samedi 3 janvier 2015

La mer éclatée 1 : La moitié d'un roi de Joe Abercrombie

Ce livre m'a été offert à Noël par une personne qui sait que j'ai adoré la trilogie de La première loi. J'ai dévoré le livre en à peine une journée et demie.
 
 
« J’'ai prêté le serment de venger la mort de mon père. Je suis peut-être la moitié d’'un homme, mais ce serment était entier. »
Né faible aux yeux de son père, le prince Yarvi a juré de récupérer un trône dont il n’'a pourtant jamais voulu. Mais il doit d'’abord affronter la cruauté de sa propre famille, les humiliations de l’'esclavage, ainsi que les eaux amères de la Mer Éclatée. Tout cela avec une seule main valide. C'’est au côté d’'une étrange assemblée d’'exclus et de marginaux, et non parmi les nobles de son rang, que Yarvi apprendra à être un homme s'’il survit aux épreuves de toutes sortes qui l'attendent...
 
Joe Abercrombie (1974 - ) est un auteur anglais de fantasy. Après des études de psychologie à l’université de Manchester, il s’installe à Londres et vit de petits boulots. Il devient ensuite éditeur de film et travaille sur des documentaires, films indépendants, clips ou encore concerts d’artistes confirmés. Il se lance en 2002 dans l’écriture de sa première œuvre, la trilogie "La Première Loi" qui rencontre rapidement un grand succès. Suivra ensuite "Servir froid", oneshot se déroulant dans le même univers, paru en France en 2013. Il est également l'auteur de Pays rouge, édité en France chez Bragelonne en 2014.
Certes, l'intrigue est moins riche que dans La première loi et les personnages moins nombreux. Toutefois, ce roman d'apprentissage classique est passionnant de bout en bout. Le prince Yarvi, d'abord faible et en colère, devient plus fort et trouve sa voie malgré les obstacles, ou plutôt grâce à sa capacité à les surmonter. Il est entouré d'une bande disparate de personnages qui auraient mérité de plus amples développements quoiqu'ils soient bien campés. Tous sont attachants.
Ce roman se lit presque d'une traite, notamment grâce à la fluidité de l'écriture de l'auteur et à ses brillants dialogues. Sa trame, bien construite, ne manque ni de souffle ni de caractère romanesque. Un peu plus de romance n'aurait toutefois pas nui. Abercrombie sait maintenir le rythme et nous emmener tambour battant jusqu'à la fin, qui arrive trop vite. J'ai adoré cette lecture et ai hâte de lire la suite.
9/10

jeudi 1 janvier 2015

Mes 10 tops 2014

Plus joyeux ! Mes films préférés de l'année. Ce ne sont peut-être pas ceux qui vous ont marqués, mais je les adorés. Il se peut néanmoins que j'ai tempéré mon avis ou plutôt que j'admette que ma critique était fortement influencée par mon ressenti à chaud. Les voici :
Commençons par un petit bonus. Certes, ce film n'a pas atteint la note nécessaire pour entrer dans le top de cette année. Toutefois, son ambiance, sa sensualité et le jeu des acteurs m'ont marquée. J'ai adoré ce film malgré ses défauts.
Only lovers left alive // Nonchalant, poétique et beau //
20 février 2014
A Detroit, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante vivant à Tanger, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?
Jarmush propose un film d'ambiance plus qu'un film fantastique, d'ailleurs, le scénario est léger. Il peut falloir un peu de temps pour entrer dans ce film très esthétique, beau, sensuel et lent. Quoique légèrement assourdissante au début, la musique, hypnotique, y aide et y tient une grande part. Si l'on ne s'ennuie pas vraiment, notamment grâce à l'humour et au magnétisme des personnages, il ne se passe pas grand chose non plus. Ces derniers, charismatiques, parlent d'art et du monde décadent conduit par les zombies, c'est à dire les êtres humains. Cependant, la critique du monde actuel et la nostalgie des 70's sont nuancées par la peinture de l'utilité de certaines nouvelles technologies, les balades en voiture et l'espoir de voir Detroit renaître. Les acteurs, entre lesquels l'alchimie est visible sont superbes. Tom Hiddleston, séduisant, est convaincant en musicien pourvu d'un spleen magistral. Tilda Swinton est sublime, mystérieuse à souhait. Mia Wasikowska remplit parfaitement son rôle de petite peste. J'ai trouvé dommage le manque d'explication sur un peu près tout (provenance de l'argent, passé des personnages...), même si j'ai apprécié la présentation de ce monde à part avec ses us et coutumes et ses éternels amants, unis par un amour fort, sincère, charnel et tendre. En revanche, honnêtement, cette manie de donner le nom des choses en latin est carrément étrange.
8,5/10
Pour l'anecdote, notons la présence de Mia Wasikowska dans mes deux classements de l'année.

