mercredi 28 octobre 2015

Le mystère Sherlock de J-M Erre

J'ai lu ce livre il y a deux ou trois ans, on me l'avait offert je crois. J'ai eu envie de le relire.
Meiringen, Suisse. Les pompiers dégagent l'accès à l'hôtel Baker Street, coupé du monde pendant trois jours à cause d'une avalanche. Personne n'imagine que, derrière la porte close, se trouve un véritable tombeau. Alignés dans les frigidaires, reposent les cadavres de dix universitaires. Tous sont venus là, invités par l'éminent professeur Bobo, pour un colloque sur Sherlock Holmes. Un colloque un peu spécial puisque, à son issue, le professeur Bobo devait désigner le titulaire de la toute première chaire d'holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer.
Jean-Marcel Erre (1971 - ) publie son premier roman en 2006, Prenez soin du chien, une enquête loufoque mettant aux prises les locataires de deux immeubles jumeaux. Suivent Made in China et Série Z. Paru en février 2012, son roman Le Mystère Sherlock, est finaliste du prix Orange du livre et dans la sélection 2013 du Cezam Prix Littéraire Inter CE. En septembre 2014, son roman La Fin du monde a du retard obtient le Groprix de littérature grolandaise. Erre rejoint alors l'équipe des auteurs de l'émission Made in Groland sur Canal +. Ses romans sont traduits en Russie, Corée du sud, Italie, Slovénie et Chine.

Pourquoi ai-je eu envie de relire ce petit livre ? Parce que j'e ai gardé le souvenir d'un petit bijou d'humour particulièrement hilarant.
Et ma mémoire ne m'a pas trompée. Chaque page est drôle et certaines sont à hurler de rire (je pense notamment au vaudeville de la première nuit). C'est hilarant, désopilant, bourré de trouvailles géniales (les post-its du Pr Bobo, les lettres au confesseur...), de clichés détournés. Les dialogues et les personnages sont ciselés  avec brio, caricatures intelligentes d'universitaires dont les rivalités et mésententes sont décortiquées jusqu'à l'absurde. Tous sont parfaitement cinglés, opportunistes et hargneux. Leurs présentations sont particulièrement savoureuses : complètement délirantes, elles sont affirmées avec conviction et contrées à grands coups de sarcasmes venimeux.
Les personnages sont complètement déjantés, même la journaliste qui, au bord de l'hystérie, continue de manier l'humour noir comme planche de salut au milieux des holmésiens dégénérés, confis, au choix, à la coke, à la foi, au sarcasme, au silicone ou au mépris. Chapeau bas pour la sublimement agressive Eva von Gruber, la catho-pas chrétienne Dolores Manolete et notre bon ami JPP aussi perché que son nom peut l'indiquer.
Sherlock Holmes est présent à chaque page, ou presque, en deux vacheries. Se pose la question de la véritable existence de Holmes et même de son discours dans la fiction. Est-il un affabulateur ? Le questionnement est passionnant, d'autant plus que l'auteur connaît le canon et tout ce qui se rapporte au détective sur le bout des doigts. Erre n'est, de surcroît, pas monomaniaque et ne laisse pas Agatha Christie de côté, quoiqu'elle ne joue qu'un rôle secondaire. Saleté de poirotphiles sournois !
L'enquête n'existe pour ainsi dire pas mais l'intrigue est menée tambour battant, sans temps mort, enchaînant les coups de théâtre et les engueulades.
Quant au final, il est épatant et singulièrement brillant.


10/10



dimanche 25 octobre 2015

Seul sur Mars

Lors d’une expédition sur Mars, Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers obligés de décoller en urgence. Il a survécu et reste seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre.
Pour une fois que je vois un film en 3D, je ne suis pas déçue, loin de là. Elle n’est pas utile tout le temps mais elle ajoute de l’agrément aux scènes d’action et d’extérieur et ne gêne jamais dans les autres. On a dit du bien du dernier Ridley Scott mais c’est mieux que ça ! Pas de temps mort dans ce film prenant et drôle qui vante l’ingéniosité et la solidarité. Il est plein d’humour et de tendresse pour ses personnages, tous attachants. La B.O, très disco, et toujours rythmée donne un contre-point intéressant à la tension de certaines scènes. Matt Damon joue un astronaute optimiste et brillant, souvent émouvant. Jessica Chastain, Kate Mara, Sebastian Stan, Aksel Hennie, Chiwetel Ejiofor et les autres forment un casting éclectique au jeu impeccable. Visuellement, les effets spéciaux sont magnifiques, parfois spectaculaires. La partie scientifique est complexe mais accessible. Le scénario est clair, plein de rebondissements. J’ai apprécié l’alternance Mars / Nasa qui permet des ruptures dans l’aspect linéaire du film. Scott ne s’est pas privé d’une présentation ambivalente de l’agence américaine dont le directeur semble plus intéressé par la com’ que par ses équipages. En revanche, je suis un peu agacée par le côté “ouais, nous les Américains, on est super forts”. La fin est prévisible -et jouissive- mais comment pourrait-il en être autrement ? On ne passe pas loin de l’épique.
9/10