samedi 9 janvier 2016

Une époque exquise de Dawn Powell

En ce moment, la programmation au cinéma m'intéresse moyennement. Du coup j'ai le temps de lire. Ce livre est recommandé par plusieurs magazines féminins, j'ai été tentée.
(J'ai rarement pris une aussi mauvaise photo, non ?)

Amanda Keeler, ravissante jeune femme de l'Ohio, est devenue une figure new-yorkaise grâce à son mariage avec le magnat de la presse Julian Evans. Vicky Evans, encore sous le coup d'un échec sentimental, accepte l'invitation de son ancienne camarade de classe, et vient tenter sa chance à New York. Comment la candide petite provinciale pourrait-elle imaginer que son amie d'enfance va l'utiliser pour cacher sa double vie à son influent mari ?

Dawn Powell (1896 - 1965) est un écrivain américain. Elle est l'auteur de seize romans, dont Tourne, roue magique ou Les sauterelles n'ont pas de roi, de dix pièces de théâtre, de nombreuses nouvelles destinées à des revues littéraires, et d'un journal. Dans son œuvre, elle dissèque et brocarde New York, des belles demeures de la Cinquième Avenue aux studios d'artistes de Greenwich Village ou elle-même habitait et fréquentait Nabokov, Hemingway, Dorothy Parker, Stella Adler et Edmund Wilson.

J'étais enthousiaste à l'idée de lire un roman brillant et satirique. Oui. Sauf que. Le style d'écriture n'est pas mauvais mais l'auteur abuse des énumérations et des longues descriptions des sentiments des personnages. Or, ceux-ci sont antipathiques. Amanda Keeler Evans est une garce égoïste insupportable, son mari un mégalo paranoïaque, Vicky une petite dinde naïve quoique supportable et Ken est un poivrot indécis. Mis à part Vicky, tous les personnages sont des égoïstes manipulateurs, la guerre n'étant pour eux qu'un sujet de discussion mondaine. Du coup, on ne s'attache à aucun. Les manipulations d'Amanda vont-elles se retourner contre elles ? Forcément, mais on n'est même pas satisfait. On aimerait savourer ses difficultés, mais non. Seules quelques petites victoires de Vicky apportent un souffle d'air dans ce New York pesant.
Et la satire ? Ce n'est pas drôle. Je n'ai pas ri, ni même souri. Seul le personnage de l'oncle monomaniaque de l'atome avait du potentiel, malheureusement pas utilisé. Certes, c'est caustique, brillant et l'élite américaine en prend pour son grade mais c'est aussi incroyablement pessimiste car il semble qu'il n'y ait rien à sauver.
La lecture n'est pas difficile, ni même vraiment ennuyeuse. Elle m'a seulement laissée indifférente. Je me demande si ce n'est pas pire que détester. De ce roman, on vante le caractère actuel. Oui, lorsqu'il y a une guerre, ceux qui ne se battent pas continuent de vivre. C'est toujours le cas. So what ? Certaines personnes sont prêtes à tout pour réussir. C'est toujours le cas, ça l'a toujours été et ça le sera sûrement toujours. Actuel ? Sans doute ? Réaliste... Je n'en suis pas convaincue.

2/10




dimanche 3 janvier 2016

Mes 14 flops 2015

Valentin Valentin // Vain //
7 janvier 2015
Valentin, jeune homme mélancolique, charmant, est partagé entre sa maîtresse au tempérament insatiable, les trois jeunes filles du cinquième étage qui tournent autour de lui, une gardienne démonstrative et une belle chinoise dont la présence dans la maison d'en-face l'intrigue et le fait rêver. A quoi pense-t-il ? Que dissimule-t-il ? Que cherche-t-il ? Valentin invite tous ses voisins à sa pendaison de crémaillère, sans se douter qu'il déclenche ainsi une spirale de violences...