Le vrai début du top.
Le manoir magique // Génial //
6 janvier 2014
Tonnerre, un jeune chat, est abandonné par ses propriétaires. Il trouve refuge dans un manoir étrange appartenant à un vieux magicien peuplé d'animaux et d'objets mécaniques animés.
Le scénario est original et peuplé de créatures intéressantes, créatives et fantasques, rempli de bonnes idées et de gags marrants. Le graphisme est précis et l'animation très bien faite. Le film a un petit côté magique, poétique. L'enjeu est clairement défini et simple et l'action peut-être légèrement répétitive mais les personnages sont tellement mignons et l'animation tellement top que l'on ne s'y arrête pas. Pour ceux qui ont gardé leur âme d'enfant car il n'y a aucun sous-entendu ni sous-texte, juste la poésie de l'animation.
9/10
Ok, j'ai succombé au côté mignon/adorable de ce film d'animation. Et alors ?
Le vent se lève // Magnifique //
26 janvier 2014
Inspiré par le concepteur d’avions Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Devenu adulte, il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde. Parallèlement, il vit une grande histoire d'amour avec Naoko et une belle amitié avec son collègue Honjo.
C'est sûrement le film le plus personnel de Miyasaki, et donc le moins féerique. C'est un peu déroutant au début mais la poésie et la fantaisie du réalisateur sont toujours là. Elles passent par les détails des dessins magnifiquement animés, pleins de couleurs, et les personnages secondaires fabuleux. La scène où le tremblement de terre s'étend, tel un monstre rugissant, est exceptionnelle. En revanche, les rêves de chaos, certes prémonitoires et pertinents, sont parfois un peu incongrus. D'ailleurs les rêves sont envahissants, si bien que l'on sait pas toujours si Jiro rêve ou non. Contemplatif, le film aurait pu être juste un peu plus rythmé car certains passages, sans être véritablement ennuyeux, sont un peu trop étirés ; j'aurais sans doute été moins indulgente si les images n'étaient pas si belles. Miyasaki mêle avec doigté l'intime et la grande histoire, du séisme de Kanto en 1923 à la 2nd Guerre Mondiale, en passant par la Grande Dépression et l’épidémie de tuberculose. Les personnages, tous attachants, sont fouillés, souvent humanistes. L'ensemble du film est à la fois mélancolique et enjoué, notamment grâce à une formidable B.O. Par sa profondeur et sa gravité, ce dernier opus n'est pas destiné au enfants qui pourraient s'ennuyer.
9/10
Un beau Miyasaki mais pas mon préféré.

Dallas buyers club // Génial //
2 février 2014
1986, au Texas, Ron Woodroof, 35 ans, est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels et fonde le Dallas Buyers Club. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales.
Que se passe-t-il quand un redneck pur jus et donc homophobe décide de se battre pour survivre et se trouve confronté à un milieu qu'il hait sans le connaître ? Et bien il s'humanise, il se fait de véritables amis, il se bat pour une juste cause. Matthew McConaughey, très amaigri, incarne avec justesse, finesse et humour ce type qui a la rage de vivre. Jared Leto est incroyable en travesti junkie mais terriblement attachant. Jennifer Garner trouve enfin un rôle à sa mesure. Dommage que les autres rôles soient à peine esquissés (celui du médecin, incarné par le charismatique Denis O'Hare, l'avocat, la secrétaire, le médecin mexicain...). Si le film contient plusieurs ellipses qui peuvent surprendre mais ne dérangent pas, il évite les flash back à répétition très à la mode ces derniers temps, de même que le flash forward de début de film. Plein d'humour, sans manichéisme il pose un regard lucide sur le traitement du sida par l'administration américaine des 80's, amusé et tendre sur ses personnages atypiques. Pas de pathos ici, ni de pitié, mais une véritable émotion, une compassion sincère, une véritable énergie.
9/10
Ma foi, un oscar pleinement mérité.
Un été à Osage county // Magistral et dur //
3 mars 2014
Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…
Le film nous présente, quoique sans trop de détails sur leur vie hors de la maison maternelle, une galerie de personnage plus ou moins abîmés par la vie en générale mais surtout par leur mère. Les relations familiales sont ultra-tendues et explosent au cours d'un dîner mémorable (une scène appelée à devenir culte). Les dialogues, en forme de répliques acérées, parsemés d'humour noir, sont géniaux. Le casting en général et les actrices en particulier s'en donnent à cœur joie. Meryl Streep est impériale, magnifique, en mère abusive, accro aux cachets. On pourrait croire qu'elle en fait trop, ce serait oublié que son personnage est drogué les trois-quarts du temps, tant et si bien que son cerveau a subi des dommages. Julia Roberts, dont je ne suis pas fan d'habitude, est fantastique. Brève mention spéciale de Benedict Cumberbatch qui m'a étonnée en grand garçon timide, maladroit et castré par sa mère. La plupart des personnages sont ou durs ou cruels, ou méchants, ou égoïstes, et pourtant, on ressent de l'empathie (plus ou moins grande) pour eux. Le film montre en filigrane l'incroyable violence de certaines relations humaines et refuse le happy-end pour conclure cette tragédie comme il se doit, malgré quelques ralentissements du rythme.
9/10
Magistral et dur, c'est exactement ce dont je me souviens. Une claque.

