jeudi 29 décembre 2016

Assassin's creed

Grâce à une technologie révolutionnaire qui libère la mémoire génétique, Callum Lynch revit les aventures de son ancêtre Aguilar, dans l’Espagne de la fin du XVème siècle.  Alors que Callum découvre qu’il est issu d’une mystérieuse société secrète, les Assassins, il va assimiler les compétences dont il aura besoin pour affronter, dans le temps présent, une autre redoutable organisation : l’Ordre des Templiers.
Je ne connais rien du jeu vidéo mais j'ai lu deux ou trois des romans qui en sont tirés, ça aide à rentrer dans l'univers mais celui-ci est suffisamment accessible pour ceux qui ne connaissent pas du tout. On sent que c'est un épisode de découverte qui prend le temps de poser la situation. Quoique caricaturale, l'opposition entre les Templiers et les Assassins n'est pas dénuée d'intérêt. Le propos est lourdement appuyé mais il n'en reste pas moins particulièrement d'actualité. Le film ne permet pas aux acteurs de grandes palettes de jeu mais le casting s'en sort bien, Michael Fassbender, toujours charismatique, en tête. Les personnages auraient mérité d'être plus fouillés. Les univers, bien tenus, entre présent technologique glacé et passé poussiéreux, offrent de belles promesses d'effets spéciaux ; et elles sont tenues. Dommage toutefois que le numérique domine à ce point. Les scènes que l'on peut assimiler à du parkour sont top, celles de combat sont bien chorégraphiées mais manquent de visibilité. Le film démarre assez vite et l'action se répartit harmonieusement tout au long du scénario qui, il faut le reconnaître, n'a rien de complexe. Si le visuel est beau mais parfois confus, le résultat reste efficace pour un honnête film d'action louchant sur l'ésotérisme.

6,5/10

jeudi 15 décembre 2016

Manchester by the sea

Après le décès soudain de son frère Joe, Lee est désigné comme le tuteur de son neveu Patrick. Il se retrouve confronté à un passé tragique qui l’a séparé de sa femme Randi et de la communauté où il est né et a grandi.
L'affiche promet pour ainsi dire un grand mélo. Et en effet, c'est bouleversant. Tant l'histoire de cette famille que le jeu des acteurs bouleversent le spectateur. Ici, l'émotion est sincère, pas fabriquée abruptement. Rien de larmoyant ici, et même quelques scènes plutôt drôles. Casey Affleck, aussi sobre qu'explosif, est bouleversant en homme brisé qui ne cesse de se punir tout en faisant de son mieux pour aider son neveu. Lucas Hedges campe avec délicatesse un adolescent plein de vie qui se sent rejeté. Michelle Williams est peu présente mais pour un rôle fort et émouvant. Kyle Chandler, discret, amène une présence rassurante. Dans les décors et la lumière sublimes du Nord des Etats-Unis habillés par une belle B.O, on suit des fragments de vie, des moments importants comme des moments futiles. Le film aurait pu ne compter que deux heures mais je ne me suis pas ennuyée car la construction en flash-backs est intelligente. Il évoque avec finesse et justesse le deuil et la reconstruction mais aussi l'adolescence et la famille, celle que l'on a et celle que l'on choisit.

9/10

dimanche 11 décembre 2016

Papa ou maman 2

Deux ans ont passé depuis leur séparation ratée, les Leroy semblent parfaitement réussir leur divorce. Mais l'apparition de deux nouveaux amoureux dans la vie de Vincent et de Florence va mettre le feu aux poudres.
Si la surprise n'existe plus (de toute façon avec les bandes annonces actuelles...), le deuxième volet réussit là où le premier m'avait un peu déçue. Plus barré, plus incisif, culminant dans une scène de délire total, il est vraiment très drôle. Il démarre tout de suite avec échanges de piques vachardes à souhait et des situations cocasses. Le petit côté malsain du premier a disparu et c'est tant mieux mais ce sera un miracle si la petite dernière survit jusqu'à son dixième anniversaire ! Les gamins sont moins pénibles mais toujours aussi mal élevés. D'ailleurs les ex Leroy sont des parents toujours aussi indignes (pauvre Charlotte). Enlevé, cet opus propose en filigrane une petite critique de la garde alternée et des ex qui restent amis. Marina Foïs et Laurent Lafitte s'en donnent à cœur joie et c'est particulièrement réjouissant. Sarah Giraudeau et Jonathan Cohen, nouveaux compagnons particulièrement compréhensifs, offrent un contre-point de normalité au milieu de cette famille particulièrement dysfonctionnelle. Quoique toujours aussi peu crédible, le film est moins prévisible que le premier, bien que la première partie soit la plus réussie.

