samedi 28 novembre 2015

Suffragette

1912, en Angleterre, des femmes de toutes conditions se battent pour obtenir le droit de vote. Face à leurs revendications, les réactions du gouvernement sont de plus en plus brutales et les obligent à entrer dans la clandestinité pour une lutte de plus en plus radicale. Maud est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…

De facture très classique, ce film a le mérite de présenter une page méconnue de l’histoire : la lutte des suffragettes pour le droit de votes des femmes et l’égalité des droits. J’ignorais que la lutte avait été si violente. Il dépeint la lutte de ses femmes pour leurs droits, les pressions qu’elles subissent ainsi que les violences. La scène du gavage est extrêmement violente. Le casting, Carey Mulligan, Helena Bonham Carter, Anne-Marie Duff, Romola Garai, Brendan Gleeson et Ben Whishaw, est impeccable. Maud est un personnage attachant parce que fragile et déterminé à la fois. Meryl Streep ne fait qu’une brève apparition, je ne vois pas ce qu’elle fait sur l’affiche. Les propos de ces messieurs sont ahurissants, la violence de ces femmes discutable. La reconstitution est bien faite. S’il pose la question de la fin et des moyens, ce film reste toutefois assez lisse, trop peu politique, avec la musique qui annonce le contenu émotionnel de la scène suivante. Tout est un peu trop mélodramatique pour être parfait. Le propos est intéressant mais traité avec trop peu de souffle.
7/10
 


dimanche 22 novembre 2015

L'hermine

Michel Racine est un Président de cour d'assises redouté. Aussi dur avec lui qu'avec les autres, on l'appelle " le Président à deux chiffres ". Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Tout bascule le jour où Racine retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait partie du jury qui va devoir juger un homme accusé d'homicide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret.
C’est un film étrange, difficile à classer entre chronique judiciaire, comédie dramatique sentimentale et portait d’un homme et d’une fonction. Le réalisateur semble avoir eu du mal à choisir et à tracer des lignes claires. Fabrice Luchini est exceptionnel, tout en nuances, sobre, émouvant et drôle, dans le rôle du juge personnellement paumé mais qui maintient sa fonction sur les rails. Sidse Babett Knudsen, sublime, campe son idéal féminin avec élégance. Victor Pontecorvo et Candy Ming, l’accusé et la partie civile, sont excellents avec une prestation à fleur de peau. Sans eux, le film aurait peut-être été ennuyeux. La partie judiciaire est bien traitée malgré quelques imprécisions juridiques. Les dessous du procès sont évoqués avec justesse, des relations entre professionnels de la justice et entre jurés au comportement des avocats en passant par celui, incompréhensible de l’accusé, ou la déposition du policier, assassinat en règle de l’interrogatoire qu’il a mené contre le père. Toutefois, elle aurait pu avoir plus de corps, de profondeur, être plus aboutie. La partie romantique est délicate et tendre, sans pathos ni guimauve et portée par une belle bande originale. La fin est, hum, très française, abrupte.
6,5/10