jeudi 9 octobre 2014

La dernière duchesse de Daisy Goodwin

Une connaissance d'un certain âge m'a gentiment prêté ce livre en pensant que, vu que j'apprécie les romans historiques, celui-ci me plairait.  

 
Cora Cash est belle, américaine, pleine d’esprit, et à la tête d’une fortune colossale. Mais sa mère rêve de la seule chose qu’elle ne pourra pas lui acheter en Amérique : un titre de noblesse. En Angleterre, un accident lui permet de rencontrer et de conquérir un bon parti – un séduisant duc dont la propriété tombe en ruine. Dans les courants d’air qui traversent les somptueuses demeures de l’aristocratie, la délicieuse Américaine a tôt fait de déchanter. Cet univers impitoyable regorge de pièges et de trahisons qui risquent fort de provoquer sa chute. Pour y échapper, l’enfant gâtée va devoir se métamorphoser en femme accomplie.
 
Daisy Goodwin (1961 - ) a étudié l'histoire à Cambridge. Elle est devenue productrice de télévision. Son premier roman, La dernière duchesse a été publié au Royaume-Uni en 2010 sous le titre My last duchess et en 2011 au États-Unis et au Canada sous le titre The american Hairess.
De tous ces titres, le français est le pire, le moins évocateur. il me semble que la duchesse américaine aurait été parfait car l'expression apparaît dans le livre. Enfin bon, l'auteur fait ce qu'elle veut, c'est son œuvre.
Je m'attendais à une énième bluette sentimentale sur fond d'aristocratie victorienne. Ce n'est pas tout à fait cela, ou du moins pas toujours. Ce roman est aussi une démonstration des forces et des faiblesses -surtout des faiblesses- de deux cultures qui s'opposent : la culture américaine, libre et corsetée à la fois, avide de reconnaissance et de titres, la culture anglaise, codifiée, hypocrite, compassée. Goodwin décrit les habitudes de ces familles, les règles qui régissent leur vie, et plus particulièrement celle des femmes. D'ailleurs c'est sur elle que se concentre l'auteur : Cora, égoïste et attendrissante à force de doutes et d'incertitudes, recherchée pour son argent, rejetée pour sa liberté, sa mère, ambitieuse jusqu'à la cruauté, la double duchesse Fanny, belle-mère hautaine et envahissante, Charlotte, aristocrate mal mariée, Sybil, jeune fille timide et mal fagotée mais pleine de bonnes intentions, Bertha, la femme de chambre dévouée mais maligne. Les personnages masculins sont plus effacés, à l'exception du duc, qui apparait dans toute sa splendeur et ses défauts, et peut-être du Prince de Galles, personnages surprenant, pittoresque, mélange de générosité et d'impatience, de gentillesse et d'égoïsme.
L'écriture est agréable, les chapitres bien proportionnés. Les descriptions sont très riches, parfois un peu trop. L'intrigue toutefois, est extrêmement prévisible sauf quant au dénouement, trop rapide, presque bâclé. C'est d'autant plus agaçant qu'il ne résout pas tout. Elle est centrée sur la découverte par Cora des us et coutumes de l'aristocratie anglaise et manque singulièrement de passion. Celle-ci est parfois décrite mais l'auteur ne parvient pas à la transmettre complètement.
Une lecture très agréable au final.

7,5/10


mardi 7 octobre 2014

Elle l'adore

Muriel, esthéticienne, aime raconter des histoires souvent farfelues. Depuis 20 ans, Muriel est aussi la première fan du chanteur à succès Vincent Lacroix. Avec ses chansons et ses concerts, il occupe presque toute sa vie. Lorsqu'une nuit Vincent sonne à la porte de Muriel, sa vie bascule. Elle est entraînée dans une histoire qu’elle n’aurait pas osé inventer.

