dimanche 27 décembre 2015

Star Wars : le réveil de la force

30 ans après le retour du Jedi, Luke Skywalker, disparu, est recherché par Leia, générale de la Résistance, mais aussi par le Premier ordre mené par Snoke. Un stormtrooper renégat et une pilleuse d’épaves se trouvent pris dans la mêlée.


La première réussite de ce premier opus est d'être compréhensible même pour ceux qui n'ont vu que l'un des films, et pas le plus signifiant (le IV donc le 1er du prequel). Je n'avais qu'une idée générale de l'histoire et pourtant j'ai tout compris. J'ai sans doute raté des références mais je m'en suis sortie, d'autant que certains symboles sont évidents. On retrouve la vieille génération, mais aussi de nouveaux personnages charismatiques, notamment Rey, Kylo Ren, BB8 et Maz Kanata. Le casting, Daisy Ridley, John Boyega, Adam Driver, Harrison Ford, Oscar Isaac, Carrie Fisher, est parfait. Les rôles des femmes ont gagné en puissance et exit le bikini pour Fisher (youpi). Certains personnages sont ambigus, d'autres plus manichéens mais ça fait partie de la saga. Si le début est un peu long, les scènes de combat et de batailles spatiales sont géniales, la musique est top (merci John Williams), le tout saupoudré d'humour. J'ai aimé l'esthétique léchée, autant des paysages, des vaisseaux que de l'image en elle-même. En revanche, le design du grand méchant, un mélange entre Voldemort, gollum et un orque, a un côté déjà-vu -et c'est quoi cette taille gargantuesque ? Dommage aussi que le scénario soit assez simple et emploie certains raccourcis, ce qui n'empêche pas le film d'être prenant. Vivement le prochain.


8/10



lundi 14 décembre 2015

Strictly criminal / Black mass

South Boston dans les 70’s. L'agent du FBI John Connolly convainc le caïd irlandais James "Whitey" Bulger de collaborer avec l'agence fédérale afin d'éliminer un ennemi commun : la mafia italienne. Le film retrace l'histoire vraie de cette alliance contre nature qui a dégénéré.



C’est plutôt un bon film. Dommage qu’il manque de punch. Je ne me suis pas ennuyée mais je n’étais pas emportée, loin d’être à fond dedans, d’autant que le début prend longuement le temps de l’exposition. Le film repose principalement sur les acteurs. Johnny Depp, glaçant, campe, sans mimique (alléluia), mais avec lentilles bleues, un petit caïd qui devient grand et dérive, un homme violent avec un sens de l’honneur et de l’humour tout à fait particulier. Joel Edgerton joue avec vérité un agent du FBI qui a tout de l’escroc minable. Benedict Cumberbatch est, quant à lui, le frère sénateur, gendre idéal, bon frère, loin d’être idiot, et ce avec beaucoup de classe. Dakota Johnson et Julianne Nicholson apportent une touche de féminité et de bon sens dans cette bande de cinglés ayant un cimetière personnel. Les seconds rôles, tous bons, soulignent la qualité de la reconstitution des seventies dans ce quartier pauvre et corrompu. Toutefois, leur profusion gêne le scénario trop peu tendu. Un mot en faveur de la bande-annonce pour une fois : elle ne dévoile presque rien. Scott Cooper propose un polar classique et efficace.

6,5/10


samedi 5 décembre 2015

Le pont des espions

James Donovan, un avocat spécialisé en assurances de Brooklyn, se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé.
 
C’était exactement ce à quoi je m’attendais. D’abord un film de procès, puis de négociations, avec Tom Hanks en héros sans reproche épris de justice, seul contre tous. Il est de presque toutes les scènes et représente le bon citoyen américain face aux vilains espions de la CIA, du KGB et de la Stasi. Ce manichéisme gonflant n’est brisé que par Abel, l’espion russe, stoïque (“Et ça serait mieux ?”) joué par l’intrigant et épatant Mark Rylance. Ce personnage est au moins aussi attachant que Donovan, sinon plus, joué par l’excellent mais si répétitif Tom Hanks. Par ailleurs, le film est intéressant, il dépeint la guerre froide du point de vue américain mais aussi allemand, le tout dans le Berlin après-guerre encore en ruines. La reconstitution est impeccable. Ce film, très classique, où l’on voit l’hommage au film noir des 50’s, est assaisonné d’une pointe d’humour bienvenue. La fin est prévisible mais la tension point par moments et on ne peut nier l’intelligence du scénario, dommage qu’il soit un hymne conventionnel et appuyé au patriotisme américain.
6,5/10
 