7/10

samedi 10 décembre 2016

Premier contact

Lorsque de mystérieux vaisseaux surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions. Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses.
On m'avait dit que Premier contact n'est pas un film de SF comme les autres. Et c'est vrai. Il se déroule sur quelques semaines et montre les efforts d'une linguiste pour comprendre un langage extraterrestre et communiquer. On suit aussi son parcours personnel de façon fragmentée. Je trouve très belle l'écriture alien, complexe et crédible. D'ailleurs, malgré leur aspect moyennement ragoûtant, les deux spécimens présentés sont assez attachants. Amy Adams campe la super linguiste avec finesse face à Jeremy Renner, un peu à contre-emploi il faut le dire (et c'est tant mieux) en scientifique brillant. C'est Adams le principal vecteur d'émotions, sans pathos, sans grosse ficelle mais avec sincérité. Réflexion pointue sur la puissance du langage et le temps, le film, qui ne prend pas le spectateur pour un imbécile, fait un peu de géopolitique assez crédible. Le message sur plan large, pour utopique qu'il soit, ne manque de beauté ni d'espoir : l'union des peuples. Sur un plan plus personnel, voire intime, il prône la saveur de l'instant et de l'amour, et peut-être l'acceptation de la mort. Visuellement automnal et froid, il bénéficie d'une belle photographie. L'intrigue, aussi prenante soit-elle, aurait gagné à être resserrée en coupant environ un quart d'heure correspondant à quelques plans qui la ralentissent sans rien apporter sinon, parfois, un certain réalisme. Tout en étant scientifique au point d'être parfois technique (on finit par s'y retrouver), le film se révèle assez onirique, à l'image de l'intérieur des vaisseaux. Le final est pour le moins surprenant mais aussi un peu frustrant car il dévoile peu ce qui se passera après, hors destins personnels. Il m'a fait pensé à Interstellar pour ses réflexions métaphysiques ainsi qu'à Éternité, pour certains plans et sa délicatesse. Dense et intelligent.

9/10

mercredi 7 décembre 2016

Demain tout commence

Samuel, sans attache ni responsabilité, vit joyeusement dans le Sud de la France, jusqu’à ce qu’une ancienne conquête lui laisse Gloria, leur fille. Bien décidé à rendre l’enfant à sa mère, Samuel se précipite à Londres pour tenter de la retrouver. Huit ans plus tard, alors que Samuel et Gloria ont fait leur vie à Londres et sont devenus inséparables, la mère de Gloria revient.
Le film, remake du film mexicain Ni repris ni échangé, commence comme une franche comédie pour continuer dans la comédie dramatique, voire tragique. Ce mélange des genres n'est pas toujours bien géré. On passe de l'outrance -la volonté de flirter de Bernie, ridicule- à l'émotion. Omar Sy est crédible en père fantasque et un brin irresponsable. Clémence Poésy est excellente en mère dépassée puis déterminée. Antoine Bertrand, même si son personnage est un peu caricatural, s'avère attachant. Gloria Colston, pleine d'énergie, toute mignonne, apporte toute sa fraîcheur et sa joie de vivre. Si le déroulement du film est plaisant, souvent drôle et très énergique, la fin est d'autant plus décevante qu'elle est prévisible. C'est charmant mais la fin fait retomber le soufflé. De surcroît, je ne peux me défaire du sentiment d'avoir été manipulée pour produire des émotions : tout conduit aux larmes à grands renforts de bons sentiments et de morale simpliste.

6/10

dimanche 4 décembre 2016

Sully

Le 15 janvier 2009, le commandant "Sully" Sullenberger a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson. Cependant, alors que Sully était salué par l'opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l'histoire de l'aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.
Je me souviens des images de l'avion posé sur l'Hudson, c'était impressionnant. Ça l'est encore sept ans plus tard vu de l'intérieur comme de l'extérieur. On ressent la violence du choc de l'amerrissage grâce à des effets spéciaux de qualité. Eastwood, dont la maîtrise est évidente, a, fort justement, fait le choix d'un déroulement non linéaire qui fait naître l'attente et même une certaine tension. Je ne suis pas convaincue en revanche par l'utilité des deux scènes de jeunesse de Sully. Tom Hanks est impeccable en pilote expérimenté qui se demande s'il a pris la bonne décision. Il fait partager ses doutes au spectateur. C'est l'axe du film : Sully, en une fraction de seconde, a-t-il pris la bonne décision ? La meilleure décision ? Pour une fois, Tom Hanks ne bouffe pas l'écran et laisse toute leur place à ses partenaires. Aaron Eckhart campe le copilote, solidaire, rassurant, plein de sang-froid et prêt à défendre Sully. Le personnage est attachant et Eckhart, avec sa grosse moustache, se montre généreux. Laura Linney, toujours juste, joue la femme de Sully, inquiète, en plein doute, mais aimante. On assiste à l'enquête menée à charge contre les pilotes qui ne doivent pas seulement expliquer mais aussi défendre la décision prise. Clairement, la commission cherche un responsable parce que l'assureur et la compagnie ont perdu de l'argent. Discrètement, le film égratigne le numérique, le tout technologique sans humain, tout en mettant en valeur l'héroïsme ordinaire. Sobre, précis et terriblement efficace, il est particulièrement réussi.

9/10

vendredi 2 décembre 2016

The duchess

Georgiana Spencer, à peine 17 ans, épouse le duc du Devonshire de neuf ans son aîné dans la réalité d'une bonne quinzaine d'années dans le film. Il est dur, n'a pas de conversation -ou alors concernant la nourriture qu'il y a dans son assiette-, ne semble avoir d'affection que pour ses chiens, n'a aucun respect pour les femmes, est brutal, veut par dessus tout un fils ; bref même en considérant la société et les mœurs de l'époque, ce n'est pas le mari idéal.
Ne vous méprenez pas, Ralph Fiennes est formidable, bien qu'un peu engoncé dans ses costumes. Il parvient même à insuffler un semblant d'humanité à son personnage. La duchesse, elle, jeune, vive, intelligente, curieuse de tout, toujours un bon mot à la bouche, s'ennuie ; qu'importe, elle a des amis, elle aime la mode et la politique, elle adore ses enfants, bref elle s'occupe. On ne montre guère dans le film son rôle politique qui y est minimisé à celui de de potiche en (re)présentation lors des meetings de ces messieurs. Elle se trouve une meilleure amie - l'excellente Hayley Atwell, toute en douceur et en rondeurs- et l'invite à passer quelques temps chez elle, mais son amie est séduite par le duc. Georgianna se retrouve coincée dans un ménage à trois. Elle croit trouver une possibilité de bonheur avec le futur 1er ministre Charles Grey. Mais le duc n'est pas si accommodant... Pour résumer, c'est l'histoire d'un mariage malheureux et de ce que la duchesse fera pour tenter d'être heureuse en dépit de tout. Elle se cherche des amis, des admirateurs, une amie, un amant... Keira Knightley -qui porte parfois des perruques absolument immondes mais des robes toujours superbes- est excellente, son visage est très expressif -contrairement aux dires de certains. Si le scénario n'est pas dénué d'humour, la trame de fond est tragique. Voilà pour le fond. Quant à la reconstitution, elle est magnifique, les décors et les costumes sont parfaits. On peut reprocher au film un certain académisme mais ce n'est pas suffisant pour atténuer la tension du film. Une réussite.

