jeudi 16 octobre 2014

L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon

Je n'ai finalement pas attendu longtemps avant de lire le premier volume de la trilogie du Cimetière des livres oubliés. Ni à lire d'ailleurs.
 
 
 

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, Sempere le libraire emmène son fils, Daniel, dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et le marquer à jamais : L’Ombre du Vent de Julian Carax.
 
 
Carlos Ruiz Zafon (1964 - ) est un auteur et scénariste espagnol vivant aux États-Unis. Il a gagné plusieurs prix dont le prix Femina en 2004 et le prix Michelet en 2005. En plus de Marina, il a écrit deux trilogies : Le cimetière des livres oubliés et la Trilogie de la brume.
 
 
En jetant un œil aux critiques portant sur Le jeu de l'ange, je m'étais aperçue que certains trouvaient les deux livres redondants. Oui et non. L'auteur traite toujours des mêmes thèmes -la fin de l'enfance, les premiers émois adolescents, Barcelone, ses rues, ses bâtiments, le mal, les livres, l'écriture, l'amour fou et tragique, la cruauté. Pourtant, cet opus y ajoute l'amitié adolescente et ses suites, les contraintes sociales pesant particulièrement sur les filles et les domestiques, la guerre en Espagne, les opportunistes psychopathes. Il est plus ancré dans la réalité que Le jeu de l'ange, sous toutefois se départir de l'atmosphère gothique, sombre, envoutante qu'affectionne Ruiz Zafon. Toutefois, mon erreur dans l'ordre de lecture s'est révélée chanceuse car L'ombre du vent se déroule de nombreuses années plus tard. Deux points communs entre les deux opus : le cimetière des livres oubliés bien sûr et la librairie Sempere.
Daniel est un garçon sympathique et passionné. Fermin est très attachant, souvent drôle. J'ai regretté que Bea et Tomas ne soient pas encore plus développés. Les seconds rôles sont riches, tous intéressants.  Grâce aux personnages et à l'écriture magnifique de l'auteur, on est plongé dans l'ambiance sombre de la Barcelone d'après-guerre et on suit les aventures tantôt drôles, tant effrayantes, voire angoissantes de Daniel, qui, malgré l'auto-critique dont il fait preuve, ne manque pas de courage.
Le livre fait plus de 600 pages et pourtant il se lit vite car les chapitres s'enchaînent intelligemment. De plus, il s'avère difficile de le lâcher tant on est immergé dans l'histoire. Il n'y a pas à dire, j'adore cet auteur.


9/10

mercredi 15 octobre 2014

Lou ! journal infime

Lou est une jeune fille créative et rêveuse d’une douzaine d’années. Elle vit seule avec sa mère qui a mis de côté sa vie de femme ces dernières années. Leur cocon confortable cache malgré tout quelques failles : sa mère stagne et glisse doucement vers la mélancolie alors que Lou est obnubilée par Tristan son petit voisin, délaissant sa bande de copains...

Le réalisateur a fait des choix surprenants, très inspirés par l'univers BD. Les décors sont très colorés, artificiels, l'ambiance très joyeuse, surtout dans la deuxième partie. Ludivine Sagnier joue toujours aussi bien les femmes-enfants immatures, même cachée derrière une crinière brune et d'énooormes lunettes. La jeune Lola Lasseron, toute mimi, joue plutôt bien, contrairement à certains de ses camarades. Nathalie Baye, à peine reconnaissable, est parfaitement agaçante en mère glaciale et vindicative, ça tombe bien, c'est le but. Tout cela aurait pu être bien fichu, pêchu et intéressant puisque le film traite des premiers émois, de relations fusionnelles mère-fille... Mais non. La musique est assez effacée, trop pour ce genre de film. Ce dernier manque par ailleurs de rythme, est un peu mou, un peu plat. Le traitement est superficiel, naïf et décousu. Tout est mené par l'absurde, ce qui est parfois drôle et souvent déroutant. Devant le grand écran, mes pensées étaient souvent WTF avec un gros point d'interrogation dans les yeux.

5,5/10

 

mardi 14 octobre 2014

Tu veux ou tu veux pas

Lambert, sex addict repenti, tente de se racheter une conduite en devenant conseiller conjugal. Abstinent depuis plusieurs mois, il recrute une assistante, la séduisante Judith, dont la sexualité débridée va très vite mettre ses résolutions à rude épreuve…


C'est une petite comédie romantique sans prétention. Ni piquant. Ni sel. Ni beaucoup de sensualité. Pour un film sur les sex addict, c'est dommage. Patrick Bruel joue bien mais quelque chose m'a gêné dans sa prestation sans que je réussisse à mettre le doigt dessus. Sophie Marceau, pétillante, est sexy à souhait. La trame est classique. Les seconds rôles sont inexistants et trop peu exploités. Ils auraient pu étoffer l'intrigue faiblarde. Le cameo de Jean-Pierre Marielle est marrant et sympa mais relève de l'anecdote. Les dialogues sont souvent drôles, l'ambiance joyeuse. Derrière celle-ci se cachent des thèmes plus sérieux : le désir, l'addiction (à peine effleurée finalement), la peur d'aimer et de souffrir, la peur de l'engagement. Le film est agréable, mais son traitement est trop peu ambitieux et trop paresseux.

5/10
 

dimanche 12 octobre 2014

Gone girl

A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?
Fincher propose un thriller haletant malgré sa longueur. Quelques scènes en moins l'auraient affûté cependant. Il a soigné son ambiance, ses lumières, son scénario. Il a même pensé à distiller quelques pointes d'humour noir. Il a surtout très bien choisi ses acteurs. Ben Affleck est impeccable, souvent trouble, son comportement ambigu. On se demande vraiment si oui ou non il a tué sa femme. Je me demande comment son frère aurait interprété un tel rôle. Rosamund Pike, en plus d'être magnifique, offre une composition impressionnante. Ce rôle lui permettra peut-être d'être enfin reconnue à sa juste valeur. Quant à Neil Patrick Harris, il est parfois inquiétant, parfois juste bizarre. Je cite également Missi Pyle, terrifiante avec son sourire XXL de façade. L'intrigue est bien construite, avec un beau twist vers le milieu du film. Il faisait partie des hypothèses que j'avais envisagées mais parmi d'autres. Dommage toutefois que l'enfance d'Amy n'ait pas été traitée plus en profondeur. Le twist conduit non pas à se demander qui est le coupable mais comment tout cela peut finir. D'ailleurs, le final est surprenant et innovant. Outre l'aspect policier, c'est le couple qui est évoqué, disséqué. Le couple banal qui se détricote, les attentes inassouvies, les frustrations, la manipulation. Les médias en prennent pour leur grade, Fincher en a une vision très négative. Ou très lucide ?

8,5/10