 


samedi 28 novembre 2015

Suffragette

1912, en Angleterre, des femmes de toutes conditions se battent pour obtenir le droit de vote. Face à leurs revendications, les réactions du gouvernement sont de plus en plus brutales et les obligent à entrer dans la clandestinité pour une lutte de plus en plus radicale. Maud est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…

De facture très classique, ce film a le mérite de présenter une page méconnue de l’histoire : la lutte des suffragettes pour le droit de votes des femmes et l’égalité des droits. J’ignorais que la lutte avait été si violente. Il dépeint la lutte de ses femmes pour leurs droits, les pressions qu’elles subissent ainsi que les violences. La scène du gavage est extrêmement violente. Le casting, Carey Mulligan, Helena Bonham Carter, Anne-Marie Duff, Romola Garai, Brendan Gleeson et Ben Whishaw, est impeccable. Maud est un personnage attachant parce que fragile et déterminé à la fois. Meryl Streep ne fait qu’une brève apparition, je ne vois pas ce qu’elle fait sur l’affiche. Les propos de ces messieurs sont ahurissants, la violence de ces femmes discutable. La reconstitution est bien faite. S’il pose la question de la fin et des moyens, ce film reste toutefois assez lisse, trop peu politique, avec la musique qui annonce le contenu émotionnel de la scène suivante. Tout est un peu trop mélodramatique pour être parfait. Le propos est intéressant mais traité avec trop peu de souffle.
7/10
 


dimanche 22 novembre 2015

L'hermine

Michel Racine est un Président de cour d'assises redouté. Aussi dur avec lui qu'avec les autres, on l'appelle " le Président à deux chiffres ". Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Tout bascule le jour où Racine retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait partie du jury qui va devoir juger un homme accusé d'homicide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret.
C’est un film étrange, difficile à classer entre chronique judiciaire, comédie dramatique sentimentale et portait d’un homme et d’une fonction. Le réalisateur semble avoir eu du mal à choisir et à tracer des lignes claires. Fabrice Luchini est exceptionnel, tout en nuances, sobre, émouvant et drôle, dans le rôle du juge personnellement paumé mais qui maintient sa fonction sur les rails. Sidse Babett Knudsen, sublime, campe son idéal féminin avec élégance. Victor Pontecorvo et Candy Ming, l’accusé et la partie civile, sont excellents avec une prestation à fleur de peau. Sans eux, le film aurait peut-être été ennuyeux. La partie judiciaire est bien traitée malgré quelques imprécisions juridiques. Les dessous du procès sont évoqués avec justesse, des relations entre professionnels de la justice et entre jurés au comportement des avocats en passant par celui, incompréhensible de l’accusé, ou la déposition du policier, assassinat en règle de l’interrogatoire qu’il a mené contre le père. Toutefois, elle aurait pu avoir plus de corps, de profondeur, être plus aboutie. La partie romantique est délicate et tendre, sans pathos ni guimauve et portée par une belle bande originale. La fin est, hum, très française, abrupte.
6,5/10


samedi 21 novembre 2015

Hunger games - La révolte : Partie 2


Alors que Panem est ravagé par une guerre désormais totale, Katniss et ses plus proches amis – Gale, Finnick, et Peeta – sont envoyés en mission pour le District 13 : ils vont risquer leur vie pour tenter d’assassiner le Président Snow, qui s’est juré de détruire Katniss.

Voilà une belle conclusion à une saga plutôt épatante qui a révélé Jennifer Lawrence. Celle-ci, charismatique, est impeccable une fois encore. Le reste du casting - Hutcherson, Hemsorth, Moore, Hoffman, Dormer, Banks- est au diapason. Cet opus mélange habilement action, émotion, politique et romance. Effets spéciaux de qualité, tension, rythme, jeux sadiques, manipulations, pas de niaiserie, de l’efficace. Le message reprend fidèlement celui du livre : lutte contre l’oppression et toute forme de dictature. J’ai trouvé dommage qu’on passe trop vite sur certains passages, notamment le district 2. Cela dit, si certains passages ont été éclipsés, le film reste fidèle au livre, notamment dans son épilogue. Une bonne fin donc.


