jeudi 12 février 2015

L'enquête

2001. Le journaliste Denis Robert met le feu aux poudres dans le monde de la finance en dénonçant le fonctionnement opaque de la société bancaire Clearstream. Sa quête de vérité pour tenter de révéler "l'Affaire des affaires" va rejoindre celle du juge Renaud Van Ruymbeke, très engagé contre la corruption.
J'étais trop jeune lors du déroulement de l'affaire pour en garder un souvenir précis. Je me souvenais du nom, de l'implication de politiciens. Et c'est un peu près tout. Le film, visiblement parfaitement documenté, a le mérite d'éclairer l'affaire même si je ne suis pas certaine d'avoir tout saisi, notamment quant à deux points : celui de la technique financière (merci de me repêcher au fond de la piscine) et celui des motivations de certains personnages. Il montre aussi comment un engrenage destructeur peut se mettre en place quand un homme quasiment seul se bat contre des moulins à vent. Il questionne la liberté du journaliste et le secret des sources. C'est passionnant et tient le spectateur en haleine malgré quelques maladresses. Gilles Lellouche est plutôt bon, soutenu par de solides seconds rôles, dont Charles Berling et Eric Naggar. Un second visionnage pourrait m'être nécessaire, si j'ai le temps.
7/10


mercredi 11 février 2015

Un village presque parfait

"Saint-Loin-la-Mauderne", petit village frappé de plein fouet par la crise et la désertification, doit relancer l'usine locale. Seul problème, les assurances exigent la présence d'un médecin à demeure. Or, ça fait 5 ans qu'il n'y en a plus. Derrière le maire, les habitants vont tout faire pour convaincre le très parisien docteur Maxime Meyer que le bonheur est à Saint-Loin-la-Mauderne !

Pour être honnête, je n'ai pas tout saisi de l'intrigue, vu que je me suis endormie vers le troisième quart et me suis réveillée au moment de la révélation de la supercherie. Certes, j'étais fatiguée. Et puis devant ce film, on se sent comme un dimanche après-midi sur son canapé. Du coup, ça incite à la sieste. Ce n'est pas franchement mauvais, on sourit même assez souvent et les paysages sont superbes. Mais que c'est franchouillard ! Les gentils ruraux frustres, le chirurgien esthétique prétentieux, la jolie institutrice... Que de clichés mon dieu ! Du vu, revu, rerevu et encore revu ! Il y avait mieux à faire avec un sujet sur la désertification médicale. Quant aux acteurs, ils s'en tiennent à leur jeu habituel. Et l'affiche est ratée d'un point de vue esthétique et technique (le bras disproportionné en arrière-plan). En fait, il n'y pas grand chose à dire.
3/10


lundi 9 février 2015

Richelieu, l'aigle et la colombe d'Arnaud Teyssier

Me sachant très intéressée par l'histoire et notamment par la figure qu'est Richelieu, on m'a offert ce livre à Noël. Cela m'a réjouie.
 
