samedi 28 mars 2015

Hacker

Une centrale nucléaire chinoise a été hackée, provoquant un accident nucléaire. Aucune tentative d’extorsion de fonds ou de revendication politique n’a été faite. Le capitaine Dawai Chen est chargé de retrouver et de neutraliser l’auteur de ce crime. À Chicago, le Mercantile Trade Exchange est hacké, provoquant l’inflation soudaine des prix du soja. Carol Barrett, une agente chevronnée du FBI, encourage ses supérieurs à associer leurs efforts à ceux de la Chine. Chen insiste pour que ses homologues américains libèrent sur le champ un célèbre hacker détenu en prison : Nicholas Hathaway.

L'idée de départ n'est pas novatrice mais elle aurait pu donner quelque chose de très sympa. Mais non. Le film est lent, bourré de plans contemplatifs inutiles, il aurait pu être raccourci d'une vingtaine de minutes. Quant aux scènes d'action, elles sont ratées, la faute à la caméra tremblotante. Pour faire court, on ne voit rien. Et même lors des scènes plus calmes, la caméra bouge à vous donner le mal de mer. Certes, cela donne une esthétique documentaire plus réaliste. Mais c'est moche bon sang ! La musique est trop explicative et les poncifs se multiplient. La romance entre les deux personnages commence de façon très peu crédible (Un regard ou deux et paf, déclaration d'amour éternel !). Chris Hemsworth joue plutôt bien et il est -très- joli à regarder mais son personnage est quasi omnipotent (hacker, free fighter, infirmier, stratège). Et en plus il est gentil ! Les autres acteurs sont sympas, notamment Tang Wei et Leehom Wang. Mais cela ne suffit pas. Pourtant l'intrigue aurait pu être plaisante à suivre si elle ne terminait pas en queue de poisson. Le film n'est pas totalement ennuyeux, ni complètement raté mais il a manqué son but.
3/10


Big eyes

À la fin des années 50, Margaret quitte son mari avec sa fille, trouve un travail et crayonne les passants dans un parc le dimanche. Elle y rencontre Walter Keane, un peintre sans succès dont elle tombe amoureuse. Ils se marient et peu après il s'approprie son œuvre représentant des enfants tristes aux yeux immenses. C'est le succès.
Le meilleur Burton de ces derniers temps, quoique celui-ci soit de facture bien plus classique que la plupart de ses œuvres. La bizarrerie chère à Burton apparaît tout de même ça et là. Amy Adams campe une femme fragile qui essaie de s'émanciper sans se perdre en route. Christoph Waltz joue un manipulateur narcissique fantasque assez agaçant car extrêmement théâtral. L'un comme l'autre ont un indéniable talent pour rendre leur personnage attachant malgré leurs faiblesses. Burton aurait toutefois pu opter pour une direction d'acteurs plus rigoureuse. La B.O est épatante, la reconstitution impeccable, avec ses couleurs pop et son kitsch assumé. Burton évoque non seulement l'art et sa paternité mais aussi ses modes de diffusion. Bien sûr, il est aussi question du couple et de manipulation. Même s'il manque un peu d'émotion, il y a quelque chose de tragique dans cette histoire pourtant énergique et parfois drôle.
8/10