7,5/10

 
En terme de classement, je dirai que celui-ci se place après le 2ème, avant le 3ème et le 1er.

dimanche 15 novembre 2015

A vif

Adam Jones, rock star déchue de la cuisine, a retrouvé la voie de la sobriété. Entouré d'une équipe sélectionnée par ses soins, il relance un restaurant londonien, déterminé à obtenir le graal de la gastronomie : une troisième étoile.
Je m’attendais à un film classique sur la seconde chance. Et c’en est un. Cependant, il y a un petit plus. Peut-être parce que la cuisine est présentée sans fard : difficile, bruyante, brutale, mais pour parvenir à une forme d’excellence dans les plats servis. D’ailleurs, les ceux-ci ont une belle place dans le film. Je regrette un peu qu’ils soient aussi esthétiques mais trop peu alléchants : c’est un peu froid. La trame scénaristique est convenue quoique le personnage principal tient plus de l’anti-héros que du héros tant il se comporte parfois de façon odieuse. Bradley Cooper campe le chef sans surjouer, avec charme. Sienna Miller -et sa coupe improbable- joue plutôt bien mais manque de charisme, contrairement à Daniel Brühl dont le rôle est émouvant et joué avec sobriété et talent. Emma Thompson, Matthew Rhys, Uma Thurman complètent efficacement le casting. Omar Sy est assez transparent. Certaines scènes sont vraiment drôles, tout s’enchaîne de façon énergique et sympathique même si tout est prévisible. Cela aurait pu être plus pimenté. Bref, c’est léger, plutôt attachant mais un peu fade. Dans le genre culinaire, j’ai préféré Chef !
6,5/10
PS : La vision américaine du prénom français me fait doucement rigoler : Jean-Luc, vu l’âge du type, ça va, mais Anne-Marie et Michel, la trentaine tous les deux...


samedi 14 novembre 2015

Ange et Gabrielle

Un mot des terribles événements qui se ont produits hier soir. Je suis horrifiée au delà des mots et mes pensées accompagnent les victimes, leurs familles, les forces de l'ordre et les secouristes.
 
Gabrielle élève seule sa fille, Claire, qui, à 17 ans, est enceinte de Simon qui refuse de se voir imposer ce bébé. Gabrielle décide de demander de l’aide au père de Simon et débarque dans le bureau d’Ange, célibataire endurci et grand séducteur, qui n’a jamais assumé sa paternité et n’a aucune intention de le faire.
Je m'attendais à une sympathique guimauve. Malheureusement cette guimauve-là est sacrément inconsistante. Le film ne tient que sur le charme, certes réel, des deux acteurs principaux. Sans Isabelle Carré et Patrick Bruel, on s’ennuierait ferme dans cette comédie qui fait souvent sourire mais ne convainc pas. Elle aborde des sujets graves avec légèreté. Ce serait appréciable si elle n’y ajoutait pas aussi une forme de superficialité. Les enjeux sont effleurés mais jamais traités. Ces gens riches et beaux qui ont de beaux appartements en plein centre de Paris sont finalement à peine touchés par leurs propres problèmes. Pas de surprise, des seconds rôles inexistants, transparents, malgré le talent de Laurent Stocker, scénario plat, la fin est vite devinée dans son intégralité. Le résultat est distrayant mais vite oublié tellement il est insipide.
3/10