 
De Richelieu, demeure trop souvent l'image d'un politique froid et déterminé, animé depuis son plus jeune âge par une ambition sans limite et conduit par les seuls impératifs de la raison d’État. En réexaminant ses années de jeunesse, en relisant avec une attention nouvelle ses abondants écrits politiques et religieux, en réinterprétant l'imposante production de ses documents d’État, l'auteur propose un Richelieu étonnant qui tranche sur la tradition : un grand politique certes, mais habité par une vision constamment religieuse du monde.
Arnaud Teyssier (1958 - ), ancien élève de l'École normale supérieure et de l'École nationale d'administration, promotion Condorcet (1990-1992), est inspecteur général de l'Administration. Ancien collaborateur de Philippe Séguin à l'Assemblée nationale, directeur du Centre d'études et de prospective du ministère de l'intérieur de 2003 à 2008, il a été aussi président de l'association des anciens élèves de l'ENA de 1999 à 2011. Professeur associé à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne, il enseigne la culture générale dans le cadre de la Prép'ENA Paris I-ENS. Il a déjà écrit deux ouvrages sur Richelieu ainsi que d'autres sur Péguy, Lyautey et Louis-Philippe.
Je me suis réjouie, jusqu'à ce que je commence à lire. Immédiatement, certains défauts m'ont sauté aux yeux, d'autres sont apparus plus loin dans la lecture. Pourtant l'idée de départ est excellente : éclairer la vie de Richelieu à la lumière de sa qualité de prêtre. Il s'agit de montrer que le ministre n'a jamais cessé de se considérer avant tout comme un homme d'église sans illusion sur la faiblesse des Hommes. C'est un parti pris passionnant et, pour moi, tout à fait nouveau. Le problème, c'est que l'auteur ne cesse de le répéter. Il martèle ses idées, à tel point qu'on se demande s'il ne pense pas que le lecteur est atteint d'un Alzheimer précoce. Il prend le contrepied des auteurs romantiques, certes, mais est-il utile de le repréciser à chaque fois qu'il avance un nouvel argument ? Par ailleurs, il suit un plan chronologique mais aussi thématique qui fait perdre de la clarté car il revient parfois en arrière, ou avance avant de revenir en arrière.
L'auteur s'est beaucoup documenté. Cela se voit. Trop. Il cite d'autres biographes à longueur de pages, c'est lassant, d'autant plus qu'il cite également des écrits du cardinal ou de contemporains, provoquant de nouvelles répétitions car il les explique parfois abondamment.
La lecture s'est donc révélée pénible, longue. Pourtant, un livre de 500 pages, même en grand format, ne me fait pas peur mais là, c'était interminable. J'ai cru que ça ne finirait jamais. Néanmoins, la méthode, pour agaçante qu'elle soit, fonctionne : j'ai bien retenu l'idée principale du livre et l'idéologie politique et religieuse du cardinal est bien expliquée. J'approuve le fond mais la forme fut douloureuse.
 