Parfois, je me fais avoir par une bande-annonce. C'est le cas là. J'ai cru que ce serait drôle et enlevé. Je me suis trompée. Le film n'est pas ennuyeux, il n'est pas drôle non plus, ni habité par le suspense. Il est juste plutôt charmant dans le genre succession de scénettes. Mais ce n'est que cela : une enfilade de scènes plus ou moins reliées, plutôt moins d'ailleurs, qui mènent à la mort de Valentin. Ce personnage est sympathique et même attachant même si je ne comprends pas pourquoi toutes les nanas lui courent après. L'excentrique mère ne sert à rien, l'énigmatique Chinoise non plus, la passion des voyages de Valentin non plus. Le personnage de Jane est particulièrement touchant mais ne fait que révéler la banale indifférence de ses voisins. Que dire des acteurs ? Rien de notable en fait. Ils sont agréables, sauf Gillain qui dit parfois ses textes à la façon d'un mauvais acteur de doublage. S'il y a un sens caché à ces tranches de vie, il m'a échappé. D'ailleurs, si l'on veut savoir qui a tué Valentin (curiosité oblige), on est un peu déçu en l'apprenant. D'ailleurs la fin est décevante.

3/10

PS : c'est quoi cette obsession pour la nudité féminine sans objet ?

Un village presque parfait // Un bon téléfilm //
11 février 2015

"Saint-Loin-la-Mauderne", petit village frappé de plein fouet par la crise et la désertification, doit relancer l'usine locale. Seul problème, les assurances exigent la présence d'un médecin à demeure. Or, ça fait 5 ans qu'il n'y en a plus. Derrière le maire, les habitants vont tout faire pour convaincre le très parisien docteur Maxime Meyer que le bonheur est à Saint-Loin-la-Mauderne!

Pour être honnête, je n'ai pas tout saisi de l'intrigue, vu que je me suis endormie vers le troisième quart et me suis réveillée au moment de la révélation de la supercherie. Certes, j'étais fatiguée. Et puis devant ce film, on se sent comme un dimanche après-midi sur son canapé. Du coup, ça incite à la sieste. Ce n'est pas franchement mauvais, on sourit même assez souvent et les paysages sont superbes. Mais que c'est franchouillard ! Les gentils ruraux frustres, le chirurgien esthétique prétentieux, la jolie institutrice... Que de clichés mon dieu ! Du vu, revu, rerevu et encore revu ! Il y avait mieux à faire avec un sujet sur la désertification médicale. Quant aux acteurs, ils s'en tiennent à leur jeu habituel. En fait, il n'y pas grand chose à dire.

3/10

Birdman // Déroutant //
1 mars 2015

À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego… S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir...

C'est bon, j'avoue : j'aime les réalisations classiques. Les machins-choses indé auto-satisfaites qui se prennent au sérieux genre moi j'ai une vision de l'art cinématographique et j'emmerde le spectateur qui court voir des films de super-héros, ça me gonfle. D'abord, je vais les voir, moi, les films de super-héros. Ok, il y a des trouvailles visuelles dans ce film mais le gros plan permanent caméra à l'épaule, ça lasse. Quant aux percutions, je n'en peux plus. Je savais que le film risquait d'être perché mais à ce point ! Le personnage principal, un acteur égocentrique guère attachant, alterne réalité et hallucinations. Sa fille essaie de régler son mal-être, sa nouvelle copine de se faire aimer, le but des autres personnages m'échappe, certains semblent être des faire-valoir. Reste la performance des acteurs, impeccable, notamment Edward Norton qui vole presque la vedette à Keaton. Le parallèle entre la vie, le film et la pièce dans le film -le rapprochement entre ces deux derniers donnant lieu à des scènes répétitives- est visible. Cela aurait pu donner quelque chose si l'émotion nous parvenait, ou même l'humour, mais ce film m'a laissée froide. Et en plus, le scénario réussit à être à la fois abscons, surtout le final, et prévisible. Oui, Inarritu critique le cinéma de super-héros, Broadway, la société de communication et les critiques. Intéressant, en particulier les coulisses de la préparation d'une pièce de théâtre, mais un peu aigri non ? Moralité ? La gloire est éphémère. Non ? Pas possible ! En tout cas je suis complètement passée à côté. Mais qu'il saute à la fin !