mercredi 11 novembre 2015

James Bond : Spectre

Un message surgi du passé entraîne James Bond dans une mission très personnelle à Mexico puis à Rome, où il rencontre Lucia Sciarra, la très belle veuve d’un criminel. Bond réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation baptisée Spectre. Pendant ce temps, à Londres, Max Denbigh, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, remet en cause les actions de Bond et l’existence même du MI6, dirigé par M.
On débute avec un long plan séquence pendant le jour des morts à Mexico. Superbe. On retrouve un Bond plus classique : humour so british, aventures internationales, paysages superbes, voitures, méchant mégalo, costumes, action... Tant mieux, ce retour aux sources est bienvenu, d’autant qu’il ne devient pas pourtant trop classique. J’ai parfois trouvé le parti pris visuel avec beaucoup flous étrange et parfois agaçant. A une exception près où la nausée m’a guettée, les scènes d’action sont bien réalisées avec force fusillades et explosion (miam !). Daniel Craig est impeccable, il tient le rôle à merveille, entre froideur et charisme. Christoph Waltz campe avec beaucoup de gourmandise le vilain mégalo avec une ou deux surprises dans la manche (et pas de chaussette) ; il reste sous-exploité dans cette intrigue éclatée. Léa Seydoux est un Bond girl agaçante : deux expressions maximum, une moue perpétuelle, un doublage affreux. Rien à voir avec l’exceptionnelle Eva Green ou même Sophie Marceau. Monica Bellucci a plus de charisme et rend son personnage à la fois bravache et vulnérable. Ben Whishaw, Naomie Harris, et Ralph Fiennes sont impeccables et leurs personnages donnent de leur personne pour une fois. Andrew Scott fait une apparition surprise (Aaaaah y a Moriarti au MI6, qui l’a laissé entrer ?) et toute en mépris. La durée du film ne se ressent pas (trop), Mendes alternant scènes d’actions et résolution d’intrigue. Celle-ci étant, à l’heure de la guerre par drones interposés, en partie centrée sur l’opposition travail à l’ancienne et nouvelles technologies envahissantes. Dommage que le scénario manque un peu de force. J’ai failli être déçue du final, mais heureusement, ce n’était pas le final. Ouf. Pas le meilleur, mais un bn opus qui donne envie de voir la suite.
8/10
 


dimanche 8 novembre 2015

En mai fais ce qu'il te plaît

Mai 1940, l’exode. Pour fuir l'invasion allemande, les habitants d'un petit village du nord de la France partent sur les routes. Ils emmènent avec eux un enfant allemand, dont le père opposant au régime nazi est emprisonné à Arras pour avoir menti sur sa nationalité. Libéré dans le chaos, celui-ci se lance à la recherche de son fils, accompagné par un soldat écossais cherchant à regagner l'Angleterre.
 

Je m’attendais à un mélo tire-larmes. Et quelque part, c’en est un, notamment par la musique d’Ennio Morricone, belle mais démonstrative. Mais ce n’est pas seulement ça. C’est un aussi un film intelligent et attachant portant sur un moment d’histoire peu évoqué au cinéma avec un réalisme prenant. Le bombardement d’Arras, les descentes des stukas et les reconstitutions de propagande sont glaçants. Les personnages, avec leurs doutes, leurs incertitudes, sont attachants. August Diehl est touchant. Olivier Gourmet et Mathilde Seigner, sobres, sont impeccables. Alice Isaaz campe brillamment une institutrice au comportement parfois ambigu. Matthew Rhys, Joshio Marlon, Laurent Gerra complètent ce casting aux petits oignons avec justesse. Si les décors bucoliques sont beaux, et la reconstitution de la France rurale du tournant des années 30-40 soignée, parfois l’image caméra à l’épaule tremble et ne permet pas de voir correctement l’action. J’ai aimé le contraste entre la quasi promenade champêtre et les scènes de combat, hyper-réalistes, ainsi que le clin d’œil à La traversée de Paris. En revanche, je regrette le classicisme de l’ensemble, propre au réalisateur, ainsi que certaines facilités et un léger trop plein de bien-pensance.
8/10



dimanche 1 novembre 2015

Pan

Proposant un nouveau regard sur l'origine des personnages légendaires créés par J.M. Barrie, le film s'attache à l'histoire d'un orphelin enlevé au Pays Imaginaire. Là-bas, il vivra une aventure palpitante et bravera maints dangers, tout en découvrant son destin : devenir le héros connu dans le monde entier sous le nom de Peter Pan.
Ici est présentée la genèse des aventures de Peter Pan au Pays imaginaire. Peter est un gosse espiègle et courageux. Le casting est impeccable. Levi Miller a du talent (mais est terriblement mal doublé) et on suit ses pérégrinations avec plaisir. Hugh Jackman campe un Barbe-Noire flamboyant, hystérique, sérieusement barré et paradoxalement pathétique. Garrett Hedlund, sympathique, joue un Crochet jeune, pas encore dandy, pas encore accro au bon goût, pas encore le méchant de l’histoire. Quant à Rooney Mara, elle est une Lili la Tigresse intrépide et forte. Les décors sont superbes, les effets spéciaux bien réalisés. Je regrette que l’image soit parfois un peu floue. Joe Wright en fait peut être un peu trop mais le parti pris est intéressant. C’est légèrement foutraque mais aussi prenant, flamboyant et rythmé. On en prend plein les yeux, on sourit, on s’émeut une fois ou deux mais cela reste relativement superficiel, d’autant que le scénario est plein de clichés et de grosses ficelles. Un joli film d’aventures.
7,5/10
 





