jeudi 12 mars 2015

The voices

Jerry, célibataire vivant à Milton, petite ville américaine bien tranquille, s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona - la délicieuse Anglaise de la comptabilité de l’usine de baignoires dans laquelle il travaille. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire - du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments...
Je n'ai pas été terrifiée, je ne suis pas morte de rire, ni d'ennui d'ailleurs. Jerry est un ravi de la crèche un peu idiot dont le chat est particulièrement (trop) grossier et persuasif. C'est une bonne idée ces deux voix façon bonne et mauvaise conscience. Cependant, le chien est bien plus attachant que ce pauvre Jerry qui a le charisme d'un bulot et est trop niais, ce qui empêche les dialogues d'être aussi percutants et ironiques qu'ils auraient pu l'être. Ryan Reynolds interprète très bien l'idiot du village psychopathe sur les bords. Gemma Arterton et Anna Kendrick constituent -très efficacement, il faut le dire- l'atout charme du film. Celui-ci se veut drôle, il fait sourire parfois mais il est surtout glauque et sanguinolent. Cependant, le point de vue et la façon de traiter le thème sont originaux et intéressants malgré un traitement un peu paresseux. Le final m'a laissée... baba.
5/10
 


lundi 9 mars 2015

Le diable danse à Bleeding Heart Square d'Andrew Taylor

Ne connaissant pas l'auteur, j'ai surtout été intriguée par le titre et la couverture.
 
 
A Londres, en 1934, Lydia Langstone fuit la société aristocratique et son mari violent pour une petite pension de famille. Elle tente de renouer avec une vie plus modeste et plus indépendante. Elle se trouve rapidement confrontée à d’étranges événements : une disparition inexpliquée, un rôdeur autour de la maison, etc. Selon la légende londonienne, le diable danse à Bleeding Heart Square, cette fois il serait plutôt tapi dans l'ombre, en silence, attendant son heure.
Andrew Taylor (1951 - ) a exercé toutes sortes de métiers : constructeur de bateaux, ouvrier, enseignant, libraire, chargé d'édition. Depuis 1981, il est écrivain à plein temps. Il a écrit de nombreux romans, principalement des policiers et des thrillers. Il collabore régulièrement à l'Independent et au Times.
 
Le démarrage est un peu long et il m'a parfois été difficile de me retrouver dans les personnages dont les liens sont complexes. L'enquête est menée de façon très lente, par toutes petites touches, si bien qu'elle passe au second plan, en faveur de l'étrange atmosphère de la pension et des aventures des deux protagonistes : Lydia et Rory. Malgré un style agréable, il faut s'accrocher pour finir ce roman dont on peut avoir l'impression que l'intrigue n'avancera jamais. Toutefois, celle-ci, quoiqu'embrouillée, est plaisante à suivre, notamment parce que le contexte historique de l'entre deux guerres anglais, alors que l'ancien monde s'effondre entre traumatisme de la 1ère guerre mondiale et montée des fascismes, est passionnant.
C'est certes un thriller mais aussi est peut-être surtout l'histoire de l'émancipation d'une femme dans les années 30. J'ai cependant pensé que celle-ci était très -trop- rapide, que Lydia s'arrangeait très vite et très bien de son changement de statut et de situation financière. La plupart des personnages sont multidimensionnels. Beaucoup ont des défauts et des qualités. Cependant, il est dommage que certains soient seulement des "méchants" très méchants vraiment vilains.
L'intrigue est bien construite mais j'ai regretté qu'elle se base sur autant de coïncidences et qu'elle soit si complexe. Les brefs passages écrits à la première personne du singulier s'adressant à un mystérieux personnages sont sarcastiques et permettent une étrange respiration. Le final est un peu décevant, trop court, trop brusque.
En bref, Andrew Taylor est ici bien meilleur dans la description d'une époque et d'une ambiance que dans l'intrigue policière.
 
6/10
 
 
 
 
 


dimanche 8 mars 2015

L'art de la fugue

Antoine vit avec Adar, mais il rêve d’Alexis... Louis est amoureux de Mathilde alors il va épouser Julie... Gérard, qui n’aime qu’Hélène, tombera-t-il dans les bras d’Ariel ? Trois frères en pleine confusion... Comment, dès lors, retrouver un droit chemin ou ... échapper à ses responsabilités ? C’est là tout L’Art de la Fugue...
 
J'ai tout de suite été séduite par le titre : l'art de la fugue, c'est à la fois musical et imagé. Élever l'esquive de sa vie à un art, quelle drôle d'idée ! Ici, on suit principalement Antoine qui devrait quitter son mec mais ne peut s'y résoudre. Les intrigues concernant ses frères sont secondaires. J'espère que leur façon de jouer aussi parce que Biolay est mono-expressif et Bedos toujours en léger décalage de ton. Laurent Lafitte est convaincant, de même que Marie-Christine Barrault, Brunon Putzulu et Agnès Jaoui. Il n'est pas difficile de deviner pourquoi ces trois types ont de gros soucis relationnels, notamment avec les femmes : leurs parents sont barges ! Le film passe par diverses phases, entre doux ennui dû à des scènes un peu flottantes et saillies drôlatiques. Il est plein de charme et de défauts. Il ne manque pas de délicatesse pour traiter la crainte de faire souffrir, de s'engager, d'avancer, de s'affirmer. Je me demande s'il n'est pas passé à côté de sa fin, très, très évasive.
6/10