Maléfique // Sublime //
1 juin 2014
Maléfique, une fée au cœur pur, mène une vie idyllique dans le paisible royaume de La lande peuplé de fées. Lorsqu'une armée d'humains vindicatifs menace les frontières, Maléfique s’élève en féroce protectrice de cette terre, mais une personne en qui elle avait foi la trahit, déclenchant en elle une souffrance à nulle autre pareille qui va petit à petit transformer son cœur pur en un cœur de pierre. Bien décidée à se venger, elle s’engage dans une bataille épique avec le successeur du roi, jetant une terrible malédiction sur sa fille qui vient de naître, Aurore.
Voilà une relecture intéressante du mythe de la Belle au bois dormant. Je n'ai absolument rien contre, après tout, Disney était un spécialiste du genre (La petite sirène par exemple) et l'histoire de la Belle au bois dormant n'est pas identique selon qu'elle soit racontée par Perrault ou les Grimm. Le film se place du point de vue de Maléfique, la méchante fée qui jette un sort sur la princesse Aurore. C'est une bonne idée car cela donne un peu de corps à ce conte assez manichéen. Le film revisite la traditionnelle opposition entre nature et humanité mais délaisse quelque peu la métaphore de l'adolescence et du passage de l'innocence à la sexualité. Angelina Jolie, sculpturale, est parfaite de bout en bout, majestueuse avec ses ailes gigantesques. Son personnage évolue de la pureté innocente à la noirceur avant de retrouver la foi en l'amour. Elle Fanning, Sharlto Copley et Sam Riley complètent avec talent le casting. Les scènes de combat sont excellentes, les effets spéciaux de grande qualité. Tout, les couleurs, la lumière, les costumes, les créatures, est superbe. Un peu d'humour est présent, ça allège l'ambiance assez sombre du film. Un aspect négatif : certains dialogues sont parfois mièvres et la voix off n'est utile que pour les gamins pour lesquels elle remplace la voix du conteur. La reprise de Once upon a dream par Lana del Rey est très belle.
9/10
Je sais que j'ai surnoté, influencée par la féerie que dégage le film. M'en fiche.
Sous les jupes des filles // Décomplexé //
9 juin 2014
Paris. 28 premiers jours du printemps. 11 femmes. Mères de famille, femmes d'affaires, copines, maîtresses ou épouses... Toutes représentent une facette de la femme d'aujourd'hui : Complexes, joyeuses, complexées, explosives, insolentes, surprenantes... Bref, un être paradoxal, totalement déboussolé, définitivement vivant.
Audrey Dana signe un film à la fois joyeux et acide sur les femmes et les hommes qui partagent leur vie. Oui, l'humour, qui fait mouche à coups de répliques assassines et percutantes, est parfois trash (trash se dit lorsqu'une femme emploie des codes masculins de façon décomplexée et un poil déjantée). Mais c'est trash intelligent et surtout juste et sincère. On peut retrouver un peu de nous dans chacune d'elle, notamment grâce au casting bourré de bonnes actrices, toutes en forme, parfois à contre-emploi, croquant avec justesse des femmes tour à tour attachantes ou agaçantes, souvent névrosées, toujours pleines de dérision. Ce florilège porte en lui un défaut qui aussi le principal du film : une réalisation en vignettes qui manque un peu de profondeur. Pourtant, on a plaisir à combler nous-mêmes les trous. Si les hommes n'ont que des rôles secondaires, ils ne sont pas tous dépeints négativement, loin de là. Certaines scènes sont franchement hilarantes, d'autres plus émouvantes mais jamais guimauves ni tire-larmes. Le film, énergique, donne le sourire.
9/10
Là aussi, je me suis "lâchée" sur la note. Mais enfin un film sur les femmes par une femme, sans manichéisme ni guimauve ! Enfin un film féminin qui ose le trash, même le too much.
On a failli être amies // Savoureux //
14 juillet 2014
Marithé, qui travaille dans un centre de formation, rencontre Carole, qui vit et travaille dans l’ombre de Sam, son mari, un chef étoilé. Carole est en pleine crise existentielle, au fond, Marithé, dont le fils quitte le nid, aussi. Marithé essaie d'aider Carole à se projeter dans une nouvelle vie. Sans arrière pensée ?
Encore une fois cette semaine, je suis surprise dans le bon sens. J'ai toujours un peu peur avant un film français. Qu'il soit trop orienté bobo, trop verbeux, qu'il se regarde le nombril, qu'il n'ait pas de fin correcte. Eh bien pas là. Si elle n'évite pas tous les clichés (le cuisinier forcément étoilé avec potager et serre par exemple), Anne Le Ny signe un film vraiment drôle, avec des punchlines qui tuent et des dialogues ciselés. Ses personnages sont réalistes, à la fois solaires et pleins d'ombres plus ou moins bien dissimulées. Le film évoque avec pudeur et sans expressivité inutile, dans des décors superbes, le couple, sa naissance, sa fin, la reconversion professionnelle, la crise de la quarantaine et bien sûr l'amitié. Karin Viard, toujours excellente dans l'ambivalence envieuse, Emmanuelle Devos, charismatique, parfaite dans la fragilité blessée mais pas soumise, et Roschdy Zem, sobre, forment un trio brillant, même si j'aurais choisi un acteur plus magnétique que celui-ci. Le ton est juste et sincère et le film savoureux et pétillant.
9/10
Je maintiens, c'est un bon film français.
New York Melody // Rafraîchissant et charmant //
30 juillet 2014
Gretta et son petit ami viennent de débarquer à NYC car Dave va enregistrer un disque. Aveuglé par la gloire naissante, il la plaque pour une carrière solo et une attachée de presse. Ses valises prêtes et son billet de retour pour Londres en poche, elle décide de passer une dernière nuit à New York avec son meilleur pote. Ce dernier l'emmène dans un pub, la pousse sur scène et la force à chanter. Dans la salle, Dan, un producteur de musique, s'adonne à sa plus dangereuse passion : l'alcool. Il décide de la produire.
NY melody est une comédie rafraîchissante portée par un excellent casting, une B.O géniale et une visite gratuite d'un New York authentique et diversifié. Romcom, oui mais pas mièvre ni totalement conventionnelle grâce à des dialogues bien écrits et au réalisateur qui laisse planer une certaine ambiguïté sur les relations entre les personnages. Dan est un homme aigri et sans énergie qui retrouve la passion pour son métier, Gretta une femme plaquée prête à tout abandonner. Ces deux-là communient dans la musique. Tout le film est ponctué de chansons sympas chantées par Keira Knightley, qui, outre sa fraîcheur, son charme et son talent habituels, a un joli brin de voix. Mark Ruffalo, légèrement enlaidi pour l'occasion, est parfait. Les rôles secondaires sont bien interprétés, notamment par Hailee Steinfeld et Adam Levine (mon dieu, cette barbe !!! Mais pourquoi ?). Le milieu de la production musicale est présenté lucidement, le processus de création, sans lourdeur, n'est pas oublié. Le scénario est carrément trop light mais on se laisse emporter par le charme des comédiens et des chansons. Une petite bulle hors du temps.
9/10
Selon moi, la romcom de l'année.