Ma note : 9/10

mercredi 30 novembre 2016

Vaiana, la légende du bout du monde

Vaiana, jeune fille éprise de liberté et de découvertes se lance dans un voyage audacieux pour accomplir la quête inachevée de ses ancêtres et sauver son peuple. Au cours de sa traversée du vaste océan, Vaiana rencontre Maui, un demi-dieu peu enthousiaste à l'idée de sauver le monde.
Vaiana a toujours eu envie de parcourir le monde, de dépasser la barrière de corail. Son père n'a jamais voulu qu'elle touche à un bateau. Et puis un jour, il est devenu nécessaire de d'aller plus loin. Le dernier Disney en date est un bon opus qui réunit les bons vieux ingrédients de la réussite : de l'aventure, de l'humour, des chansons et une bonne animation. Jamais monotone, le film offre de beaux paysages, des personnages sympathiques et attachants, une animation fluide, colorée. Les chansons ne sont pas toutes au top mais elles sont entraînantes et sympathiques, bien que j'ai parfois eu des difficultés à comprendre toutes les paroles. On découvre la société polynésienne, les chants, les danses, les tatouages. Le gimmick du poulet est marrant. La grand-mère m'a fait penser à Grand-mère Feuillage dans Pocahontas : sage et rassurante. On retrouve la morale à la mode du moment : se trouver soi-même, être courageux, audacieux même. Pour une fois, pas de prince charmant, seulement la nature et la famille. Le message écologique est largement perceptible, ça m'a fait penser à Princesse Mononoké, mais destiné à un public un peu plus jeune, en moins abouti, moins fort, plus léger aussi. Il y a en effet dans ce dessin animé un aspect un peu lisse, sans doute dû à une intrigue trop peu travaillée. Certains passages sont émouvants et tendres, d'autres pourraient effrayer les plus jeunes (ça a été le cas lors de la séance à laquelle j'ai assisté). A réserver aux plus de 5-6 ans donc. Un très sympathique voyage initiatique.

7/10

mardi 29 novembre 2016

Ça peut pas rater de Gilles Legardinier

J'avais déjà lu deux Legardinier te j'avais bien aimé. J'avais besoin de faire une pause entre deux volumes d'une trilogie que je relis, ça me paraissait l'auteur idéal.
« J’'en ai ras le bol des mecs. Vous me gonflez ! J’'en ai plus qu'’assez de vos sales coups ! C'’est votre tour de souffrir !  Ma voix résonne dans tout le quartier. Et là, trempée, titubante, épuisée, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. Je vais faire payer ce fumier. Chaque joueur doit vous donner mille baffes. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d'’un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu’'au fond des enfers. La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. À présent, c'’est la méchante Marie qui est aux commandes. À partir de maintenant, je renvoie les ascenseurs et je rends la monnaie de toutes les pièces. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde. La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m'’étouffe, la haine me consume. »

Gilles Legardinier (1965 - ) a travaillé sur les plateaux de cinéma américains et anglais, notamment comme pyrotechnicien. Il a également réalisé des films publicitaires, des bandes-annonces et des documentaires sur plusieurs blockbusters. Il se consacre aujourd’hui à la communication pour le cinéma pour de grandes sociétés de production, ainsi qu'à l'écriture de scénarios de bandes dessinées et de romans. Alternant des genres très variés, il s’illustre en littérature d'enfance et de jeunesse avec, notamment, Le Sceau des Maîtres, mais aussi dans le thriller avec L’Exil des Anges (Prix SNCF du polar 2010) et Nous étions les hommes, et, plus récemment, dans le roman humoristique, ce qui lui vaut un succès international avec Demain j’arrête !, Complètement cramé !, Et soudain tout change, Ça peut pas rater !, Quelqu'un pour qui trembler.

On nous promet de la vengeance, une Marie en mode Terminator. Alors oui, Marie se venge et de façon vraiment très drôle, mais elle n'est pas bien méchante Marie. En fait, c'est même un bonne pâte. Quand tout se casse la figure dans sa vie, elle finit par redresser la tête et tenter de sauver ce qui peut l'être, parfois de façon rocambolesque.
On retrouve les ingrédients chers à Legardinier : romantisme, amour, lien social, tendresse, solitude dans le monde moderne... Son écriture nous réserve quelques passages vraiment hilarants. Toutefois, cet opus est moins drôle que ce que j'ai pu lire de lui, la faute aux très longs monologues intérieurs de Marie qui réfléchit, réfléchit, réfléchit.... pendant des pages entières. Le rythme en est considérablement ralenti, si bien que vers la fin, je sautais certains passages, d'autant que l'intrigue, quoique sympathique est prévisible, et ce dès le début. Du coups, les interminables palabres de Marie, même pleins d'humour, finissent par lasser. Les personnages sont attachants mais nettement moins loufoques que dans d'autres romans de Legardinier, ce qui joue aussi sur la drôlerie de l'ensemble. Le chat est adorable et la façon dont Marie l'obtient franchement rigolote. J'aime la façon de jurer de Marie, ainsi que le verbe qu'elle a inventé : globicher. Moi aussi je globiche mes copines à mort !
Ne vous méprenez pas, ce roman fait beaucoup sourire et il est plaisant à lire mais j'attends mieux d'un Legardinier.

