vendredi 31 octobre 2014

Les apparences de Gillian Flynn

Après avoir vu le film Gone girl, je me suis demandé à quoi ressemblait le bouquin. Ça tombe bien, ma mère vient de l'acheter, elle me l'a prêté.  

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari, Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre des meubles renversés dans leur salon et aucune trace de sa femme. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal.

Gillian Flynn (1971 - ), est une scénariste et romancière américaine, spécialisée dans le roman policier. Elle fait des études supérieures à l'Université du Kansas qu'elle poursuit à l'Université Northwestern, où elle obtient une maîtrise en journalisme. Elle désire devenir reporter d'affaires criminelles, mais comprenant qu'elle n'a guère les qualités pour cet emploi, elle travaille plutôt comme critique littéraire au magazine américain Entertainment Weekly durant une dizaine d'années. Au cours de cette période, elle épouse Brett Nolan dont elle a un fils. Sa carrière littéraire s'amorce en 2006 avec la publication d'un premier thriller intitulé Sur ma peau (Sharp Objects). Son troisième roman, Les Apparences (Gone Girl) lui vaut une reconnaissance internationale.
Ayant vu le film, je connaissais déjà l'intrigue et la fin. Toutefois, le film étant fidèle en tous points au roman, je peux dire que le suspense fonctionne et tient jusqu'à la fin, notamment grâce à une construction maligne. Gillian Flynn a su placer les rebondissements aux bons moments. Elle sait également créer une atmosphère délétère, celle d'un couple qui se détricote sous nos yeux sur fond de crise économique dans l'Amérique profonde en pleine dépression. Le délitement de ce mariage est rendu avec précision, c'en est presque clinique. L'auteur dépeint non sans talent les illusions des débuts qui sombrent dans la réalité et le quotidien. Cependant, le choix d'écrire un thriller psychologique a des avantages et des inconvénients qu'elle n'a pas réussi à éviter. Les avantages d'abord. Les personnages sont bien écrits, détaillés, leur psychologie est fouillée, expliquée. D'ailleurs, elle se penche, plus que dans le film, sur l'épatante Amy et son impact sur la vraie Amy, et c'est tant mieux. Le lecteur est plongé dans leur psyché, comprend leur façon de penser et de réagir. Les inconvénients maintenant. D'une part, les deux personnages principaux, bien plus détaillés que les autres, sont antipathiques. Amy est une psychopathe rigide et Nick est un connard pathétique. J'ai été incapable de ressentir la moindre empathie envers eux, à tel point que j'avais du mal à revenir au livre. L'avantage du film sur le livre, c'est l'incarnation, par de bons acteurs certes, mais qui bénéficient au départ d'un capital sympathie ; les personnages écrits sont des concepts désincarnés et donc encore plus distants. Par ailleurs, de tels personnages sont à la limite du crédible. Le final est plus développé, que dans le film, l'expliquant mieux. Ça ne le rend pas moins trash. D'autre part, le roman manque de rythme. Plongé dans l'esprit retors des protagonistes, on avance à tous petits pas. Si bien que l'ennui nous guette parfois.
6,5/10


mardi 28 octobre 2014

Magic in the moonlight

Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford, un Anglais arrogant et grognon qui ne supporte pas les soi-disant médiums. Se laissant convaincre par son ami Howard Burkan, il se rend chez les Catledge sur la Côte d’Azur dans le but de démasquer la ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

Pour des raisons pratiques, j'ai dû voir le film en français. Une catastrophe ! Le doublage de Colin Firth est horrible, épouvantable, il m'a gâché une bonne partie du film. Bon, ça et le froid qui régnait dans la salle. Je vais donc essayer de donner mon avis abstraction faite de ces facteurs dérangeants. Le film est joyeux, plein de dialogues bien écrits. ce n'est pas hilarant mais on sourit souvent. La reconstitution des 20's est plaisante, notamment grâce à la B.O. D'ailleurs tout dans le film est charmant mais pas complètement abouti, malgré un vrai travail sur la photographie et la lumière. Le film manque de rythme, c'est dommage d'autant que l'hommage aux comédies romantiques de l'âge d'or est palpable. Colin Firth campe avec talent un magicien cynique un poil dépressif sur les bords qui voit ses certitudes vaciller. Emma Stone est pétillante mais manque un peu de charisme. Leurs personnages sont attachants, de même que la fameuse tante Vanessa. En revanche certains personnages secondaires apparaissent puis disparaissent sans raison. Un peu plus de profondeur et de fond n'aurait pas nui. Charmant donc mais extrêmement volatile.

7/10

dimanche 26 octobre 2014

The judge

Fils de magistrat, Hank Palmer, grand avocat, revient dans la petite ville de son enfance, où son père, qu'il n'a pas revu depuis longtemps, est soupçonné de meurtre. Il décide alors de le défendre et, chemin faisant, renoue avec sa famille avec laquelle il avait pris ses distances…

C'est un long film et pourtant, on ne s'ennuie pas un instant. Pourquoi ? D'abord, l'histoire, malgré une belle incohérence et un classicisme certain, tient en haleine, entre drame familial et procès. Ensuite, le scénario est truffé de rebondissements, les personnages se découvrent petit à petit. Enfin, tout le casting est une pointure : Robert Downey Jr. moins cabotin qu'à son habitude, donc à son meilleur jeu, Robert Duvall, sobre, aussi antipathique qu'attachant, sans oublier Billy Bob Thornton, Vincent D'Onofrio, Jeremy Strong, Vera Farmiga, Leighton Meester et Dax Shepard, tous au diapason. Les personnages sont bien écrits, existent en soi et permettent de faire passer l'émotion. Dommage que la musique pousse au pathos. Le film aborde des thèmes chers au cinéma américain : la famille et ses non-dits, l'éducation, les relations entre père autoritaire et fils avide de reconnaissance, la justice et sa représentation, les erreurs de jeunesse. Les dialogues sont bien écrits, souvent drôles, alors que le climat du film peut être pesant.

8/10