samedi 31 janvier 2015

The imitation game

1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.
J'en attendais beaucoup, je ne suis pas déçue. Il est autant question de briser un système de codage et des conséquences de la réussite que de tenter de vivre sa sexualité dans un pays qui la pénalise. La recherche scientifique est montrée sans être ennuyeuse, Tyldum aurait toutefois put appuyer un peu plus sur l'aspect politique, sur l'existence de travaux antérieurs et sur les voyages de Turing. Turing est dévoilé sans que ses défauts soient dissimulés. Il est attachant, tantôt agaçant, tantôt émouvant. Benedict Cumberbatch laisse exploser tout son talent, avec finesse et sensibilité. C'est lui qui porte, avec succès, une bonne partie du film sur ses épaules. Keira Knightley a toujours autant de charme mais elle a gagné en profondeur. Le reste du casting (Goode, Strong, Leech, Beard, Dance...) est à l'avenant, c'est à dire brillant. Et drôle. En effet, le scénario évite de plonger dans le thriller dramatique et ne néglige pas l'humour (british évidemment) qui allège grandement l'atmosphère. Certes, il s'agit d'un film d'acteurs, d'un film à oscars de surcroît, cependant le suspense tient, bien que l'on connaisse la fin. Les trois périodes qui se chevauchent ne perdent pas le spectateur, au contraire, elles permettent de casser le rythme qui serait sinon trop linéaire. De plus, celle de la jeunesse éclaire un peu la personnalité de ce génie solitaire et malheureux. La fin est affreusement triste et laisse un goût amer. Bien sûr, le film ne traite pas tous les aspects de la vie et du caractère de Turing mais c'est un excellent point de départ.
9/10
 

Into the woods


Les intrigues de plusieurs contes de fées bien connues se croisent afin d’explorer les désirs, les rêves et les quêtes de tous les personnages. Cendrillon, le Petit Chaperon rouge, Jack et le haricot magique et Raiponce, tous sont réunis dans un récit où interviennent également un boulanger et sa femme qui espèrent fonder une famille, mais à qui une sorcière a jeté un mauvais sort…

Ce film est un grand délire sur lequel il est difficile de porter un jugement. Il revisite plus ou moins profondément une demi-douzaine de contes. Attention, il faut entrer dans le délire au millième degré sinon, on risque de rester sur le bord de la route. Les acteurs sont convaincants, surtout Meryl Streep et Emily Blunt. Je veux bien admettre que Chris Pine est parfait en Ken décérebré (reste à savoir si c'est un compliment). Tous ont de belles voix, notamment Anna Kendrick. Même si les chansons sont sympas, surtout "Agony", hilarante, j'ai trouvé dommage que le même air se répète souvent et peut-être aussi que ça chante absolument tout le temps. Esthétiquement, les décors sont biens pensés dans le genre kitsch et les effets spéciaux, y compris les maquillages, sont très réussis. La scène du loup est vraiment spéciale, voire borderline. D'autres sont pour le moins surprenantes, d'autres encore assez incompréhensibles. Cependant, on rit beaucoup au cours de ce film réjouissant. L'intrigue, par ailleurs un peu light et trop étirée, propose une allégorie assez sombre et guère reluisante de la société actuelle.
7/10
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 

vendredi 30 janvier 2015

Toute première fois

Jérémie, 34 ans, émerge dans un appartement inconnu aux côtés d’Adna, une ravissante suédoise aussi drôle qu’attachante. Le début dʼun conte de fées ? Rien nʼest moins sûr car Jérémie est sur le point de se marier… avec Antoine.

N'étant pas membre du fan club de Pio Marmai, je ne m'attendais rien. Donc, c'est plutôt une bonne surprise. Le film est drôle, quoique improbable, et les personnages attachants, notamment Antoine et Adna. Le personnage principal peut agacer un peu avec son air ahuri et son indécision chronique. Par ailleurs, pourquoi le meilleur ami est-il toujours, lorsqu'il a réussi, un gros queutard lourdingue ? C'est fatigant à la longue. Cela dit Franck Gastambide tient bien le rôle. Adrianna Gradziel est charmante et tout à fait pétillante. Lannick Gautry campe le type normal de l'histoire, il est assez craquant. Dans cette comédie bien troussée aux dialogues percutants, les personnages secondaires sont sérieusement barrés. Son point de départ est original mais au fond, il n'est pas tant question d'homosexualité que d'amour, de peur de l'engagement et de choix. Quelques scènes sont embarrassantes, d'autres étirées en longueur pour tenir le format 90 min et la fin déçoit beaucoup.
6/10

lundi 26 janvier 2015

Taken 3

Bryan Mills est accusé à tort du meurtre de son ex-femme, chez lui, à Los Angeles. Traqué par l’inspecteur Dotzler, Mills doit trouver le véritable coupable, prouver son innocence et protéger sa fille.
 

