jeudi 6 novembre 2014

Une nouvelle amie

À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie.

Le film est une œuvre à part, comme souvent chez Ozon. On reconnaît son esthétique léchée. Les relations entre les personnages principaux sont complexes et troubles. D'ailleurs Claire et David, profondément touchés par la mort de Laura, sont à un tournant de leur vie. Ils se posent beaucoup de questions. David interroge son identité sexuelle. Claire, quant à elle, s'intéresse à ses propres fantasmes. Romain Duris est excellent, dans les deux identités de son personnage mais peine trop à dissimuler sa masculinité. On ne peut jamais y croire totalement. Anaïs Demoustier joue une ingénue pas si ingénue que ça, entre bourgeoisie conformiste et fantasmes hot (desperate houswife ?). Raphaël Personnaz campe le personnage témoin, c'est à dire le type moyen, gentil, à fond dans le boulot, avec des réflexions idiotes mais pas un mauvais fond. C'est le personnage le plus crédible et peut-être le plus intéressant. Le film peut être drôle, surprenant, non sans mettre mal à l'aise, sans doute parce que, s'il se garde de toute vulgarité, il n'évite pas le ridicule. Un sentiment d'étrangeté ne m'a pas quittée et m'a empêchée d'être complètement dedans et donc d'être sensible à l'émotion du film. Le mélange des genres n'est pas convaincant d'autant qu'Ozon multiplie les clichés et ne va pas au fond des choses. Une psychologie plus fine et mieux exprimée aurait mieux servi le sujet.
4/10


mardi 4 novembre 2014

Drôle de mariage de Madeleine Wickham, alias Sophie Kinsella

J'avais besoin d'un peu de légèreté, aussi ai-je choisi une couverture colorée avec dessus le nom d'un auteur de chick-lit.
 
 
Milly vit à Bath, dans la maison de ses parents, qui est aussi un Bed and Breakfast tenu de main de maître par Olivia, sa mère. La jolie Milly est sur le point de se marier avec Simon Pinacle, héritier du milliardaire Harry Pinacle, à la plus grande joie d'Olivia, qui a fait de la préparation de ce mariage grandiose son cheval de bataille. Dans l'euphorie générale, Milly semble avoir complètement occulté son premier mariage, il y a dix ans, avec Allan, un ami homosexuel américain rencontré durant ses études à Londres. Il avait besoin de ce mariage blanc pour rester auprés de Rupert, son grand amour. Quand le secret menace de remonter à la surface, toute la belle harmonie familiale vole en éclats.
 
Sophie Kinsella (1969 - ) est le pseudonyme de Madeleine Wickham, une femme de lettres anglaise. Elle vit actuellement dans le quartier de Wimbledon avec son mari et leurs cinq enfants. Elle a étudié la musique puis la PPE au New College de l'université d'Oxford et est devenue écrivain après avoir été journaliste financière.
 
C'est un livre léger qui raconte les déboires d'une jeune femme incapable d'affronter la réalité et les conséquences de ses actes. Elle agace parfois par son inaction mais on a hâte de savoir comment elle va se dépatouiller de tout ça. L'auteur suit aussi d'autres personnages : ses parents, sa sœur, son fiancé. Bémol : le roman est un peu court, donc les développements le sont aussi. Les personnages secondaires auraient mérité plus d'espace malgré le talent de l'auteur pour les croquer en quelques phrases. De plus, certains sont un peu trop caricaturaux à mon goût. Le déroulement de l'histoire est assez prévisible. Le final réussit pourtant à être touchant.
Comme souvent chez Kinsella quand elle publie sous le nom de Wickham, le ton n'est pas hilarant, plutôt pince-sans-rire. On sourit mais on ne rit pas franchement. Le thème du mariage est abordé sous toutes ses formes (le mariage blanc, l'organisation de la cérémonie,... ), l'homosexualité, la paternité. Des questions sont posées, telles que faut-il tout se dire sous prétexte qu'on s'aime ?
Et bon sang ! Le titre en anglais est : Wedding girl. Drôle de mariage n'est pas une traduction heureuse.
C'est une lecture agréable, rapide, légère malgré les thèmes graves abordés. Sympa mais pas inoubliable.
 
6/10

lundi 3 novembre 2014

The giver

Dans un futur lointain, les émotions ont été éradiquées en supprimant toute trace d'histoire. Seul "The Giver" a la lourde tâche de se souvenir du passé, en cas de nécessité. On demande alors au jeune Jonas de devenir le prochain "Giver"...
 
 
Je n'ai pas vu la bande-annonce, juste lu le synopsis, donc je ne savais pas vraiment ce à quoi je devais m'attendre. Finalement, c'est une bonne surprise. Le réalisateur a une une bonne idée de départ : l'utilisation du noir et blanc. Cet affadissement de l'image exprime clairement l'affadissement de la vie dépourvue d'émotions. D'ailleurs l'esthétique est extrêmement soignée. L'histoire est assez classique : une dystopie dépourvue d'émotion dont s'émancipe peu à peu un individu qui souhaite que tout le monde profite de ses découvertes. Les ficelles sont bien connues et pourtant, contre toute attente, ça marche. Je me suis laissée cueillir par l'émotion qui se dégage du film, notamment grâce aux interprètes : Jeff Bridges en type bourru prêt à passer le flambeau, Brenton Thwaites, un peu pâle en jeune garçon curieux avide d'émotions nouvelles, Meryl Streep en doyenne figure de sagesse mais aussi d'autoritarisme, Alexander Skarsgård à qui la douceur va bien, Katie Holmes à qui la sévérité va bien, Odeya Rush en jolie jeune première. L'utilisation d'images du passé superposées et les sensations fortes éprouvées par le héros est classique mais fonctionne. Je n'ai pas pu m'empêcher de comparer ce film avec Le Labyrinthe qui part d'une idée semblable : l'émancipation d'une communauté restreinte vers une autre vérité. The giver bénéficie de plus d'allant, d'un certain souffle épique, et peut-être d'un enjeu plus marqué. Cela aurait gagné à être plus pointu, moins ciblé young adults.

8/10



dimanche 2 novembre 2014

The november man

Peter Deveraux est un ex-agent de la CIA réputé pour sa redoutable efficacité. Contacté pour assurer l'exfiltration de Natalia, un agent placé auprès du futur président de la Russie, il s'aperçoit qu'il a été manipulé.

Le synopsis allociné est très limite, tant il aligne les approximations et les révélations. Je m'attendais à un thriller d'espionnage classique et c'est exactement ce que c'est. Pierce Brosnan campe avec classe un ex agent de la CIA désabusé et cynique. J'étais contente de le retrouver dans un film d'action. Il est épaulé par la ravissante -et parfois très sexy- Olga Kurylenko et le sympathique Luke Bracey. La fille a le rôle basique de la jeune et jolie fille en détresse / à sauver / qui attire les ennuis, mais ces messieurs bénéficient de rôles plus denses, plus ambigus, de l'ex espion qui picole volontiers, au jeune espion plein de doutes, en passant par le manipulateur aux intentions troubles. Pour établir une paix qui semble plus durable, que peut-on accepter de sacrifier ? L'intrigue sur fond de manipulations géopolitiques, prévisible, se suit avec plaisir. Les scènes d'action sont bien réalisées, bien visibles, parfois violentes. Un agréable divertissement.
7/10