mercredi 28 octobre 2015

Le mystère Sherlock de J-M Erre

J'ai lu ce livre il y a deux ou trois ans, on me l'avait offert je crois. J'ai eu envie de le relire.
Meiringen, Suisse. Les pompiers dégagent l'accès à l'hôtel Baker Street, coupé du monde pendant trois jours à cause d'une avalanche. Personne n'imagine que, derrière la porte close, se trouve un véritable tombeau. Alignés dans les frigidaires, reposent les cadavres de dix universitaires. Tous sont venus là, invités par l'éminent professeur Bobo, pour un colloque sur Sherlock Holmes. Un colloque un peu spécial puisque, à son issue, le professeur Bobo devait désigner le titulaire de la toute première chaire d'holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer.
Jean-Marcel Erre (1971 - ) publie son premier roman en 2006, Prenez soin du chien, une enquête loufoque mettant aux prises les locataires de deux immeubles jumeaux. Suivent Made in China et Série Z. Paru en février 2012, son roman Le Mystère Sherlock, est finaliste du prix Orange du livre et dans la sélection 2013 du Cezam Prix Littéraire Inter CE. En septembre 2014, son roman La Fin du monde a du retard obtient le Groprix de littérature grolandaise. Erre rejoint alors l'équipe des auteurs de l'émission Made in Groland sur Canal +. Ses romans sont traduits en Russie, Corée du sud, Italie, Slovénie et Chine.

Pourquoi ai-je eu envie de relire ce petit livre ? Parce que j'e ai gardé le souvenir d'un petit bijou d'humour particulièrement hilarant.
Et ma mémoire ne m'a pas trompée. Chaque page est drôle et certaines sont à hurler de rire (je pense notamment au vaudeville de la première nuit). C'est hilarant, désopilant, bourré de trouvailles géniales (les post-its du Pr Bobo, les lettres au confesseur...), de clichés détournés. Les dialogues et les personnages sont ciselés  avec brio, caricatures intelligentes d'universitaires dont les rivalités et mésententes sont décortiquées jusqu'à l'absurde. Tous sont parfaitement cinglés, opportunistes et hargneux. Leurs présentations sont particulièrement savoureuses : complètement délirantes, elles sont affirmées avec conviction et contrées à grands coups de sarcasmes venimeux.
Les personnages sont complètement déjantés, même la journaliste qui, au bord de l'hystérie, continue de manier l'humour noir comme planche de salut au milieux des holmésiens dégénérés, confis, au choix, à la coke, à la foi, au sarcasme, au silicone ou au mépris. Chapeau bas pour la sublimement agressive Eva von Gruber, la catho-pas chrétienne Dolores Manolete et notre bon ami JPP aussi perché que son nom peut l'indiquer.
Sherlock Holmes est présent à chaque page, ou presque, en deux vacheries. Se pose la question de la véritable existence de Holmes et même de son discours dans la fiction. Est-il un affabulateur ? Le questionnement est passionnant, d'autant plus que l'auteur connaît le canon et tout ce qui se rapporte au détective sur le bout des doigts. Erre n'est, de surcroît, pas monomaniaque et ne laisse pas Agatha Christie de côté, quoiqu'elle ne joue qu'un rôle secondaire. Saleté de poirotphiles sournois !
L'enquête n'existe pour ainsi dire pas mais l'intrigue est menée tambour battant, sans temps mort, enchaînant les coups de théâtre et les engueulades.
Quant au final, il est épatant et singulièrement brillant.