6/10


dimanche 27 novembre 2016

Alliés

Casablanca 1942.  Au service du contre-espionnage allié, l’agent Max Vatan rencontre la résistante française Marianne Beauséjour lors d’une mission à haut risque. C’est le début d’une relation passionnée.
Pour commencer, la bande-annonce, comme le synopsis, en dévoilent beaucoup trop. Il vont jusqu'au milieu du film, c'est trop et prive le spectateur d'une partie du suspense. Du coup, la première partie devient trop longue, on attend la suite pour rattraper ce qu'on sait déjà. Cela dit, le suspense réapparaît dans la seconde partie du film et tient particulièrement bien la distance. Brad Pitt, un peu vieux pour le rôle, un peu empâté, reste convaincant en espion intelligent et amoureux. Son pseudo accent québécois est affreux. La V.O le concernant est très mauvaise, au moins de déconcentrer au début de la projection. Marion Cotillard est excellente, très sensuelle. Ses tenues sont superbes. Leur jeu est complice mais pas hyper hot. Le film nous fait voyager entre Casablanca et Londres bombardé. On retrouve l'esprit de fête et d'urgence rencontrée lors de la seconde guerre mondiale, urgence de boire, de faire l'amour, de vivre, vite, intensément. La reconstitution, plutôt bonne, souffre parfois d'effets spéciaux visibles. Plus qu'une histoire d'espionnage bien menée, il s'agit d'une grande histoire d'amour romanesque qui ne néglige pas les horreurs de la guerre. Le film est plaisant mais quelque chose cloche, quelque chose fait toc. Zemeckis se penche trop sur la romance au détriment du beau potentiel de la partie espionnage. C'est glamour et divertissant, parfois émouvant lors de quelques rares moments de grâce, mais vain. en effet, la réalisation est particulièrement élégante mais manque de corps. Même pour un hommage à l'âge d'or d'Hollywood, il y avait mieux à faire, surtout avec de tels acteurs.

6/10

mercredi 23 novembre 2016

Rupture pour tous

Mathias Lonisse, créateur de Love is dead, est mandaté pour rompre à la place de celles et ceux qui, pour une raison ou une autre, préfèrent éviter cette tâche pénible. Mathias assume parfaitement son métier et effectue chaque mission avec un grand sens du professionnalisme, jusqu’au jour où maman décide de quitter papa…
N'ayant que très peu entendu parler du film, je ne m'attendais à rien. Du coup, ce fut une bonne surprise. L'idée de départ est originale et le déroulement du film conserve une certaine fraîcheur malgré le cynisme du sujet. Benjamin Lavernhe a beaucoup de charme et joue très bien le type revenu de tout doté d'un grand cœur. Elisa Ruschke et Aïssa Maïga, atouts charme certains, sont pétillantes à souhait. Camille Chamoux, qui a participé à l'écriture du scénario, joue l'hystérique de service, non sans talent. Brigitte Roüan a le privilège de balancer certaines des meilleurs piques. La complicité des acteurs fait plaisir à voir. Les répliques et les situations font mouche et sont souvent drôles. Dommage que le déroulement de l'intrigue soit prévisible. Le rythme, à l'image de la musique, est primesautier. Cocasse, parfois à la limite de l'absurde, le film est irrévérencieux et enthousiasmant.

7,5/10

dimanche 20 novembre 2016

Les têtes de l'emploi

Stéphane, Cathy et Thierry, employés de l'Agence pour l'Emploi, ont de si "bons" résultats que l'agence va fermer faute de chômeurs ! Les trois collègues ont alors la folle idée de créer du chômage pour sauver leur poste.
L'idée est folle, certes, mais elle n'est pas aboutie. Aucune idée ne va au bout, un rebondissement surréaliste chasse l'autre. Trois solitudes se trouvent, unissant leurs désespoirs, leurs inaptitudes. Franck Dubosc n'en fait pas trop mais son personnage est antipathique au possible et il ne parvient pas à le rendre sympathique. Elsa Zylberstein campe avec sincérité la gentille paumée en manque d'amour et de fric mais surtout d'amour. François-Xavier Demaison, dans un rôle lunaire, est attachant. Nicolas Vaude hérite encore du rôle du salaud, c'est lassant, même s'il y réussit très bien. Patrick Bouchitey s'avère particulièrement doué dans le rôle du beauf chômeur professionnel, assisté de droit. Quoi que le personnage soit plutôt marrant, il est symptomatique de l'un des points faibles du film : caricatural. Tous les personnages sont stéréotypés. Plutôt drôle, le film ne convint ni par le rythme, inégal, ni par le fond, totalement absent, sinon pour dire que les agents du Pôle emploi sont incompétents, que leur boulot les rend dingues et qu'ils ont pour ordre de radier et de coller en formation le plus de chômeurs possible. Les scènes les plus drôles sont celles du recrutement et de l'inauguration. C'est sûrement parce que ce sont celles qui poussent l'absurde le plus loin. La comparaison avec The full monty est largement abusive.