The raid 2 // Violent, terriblement efficace //
4 août 2014
Après un combat sans merci pour s’extirper d’un immeuble rempli de criminels, Rama, jeune flic de Jakarta, pensait retrouver une vie normale, avec sa femme et son fils…. Mais on lui impose une nouvelle mission : infiltrer le syndicat du crime, où coexistent mafia indonésienne et yakusas. Sous l’identité de Yuda, il se laisse jeter en prison afin d’y gagner la confiance d'Uco, le fils d'un magnat du crime indonésien.
J'avais aimé le 1er, le deuxième est encore mieux. Le scénario est toujours assez basique : deux groupes mafieux, un troisième qui veut s'implanter, des flics plus ou moins ripoux, un flic intègre lâché par sa hiérarchie. Par rapport au précédent, on gagne en diversité de lieux, de types de décors et d'armes, ainsi qu'une course poursuite du tonnerre. La B.O est aussi nettement meilleure, tout à fait percutante. Le début est un peu complexe à cause d'un montage non chronologique mais on finit par s'y retrouver. Mais la suite envoie du bois malgré quelques circonvolutions inutiles. Les combats sont bien filmés, magistralement chorégraphiés, violents et sanglants, jusqu'au gore parfois. Certains morceaux de bravoure m'ont rappelé Kill Bill vol 1. L'une des forces du film est de parvenir à faire exister les personnages secondaires en peu de scènes, notamment grâce à de bons comédiens. L'histoire du tueur à gages réussit à émouvoir par son aspect tragique alors qu'elle ne concerne qu'une petite partie du film. Le réalisateur sait faire monter la tension jusqu'au final. Le troisième semble prévu. Chouette !
9/10
Mon petit plaisir coupable du top. Enfin le plus récent.
Une promesse // Topissime //
20 avril 2014
Allemagne, 1912. Un jeune diplômé, d’origine modeste, devient le secrétaire particulier d’un homme âgé, patron d’une usine de sidérurgie. L’état de santé du patron se dégrade et lui impose de rester à domicile. Il y accueille le jeune homme pour travailler. L’épouse du patron est une femme de trente ans, belle et réservée. Le jeune homme s’éprend d’elle, sans oser révéler ses sentiments. Dans le huis-clos de la demeure, couve cette passion amoureuse, sans geste ni parole, tout en regards et en silences.
Ou comment l'ambition, les convenances, le devoir et le destin peuvent empêcher un amour inattendu. Inattendu parce que leurs conditions sociales, leurs âges, éloignaient la femme mariée fidèle et le jeune ingénieur ambitieux, parce que le mariage des Hoffmeister semblait heureux. La fin ne respecte pas celle du livre, c'est sans doute le seul reproche que je puisse faire à ce film brillant, car c'est un peu trahir le message de Zweig. C'est dommage mais cela n'ôte rien à la beauté du film. La mise en scène, classique, se concentre sur les visages. Le début, fait de scènes très brèves, peut déconcerter mais le spectateur est vite immergé dans cette maison bourgeoise, où l'on s'aime et souffre en silence. Chaque geste, chaque regard, chaque silence a un sens, une élégance cachée, une grâce. La reconstitution, les décors et les costumes sont bons, la musique excellente. Rebecca Hall, Richard Madden et Alan Rickman -impérial comme toujours- sont absolument parfaits, tout en subtilité, en réserve et pourtant expressifs. Certaines scènes sont saisissantes (la discussion commerciale pendant que Lotte joue, l'annonce du départ, la crise de nerfs de Lotte consolée par son mari).
9,5/10
J'ai des cœurs dans les yeux dès qu'il s'agit d'Alan Rickman de toute façon. Je persiste toutefois au sujet de ce film : il est juste, plein de finesse et délicat. Coup de cœur évidemment.

Mes 12 flops 2014

Voilà, une nouvelle année de passée. J'espère que vous aurez pris autant de plaisir à me lire que moi à écrire. Meilleurs vœux à vous !
Cette année encore, certains films m'ont déroutée, agacée, collé une bonne migraine, ou tout simplement déplu. En voici une douzaine à laquelle j'ai donné les pires notes, à tort ou à raison :
D'abord, ceux qui ne sont pas des catastrophes, mais ont tout de même manqué leur but.
Les brasiers de la colère // Décevant //

20 janvier 2014

Dans une banlieue ouvrière, Russell Baze travaille à l'usine, comme son père, alors que son cadet, Rodney, a préféré s'engager dans l'armée. De retour à la maison, Rodney, psychologiquement ravagé, refuse l'usine et se lance dans les paris et les combats illégaux.

L'idée de départ était intéressante mais mal exploitée entre film social et polar. En effet, toute la première partie décrit la vie quotidienne de ces deux frères malchanceux alors que la seconde partie, qui arrive très -trop ?- tard, évoque l'enquête et la vengeance de l'aîné. La chronique de l'Amérique profonde est toutefois intéressante et honnête, parfois non dénuée d'émotion grâce à la complicité des acteurs principaux. Malgré une excellente première scène et une bonne B.O, de nombreux plans, très courts, sont inutiles et hachent la première partie du film en série de brèves séquences souvent muettes qui servent à poser les personnages de façon peu subtile. Bref, on s'ennuie un peu, notamment à cause d'une réalisation mollassonne. Certes, tous les acteurs, de Bale à Affleck en passant par Dafoe et Harrelson, sont talentueux et impliqués malgré des personnages parfois caricaturaux et sous-exploités. Cela ne suffit pas à faire un bon film d'autant que les choix du réalisateur en terme de qualité d'image n'ont pas d'intérêt et sont laids (grain, flous).

4/10
J'ai a posteriori peu de souvenirs de ce film, ni même de la première scène. Dommage.
La Belle et la Bête // Esthétique mais raté //
17 février 2014

Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné s’exile à la campagne avec ses six enfants. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose destinée à sa fille préférée, Belle. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie, attend la jeune femme.