10/10



dimanche 25 octobre 2015

Seul sur Mars

Lors d’une expédition sur Mars, Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers obligés de décoller en urgence. Il a survécu et reste seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre.
Pour une fois que je vois un film en 3D, je ne suis pas déçue, loin de là. Elle n’est pas utile tout le temps mais elle ajoute de l’agrément aux scènes d’action et d’extérieur et ne gêne jamais dans les autres. On a dit du bien du dernier Ridley Scott mais c’est mieux que ça ! Pas de temps mort dans ce film prenant et drôle qui vante l’ingéniosité et la solidarité. Il est plein d’humour et de tendresse pour ses personnages, tous attachants. La B.O, très disco, et toujours rythmée donne un contre-point intéressant à la tension de certaines scènes. Matt Damon joue un astronaute optimiste et brillant, souvent émouvant. Jessica Chastain, Kate Mara, Sebastian Stan, Aksel Hennie, Chiwetel Ejiofor et les autres forment un casting éclectique au jeu impeccable. Visuellement, les effets spéciaux sont magnifiques, parfois spectaculaires. La partie scientifique est complexe mais accessible. Le scénario est clair, plein de rebondissements. J’ai apprécié l’alternance Mars / Nasa qui permet des ruptures dans l’aspect linéaire du film. Scott ne s’est pas privé d’une présentation ambivalente de l’agence américaine dont le directeur semble plus intéressé par la com’ que par ses équipages. En revanche, je suis un peu agacée par le côté “ouais, nous les Américains, on est super forts”. La fin est prévisible -et jouissive- mais comment pourrait-il en être autrement ? On ne passe pas loin de l’épique.
9/10
 

 


samedi 24 octobre 2015

L'homme irrationnel

Professeur de philosophie, Abe Lucas est un homme dévasté sur le plan affectif, qui a perdu toute joie de vivre. Peu de temps après son arrivée dans l’université d’une petite ville, Abe entame deux liaisons : avec Rita Richards, collègue en manque de compagnie et avec Jill Pollard, sa meilleure étudiante, qui devient aussi sa meilleure amie.
Je n’ai pas aimé. Autant j’avais trouvé le précédent plein de charme, autant celui-là est fidèle à l’une de ses répliques : c’est de la masturbation verbale. On écoute Joaquin Phoenix faire de la philosophie, c’est assez ennuyeux et peu clair quoique sans doute intelligent. Son personnage est assez attachant, Abe est un type désabusé jusqu’à ce qu'une action à la morale douteuse lui redonne le goût de la vie. Jill, en revanche, est insupportable. C’est une midinette écervelée fascinée par un écorché vif qu’elle croit pouvoir changer. Une vraie cruche. Elle parle de lui à longueur de temps, saoûlant sa famille, son petit ami et le spectateur. D’ailleurs, le film est particulièrement bavard mais manque cruellement d’humour. Toutefois, l’étrange morale du film m’a plutôt amusée. Les paysages sont superbes mais la ritournelle qui revient sans cesse, si elle est sympathique, finit par lasser. Joaquin Phoenix, bedonnant, est plutôt bon et toujours charismatique. Emma Stone surjoue un peu en micro-jupe. Parker Posey est parfaite en professeur qui s’ennuie et cherche une échappatoire. Je regrette que les personnages féminins soient caricaturaux et qu’Allen ait choisi un point de vue aussi sexiste. La fin est trop rapide, comme sans conséquence. On est très loin du brillant Match Point.
3/10
 
 


dimanche 18 octobre 2015

Belles familles

Jérôme Varenne, qui vit à Shanghai, est de passage à Paris avec sa fiancée Chen-Lin. Il apprend que la maison de famille d’Ambray où il a grandi est au cœur d’un conflit local. Il décide de se rendre sur place pour le résoudre.
Rappeneau signe un film à la fois élégant et vaudevillesque, car les portes claquent pas mal. C’est drôle, acide, parfois critique sur la famille et ses secrets, ses non-dits. Le casting, Mathieu Amalric, Marine Vacth, Gilles Lellouche, Nicole Garcia, Karin Viard, Gemma Chan, est impeccable. Le personnage de Marine Vacth agace un peu alors que celui de Lellouche aurait mérité un traitement plus approfondi, de même que celui de Karin Viard. Le propos est juste, sensible. On regrette une certaine vacuité, une impression d’absence d’enjeu, peut-être à cause d’un protagoniste attachant mais insaisissable. La scène finale est gâchée par son manque de réalisme. C’est pétillant, énergique mais si vain que je ne trouve pas grand chose à dire, comme si, une fois vu, certes avec plaisir, il n’en restait rien qu’une vague et fugace impression.
6/10


