jeudi 11 juin 2015

Jurassic World

L'Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création d'Ingen, sème la terreur dans le fameux parc d'attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady.
Je m'attendais à mieux. J'ai un excellent souvenir du premier, y compris dans sa version 3D. Et là... Le film, sans être mauvais, fait un peu plouf. Oui, les effets spéciaux sont beaux et maîtrisés. Oui, le spectacle est là, bourré de clins d'œil aux précédents opus. Il y a du rythme, des dinosaures très chouettes. Ces derniers sont peut-être les personnages les plus intéressants et les plus émouvants du film. J'attendais beaucoup plus de la 3D qui ne sert qu'un peu et dans quelques semaines seulement. Le scénario est une resucée du premier, on s'approche plus du remake sauce moderne que de la suite. Il est, de plus, bourré de clichés et de personnages caricaturaux au possible. Les dialogues ne sont pas intéressants et les touches d'humour sont assez grossières (pas vulgaires hein, peintes à gros traits). Alors Chris Pratt fait ce qu'il peut mais il a toujours le charisme d'un poulpe ou plutôt du pauvre requin qui se fait bouffer dans la version dino d'aqualand. Bryce Dallas Howard est plutôt bonne, j'étais contente de la revoir (même si je l'imagine mal courir autant avec de tels talons). Les gamins sont mignons. Vincent D'Onofrio est impeccable. Omar Sy ne sert pas à grand chose. Morale de l'histoire : la famille c'est bien, les militaires sont vilains, les modifications génétiques hasardeuses et voulues uniquement pour plus de profit c'est mal. Oh ? Bref, c'est beau mais ça manque de caractère. La comparaison avec le premier est inévitable et clairement à l'avantage de ce dernier : plus novateur, plus créatif, plus prenant, plus effrayant.
5/10


dimanche 7 juin 2015

Loin de la foule déchaînée

Dans la campagne anglaise de l’époque victorienne, une jeune héritière, Bathsheba Everdeene doit diriger la ferme léguée par son oncle. Femme belle et libre, elle veut s’assumer seule et sans mari mais se fait courtiser par trois hommes, le berger Gabriel Oake, le riche voisin Mr Boldwood et le sergent Troy.
Ce qui frappe en premier dans ce film, c'est sa beauté formelle : paysages magnifiques, travail sur les lumières, jeu d'ombres, reconstitution soignée, musique adaptée et non envahissante. Ensuite sur le fond, il est question de savoir si une femme peut s'assumer seule, si elle peut choisir de s'appuyer sur un homme et si elle peut choisir lequel. Suivre son cœur, sa raison, son envie ? Carey Mulligan est excellente en héroïne perdue dans ses contradictions : entre indépendance et naïveté. Matthias Schoenaerts est incroyable de densité. Dommage qu'entre ces deux acteurs principaux l'alchimie à l'écran soit trop limitée à mon goût, ou filmée avec trop de pudeur, je ne sais pas. Michael Sheen, en gentleman farmer grave, se révèle émouvant. Tom Sturridge est beau mais ne parvient pas à rendre son personnage sympathique malgré une volonté d'éviter le manichéisme. Le film, romanesque, se déroule au rythme des travaux de la ferme et ne manque pas de rythme. On spécule pas mal sur qui Bathsheba va choisir et quand et pour quelle raison. Il semble toutefois que le roman présente des aspérités plus rugueuses ici un peu gommées. Au final, on en ressort transporté(e).
8,5/10