3/10

PS : J'hallucine : la profession du cinéma américain, Hollywood pour faire simple, a récompensé un film dont le réalisateur la méprise explicitement. Sens de l'auto-dérision ? de l'auto-critique ? Ou ils n'ont rien compris au film et ils n'osent pas le dire ?

Hacker // Décevant //
28 mars 2015

Une centrale nucléaire chinoise a été hackée, provoquant un accident nucléaire. Aucune tentative d’extorsion de fonds ou de revendication politique n’a été faite. Le capitaine Dawai Chen est chargé de retrouver et de neutraliser l’auteur de ce crime. À Chicago, le Mercantile Trade Exchange est hacké, provoquant l’inflation soudaine des prix du soja. Carol Barrett, une agente chevronnée du FBI, encourage ses supérieurs à associer leurs efforts à ceux de la Chine. Chen insiste pour que ses homologues américains libèrent sur le champ un célèbre hacker détenu en prison : Nicholas Hathaway.

L'idée de départ n'est pas novatrice mais elle aurait pu donner quelque chose de très sympa. Mais non. Le film est lent, bourré de plans contemplatifs inutiles, il aurait pu être raccourci d'une vingtaine de minutes. Quant aux scènes d'action, elles sont ratées, la faute à la caméra tremblotante. Pour faire court, on ne voit rien. Et même lors des scènes plus calmes, la caméra bouge à vous donner le mal de mer. Certes, cela donne une esthétique documentaire plus réaliste. Mais c'est moche bon sang ! La musique est trop explicative et les poncifs se multiplient. La romance entre les deux personnages commence de façon très peu crédible (Un regard ou deux et paf, déclaration d'amour éternel !). Chris Hemsworth joue plutôt bien et il est -très- joli à regarder mais son personnage est quasi omnipotent (hacker, free fighter, infirmier, stratège). Et en plus il est gentil ! Les autres acteurs sont sympas, notamment Tang Wei et Leehom Wang. Mais cela ne suffit pas. Pourtant l'intrigue aurait pu être plaisante à suivre si elle ne terminait pas en queue de poisson. Le film n'est pas totalement ennuyeux, ni complètement raté mais il a manqué son but.

3/10

Les profs 2 // Drôle et nul //
13 juillet 2015

Les pires Profs de France débarquent en Angleterre pour une mission ultra-secrète dans le meilleur lycée du pays où ils vont appliquer leurs célèbres méthodes sur la future élite de la nation. Aux meilleurs élèves, les pires profs quand même !!!

Le premier était bordélique, le second y va très fort dans l'absurde. Problème, l'effet de surprise est passé. Le casting est particulièrement inégal, le scénario absent et néanmoins prévisible. La B.O se révèle sympa et pleine d'énergie. Le jeu de l'opposition entre Français et Anglais se résume à quelques clichés vu et revus à des clins d'œil qui ressemblent à des appels du pied. Si on accepte le non-sens, on peut rire pas mal dans ce film. Et l'oublier aussitôt sortie de la salle.

3/10

L’homme irrationnel // Décevant //
24 octobre 2015

Professeur de philosophie, Abe Lucas est un homme dévasté sur le plan affectif, qui a perdu toute joie de vivre. Peu de temps après son arrivée dans l’université d’une petite ville, Abe entame deux liaisons : avec Rita Richards, collègue en manque de compagnie et avec Jill Pollard, sa meilleure étudiante, qui devient aussi sa meilleure amie.