Bon, je suis un peu déçue, j'attendais plus et mieux. D'abord, l'univers visuel est superbe, magique, de beaux costumes, mais les effets spéciaux de qualité parfois inégale (la biche est hideuse) cependant majoritairement de bonne facture. Le visage de la Bête correspond à l'idée mais il y a quelque chose qui ne va pas, peut-être un certain manque de mobilité des traits. Les émotions du personnages passent dès lors surtout par la voix de Vincent Cassel. Léa Seydoux joue assez bien le chagrin ou la joie mais ne peut en aucun cas avoir l'air modeste, alors que le personnage l'est, et fait une moue insupportable lorsqu'elle est en colère (souvent). De plus, son amour de la lecture est absent et on comprend mal le cheminement de ses émotions. Pourquoi tombe-t-elle amoureuse ? Quand ? Comment ? Aucune idée. D'ailleurs, l'émotion peine à nous atteindre. Les personnages secondaires auraient pu être intéressants, les tadums sont mignons quoique inutiles. La B.O aurait pu être belle mais appuie trop lourdement le propos et de fait, le dessert tant elle est explicative et intrusive. Quelques longueurs, surtout au début ; c'est agaçant à la fin ces réalisateurs qui ne savent plus faire leur montage. Les dialogues sont pauvres, quasi inexistants et le film est parsemé d'invraisemblances. Pourtant, une part du spectateur est emportée, mais ça tient plus à la magie du conte et à un vieil attachement datant de Disney qu'à la réalisation en elle-même. J'aurais voulu que ça marche mais il y a vraiment quelque chose qui cloche dans ce film. C'est dommage.

4/10
Je me souviens de la beauté des images mais aussi de ma grosse déception. Je préfère décidément le Disney.


Tristesse club // Très bizarre //
5 juin 2014

Si vous aimez les jeux de pistes, les vieilles Porsche, les sœurs qui n'en sont pas, les pères pas vraiment morts, les lacs et leurs secrets: bienvenue au club.

Heu... Le paysage de lac est superbe. Ludivine Sagnier est toujours aussi rafraîchissante, Laurent Lafitte joue les gros beaufs avec un certain talent, Vincent Macaigne -qui a d'urgence besoin d'une bonne coupe de cheveux- campe efficacement l'imbécile coincé, Noémie Lvovsky joue fort bien l'ex déjantée. Oui, certes. Sauf que les personnages sont horripilants au possible. Le film se voulait absurde et drôle. Absurde, ça, il l'est, c'est sûr. Abscons même ! Les situations ne sont pas crédibles, non plus que les réactions des personnages. On sourit parfois, grâce à certains dialogues, qui à d'autres moments sont franchement lourds. De temps à autre, je sortais complètement du film, notamment à cause du manque d'empathie envers les personnages. Le père est mort ? Ou pas ? On s'en fout. La sœur est vraiment la sœur ? Ou pas. On s'en fout aussi. De plus, on devine rapidement ce qu'il en est. Dommage parce que la chronique de la vie de cette famille dysfonctionnelle aurait pu être intéressante. Quelques scènes sortent du lot (siphonnage d'essence) de cette comédie douce amère ratée.

4/10
L'ennui teinté d'effarement, voilà ce qui dominait.


SMS // Raté, dommage //
25 août 2014

Alors que sa maison est inondée et qu'il doit ramener son fils malade à la maison, Laurent reçoit un SMS destiné à son épouse. Il se fait voler son portable et court derrière le voleur. Lorsqu'il revient, son fils a disparu. C'est le début d'un enchaînement de catastrophes qui conduira -entre autres- Laurent à être suspendu par une cheville au dessus du vide.

Une seule question s'impose à la sortie du film : mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? C'est n'est ni une comédie ni un drame ni une comédie dramatique, ni, ni... bref, ce film est impossible à classer. Pourquoi ? Eh bien c'est simple, on ne ressent guère d'empathie envers les personnages, pas vraiment d'émotions et on ne rit pas. Il peut arriver que le spectateur laisse échapper un sourire de temps à autres. Toutefois, le film est porté par une belle bonne humeur et l'énergie de Guillaume de Tronquédec dont la prestation est impeccable. Tous les autres acteurs sont des faire-valoir le temps d'une apparition, dommage. Seule émerge Géraldine Pailhas. La critique de l'utilisation intensive des nouvelles technologies est survolée à gros traits. Si le film ne manque pas précisément de rythme, celui-ci étant soutenu par une B.O rock un peu trop bruyante à mon goût, l'accumulation de catastrophes finit par lasser, d'autant plus qu'elles sont convenues malgré les invraisemblances. Tout cela manque en revanche cruellement de saveur et de sens comique.

4/10
Encore une déception. Je m'attendais à beaucoup rire mais pas du tout, il ne s'agit que d'un enchaînement peu crédible et pas drôle de catastrophes.

Une nouvelle amie // Étrange, un peu raté //
6 novembre 2014

À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie.

Le film est une œuvre à part, comme souvent chez Ozon. On reconnaît son esthétique léchée. Les relations entre les personnages principaux sont complexes et troubles. D'ailleurs Claire et David, profondément touchés par la mort de Laura, sont à un tournant de leur vie. Ils se posent beaucoup de questions. David interroge son identité sexuelle. Claire, quant à elle, s'intéresse à ses propres fantasmes. Romain Duris est excellent, dans les deux identités de son personnage mais peine trop à dissimuler sa masculinité. On ne peut jamais y croire totalement. Anaïs Demoustier joue une ingénue pas si ingénue que ça, entre bourgeoisie conformiste et fantasmes hot (desperate houswife ?). Raphaël Personnaz campe le personnage témoin, c'est à dire le type moyen, gentil, à fond dans le boulot, avec des réflexions idiotes mais pas un mauvais fond. C'est le personnage le plus crédible et peut-être le plus intéressant. Le film peut être drôle, surprenant, non sans mettre mal à l'aise, sans doute parce que, s'il se garde de toute vulgarité, il n'évite pas le ridicule. Un sentiment d'étrangeté ne m'a pas quittée et m'a empêchée d'être complètement dedans et donc d'être sensible à l'émotion du film. Le mélange des genres n'est pas convaincant d'autant qu'Ozon multiplie les clichés et ne va pas au fond des choses. Une psychologie plus fine et mieux exprimée aurait mieux servi le sujet.