4/10
 

Palmarès des BAFTA awards 2015

Hier soir a eu lieu à Londres, la cérémonie des British Academy of Film and Television Arts awards. Autrement dit, les Oscars britanniques.
Créée en 1947, l'académie est actuellement présidée par le prince William. Elle est composée d'environ 6 000 professionnels des industries du cinéma, de la télévision et des jeux vidéo. Le siège de la BAFTA est situé à Piccadilly, à Londres. Les trophées de l'Académie ont la forme d'un masque de théâtre.
Cette fois, j'en ai même vu une partie.
Voici le palmarès :
Meilleur film : 
Boyhood de Richard Linklater
Birdman d'Alejandro G. Inarritu
The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson
Imitation Game de Morten Tyldum
Une merveilleuse histoire du temps de James Marsh
Comme je n'ai pas vu le gagnant, je ne peux pas dire grand chose sinon qu'il parait important de souligner le concept. Birdman a l'air intéressant, j'irai le voir. Quant aux trois autres, j'ai préféré Imitation game.
Meilleur film britannique :
Une merveilleuse histoire du temps de James Marsh
Meilleur réalisateur :
Richard Linklater pour Boyhood
Alejandro G. Inarritu pour Birdman
Wes Anderson pour The Grand Budapest Hotel
James Marsh pour Une merveilleuse histoire du temps
Damien Chazelle pour Whiplash
Meilleur acteur :
Eddie Redmayne pour Une merveilleuse histoire du temps
Benedict Cumberbatch pour Imitation Game
Jake Gyllenhaal pour Night Call
Michael Keaton pour Birdman
Ralph Fiennes pour The Grand Budapest Hotel
Entre Redmayne et Cumberbatch, mon cœur balance. Ce dernier a peut-être ma faveur parce que son personnage est moins facile à faire aimer.
Meilleure actrice :
Julianne Moore pour Still Alice
Amy Adams pour Big Eyes
Felicity Jones pour Une merveilleuse histoire du temps
Reese Witherspoon pour Wild
Rosamund Pike pour Gone Girl
Meilleur acteur dans un second rôle :
J.K. Simmons pour Whiplash
Edward Norton pour Birdman
Ethan Hawke pour Boyhood
Mark Ruffalo pour Foxcatcher
Steve Carell pour Foxcatcher
Meilleure actrice dans un second rôle :
Patricia Arquette pour Boyhood
Emma Stone pour Birdman
Imelda Staunton pour Pride
Keira Knightley pour Imitation Game
Rene Russo pour Nightcrawler
Meilleur scénario adapté :
Une merveilleuse histoire du temps - Anthony McCarten
American Sniper - Jason Hall
Gone Girl - Gillian Flynn
Imitation Game - Graham Moore
Paddington - Paul King
Je n'ai vu que trois de ces films et lu un seul livre : Gone girl. Je ne peux me prononcer que sur celui-là. J'avais trouvé que l'adaptation humanisait les personnages, ce qui n'était déjà pas mal.
Meilleur scénario original :
The Grand Budapest Hotel - Wes Anderson
Birdman - Alejandro G. Inarritu, Nicolas Giacobone, Alexander Dinelaris Jr, Armando Bo
Boyhood - Richard Linklater
Night Call - Dan Gilroy
Whiplash - Damien Chazelle
Meilleur film d'animation :
La Grande Aventure Lego
Big Hero 6
The Boxtrolls
Meilleur Documentaire :
Citizenfour
20 Feet from Stardom
20,000 Days on Earth
Finding Vivian Maier
Virunga
Meilleur film étranger :
Ida
Leviathan
The Lunchbox
Trash
Deux jours, une nuit
Meilleure photographie :
Birdman - Emmanuel Lubezki
The Grand Budapest Hotel - Robert Yeoman
Ida - Lukasz Zal, Ryszard Lenczewski
Interstellar - Hoyte van Hoytema
Mr Turner - Dick Pope
Meilleurs costumes :
The Grand Budapest Hotel
Imitation Game
Into the Woods
Mr Turner
Une merveilleuse histoire du temps
Les meilleurs, je ne sais pas, les plus originaux, sans doute.
Meilleur montage :
Whiplash - Tom Cross
Birdman - Douglas Crise, Stephen Mirrione
The Grand Budapest Hotel - Barney Pilling
Imitation Game - William Goldenberg
Night Call - John Gilroy
Une merveilleuse histoire du temps - Jinx Godfrey
Meilleur maquillage et coiffure :
The Grand Budapest Hotel - Frances Hannon
Les Gardiens de la Galaxie - Elizabeth Yianni-Georgiou, David White
Into the Woods - Peter Swords King, J Roy Helland
Mr Turner - Christine Blundell, Lesa Warrener
Une merveilleuse histoire du temps - Jan Sewell
Tout de mêm, Into the woods avait de grandes qualités kitsch de ce point de vue.
Meilleure musique :
The Grand Budapest Hotel - Alexandre Desplat
Birdman - Antonio Sanchez
Interstellar - Hans Zimmer
Une merveilleuse histoire du temps - Johann Johannsson
Under the Skin - Mica Levi
Meilleure direction artistique :
The Grand Budapest Hotel - Adam Stockhausen, Anna Pinnock
Big Eyes - Rick Heinrichs, Shane Vieau
Imitation Game - Maria Djurkovic, Tatiana MacDonald
Interstellar - Nathan Crowley, Gary Fettis
Mr Turner - Suzie Davies, Charlotte Watts
Meilleur son :
Whiplash - Thomas Curley, Ben Wilkins, Craig Mann
American Sniper - Walt Martin, John Reitz, Gregg Rudloff, Alan Robert Murray, Bub Asman
Birdman - Thomas Varga, Martin Hernandez, Aaron Glascock, Jon Taylor, Frank A Montaño
The Grand Budapest Hotel - Wayne Lemmer, Christopher Scarabosio, Pawel Wdowczak
Imitation Game - John Midgley, Lee Walpole, Stuart Hilliker, Martin Jensen
Meilleurs effets visuels :
Interstellar - Paul Franklin, Scott Fisher, Andrew Lockley
La Planète des Singles : L'Affrontement - Joe Letteri, Dan Lemmon, Erik Winquist, Daniel Barrett
Les Gardiens de la Galaxie - Stephane Ceretti, Paul Corbould, Jonathan Fawkner, Nicolas Aithadi
Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées - Joe Letteri, Eric Saindon, David Clayton, R Christopher White
X-Men: Days of Future Past - Richard Stammers, Anders Langlands, Tim Crosbie, Cameron Waldbauer
Pour une fois, j'ai vu tous les films nommés. Je pense qu'Interstellar était incontournable, même si les autres n'ont pas démérité.
Meilleur film d'animation britannique :
The Bigger Picture - Chris Hees, Daisy Jacobs, Jennifer Majka
Monkey Love Experiments - Ainslie Henderson, Cam Fraser, Will Anderson
My Dad - Marcus Armitage,
Meilleur court métrage :
Boogaloo and Graham - Brian J Falconer, Michael Lennox, Ronan Blaney
Emotional Fusebox - Michael Berliner, Rachel Tunnard
The Karman Line - Campbell Beaton, Dawn King, Tiernan Hanby, Oscar Sharp
Slap - Islay Bell-Webb, Michelangelo Fano, Nick Rowland
Three Brothers -S Aleem Khan, Matthieu de Braconier, Stephanie Paeplow
Performance exceptionnelle d'un auteur, réalisateur ou producteur :
Stephen Beresford, David Livingstone (réalisateur/producteur Pride)
Elaine Constantine (réalisatrice/scénariste de Northern Soul)
Gregory Burke, Yann Demange (réalisateur/scénariste de '71)
Hong Khaou (réalisateur/scénariste de Lilting)
Paul Katis, Andrew De Lotbiniere (réalisateur/producteur Kajaki: The True Story)
Rising Star award (Révélation) :
Jack O'Connell (Invincible)
Gugu Mbatha-Raw
Margot Robbie
Miles Teller
Shailene Woodley
Trois films ont dominé ces Baftas : Boyhood, The Grand Budapest Hotel (surtout des prix techniques) et Wiplash. J'ai raté Boyhood, pas pensé grand chose du GBH, et n'ai aucune envie de voir le dernier. The imitation game, auquel j'ai trouvé de nombreuses qualités et qui était nommé dans une bonne partie des catégories, est reparti bredouille. C'est dommage.