Je m'attendais à un film plus drôle, plus farfelu. C'est plutôt un polar ponctué de quelques répliques ou de moments vraiment drôles. Muriel est une affabulatrice plus maligne qu'il n'y parait. Sandrine Kiberlain excelle dans ce genre de rôle, parvenant à s'effacer, parfois un peu trop. Vincent est un chanteur que l'on n'entendra jamais chanter particulièrement égocentrique. Laurent Lafitte est parfait en salaud manipulateur mais son personnage n'est pas tellement développé finalement. Il s'agit presque d'un type banal qui essaie de se sortir de la mouise avec un sacré sang-froid. Le casting est agréablement complété par Pascal Demolon et Olivia Côte dont l'histoire, secondaire, m'a plu même si elle n'apporte pas grand chose à l'histoire principale. La fin peut paraître trop en suspens mais à bien y regarder, ce n'est pas tout à fait le cas. Le suspense fonctionne assez bien et j'ai particulièrement apprécié la scène de l'interrogatoire en GAV. Toutefois, la folie et les zones d'ombres des personnages auraient pu être plus développées, le film plus enlevé ou plus noir. Par ailleurs la ritournelle au piano qui revient sans cesse, avec ses notes très aiguës, est stridente et vrille les tympans plutôt que les nerfs. Un premier film sympa mais pas inoubliable.

6,5/10
 

lundi 6 octobre 2014

Saint Laurent

1967 - 1976. La rencontre de l'un des plus grands couturiers de tous les temps avec une décennie libre. Aucun des deux n’en sortira intact.


Ce film ne recoupe qu'assez peu celui de Lespert auquel on ne peut toutefois s'empêcher de le comparer. Gaspard Ulliel est impressionnant. C'est un YSL enfant gâté, aussi cruel que généreux, tourmenté, dépressif, camé, alcoolisé, sensuel, attachant malgré tout. Jérémie Régnier a un rôle plus discret. Louis Garrel est pareil à lui-même. Le film évoque le processus de création, les tissus et les coutures, de façon très parlante mais l'ambiance choisie -très étudiée-, quoi qu’avec quelques pointes d'humour, est sombre, parfois à la limite du glauque. Les costumes sont impeccables et les défilés bien reconstitués. Le scénario est décevant car dépourvu de fil conducteur. Le film n'est qu'une succession de scènes, succession marquée plus brutalement encore par la coupure de la musique, au demeurant excellente. Certaines scènes sont trop longues, notamment celles de sa vie de mondanités débauchées, on frôle l'ennui. La présentation de Saint Laurent vieux n'a pas d'intérêt, de même que le split screen pas assez assumé. Bonello semble avoir privilégié le visuel à l'émotion. C'est dommage parce que Gaspard Ulliel est vraiment épatant.

5/10

dimanche 5 octobre 2014

The equalizer

Pour McCall, la page était tournée. Il pensait en avoir fini avec son mystérieux passé. Mais lorsqu’il fait la connaissance de Teri, une jeune prostituée victime de gangsters russes violents, il lui est impossible de ne pas réagir. Sa soif de justice se réveille et il sort de sa retraite pour lui venir en aide.


The equalizer est un thriller d'action classique. Trop ? Il est possible que j'ai vu quelques épisodes de la série originale quand j'étais jeune mais je n'en garde pas de souvenir. Pourtant plusieurs scènes du film m'ont donné une impression de déjà-vu qui m'a dérangée pendant tout le film. Denzel Washington fait le job, du type banal avec un toc de la symétrie au super-héros minuté et increvable. Chloë Grace Moretz apparaît peu mais non sans grâce, elle campe une prostituée assez attachante. Marton Csokas, un inconnu chez nous -en tout cas pour moi-, joue le sociopathe de service avec talent, il est glaçant. Les scènes d'action sont bien filmées et les effets spéciaux corrects. L'ambiance noire prend le contre-pied des films tels que The expendables, notamment grâce au travail sur la lumière. La B.O rock donne du peps au film. Une suite l'année prochaine ?

6,5/10