4/10
Les jambes de Romain Duris gainées de bas. Étrange.


Pompéi // Raté //

23 février 2014

En l’an 79, la ville de Pompéi vit sa période la plus faste à l’abri du mont Vésuve. Milo, gladiateur populaire des provinces britanniques, y est envoyé. Il rencontre la fille d'un notable, objet du désir d'un sénateur romain et un gladiateur à l'aube de recouvrer sa liberté.

Bourré de clichés, d'incohérences, de facilités scénaristiques et cousu de fils blancs, ce film s'appuie sur d'importants effets spéciaux. Ceux-ci avaient sans doute un beau rendu en 3D (que mon cinéma ne proposait pas alors qu'il le peut) mais été gâchés en 2D, particulièrement sur les plan larges et vues de la ville qui sont visiblement faites par ordinateur. De plus, une paire d'explosions semblent injustifiées (à moins qu'il y ait eu un dépôt de poudre, ah bah non, les Romains n'en disposaient pas). Toutefois, les combats, accompagnés d'une B.O entraînante, sont bien réalisés et vraiment enthousiasmants. Les acteurs sont charmants mais le scénario ne leur permet pas de faire preuve de beaucoup de subtilité tant leurs personnages sont caricaturaux et manichéens au possible. Le doublage, un peu près aussi inique que les dialogues, n'arrange rien. Amatrice de jolies bluettes, je ne me suis pas ennuyée mais je ne retiendrai rien de ce film. Mieux vaut voir la série Spartacus qui assume un visuel façon 300.

3,5/10
Une bluette inutile sur fond de verbiage mièvre. J'ai été gentille en donnant cette note.

Là, ça commence à ressembler à un raté sévère.

L'amour est un crime parfait // Raté //
19 janvier 2014

Professeur de littérature à l'université de Lausanne, Marc, qui vit avec sa sœur, est un séducteur qui collectionne les aventures avec ses trop séduisantes étudiantes. Peu après la disparition de sa dernière conquête, il rencontre la belle-mère de celle-ci, une jeune femme un peu étrange.

Ce polar se veut esthétique et érotique. Mouais. C'était sans doute un peu trop ambitieux. Certes, les paysages sont magnifiques. Les plans le sont moins avec de temps à autre des incrustations de mauvaise qualité, des changements de zoom visibles, de la fausse neige qui tombe mal. La tension nait dès le début à cause d'une musique crispante, et, après un long creux plus proche du drame que du polar, renaît pour un final étrange. Autant Amalric est excellent, autant Viard ne semble pas tout à fait à sa place malgré son talent et sa plastique. Maïwenn et Forestier sont un peu énervantes à minauder. Parfois, les acteurs semblent déclamer leurs dialogues comme des tirades de théâtre, c'est déroutant et ne permet pas d'entrer dans le film, à tel point que je me suis demandé si je devais partir ou non. Quelques scènes de nudité ne paraissent pas utiles à la progression du film qui est quasi nulle par ailleurs. En effet, la police fait son enquête on ne sait comment, ni même quels indices elle trouve ni comment elle parvient au résultat final. L'inspecteur Jacques a avec Marc des conversations surréalistes hallucinantes et décalées mais, comme de nombreuses choses dans le film, peu crédibles. Un peu d'humour ponctue agréablement le film, quoique de façon décalée. Au final, les personnages ne sont pas assez approfondis et le film garde trop de zones d'ombres car il aurait été plus judicieux et efficace, pour montrer un homme dont le vernis craque, d'expliquer ce qui a conduit au meurtre plutôt que de s’appesantir sur les conséquences sans en montrer les causes.

3/10
L'atmosphère, glacée, était réussie mais c'était d'un chiant.


L'homme qu'on aimait trop // Inutile, raté //
20 juillet 2014

1976. Après l’échec de son mariage, Agnès Le Roux rentre d’Afrique et retrouve sa mère, Renée, propriétaire du casino Le Palais de la Méditerranée à Nice. La jeune femme tombe amoureuse de l’homme de confiance et avocat de Renée, Maurice Agnelet. Maurice est un homme à femmes volage, Agnès l'accepte. Elle veut vendre sa part de l’héritage familial alors qu'un concurrent lié au banditisme tente de prendre le contrôle du casino.

C'est un film que j'ai vu avec ma mère pour lui faire plaisir. Elle a aimé. Moi...

Je ne suis pas l'aise avec la réalité romancée, sorte de demie fiction dans laquelle on ne distingue plus le faux du vrai, l'imagination, la liberté de l'artiste de la réalité. Le film s'attarde sur la relation amicale puis amoureuse entre Agnès Le Roux et Maurice Agnelet et évoque la "guerre" des casinos en lien avec le banditisme, cette partie n'étant traitée que de façon secondaire. Le film est en effet plutôt mal contextualisé. Catherine Deneuve campe une femme autoritaire, une mère un peu étouffante, déroutée par le comportement destructeur de sa fille. Adèle Haenel joue une enfant gâtée adroitement manipulée, butée, refusant les avertissements, même du principal intéressé. Je ne sais pas si cela tient au personnage, à l'actrice perpétuellement boudeuse (c'est une mode en ce moment ?) ou aux deux mais lorsqu'elle pleurait, je ne parvenais pas à éprouver de l'empathie, j'avais seulement envie de la secouer énergiquement. Guillaume Canet confirme sa capacité à jouer les salauds avec brio. Quant à la mise en scène, elle est décevante. Téchiné, complaisant pendant les scènes de sexe, choisit des cadrages douteux. La reconstitution des années 70, mise à part l'absence de technologie moderne, est invisible. Tout aurait pu se dérouler de nos jours, je n'aurais pas vu la différence. Les maquillages qui vieillissent les acteurs pour la dernière partie sont figés et pas complets puisque les mains ont été oubliées. Si je ne me suis pas totalement ennuyée, je n'ai pas été passionnée par le destin de cette pauvre petite fille riche qui s'enfonce à loisir et volontairement dans une voie dangereuse. Quant à savoir si Agnelet a ou non tué Agnès Le Roux, le réalisateur, qui a revendiqué son parti pris artistique au début du film pour romancer leur liaison, ne prend pas parti et donc ne donne pas d'épaisseur à ses personnages. Il ne va pas au bout de sa démarche et le film aurait pu se finir quant Agnelet vide les comptes, le compte-rendu judiciaire n'ayant pas d'intérêt en soi puisqu'il n'apporte aucune certitude. Le film est totalement dépourvu de point du vue ou de souffle, ça ressemble à ces émissions télé dans lesquels des acteurs illustrent les faits divers.