Super Brian a encore des ennuis. Plus classiques cette fois. Et aux États-Unis. D'ailleurs, l'intrigue est très convenue, pourvue d'invraisemblances et de trous. L'action est musclée mais mal filmée. Souvent, on ne voit pas grand chose, ça tangue. Cela reste divertissant, bien rythmé et j'ai retrouvé avec plaisir des acteurs que j'apprécie Neeson, Whitaker, Janssen et même Grace. La franchise, néanmoins, est en bout de course.
5/10
 


Discount

Pour lutter contre la mise en place de caisses automatiques qui menace leurs emplois, les salariés d’un Hard Discount créent clandestinement leur propre « Discount alternatif », en récupérant des produits qui auraient dû être jetés…

Voilà un petit feel-good movie à la française, donc forcément un peu aigre-doux. Premier film d'un jeune réalisateur, il n'est pas exempt de maladresses mais plein de bonnes intentions. Souvent réjouissant et porté par quelques répliques qui font mouches, il aborde des thèmes pas franchement gais : le gaspillage des grandes surfaces alimentaires, leur management à la hache, le licenciement et le manque de perspective, une certaine forme de misère en somme. Heureusement, une bande disparate joue les rebelles avec générosité et solidarité. Youpi. Bon enfin ils piquent dans le supermarché pour se faire une prime de licenciement. On sait déjà au début comment ça finira. Les acteurs -Masiero, Demolon, Breitman, Barthemy, Suco- sont comme le films : généreux et sincères. Toutefois, un peu plus de piquant n'aurait pas nui. D'autre part, certains aspects ne sont pas abordés, ou seulement effleurés. Le film aurait vraiment pu être plus percutant sans perdre sa drôlerie. Cela dit, pour une fois que j'apprécie une comédie sociale, notez-le.
7/10


dimanche 25 janvier 2015

Charlie Mortdecai

Beaucoup de monde est à la poursuite de Charlie Mortdecai : des Russes fous furieux, les services secrets britanniques très remontés, un terroriste international et même sa somptueuse épouse… Pour se tirer des situations impossibles qui le guettent, l’élégant marchand d’art et escroc occasionnel n’a que son charme. Il va lui en falloir beaucoup s’il veut s’en sortir vivant et être le premier à retrouver le tableau volé qui conduit au trésor caché des nazis…
La recherche du tableau volé et ses rebondissements téléphonés ne sont qu'un prétexte aux aventures sans queue ni tête de ce dandy maladroit qui frise la stupidité. D'ailleurs, on ne comprend pas bien pourquoi sa brillante épouse l'aime autant. Johnny Depp enchaîne les grimaces, cabotine à mort, le scénario et les blagues ne sont pas si fins qu'ils autorisent le surjeu. Quand changera-t-il de registre ? Gwyneth Paltrow fait mieux, elle est enjouée, maligne et mordante, c'est elle qui tire son épingle du jeu. Ewan McGregor a l'air de s'amuser mais de ne pas très bien savoir où il va. Enfin, Paul Bettany, quia un chat -que dis-je, un lynx- dans la gorge, s'en sort plutôt bien. J'avoue, j'ai mis un temps infini à rentrer dedans, et encore, pas complètement. C'est du millième degré, je ne l'ai pas atteint, bien qu'il me soit arrivé de rire. En revanche, la B.O de ce pastiche de film d'escrocs / espions des sixties est absolument extra, de même que les décors.
 
3,5/10
 



108 rois-démons

Chine, XIIème siècle. Les Rois-Démons terrorisent tout le pays car ils ont assassiné l'empereur. Le jeune prince Duan, à l'embonpoint certain, est plein d'illusions mais guère apte à les renvoyer dans les limbes. Il va quand même essayer.
 


J'avais à peine entrevu la bande-annonce, donc, je n'attendais pas grand-chose. C'est plutôt une bonne surprise, avec des bémols néanmoins. L'animation est de très bonne qualité (je l'aurais toutefois appréciée plus expressive), le rythme enlevé, les personnages attachants et haut en couleur quoique peu développés. Cela ne me surprend guère puisque j'avais aimé le Corto Maltese du réalisateur. Le scénario se base sur un conte initiatique chinois, un grand classique. C'est souvent drôle, un peu trop sombre pour les plus jeunes toutefois. Une chose m'a gênée : le mélange animation / prises de vue réelles, notamment lors des combats, ce, même si c'est plutôt bien fait. Je reconnais l'originalité de la chose mais cela m'a complètement déconcentrée aux pires moments.
6,5/10