dimanche 8 février 2015

Papa ou maman

Florence et Vincent ont tout réussi. Leurs métiers, leur mariage, leurs enfants. Et aujourd’hui, c’est leur divorce qu’ils veulent réussir. Mais quand ils reçoivent simultanément la promotion dont ils ont toujours rêvée, leur vie de couple vire au cauchemar. Dès lors, plus de quartier, les ex-époux modèles se déclarent la guerre : et ils vont tout faire pour NE PAS avoir la garde des enfants.

Le film est fidèle à la bande annonce. Sauf que. Autant le dire tout de suite, cette dernière en dévoile beaucoup trop et prive le spectateur de la surprise de pas mal de gags. Cependant, le film reste drôle. L'humour est vachard et ça marche. Marina Foïs et Laurent Lafitte forment un couple attachant et un poil jusqu’au-boutiste. Cela dit, j'aurais des enfants comme les leurs, moi non plus je n'en voudrais pas. Tout réussi, peut-être mais pas l'éducation des enfants : il sont insupportables et n'ont pas beaucoup de répondant. Ce n'est pas pour cela toutefois que leurs parents ne veulent pas de la garde mais en raison d'une opportunité professionnelle. Outre le fait que le motif est particulièrement égoïste, à l'image de l'époque, la solution finale aurait pu être envisagée dès le début. En effet, dès lors que la guerre est engagée vers le milieu parce que la mise en place dure, ça vire au grand n'importe quoi tantôt potache, tantôt plus incisif. Fun, enjoué, porté par des répliques parfois hilarantes, mais guère crédible et tout à fait prévisible. Le côté méchant aurait pu être encore accentué.
5,5/10