3/10
Je retiens surtout qu'Adèle Haenel m'agace. Vraiment. Et que Canet doit changer de registre, le sociopathe de service, check, c'est fait (et pas qu'une fois), il peut passer à autre chose.


Les Francis // Grand n'importe quoi //
28 juillet 2014

Pour respecter la dernière volonté de son grand-père, Jeff part en Corse à la recherche d’un secret de famille, accompagné de ses 3 amis d’enfance. Suite à un quiproquo, les 4 amis se mettent à dos Les Campana qui vont déclarer ouverte la chasse aux « Francis » : les Français du continent. Les vacances tournent à la course poursuite infernale mêlant gendarmes dépressifs et chasseurs à la gâchette facile. Bienvenue du côté obscur de la Corse !

Bon. Désespérée par la faiblesse de la production cinématographique estivale, je me suis rabattue sur Les Francis. C'était une expérience. J'ai eu l'impression de me trouver face un téléfilm. Force est de constater que ce n'est pas la comédie de l'année malgré de bonnes intentions. Voici un buddy movie de bras cassés comme il en existe tant, les clichés sur la Corse et ses habitants en plus. Les vannes tombent souvent à plat, on sourit souvent à la bonne volonté des acteurs, par ailleurs sympathiques, on rit deux ou trois fois, un peu par hasard. Les dialogues indigents sur pseudo accent corse, ça agace, de même que la voix off. Les personnages sont peu approfondis, voire carrément stupides, normal, le scénario est très mince, parfaitement prévisible même lorsqu'il est invraisemblable. Restent les superbes paysages corses, c'est déjà ça.

3/10
Je ne sais pas ce qui m'a pris, j'aurais mieux fait de regarder un DVD de Docteur Who. Je ne sais même plus pourquoi j'ai mis autant de points.

Là, on touche le fond.
Maps to the stars // Malsain //
26 mai 2014

A Hollywood se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star, son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités, sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide à se réaliser en tant que femme et actrice, Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité. Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang.

Point positif : l'affiche est belle. Sinon... Beurk ! Ce film est épouvantable ! Il est vain, creux, malsain, verbeux sans pourtant rien dire. Cronenberg a de surcroît choisit de hacher sa narration de façon visible : on passe d'une scène à l'autre sans transition et avec une bande-son coupée net. Malgré le talent indéniable des acteurs, Julianne Moore, primée à Cannes, en tête, on ne parvient pas à s'attacher à ces personnages cyniques, auto-centrés, égoïstes, cruels, cinglés, de l'actrice névrosée au gamin devenu star trop jeune qui vire sale con tête à claques, en passant par le coach gourou ou la mystérieuse assistante bien barrée. Ce n'est même pas drôle tant l'ambiance est lourde, poisseuse. Et puis les pseudos saillies humoristiques d'humour noir pipi-caca, non seulement je les ai trouvées vulgaires et inutiles mais en plus c'est du niveau d'un ado mal dégrossi. Schizophrénie, hallucinations, incestes (oui, au pluriel), pédophilie, meurtres, drogues, folie, dialogues d'une inutile crudité, rien, dans ce défilé sordide, n'est épargné au spectateur qui ne peut qu'assister à la chute de ces stars. Le tout, il faut le reconnaître, dans de très beaux décors. Youpi parce que les costumes sont souvent moches. C'est tellement too much que le propos perd en crédibilité. C'est d'autant plus dommage que la présentation de l'envers du décors (gourous, jalousies, drogues, magouilles, agents...) était plutôt intéressante. Et que dire de ces répétitions sans fin d'un poème d'Éluard ? Horripilant. On ressort un peu perturbé de la séance, tendu, mais surtout déçu et agacé.

2/10
Malsain, le mot est juste et je confirme cette impression. Vain aussi.

Tiens-toi droite // Heu... hein ? //
2 décembre 2014

Trois femmes qui ne se connaissent pas mais dont la volonté farouche d’évolution va les faire se rencontrer, se rejoindre, se juxtaposer.

Louise quitte le pressing de famille pour travailler dans une grande entreprise de fabrication de poupées où l'a pistonnée son amant. Lili, miss Nouvelle-Calédonie, fait la rencontre d'un riche industriel. Sam, mère de famille nombreuse, décide de prendre son indépendance. Il y a la pression de leurs mères, de leurs sœurs, de leurs amies. Il y a leurs hommes qui disparaissent. Il y a leurs filles qui les regardent, les imitent. Et il y a la conception de ce nouveau modèle de poupée, enfin à l'image de la femme.

