samedi 10 janvier 2015

L'affaire SK 1

Paris, 1991. Franck Magne, un jeune inspecteur fait ses premiers pas au 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Sa première enquête porte sur l’assassinat d’une jeune fille. Son travail l’amène à étudier des dossiers similaires qu’il est le seul à connecter ensemble. Il est vite confronté à la réalité du travail d’enquêteur : le manque de moyens, les longs horaires, la bureaucratie… Pendant 8 ans, obsédé par cette enquête, il traquera ce tueur en série auquel personne ne croit.
 


On suit avec beaucoup d'intérêt le travail de ce policier sympathique, passionné. En parallèle, l'avocate de Guy Georges, Me Pons, tente au cours du procès de dévoiler l'homme derrière le monstre, malgré ses propres doutes. Raphael Personnaz et Nathalie Baye, impliqués, sont pour beaucoup dans l'intérêt du film. Adama Niane, qui campe le tueur en série, propose un portait tantôt glaçant, tantôt adouci, il évite le manichéisme avec brio. L'issue du film est connue, mais l'enquête est passionnante à suivre, d'autant plus que j'étais trop jeune lors des faits pour me souvenir de l'affaire. La reconstitution est bien faite, d'une sobriété méritoire, en revanche, l'image a du grain. On finit par l'oublier mais rendre l'image moins nette parce que ça se passe dans les années 90 n'a pas de sens ni d'intérêt. De plus, le réalisateur, centré uniquement sur les enquêteurs et l'avocate, oublie l'atmosphère générale de psychose qu'avait engendré le tueur de l'Est parisien. Selon moi, le moment phare du film, ce sont les aveux de l'assassin au flic. Guy Georges raconte ça comme on raconte une anecdote et le flic écoute, quasi impassible, même si on devine ce qu'il peut penser, même si on peut saisir une forme de détresse.

8,5/10

vendredi 9 janvier 2015

Chic

Alicia Ricosi, diva et créatrice de mode de la maison de haute couture éponyme, est, à la veille des prochaines collections, en panne de créativité suite à une rupture sentimentale extravagante. Sa cinglante directrice, Hélène Birk, doit rapidement trouver une « solution » pour qu’Alicia recouvre sa puissance créative.


Ma première romcom de l'année ! Et une bonne en plus. Il s'agit d'une styliste complètement dingue et déconnectée de la réalité, de son directeur pas moins cinglé, de sa directrice artistique ambitieuse et carriériste et d'un paysagiste au franc-parler détonnant dans ce milieu de bassesses et de mauvaises langues. Bien sûr, ces personnages sont caricaturaux, bien sûr, on voit la fin venir dès la première demi-heure. Bien sûr. Mais c'est tellement assumé, extravagant et poussé à la limite de la caricature que c'en est réjouissant. Les répliques sont hilarantes, les situations drôles, les images impeccables et colorées. Deux ou trois scènes sont un peu flottantes mais ça ne gâche pas le film. Les acteurs s'en donnent à cœur joie : Fanny Ardant en diva évaporée écrasée par son génie, Laurent Stocker en directeur mégalo et paillasson à la fois, Marina Hands en bosseuse qui s'est oubliée en chemin et Eric Elmosnino en jeune premier. Si si. Sauf que le jeune premier n'est plus si jeune, n'en est pas à son premier rôle et n'a pas vu de rasoir depuis quelques temps. On s'amuse, on se moque du milieu de la mode, on rit.

8/10

jeudi 8 janvier 2015

The captive

Huit ans après la disparition de Cassandra, quelques indices troublants semblent indiquer qu'elle est toujours vivante. La police, ses parents et Cassandra elle-même, vont essayer d'élucider le mystère de sa disparition.