Je n’ai pas aimé. Autant j’avais trouvé le précédent plein de charme, autant celui-là est fidèle à l’une de ses répliques : c’est de la masturbation verbale. On écoute Joaquin Phoenix faire de la philosophie, c’est assez ennuyeux et peu clair quoique sans doute intelligent. Son personnage est assez attachant, Abe est un type désabusé jusqu’à ce qu'une action à la morale douteuse lui redonne le goût de la vie. Jill, en revanche, est insupportable. C’est une midinette écervelée fascinée par un écorché vif qu’elle croit pouvoir changer. Une vraie cruche. Elle parle de lui à longueur de temps, saoulant sa famille, son petit ami et le spectateur. D’ailleurs, le film est particulièrement bavard mais manque cruellement d’humour. Toutefois, l’étrange morale du film m’a plutôt amusée. Les paysages sont superbes mais la ritournelle qui revient sans cesse, si elle est sympathique, finit par lasser. Joaquin Phoenix, bedonnant, est plutôt bon et toujours charismatique. Emma Stone surjoue un peu en micro-jupe. Parker Posey est parfaite en professeur qui s’ennuie et cherche une échappatoire. Je regrette que les personnages féminins soient caricaturaux et qu’Allen ait choisi un point de vue aussi sexiste. La fin est trop rapide, comme sans conséquence. On est très loin du brillant Match Point.

3/10
Ange et Gabrielle // Inconsistant //
14 novembre 2015

Gabrielle élève seule sa fille, Claire, qui, à 17 ans, est enceinte de Simon qui refuse de se voir imposer ce bébé. Gabrielle décide de demander de l’aide au père de Simon et débarque dans le bureau d’Ange, célibataire endurci et grand séducteur, qui n’a jamais assumé sa paternité et n’a aucune intention de le faire.

Le film ne tient que sur le charme, certes réel, des deux acteurs principaux. Sans Isabelle Carré et Patrick Bruel, on s’ennuierait ferme dans cette comédie qui fait souvent sourire mais ne convainc pas. Elle aborde des sujets graves avec légèreté. Ce serait appréciable si elle n’y ajoutait pas aussi une forme de superficialité. Les enjeux sont effleurés mais jamais traités. Ces gens riches et beaux qui ont de beaux appartements en plein centre de Paris sont finalement à peine touchés par leurs propres problèmes. Pas de surprise, des seconds rôles inexistants, transparents, malgré le talent de Laurent Stocker, scénario plat, la fin est vite devinée dans son intégralité. Le résultat est distrayant mais vite oublié tellement il est insipide.

3/10

Charlie Mortdecaï // Loufoque //
25 janvier 2015

Beaucoup de monde est à la poursuite de Charlie Mortdecai : des Russes fous furieux, les services secrets britanniques très remontés, un terroriste international et même sa somptueuse épouse… Pour se tirer des situations impossibles qui le guettent, l’élégant marchand d’art et escroc occasionnel n’a que son charme. Il va lui en falloir beaucoup s’il veut s’en sortir vivant et être le premier à retrouver le tableau volé qui conduit au trésor caché des nazis…

La recherche du tableau volé et ses rebondissements téléphonés ne sont qu'un prétexte aux aventures sans queue ni tête de ce dandy maladroit qui frise la stupidité. D'ailleurs, on ne comprend pas bien pourquoi sa brillante épouse l'aime autant. Johnny Depp enchaîne les grimaces, cabotine à mort, le scénario et les blagues ne sont pas si fins qu'ils autorisent le surjeu. Quand changera-t-il de registre ? Gwyneth Paltrow fait mieux, elle est enjouée, maligne et mordante, c'est elle qui tire son épingle du jeu. Ewan McGregor a l'air de s'amuser mais de ne pas très bien savoir où il va. Enfin, Paul Bettany, qui a un chat -que dis-je, un lynx- dans la gorge, s'en sort plutôt bien. J'avoue, j'ai mis un temps infini à rentrer dedans, et encore, pas complètement. C'est du millième degré, je ne l'ai pas atteint, bien qu'il me soit arrivé de rire. En revanche, la B.O de ce pastiche de film d'escrocs / espions des sixties est absolument extra, de même que les décors.

3,5/10

Joker // Déroutant //
18 janvier 2015

Nick Wild, ex-marine addict au jeu, se reconvertit dans la protection rapprochée de clients lucratifs. Il compte ainsi quitter Las Vegas pour mener une vie meilleure. Lorsque son ancienne compagne, Holly, est retrouvée battue sur le parking des urgences, Nick accepte de l’aider à se venger. Il va rapidement découvrir que le coupable n’est autre que Danny DeMarco, membre d’une puissante famille du milieu.