Ce film est une énigme. Je comprends qu'il est question d'émancipation féminine, de l'image de la femme, de la sexualisation de la société mais le message est flou, brouillé par une absence quasi totale de scénario. Le film ne dépasse jamais le synopsis et n'examine jamais en profondeur l'histoire de ces héroïnes dont chacune méritait un long métrage plutôt que ce fouillis artificiellement relié. Il est plein de dialogues souvent drôles mais tellement isolés qu'ils sont sans conséquence sur la suite. Les femmes sont toutes cinglées, les hommes sont absents. Pauvre Richard Sammel qui n'est là que pour faire joli ! Jonathan Zaccaï et Michaël Abiteboul ont des rôles à peine esquissés. Marina Foïs en féministe qui peine à s'affirmer, Noémie Lvovsky, en mère débordée, et Laura Smet, en reine de beauté paumée, sont excellentes. Dommage que ces rôles soient assez caricaturaux et qu'aucun ne soit suffisamment fouillé. Heureusement, les actrices sont attachantes quoique mal dirigées : elles ne cessent de gesticuler, c'est agaçant. La réalisatrice avait sans doute un propos intéressant mais caché derrière une mise en scène hystérique et un montage décousu.

2/10
Pourtant, il y avait une idée intéressante. Mais la conclusion me parait si misogyne !
Enfin, le top du flop. Je crois que le réalisateur creuse.

Enemy // WTF ? //
31 août 2014

Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu'il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, acteur, il ressent un trouble profond. Il commence alors à observer à distance la vie de cet homme et de sa mystérieuse femme enceinte. Puis Adam se met à imaginer les plus stupéfiants scénarios... pour lui et pour son propre couple.
Bon. Je n'ai absolument rien compris, de la première à la dernière scène. Rien de rien. La première scène est bizarre, malsaine et flippante. La dernière aussi. Entre ? Le film est glauque, peu dialogué alors que qu'une musique stressante, parfois hors de propos, est omniprésente, genre Hitchcock avant un meurtre, sauf qu'il ne se passe rien. On se demande quand le film va commencer. Jamais. Il ne décolle jamais. La réalisation est prétentieuse et se prend terriblement au sérieux. Le comportement des personnages est incompréhensible. Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent et Sarah Gadon jouent bien, enfin je crois parce que dans la mesure où je n'ai rien compris, je ne suis pas sûre de pouvoir correctement juger leur prestation. Le film met mal à l'aise et la fin ne résout rien. D'un point de vue plus technique, la lumière et les couleurs sont moches, certaines scènes paraissent inutiles. On échafaude des tas d'hypothèses, pendant le film puisqu'on s'ennuie terriblement. Sans réponse probante. Totalement hermétique pour moi et je ne crois pas qu'un bon film nécessite des recherches sur internet. D'ailleurs après explication (vive google), le film paraît toujours aussi nul, la faute au montage, au manque de rythme, à l'aspect particulièrement tordu de la chose.

1/10
Je déteste me sentir idiote devant un film, surtout quand il est prétentieux. J'ai positivement détesté ce film pendant lequel j'hésitais entre prendre une aspirine et piquer du nez.

La famille Bélier

Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, 16 ans. Elle est une interprète indispensable à ses parents au quotidien, notamment pour l’exploitation de la ferme familiale. Un jour, poussée par son professeur de musique qui lui a découvert un don pour le chant, elle décide de préparer le concours de Radio France. Un choix de vie qui signifierait pour elle l’éloignement de sa famille et un passage inévitable à l’âge adulte.


Bon, je sais que je retarde un peu mais j'ai vraiment été très occupée au moins de décembre. Ce que je suis contente de pouvoir retourner au cinéma !
On a tellement parlé d ce film, et en bien, que je craignais d'être un peu déçue. Eh bien, non pas du tout. Ce film tient ses promesses: humour et émotion. C'est un film sur la famille, l'émancipation, le sentiment d'utilité et de culpabilité. Karin Viard et François Damiens sont parfaits en parents occupés, un brin égoïstes, et bien sûr, sourds. Ils réussissent impeccablement leur prestation. Louane Emera, malgré sa jeunesse, a du talent, tant pour la comédie que pour le chant. Eric Elmosnino est particulièrement attachant dans son rôle de prof aigri. Les seconds rôles sont peu présents mais sympas. C'est grâce aux comédiens que le film ne sombre pas dans le mélo et conserve une pudeur émouvante. Certaines répliques sont vraiment drôles et on passe un très bon moment. Certes, c'est prévisible, mais la sincérité du scénario ne peut que toucher. Un vrai bémol toutefois : les sous-intrigues sont sous-développées. Un très bon divertissement.
8,5/10

dimanche 28 décembre 2014

The hobbit : la bataille des cinq armées

Les nains et Bilbo ont réussi à récupérer leur royaume et leur trésor. Mais ils ont également réveillé le dragon Smaug qui déchaîne désormais sa colère sur les habitants de Lac-ville. A présent, les Nains, les Elfes, les Humains mais aussi les Wrags et les Orques menés par le Nécromancien, convoitent les richesses de la Montagne Solitaire. La bataille des cinq armées est imminente.


Pour commencer, cet opus est bien meilleur que le deuxième, plus rythmé, plus prenant. L'histoire originale de Tolkien n'est toujours pas respectée et cela m'agace toujours autant d'autant que la complexité de l’œuvre passe inaperçue. Passons. Passons parce que l'on parvient enfin à l'épilogue épique et haletant : la grande bataille. Le spectateur, même s'il la connaît déjà, est tenu en haleine jusqu'à la fin. Effets spéciaux géniaux, 3D sympa. Le travail sur les décors et les costumes est impeccable. Dommage que les transitions entre les scènes soient bâclées et que certains dialogues manquent de profondeur. Les tentatives d'humour sont tantôt efficaces, tantôt hors de propos. La folie de Thorïn, joué par Richard Armitage, apparaît clairement mais sobrement. Martin Freeman est toujours aussi virevoltant. Les rôles secondaires sont particulièrement attachants (Thranduil, Barde, Kili, Tauriel). Enfin, l'épilogue du roman est plus développé et nous apprend ce qu'il advient des personnages principaux. Un meilleur film que le précédent mais une adaptation toujours aussi douteuse.

8/10