5/10

vendredi 18 novembre 2016

Les animaux fantastiques

New York, 1926. Le monde des sorciers est mis en danger par une force mystérieuse qui sème le chaos dans les rues de la ville. Ignorant tout de ce conflit qui couve, Newt Scamander débarque avec sa valise pleine de créatures étranges. Mais quand Jacob Kowalski, un Non-Maj’, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente. Il s'agit d'une violation manifeste du Code International du Secret Magique dont se saisit l'ancienne Auror Tina Goldstein pour récupérer son poste d'enquêtrice.
Totalement fan de l'univers d'Harry Potter, je ne pouvais manquer ce film. Je ne peux pas non plus être totalement objective. D'ailleurs l'univers est respecté mais on est loin du copier-coller. Les éléments sont là mais savamment réorganisés. Le film démarre lentement mais s'avère très agréable dès qu'il trouve son rythme. On suit les aventures new-yorkaises du sympathique Newt, un magizoologiste aventurier interprété par le charmant Eddie Redmayne qui mélange une forme de tendre naïveté et de détermination. Il est secondé par deux sœurs et un Moldu. Si Katherine Waterston manque de charisme, Alison Sudol apporte une touche de charme et de légèreté et Dan Fogler sa bonhommie et son regard émerveillé. Ezra Miller campe un adolescent tourmenté et intriguant. Colin Farrell, froid et malsain, et Carmen Ejogo, impériale, complètent ce casting réussi. La reconstitution des années 20, alliée à une B.O entraînante, est magnifiée par les aspects magiques disséminés ici et là. Les effets spéciaux sont réussis même si le numérique prend beaucoup de place. On s'émerveille des nouvelles créatures dévoilées, du contenu hallucinant de la valise et de l'intérieur du MACUSA. Côté scénario, c'est agréable à suivre, on attend le prochain rebondissement qui ne tarde jamais, mais ce n'est pas innovant. La partie perte et récupération des animaux est cousue de fils blancs, alors que la partie de l'obscurus et de la fanatique violente, beaucoup plus intéressante, aurait pu être traitée plus en profondeur. Le film est à la fois joyeux, drôle et sombre. Il aborde des sujets graves de façon frontale comme la maltraitance des enfants, la manipulation, le fanatisme, l'arbitraire...
8/10

dimanche 13 novembre 2016

Maman a tort

Anouk, 14 ans, découvre brutalement un autre visage de sa mère, à la faveur de l’incontournable stage d’observation de troisième qu’elle effectue dans la compagnie d’assurances où celle-ci travaille. Une semaine d’immersion dans le monde adulte de l’entreprise, avec ses petits arrangements et ses grandes lâchetés, qui bientôt scelle son jeune destin.
Je me méfiais un peu en y allant : le cinéma social, français en plus, ce n'est pas tellement mon truc. Il n'y a pas grand chose de bien dans ce film. Pourtant, ça ne partait pas si mal : le prisme du stage de 3ème, c'était une bonne idée. Pour partie, il décrit assez bien le monde du travail mais entre les caricatures (Anastasie et Javotte sont tellement stupides que c'en est ridicule), les invraisemblances et la condescendance envers le spectateur, le film agace. Il hésite trop entre fable sociale amusante, conte initiatique, bluette adolescente et drame psychologique. Il n'est ni assez grinçant, ni assez émouvant, ni assez drôle, ni assez bien joué. Emilie Dequenne a déjà été largement meilleure, son personnage est fade, même si je comprends sa lâcheté pragmatique. Jeanne Jestin sur-joue parfois légèrement et son personnage est agaçant. Le déroulement de l'intrigue s'avère lent et peu crédible, donc on s'ennuie un peu et en plus on n'y croit pas vraiment. La petite bluette de la gamine n'apporte rien et empêche de se concentrer sur le véritable sujet du film : la perte des illusions d'une jeune fille curieuse et les compromissions professionnelles. A vouloir toucher à tout, Fitoussi effleure son sujet mais n'approfondit rien. Cela dit, on rit de temps à autre de ce milieu professionnel étouffant, écrasant tous ceux qui ne résistent pas à la pression ou ne parviennent pas à s'intégrer.

3/10

mercredi 9 novembre 2016

Inferno

Robert Langdon se réveille dans un hôpital italien, frappé d’amnésie, et va devoir collaborer avec le docteur Sienna Brooks pour retrouver la mémoire. Tous deux vont sillonner l’Europe dans une course contre la montre pour déjouer un complot à l’échelle mondiale et empêcher le déchaînement de l’Enfer…
Pour une fois, Langdon ne sait pas tout. Du coup, l'intrigue progresse à vitesse humaine, ou presque, même si on ne comprend tout que lorsque vient l'explication de ce jeu de piste culturel. Il est question de l'enfer selon Dante et donc d'art mais aussi d'écologie version apocalyptique. Qui dit apocalypse dit rédemption. On suit donc l'enquête dans les rues et les monuments de Florence, ville superbe. J'ai découvert le "palais englouti", une salle sublime. Tom Hanks joue aussi bien la désorientation que la résolution. Felicity Jones est excellente en acolyte déterminée. Je trouve de plus en plus de charmes à Ben Foster convaincant en prophète de la fin du monde. Sidse Babett Knudsen et Omar Sy complètent avantageusement ce casting. On est moins dans l'ésotérisme que dans les précédents films. La religion n'est plus en question mais l'humanité, ou du moins la moitié de celle-ci. Le suspense tient la route mais l'enjeu ne fonctionne pas. La moitié de l'humanité ? Vraiment ? L'intrigue est dynamique mais on s'intéresse plus au "comment il va fait pour résoudre ça" qu'au "comment cela va-t-il finir ?" qui est assez évident. Le spectacle, notamment grâce à une bonne photographie, est malgré tout au rendez-vous. Il faut se laisser embarquer sans trop chercher à réfléchir.