Le film hésite en drame et policier pour finir sur de l'action mais ce n'est pas ce qui m'a gênée. Trois ou quatre périodes de temps se superposent sans indication. Après un temps d'adaptation, on se repère mais cet artifice masque mal le manque de finition du film. Ainsi toutes les intrigues ne sont pas closes et toutes les explications ne sont pas données. Cependant, l'essentiel y est. Le scénario a le mérite de montrer toutes les parties : le kidnappeur (Kevin Durand flippant malgré un personnage cliché), la police (Rosario Dawson et Scott Speedman inattendu mais que ce personnage est agaçant !), les parents (Mireille Enos attachante, Ryan Reynolds inflexible) et l'enfant enlevée (Alexia Fast intéressante). Le suspense tient la route et l'intrigue est prenante. Il y est question de réseaux pédophiles et de leur utilisation d'internet, et l'ambiance, quoique intéressante, aurait mérité d'être plus glauque. La mère est certainement le personnage le plus intéressant mais n'est pas assez traité au profit du père : le fameux Américiain moyen transformé en père courage. Ajoutons que le film manque d'émotion et ne parvient pas à véritablement impliquer le spectateur. Ce n'est pas mauvais mais sitôt vu sitôt oublié.
5,5/10
 
PS : Mon dieu que cette affiche est laide ! Et mensongère car le père n'est pas le personnage central puisque c'est plutôt un film chorale.


mercredi 7 janvier 2015

Valentin Valentin

Valentin, jeune homme mélancolique, charmant, est partagé entre sa maîtresse au tempérament insatiable, les trois jeunes filles du cinquième étage qui tournent autour de lui, une gardienne démonstrative et une belle chinoise dont la présence dans la maison d'en-face l'intrigue et le fait rêver. A quoi pense-t-il ? Que dissimule-t-il ? Que cherche-t-il ? Valentin invite tous ses voisins à sa pendaison de crémaillère, sans se douter qu'il déclenche ainsi une spirale de violences...

Parfois, je me fais avoir par une bande-annonce. C'est le cas là. J'ai cru que ce serait drôle et enlevé. Je me suis trompée. Le film n'est pas ennuyeux, il n'est pas drôle non plus, ni habité par le suspense. Il est juste plutôt charmant dans le genre succession de scénettes. Mais ce n'est que cela : une enfilade de scènes plus ou moins reliées, plutôt moins d'ailleurs, qui mènent à la mort de Valentin. Ce personnage est sympathique et même attachant même si je ne comprends pas pourquoi toutes les nanas lui courent après. L'excentrique mère ne sert à rien, l'énigmatique Chinoise non plus, la passion des voyages de Valentin non plus. Le personnage de Jane est particulièrement touchant mais ne fait que révéler la banale indifférence de ses voisins. Que dire des acteurs ? Rien de notable en fait. Ils sont agréables, sauf Gillain qui dit parfois ses textes à la façon d'un mauvais acteur de doublage. S'il y a un sens caché à ces tranches de vie, il m'a échappé. D'ailleurs, si l'on veut savoir qui a tué Valentin (curiosité oblige), on est un peu déçu en l'apprenant. D'ailleurs la fin est décevante.

3/10

PS : c'est quoi cette obsession pour la nudité féminine sans objet ?

dimanche 4 janvier 2015

Cold in july

1989 au Texas. Richard Dane abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, il est malgré lui entraîné dans un monde de corruption et de violence car le père du défunt, un homme sortant de prison, n'a pas dit son dernier mot.


En effet, rien qu'à la coupe du personnage principal et à sa voiture, on sait qu'on se trouve dans les années 80, ça pique les yeux. Cela mis à part, le film est un thriller non dénué d'humour noir à la fois classique et innovant. Classique dans son traitement formel, innovant par sa trame bien construite émaillée de rebondissements auxquels on ne s'attend pas. De passif, Dane devient de plus en plus déterminé. Michael C Hall campe un Américain moyen qui se retrouve plongé dans un univers inconnu et violent. En revanche, rien ne l'oblige à aller aussi loin et je ne suis pas certaine de comprendre pourquoi il le fait. Hall est excellent, de même que Don Johnson et Sam Shepard. L'atmosphère est prenante -merci la B.O.- et la description de la middle class américaine crédible. Dommage que certains passages se traînent un peu.

8/10