mardi 14 avril 2015

Les faucheurs sont les anges de Alden Bell

J'ai acheté ce livre il y a un petit moment déjà. Je ne suis pas sûre d'avoir lu la quatrième de couverture, je crois que je l'ai pris parce que le titre me plaisait.
 
 
Temple n'a aucun souvenir du monde avant la chute, avant les zombies, avant les camps de survivants, avant les plaines de suie où tombent les vivants et se lèvent les morts. Temple a quinze ans, mais le temps de l'’innocence est depuis longtemps révolu. Seule face à la nature, à ses miracles et à sa sauvagerie, elle est pourtant décidée à profiter de ce que la vie peut encore lui offrir, et à découvrir ce que dissimule l'horizon. Et derrière cette adolescente au cœur simple et dur, habitée par le désir d’'être juste, se profile l'ombre de l'homme qui a juré de la tuer.
 
Alden Bell est le pseudonyme de Joshua Gaylord. Il a enseigné l'anglais pendant dix ans à Upper East Side prep school. Depuis 2002, il a également été professeur de littérature à The New School, une célèbre université privée de la ville de New York. Il vit à New York avec sa femme, l'écrivain Megan Abbott.
Ce roman court surprend. L'écriture est sèche et tendue, à l'exception des descriptions des petits miracles que l'héroïne ne cesse de remarquer. Je regrette l'absence de guillemets ou au moins de tirets qui facilitent tout de même la lecture. Le récit lui-même est assez aride puisqu'il s'agit d'une très jeune fille avec une philosophie particulièrement mature et proche d'un certain stoïcisme qui affronte un monde dur. Elle est pleine de doutes, notamment quant à son essence profonde. Moïse Todd est un personnage étrange et bizarrement sympathique. Leur relation s'approfondit peu à peu, complexe et ambiguë. Le ton employé se révèle sombre et pessimiste. Toutefois, Temple a une chance incroyable avec les voitures qui sont toujours en état de marche et avec de l'essence, ainsi qu'avec la nourriture qu'elle trouve sans problème. Il y a d'autres petites incohérences, des facilités d'écriture que l'on peut regretter.
Cependant, ce n'est pas tant un récit de survie qu'un roman introspectif et philosophique qui pose une question essentielle : que reste-t-il quand la civilisation a disparu ? Comment survivre sans but ? Et pourquoi ? Le roman explore des thèmes intéressants, y compris l'incapacité de se poser après les combats : Temple semble incapable de s'installer dans les communautés qu'elle rencontre. Elle repart toujours, reste toujours en mouvement.
L'aspect road trip est inhérent au genre et pas déplaisant, d'autant que les personnages sont suffisamment attachants pour donner envie de continuer sa lecture. C'est même assez bon pour donner envie de le lire vite.
Malgré ses défauts, ce livre laisse une impression durable, une drôle de sensation.
 
 
7/10

dimanche 12 avril 2015

Dark places

1985. Libby Day a huit ans lorsqu’elle assiste au meurtre de sa mère et de ses sœurs dans la ferme familiale. Son témoignage désigne son frère Ben, alors âgé de seize ans, comme le meurtrier. 30 ans plus tard, un groupe d’enquêteurs amateurs appelé le Kill Club convainc Libby de se replonger dans le souvenir de cette nuit cauchemardesque. De nouvelles vérités vont émerger, remettant en cause son témoignage clé dans la condamnation de son frère.
 
Dark places est une œuvre sombre tournée dans des tons froids. Charlize Theron retrouve un rôle qu'elle semble apprécier : la trentenaire qui a vécu des trucs dramatiques dans son enfance et dont le présent est chaotique. Certes, elle est un peu plus expressive qu'elle a pu l'être dans d'autres films mais pourquoi toujours elle ? Elle est talentueuse et joue bien les filles torturées mais cela finit par être lassant, d'autant qu'elle ne parvient pas à rendre son personnage sympathique. Nicholat Hoult, dont le rôle est finalement minime, est plutôt bon. Tye Sheridan sort du lot en garçon qui se cherche. Corey Stoll s'en sort très bien et réussit à rendre son personnage attachant en peu de mots. Chloë Moretz joue très bien les garces cinglées, dommage que son personnage soit si caricatural. Christina Hendricks campe avec force une femme au bord du gouffre. Ce thriller propose un scénario efficace et assez riche qui n'ignore pas l'aspect social cher à Gillian Flynn. C'est toutefois moins surprenant que ce à quoi je m'attendais. Et puis cette voix off.. mon dieu pourquoi persistent-ils avec l'explication de texte pour le pauvre spectateur débile que nous sommes ? C'est vexant à la fin.
5/10