samedi 14 novembre 2015

Ange et Gabrielle

Un mot des terribles événements qui se ont produits hier soir. Je suis horrifiée au delà des mots et mes pensées accompagnent les victimes, leurs familles, les forces de l'ordre et les secouristes.
 
Gabrielle élève seule sa fille, Claire, qui, à 17 ans, est enceinte de Simon qui refuse de se voir imposer ce bébé. Gabrielle décide de demander de l’aide au père de Simon et débarque dans le bureau d’Ange, célibataire endurci et grand séducteur, qui n’a jamais assumé sa paternité et n’a aucune intention de le faire.
Je m'attendais à une sympathique guimauve. Malheureusement cette guimauve-là est sacrément inconsistante. Le film ne tient que sur le charme, certes réel, des deux acteurs principaux. Sans Isabelle Carré et Patrick Bruel, on s’ennuierait ferme dans cette comédie qui fait souvent sourire mais ne convainc pas. Elle aborde des sujets graves avec légèreté. Ce serait appréciable si elle n’y ajoutait pas aussi une forme de superficialité. Les enjeux sont effleurés mais jamais traités. Ces gens riches et beaux qui ont de beaux appartements en plein centre de Paris sont finalement à peine touchés par leurs propres problèmes. Pas de surprise, des seconds rôles inexistants, transparents, malgré le talent de Laurent Stocker, scénario plat, la fin est vite devinée dans son intégralité. Le résultat est distrayant mais vite oublié tellement il est insipide.
3/10


mercredi 11 novembre 2015

James Bond : Spectre

Un message surgi du passé entraîne James Bond dans une mission très personnelle à Mexico puis à Rome, où il rencontre Lucia Sciarra, la très belle veuve d’un criminel. Bond réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation baptisée Spectre. Pendant ce temps, à Londres, Max Denbigh, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, remet en cause les actions de Bond et l’existence même du MI6, dirigé par M.
On débute avec un long plan séquence pendant le jour des morts à Mexico. Superbe. On retrouve un Bond plus classique : humour so british, aventures internationales, paysages superbes, voitures, méchant mégalo, costumes, action... Tant mieux, ce retour aux sources est bienvenu, d’autant qu’il ne devient pas pourtant trop classique. J’ai parfois trouvé le parti pris visuel avec beaucoup flous étrange et parfois agaçant. A une exception près où la nausée m’a guettée, les scènes d’action sont bien réalisées avec force fusillades et explosion (miam !). Daniel Craig est impeccable, il tient le rôle à merveille, entre froideur et charisme. Christoph Waltz campe avec beaucoup de gourmandise le vilain mégalo avec une ou deux surprises dans la manche (et pas de chaussette) ; il reste sous-exploité dans cette intrigue éclatée. Léa Seydoux est un Bond girl agaçante : deux expressions maximum, une moue perpétuelle, un doublage affreux. Rien à voir avec l’exceptionnelle Eva Green ou même Sophie Marceau. Monica Bellucci a plus de charisme et rend son personnage à la fois bravache et vulnérable. Ben Whishaw, Naomie Harris, et Ralph Fiennes sont impeccables et leurs personnages donnent de leur personne pour une fois. Andrew Scott fait une apparition surprise (Aaaaah y a Moriarti au MI6, qui l’a laissé entrer ?) et toute en mépris. La durée du film ne se ressent pas (trop), Mendes alternant scènes d’actions et résolution d’intrigue. Celle-ci étant, à l’heure de la guerre par drones interposés, en partie centrée sur l’opposition travail à l’ancienne et nouvelles technologies envahissantes. Dommage que le scénario manque un peu de force. J’ai failli être déçue du final, mais heureusement, ce n’était pas le final. Ouf. Pas le meilleur, mais un bn opus qui donne envie de voir la suite.
8/10
 


dimanche 8 novembre 2015

En mai fais ce qu'il te plaît

Mai 1940, l’exode. Pour fuir l'invasion allemande, les habitants d'un petit village du nord de la France partent sur les routes. Ils emmènent avec eux un enfant allemand, dont le père opposant au régime nazi est emprisonné à Arras pour avoir menti sur sa nationalité. Libéré dans le chaos, celui-ci se lance à la recherche de son fils, accompagné par un soldat écossais cherchant à regagner l'Angleterre.
 

Je m’attendais à un mélo tire-larmes. Et quelque part, c’en est un, notamment par la musique d’Ennio Morricone, belle mais démonstrative. Mais ce n’est pas seulement ça. C’est un aussi un film intelligent et attachant portant sur un moment d’histoire peu évoqué au cinéma avec un réalisme prenant. Le bombardement d’Arras, les descentes des stukas et les reconstitutions de propagande sont glaçants. Les personnages, avec leurs doutes, leurs incertitudes, sont attachants. August Diehl est touchant. Olivier Gourmet et Mathilde Seigner, sobres, sont impeccables. Alice Isaaz campe brillamment une institutrice au comportement parfois ambigu. Matthew Rhys, Joshio Marlon, Laurent Gerra complètent ce casting aux petits oignons avec justesse. Si les décors bucoliques sont beaux, et la reconstitution de la France rurale du tournant des années 30-40 soignée, parfois l’image caméra à l’épaule tremble et ne permet pas de voir correctement l’action. J’ai aimé le contraste entre la quasi promenade champêtre et les scènes de combat, hyper-réalistes, ainsi que le clin d’œil à La traversée de Paris. En revanche, je regrette le classicisme de l’ensemble, propre au réalisateur, ainsi que certaines facilités et un léger trop plein de bien-pensance.
8/10