ceux que j'avais choisis pour un voyage en train mais que je n'ai pas eu le temps de lire. Sans importance, je l'ai lu à la maison.

 
Le mari d’Isabel la trompe. June a promis à son fils qu’elle retrouverait le père qu’il n’a jamais connu. Kat ne sait pas si elle doit accepter la proposition de mariage de son meilleur ami de toujours... et Lolly, la mère de cette dernière et tante des premières, vient de leur faire une terrible révélation. Les trois jeunes femmes décident de s’installer dans l’auberge de Lolly et participent ainsi à la soirée ciné qu’elle organise chaque semaine. La star à l’honneur ce mois-ci est Meryl Streep.
Mia March vit dans une petite ville du Maine ressemblant trait pour trait à celle du livre. Son film préféré avec Meryl Streep est Out of Africa, mais c’est le visionnage de Sur la route de Madison avec sa famille qui lui a inspiré son premier roman.
Je ne sais pas qui a choisi le titre français mais il s'est trompé car il donne une fausse idée du roman. Les héroïnes ne se prennent pas pour Meryl Streep, n'entrent pas dans son corps, elles regardent seulement ses films lors de séances de cinéma organisées par Lolly, la propriétaire de l'auberge des Trois capitaines. Le titre original, The Meryl Streep Movie club, est bien plus parlant, bien mieux trouvé et bien plus cohérent avec le contenu du roman.
Chaque chapitre est centré sur l'une des trois héroïnes. Toutes, marquées par un deuil dans leur enfance, sont décrites assez précisément, on a presque l'impression de connaître ces personnages qui ont le mérite d'avoir plusieurs facettes. Elles sont tour à tour attendrissantes et agaçantes, très humaines.
L'intrigue est convenue, parfois clichée -les hommes sont séduisants, les paysages superbes- et le dénouement prévisible. C'est dommage parce que l'idée de se servir des films de Meryl Streep comme catharsis de la vie des héroïnes leur permettant d'avancer, de réfléchir, de faire des choix, est originale et attrayante quoique parfois amenée de façon maladroite. Mia March use de ficelles bien connues, qui toutefois fonctionnent. Ce livre est divertissant et facile à lire, grâce à la construction en chapitres brefs qui donnent envie de passer au suivant. Et au suivant. Et au suivant. C'est comme ça qu'on se couche tard pour un livre même pas forcément exceptionnel.
Tous les thèmes de la vie sont abordés : la maladie, l'adultère, la monoparentalité, la culpabilité, le doute... La façon dont ils sont traités est romantique, pleine de bons sentiments ,mais pas mièvre. Un peu de guimauve, mais pas trop, surtout devant un film de Meryl Streep.
 
6,5/10

Bon rétablissement

Suite à un accident, Pierre, la soixantaine, se retrouve cloué à son lit d'hôpital. Misanthrope au caractère bien trempé rêvant de silence et de solitude, voilà que le monde s’invite à son chevet. Il assiste alors impuissant à la valse quotidienne des médecins, infirmières et personnels hospitalier, puis de ses proches dont son frère Hervé. Au fil de rencontres inattendues, drôles ou touchantes, Pierre reconsidère certains a priori et pose sur les autres un regard différent. Et, contre toute attente, ce séjour à l’hôpital finit par ressembler à une renaissance…

 
Voilà, tout est dit. Ce film est construit en demi-teinte, tantôt drôle grâce à quelques répliques percutantes, tantôt touchant. Lanvin excelle dans les rôles de bougons qui s'ouvrent au monde malgré eux. Ceux qui l'apprécient, comme moi, apprécieront, les autres s'ennuieront peut-être un peu. Swann Arlaud se détache également, avec authenticité et force. Il est accompagné par une pléiade de seconds rôles sympathiques, sorte de galerie de personnages plus ou moins loufoques, bourdonnant autour de ce type renfermé sur son chagrin et sa culpabilité. Car culpabilité et solitude sont les thèmes principaux de cette fausse comédie. Justement, la bande annonce donne dans le comique alors que le film ne l'est pas tant que ça. Du coup, le résultat est partiellement décevant. Ce n'est pas trépidant, c'est cousu de fils blancs mais optimiste. Sympathique mais trop dépourvu de piquant, d'aspérité pour séduire complètement.

5,5/10