6,5/10

lundi 7 novembre 2016

Snowden

Patriote idéaliste et enthousiaste, Edward Snowden semble réaliser son rêve quand il rejoint les équipes de la CIA puis de la NSA. Il découvre alors au cœur des Services de Renseignements américains l’ampleur insoupçonnée de la cyber-surveillance. Violant la Constitution, soutenue par de grandes entreprises, la NSA collecte des montagnes de données et piste toutes les formes de télécommunications à un niveau planétaire.
J'avais suivi l'affaire Snowden de loin. De très loin pour être honnête. Le film romance-t-il la réalité ? Sûrement. Néanmoins, l'essentiel est là. Ce qui inquiète le plus ? Les dignitaires de la CIA et de la NSA, qui, comme leurs agents ou du moins la plupart d'entre eux, ne semblent absolument pas choqués par la possibilité de violer la vie privée de leur concitoyens sans le moindre motif. Alors celle des étrangers... Ils paraissent déterminés à privilégier une sécurité relative à une liberté réelle. On pourrait se demander, quelle importance si on n'a rien à se reprocher ? Vu que sont aussi surveillées toutes les personnes qui ont été en contact pour une raison ou une autre avec une personne elle-même en contact avec une cible de la NSA, cela se révèle perturbant. Joseph Gordon-Levitt, inspiré, incarne un Snowden aussi attachant qu'agaçant, paranoïaque, bourreau de travail. On sent qu'il se sent valorisé quand on fait appel à lui et que cela a pu peser dans le temps qu'il a pris pour se décider. Shailene Woodley n'est pas mauvaise mais assez transparente. Rhys Ifans, en revanche, est exceptionnel en manipulateur extrêmement doué et inquiétant. Le reste du casting, Timothy Olyphant et Zachary Quinto en tête, est impeccable, quoiqu'un peu effacé par l'omniprésence de Snowden. La construction du film en longs flash-backs est plutôt maligne même si la mise en scène connaît quelques petits coups de mou. Cela n'exclut pas une certaine tension, mais trop peu. Les parties techniques sont peu ou prou évitées pour permettre au grand public de comprendre l'enjeu. Oliver Stone prend clairement position pour le lanceur d'alerte, du coup, le film manque de nuances et s'avère légèrement manichéen. En choisissant d'évoquer largement la vie sentimentale de Snowden, le scénario se retrouve déséquilibré et ne donne pas assez d'ampleur à la partie professionnelle de sa vie. La fin du film m'a laissée dubitative : les Etats-Unis ont interdits les anciennes pratiques de la NSA. Vraiment ? Qui peut croire ça ?

6/10

dimanche 30 octobre 2016

Doctor Strange

Après un grave accident de voiture, le docteur Stephen Strange, talentueux neurochirurgien, doit mettre son égo de côté pour apprendre les secrets d'un monde caché de mysticisme et de dimensions alternatives.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Les épisodes d'exposition peuvent être longuets. En l'espèce, malgré une ou deux petites longueurs dans le premier tiers et un déroulement classique, le film n'est pas ennuyeux et tient ses promesses. Deux heures bien remplies quoique balisées. Le film repose sur deux très gros points forts : le casting et les effets spéciaux. Benedict Cumberbatch, magnétique, campe le très égoïste et arrogant Dr Strange qui doit faire à ce qui pouvait lui arriver de pire. Ou de mieux. Il est excellent. Mads Mikkelsen campe le méchant, assez stéréotypé mais pas manichéen. Ces deux-là sont décidemment très charismatiques. Tilda Swinton joue très bien la sagesse et le mystère mais je la préfère quand même avec des cheveux. Le reste du casting, Ejiofor et McAdams notamment, est impeccable. Les effets spéciaux, entre architecture mécanique et effets psychédéliques, sont absolument géniaux. Très beaux, ils donnent parfois le vertige. Et les scènes de combat sont parfaitement chorégraphiées. Ce nouveau Marvel, ponctué d'humour (j'adore la cape), offre un nouvel univers relié à l'un des autres par la scène post-générique et quelques allusions. Or ce nouvel univers regorge de possibilités. Chouette ! Vivement la suite !
9/10









samedi 29 octobre 2016

L'échange

En novembre 2008 sortait L'échange.
Un petit garçon est enlevé alors que sa mère est au travail. Après plusieurs mois de recherches, la police ramène un petit garçon. Oui, mais voilà, ce n'est pas le bon petit garçon. Pourtant, il prétend le contraire. Christine Collins tente de convaincre la police mais en vain.
Eastwood signe un film dur, mais surtout un film ambitieux qui se donne les moyens de son ambition pour un résultat réussi. Grâce à une reconstitution impeccable, il rend magnifiquement l'ambiance des années 20 à Los Angeles où la corruption règne et où la politique compte plus que la vie d'un gamin ou celle d'une femme. D'ailleurs, une sincère misogynie est de mise pour ces messieurs. Les images sont belles, toujours bien filmées. Le classicisme du propos est magnifié par la photographie. Le scénario, tiré d'une histoire vraie, est très fouillé, plein de rebondissements menant jusqu'au plus sordide. Il réussit à faire durer le suspense jusqu'à la fin. Les seconds rôles sont excellents : surtout Malkovitch en pasteur virulent et compréhensif, et Jeffrey Donovan en flic borné au sourire enjôleur. Quant à Angelina Jolie, elle est pour ainsi dire parfaite : son visage laisse passer toute l'émotion qui se dégage de son personnage, sa peur, sa colère, sa douleur, sa détermination. Elle est criante de vérité, magnifique, bref, impeccable. J'adore son rouge à lèvres et son maquillage en général qui met son visage et sa pâleur en valeur. Le film, qui aurait pu être tire-larmes, est simplement émouvant. Une grande réussite pour un joli coup de cœur.

