samedi 7 mars 2015

Chappie

Dans un futur proche, la police intègre des robots dans ses rangs. Chappie, l’un de ces droïdes policiers, est kidnappé. Reprogrammé, il devient le premier robot capable de penser et ressentir par lui-même.
Je m'attendais à un énième film américain sur les très vilains ou les très gentils robots (selon le point de vue adopté). Pas du tout. Situé en Afrique du Sud -où visiblement les coiffeurs sont sous acide-, le film est nettement plus nuancé même s'il est assez prévisible. La dernière partie est un peu trop facile, trop peu crédible technologiquement parlant. Pas de manichéisme ici, notamment grâce à des personnages déjantés, voire pour certains, complètement cramés. Il est question d'éthique robotique, d'éducation, de la part d'inné et d'acquis. C'est aussi une ode à la famille recomposée et dysfonctionnelle. On est surpris de l'empathie que le robot suscite, de s'attacher à ces personnages borderline, parfois agaçants, paumés. Les effets spéciaux sont bien réalisés, l'action spectaculaire, la violence un peu extrême. Le ton fun, résolument moderne, n'est pas dénué d'auto-dérision. En revanche, certaines scènes sensées être drôles m'ont laissée sur le bas-côté. J'aurais aimé que le scénario fasse un choix plus clair entre film pour ados au ton psychédélico-lourdingue et le film pour adultes sérieux et dramatique.
7/10
 

dimanche 1 mars 2015

Birdman

À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego… S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir...
C'est bon, j'avoue : j'aime les réalisations classiques. Les machins-choses indé auto-satisfaites qui se prennent au sérieux genre moi j'ai une vision de l'art cinématographique et j'emmerde le spectateur qui court voir des films de super-héros, ça me gonfle. D'abord, je vais les voir, moi, les films de super-héros. Ok, il y a des trouvailles visuelles dans ce film mais le gros plan permanent caméra à l'épaule, ça lasse. Quant aux percutions, je n'en peux plus. Je savais que le film risquait d'être perché mais à ce point ! Le personnage principal, un acteur égocentrique guère attachant, alterne réalité et hallucinations. Sa fille essaie de régler son mal-être, sa nouvelle copine de se faire aimer, le but des autres personnages m'échappe, certains semblent être des faire-valoir. Reste la performance des acteurs, impeccable, notamment Edward Norton qui vole presque la vedette à Keaton. Le parallèle entre la vie, le film et la pièce dans le film -le rapprochement entre ces deux derniers donnant lieu à des scènes répétitives- est visible. Cela aurait pu donner quelque chose si l'émotion nous parvenait, ou même l'humour, mais ce film m'a laissée froide. Et en plus, le scénario réussit à être à la fois abscons, surtout le final, et prévisible. Oui, Inarritu critique le cinéma de super-héros, Broadway, la société de communication et les critiques. Intéressant, en particulier les coulisses de la préparation d'une pièce de théâtre, mais un peu aigri non ? Moralité ? La gloire est éphémère. Non ? Pas possible ! En tout cas je suis complètement passée à côté. Mais qu'il saute à la fin !
3/10
PS : J'hallucine : la profession du cinéma américain, Hollywood pour faire simple, a récompensé un film dont le réalisateur la méprise explicitement. Sens de l'auto-dérision ? de l'auto-critique ? Ou ils n'ont rien compris au film et ils n'osent pas le dire ?