samedi 17 octobre 2015

Crimson Peak

Edith Cushing, jeune romancière en herbe, vit avec son père dans l’État de New York. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : "Prends garde à Crimson Peak". Une marginale dans la bonne société de la ville de par sa fâcheuse "imagination", Edith est tiraillée entre deux prétendants: son ami d’enfance, le docteur Alan McMichael, et un intrigant baronnet anglais, Thomas Sharpe.
J’ai adoré ce film ! Plus qu’un film d’horreur, c’est un drame horrifique un peu gore sur la fin. L’atmosphère sombre et glauque du château délabré est une merveille, notamment grâce à un travail sur les décors (le manoir qui s’enfonce dans l’argile rouge qui suinte même des murs, avec sa toiture percée et son architecture gothique) et la lumière. Les fantômes ont une esthétique novatrice et superbe, un brin flippante mais pas trop.  D'ailleurs, comme le dit Edith, ils ne sont que la métaphore du passé qui hante le présent, de la culpabilité aussi. On frissonne pour l’héroïne, on sourit aussi de temps à autre parce que le scénario n’est pas dénué d’humour noir. Certes, le pot aux roses devient vite évident. Cependant, ce n’est pas ce qui compte car Del Toro s’intéresse surtout à ses personnages à leur psychologie, à leurs contradictions. Mia Wasikowska campe une jeune femme qui se veut moderne mais est éblouie par l’image du prince charmant. Son personnage est aussi courageux et ne passe pas son temps à hurler, ça c’est vraiment chouette. Elle est naïve mais évolue vers la maturité. Tom Hiddleston est magnétique en aristocrate désargenté pris en étau entre les deux femmes de sa vie. Jessica Chastain, à la fois vénéneuse et glaciale, convainc loin des autres rôles qu’elle a pu jouer, de même que Charlie Hunnam, impeccable, que j’ai mis un temps fou à reconnaître. La fin est émouvante. Un bel hommage au gothique anglais.
9,5/10
 





lundi 12 octobre 2015

Hôtel Transylvanie 2

Dracula a enfin accepté d’ouvrir la porte aux humains. Mais il se fait du souci pour son petit-fils, Dennis : bien trop adorable à son goût, il risque de faire un piètre vampire ! Alors, quand les parents du petit, Mavis et Johnny, s’absentent, Drac fait appel à ses amis Frank, Murray, Wayne et Griffin pour apprendre à Dennis à devenir un monstre, un vrai.


Encore un deuxième opus meilleur que le premier. Ou je suis dans une bonne semaine, je ne sais pas. L’animation est très sympa, toujours un peu simpliste à mon goût. Les personnages sont attachants et mignons. Le film est rythmé par des péripéties rigolotes et une B.O sympa. C’est prévisible mais tout coule facilement. On retrouve de nombreuses références (j’adore le GPS). On rit beaucoup en retrouvant note âme d’enfant, notamment grâce au bestiaire un peu plus exploité particulièrement fun. Un bon moment quoique pas nécessairement mémorable. La morale Disney perdure : il faut accepter et respecter la différence. On y ajoute l’amour filial sur plusieurs générations, les relations parent-enfants et le couple mixte. On sort détendu.
 
7/10
 

 

dimanche 11 octobre 2015

Le labyrinthe : la terre brûlée

Thomas et les autres Blocards découvrent que l’extérieur du Labyrinthe a été ravagé par l’Apocalypse. Leur périple les amène à la Terre Brûlée, un paysage de désolation rempli d'obstacles inimaginables. Plus de gouvernement, plus d'ordre… et des hordes de gens en proie à une folie meurtrière qui errent dans les villes en ruine.
Cet opus est meilleur que le premier qui était déjà très bien. Il est très prenant dès le début, la tension ne décroît jamais. On connaît mieux les personnages et on en apprend plus, non seulement au sujet de certains d’entre eux, mais aussi à propos de Wicked, mystérieuse entité médico-militaire. Dylan O'Brien a gagné un peu d’ampleur, Ki Hong Lee et Thomas Brodie-Sangster conservent un fort potentiel de sympathie, Kaya Scodelario a un rôle plus conséquent. Quelques petits nouveaux viennent agrandir le casting. Rosa Salazar est touchante, Giancarlo Esposito, fantasque, apporte une touche d’humour et d’ambivalence. Aidan Gillen, impeccable, campe le Méchant de l’histoire, ambigu et revanchard. Les scènes d’action, fort bien réalisées, visibles et pleines d’effets spéciaux convaincants (notamment sur les fondus, flippants), alternent avec les scènes plus intimistes. La question morale développée est posée sans manichéisme et se révèle extrêmement complexe à résoudre. Je regrette un peu que les personnages ne fassent que réagir. Toutefois, il semble qu’ils aient décidé d’être moins passifs dans le prochain volet que je verrai avec plaisir.
8/10