10/10

jeudi 27 octobre 2016

La fille du train

Rachel prend tous les jours le même train et passe tous les jours devant la même maison. Dévastée par son divorce, elle fantasme sur le couple qui y vit et leur imagine une vie parfaite… jusqu’au jour où elle est le témoin d’un événement extrêmement choquant et se retrouve malgré elle étroitement mêlée à un angoissant mystère.
Quand on me promet un film de suspense, d'angoisse même, j'aime bien que l'ambiance soit au rendez-vous. Là, l'ambiance marche plutôt bien mais pas complètement. La faute à une construction en puzzle qui peut être répétitive. La faute aussi à un suspense qui ne fonctionne que jusqu'aux deux tiers du film environ. Pourtant, l'état physique et émotionnel de Rachel donne à ce dernier un certain flou appréciable. La prestation d'Emily Blunt est excellente, entre obsession hagarde et détermination flanchante. Haley Bennett, séduisante, campe la fille paumée et sensuelle qui semble de rigueur dans ce genre de polar. Rebecca Ferguson a écopé du rôle bizarre de la fille passive agressive. Les hommes ont des rôles secondaires. Luke Evans joue de son sex-appeal, Edgar Ramirez de son charme et Justin Theroux de sa normalité. Agréable à suivre jusqu'au dénouement malgré les fausses pistes trop évidentes, le film manque de force. Si on le compare à Gone girl, il lui manque une profondeur, un contexte social. Le final surprend mais peut-être pas dans le bon sens, un peu frustrant, à l'image du film qui avait pourtant du potentiel.

6/10

dimanche 23 octobre 2016

Jack Reacher : Never go back

Le major Susan Turner, le contact de Jack Reacher dans l'armée, est arrêtée pour trahison : il ne reculera devant rien pour prouver son innocence. Ensemble, ils sont décidés à faire éclater la vérité sur ce complot d'État.
Encore un complot mettant en cause un contractant privé de l'armée. Le précédent Reacher était banal, celui-là, s'il contient plus d'action, est carrément prévisible. On ne s'ennuie pas parce que l'action est bien menée mais franchement, il y avait mieux à faire, même avec ce scénario bancal et trop mince, sorte d'hommage aux films d'action des années 80 et 90. Le suspense tient surtout à l'action, bien réalisée et chorégraphiée. Les scènes de combat sont bluffantes. Tom Cruise, la cinquantaine qui commence à se voir, joue de nouveau l'ex militaire inébranlable, à peine ému par sa potentielle fille, sorte de néo-Schwarzie, l'humour en moins et la raideur en plus. Il n'aura bientôt plus l'âge de ce genre de rôle, peut-être qu'il en profitera pour retrouver des rôles avec plus de jeu. Colbie Smulders joue bien mais n'a pas le charisme de Rosamund Pike. Danika Yarosh a du piquant et pourrait devenir intéressante. On se demande en revanche pourquoi le réalisateur a fait venir Robert Knepper pour des apparitions aussi brèves ; il aurait pu camper le chasseur, ça aurait été plus prenant. La scène finale est un brin ridicule et déjà-vue. Pourquoi vouloir sur-humaniser Reacher ? Deux relations personnelles dans un seul film ? Quel intérêt ? Et ce titre ? Quelle explication ? Bref, le réalisateur aurait mieux fait de rester sur la ligne du premier : action et humour noir.

5/10

mardi 18 octobre 2016

Les lumières de septembre de Carlos Ruiz Zafon

Le dernier du Cycle de la brume ! J'ai beaucoup aimé les deux premiers volumes, qui s'ils ont des défauts, sont très attachants, j'étais presque triste de la finir en achetant le dernier volume.
1937. Simone Sauvelle accepte d'être la secrétaire particulière de Lazarus Jann dans sa propriété de Cravenmoore, en Normandie. Elle part avec sa fille Irène et son fils Dorian. Dans ce manoir aux pièces sombres, peuplé de marionnettes, vit alitée depuis 20 ans la femme de Lazarus. Alors qu'une folie homicide s'empare des lieux, la vérité sera révélée.

Carlos Ruiz Zafon (1964 - ) est un auteur et scénariste espagnol vivant aux États-Unis. Il a gagné plusieurs prix dont le prix Femina en 2004 et le prix Michelet en 2005. En plus de Marina, il a écrit deux trilogies : Le cimetière des livres oubliés et la Trilogie de la brume.

Le livre est trop court, j'avais envie d'en découvrir plus, de plus prendre mon temps, de prolonger la mise en place, l'installation de l'ambiance. Celle-ci est particulièrement travaillée : gothique, sombre, parfois même horrifique. Certaines séquences sont véritablement prenantes et flippantes. L'avantage de la brièveté, c'est la densité du récit et l'enchaînement rapide des rebondissements. Les thèmes abordés sont ceux habituels de Ruiz Zafon : la fin de l'enfance, le premier amour, une maison étrange peuplée d'automates, le mystère, la guerre -en filigrane-. Toujours pas de Barcelone dans ce cycle, cette fois nous sommes en Normandie. Comme dans Le prince de la nuit, nous sommes dans une maison au bord de la mer, aussi inquiétante que belle.
Encore une fois, il existe un mystère planant sur le château et son propriétaire, le gentleman Lazarus Jann et son invisible épouse. Irène et Ismaël sont attachants, pleins de courage et d'appétit de vivre. Dorian et Simone sont plus discrets mais néanmoins plaisants. J'aime la façon dont cet auteur décrit les paysages, de telle façon que l'on s'y croirait : l'île du phare, la grotte aux chauve-souris. Le manoir semble aussi intrigant que sublime. L'intrigue a un petit goût de déjà-vu -et donc est un peu prévisible- mais reste haletante, prenante et très agréable à lire.
Pour conclure, j'adore cette trilogie, à la fois fantastique et mélancolique. A lire et à relire.

8/10

dimanche 16 octobre 2016

L'odyssée

1948. Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre autonome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nouveau monde. Désormais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier.
Que sacrifie Cousteau ? Sa famille, certains amis, son intégrité parfois. Egoïste et charismatique, il est attachant parce que passionné. Son fils, Philippe, est plus attachant encore parce que plus idéaliste donc plus facilement aimable. Lambert Wilson tient là un grand rôle contrasté et fort, rouleau-compresseur écrasant tout sur son passage mais aussi gamin qui rêvait de voler et dont les rêves ont été brisés. Pierre Niney campe un fils plein d'admiration qui cherche l'approbation mais pas prêt à l'adoration. Audrey Tautou, volontaire, joue l'épouse de Cousteau, véritable pilier de la famille. Le fils aîné est un peu laissé de côté, comme dans la réalité en fait. De construction classique, le film suit le parcours de la famille Cousteau entre belles images de l'océan servies par une photographie à tomber et scènes dialoguées. La beauté de certaines scènes est émouvante mais l'émotion siège principalement dans quelques scènes. La découverte de l'état de la Méditerranée 20 ans après leur première plongée fait froid dans le dos. Même moi qui ne suis que très très modérément écolo, je dois admettre que le film a le mérite d'illustrer ce que l'Homme inflige aux océans. Il manque toutefois de souffle. L'aspect épique de l'aventure est un peu dissimulé derrière l'aspect comptable et pratique. Il semble regrettable que Jérôme Salle n'ait pas choisi entre le point de vue de Cousteau et celui de son fils.
7/10
 

samedi 15 octobre 2016

Cigognes et compagnie

Avant, les cigognes livraient les bébés. Désormais, elles acheminent des colis pour un géant de l'Internet. Junior, qui s'apprête à être promu, actionne accidentellement la Machine à Fabriquer les Bébés… qui produit une adorable petite fille. Avec l'aide de Tulip, seul être humain sur le Mont Cigogne, Junior se précipite pour effectuer sa toute première livraison de bébé.
La bande annonce promettait un film d'animation drôle au rythme enlevé. En réalité, deux ou trois scènes sont vraiment drôles et beaucoup font sourire. Le scénario manquant de corps, le rythme n'est pas au rendez-vous. Les péripéties sont peu nombreuses et reposent trop sur des dialogues basiques. L'animation est de qualité, fluide et colorée. Quelques idées sont réellement inventives. Junior et Tulip sont plutôt attachants mais ce sont surtout les bébés qui sont trognons. Mention spéciale à la rouquine premièrement créée, trop chou. J'ai bien aimé les loups et leurs "formations" mais pas le pigeon, pas très beau et peu compréhensible. Le message stop à la société de consommation, concentrons-nous sur ce qui est vraiment important, à savoir la famille, colle à l'air du temps. Les principaux atouts du film restent sa mignonnerie et son coté bon enfant, caractéristiques qui séduiront surtout les plus jeunes.

6/10

dimanche 9 octobre 2016

Miss Peregrine's house for peculiar children

À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs …  et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre "particularité" peut sauver ses nouveaux amis.
Burton excelle dans l'opposition entre la normalité un peu morne, trop banale, et l'extraordinaire à la fois plus sombre et magnifique. On débute en Floride, dans un monde qui a l'air normal, avant de partir au Pays de Galles qui abrite une charmante vieille maison peuplée de gens étranges. Eva Green, sublime, campe une gouvernante à la fois inquiétante et protectrice. Asa Butterfield joue de façon convaincante le jeune héros qui se croit normal jusqu'à ce qu'il découvre la vérité sur sa famille. Ella Purnell, avec ses yeux immenses et une grâce qui sied parfaitement à sa particularité, apporte une touche de douceur et d'étrangeté. Ils sont secondés par l'inquiétant Samuel L. Jackson, la discrète Judi Dench, l'énergique Terence Stamp, et tous les enfants dotés de particularités, pour le moins... particulières (je ne précise pas pour préserver la surprise). Ils évoluent dans un univers parfaitement retranscrit entre horreur et ravissement, bourré de détails. Les effets spéciaux, toujours au service de l'intrigue, sont superbes. Le filme alterne entre scènes d'action efficaces et élégante mélancolie poétique. Au fond, ce que vivent ces enfants est assez triste, ils sont éternellement bloqués dans une boucle temporelle sans jamais grandir ni vivre leur propre vie. Les enfants sont tour à tour drôles et inquiétants, comme le scénario qui regorge de détails. J'ai relevé une toute petite incohérence technique mais je m'en fiche totalement tellement ce film est génial, généreux et visuellement épatant. Oui, ce film a sans doute des défauts, il ne permet notamment pas de développer beaucoup les personnages secondaires, contrairement au roman sans doute, mais il parvient à emporter le spectateur dans son univers onirique et bizarre. Tim Burton est revient sur ses thèmes favoris, l'étrangeté, la transmission et l'acceptation, et c'est pour le mieux. L'un de ses meilleurs films. J'ai bien envie de lire le livre maintenant.
10/10