C'est un film étrange qui alterne dialogues un peu abscons et scènes d'action brutales et souvent au ralenti, par ailleurs très bien faites. Je n'avais jamais entendu Jason Statham en V.O et j'ai eu du mal à me faire à sa voix qui du coup me paraissait décalée. Le film part dans tous les sens, s'éparpille au lieu de rester centrer sur l'histoire de vengeance, c'est déroutant et mais quand même assez prévisible. Le scénario emmêle amitié, addiction dévastatrice, Vegas et son attraction, vengeance, violence, picole, le tout sur fond d'hommage aux films des seventies et de B.O au poil. Il survole certains sujets, ainsi que la plupart des personnages (c'est quoi ce "méchant"), bref, frustre à mort le spectateur. Cela dit, je ne me suis pas ennuyée. Un film bizarre donc.

4/10

Bis // Insatisfaisant //
28 février 2015

Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et Patrice, père de famille « monogame » à la vie bien rangée, sont amis depuis le lycée. Après une soirée bien arrosée, les deux amis d’enfance se retrouvent propulsés en 1986 l'année de leurs 17 ans. Ce retour dans le passé est l’occasion rêvée pour tenter de changer le cours de leur vie.

Le cinéma français de ces derniers temps semble atteint par une nostalgie féroce de l'adolescence (Camille redouble et autres). Je me demandais ce que ça pouvait donner du point de vue de Farrugia. C'est moins gras que ce à quoi je m'attendais, plutôt drôle, enfin ça fait sourire, malgré quelques scènes ahurissantes et la gêne que j'éprouve à voir un type de 50 ans baver devant une minette de 17, même très jolie. Pourquoi ne pas garder des acteurs jeunes (surtout celui qui interprète Eric, très joli à regarder) ? Mystère sinon que Merad et Dubosc toucheraient un cachet moindre. Ils peinent à faire décoller le film à cause d'un scénario plat et d'un sur-jeu un peu fatigant au final. Darmon et Lamy s'en sortent bien mieux. Le film est tendre, doucement nostalgique des années 80, bourré de références parfois lourdingues. La leçon de l'histoire ? Il faut profiter de chaque moment et ne pas oublier la valeur de ce qu'on a. Mouais, ça manque de fantaisie ça. Il y avait décidément autre chose à faire avec ce pitch de départ. Le film fonctionne sur la sympathie que l'on éprouve pour le casting et la B.O rythmée. Ce n'est pas catastrophique mais c'est insatisfaisant et surtout très oubliable - à peu près dès les portes de la salle passées.

4/10

Nos femmes // Décevant //
29 avril 2015

Max, Paul et Simon, amis depuis 35 ans, se retrouvent chez Max pour une partie de cartes. Simon apparaît anéanti et raconte qu’il a tué Estelle, son épouse. Il les supplie de lui fournir un alibi, Max et Paul hésitent.

J'aurais dû être cliente même si je ne suis fan d'aucun des acteurs. J'aurais dû. Je ne sais pas pourquoi, la mayonnaise n'a pas pris. Est-ce à cause du passage de la scène à l'écran ? Peut-être, Berry n'a pas réussi à perdre l'outrance naturelle du théâtre. Du coup, tous les acteurs en font un peu trop. Le scénario est assez basique, j'avais deviné une partie du dénouement dès la bande-annonce. Ces disputes entre quinquas en pleine crise, c'est du vu et revu et aucune originalité n'est amenée. Je n'ai pas compris le titre. Il n'est pas tant que ça question des compagnes de ces messieurs. Certaines répliques font rire mais d'autres m'ont laissée froide, sans doute à cause d'un côté un brin hystérique d'Auteuil qui fatigue. Il y avait autre chose à faire avec ce pitch de départ.

4/10

A la poursuite de demain // Optimiste à hurler //
23 mai 2015

Casey, une adolescente brillante et optimiste, douée d’une grande curiosité scientifique et Frank, un homme qui fut autrefois un jeune inventeur de génie avant de perdre ses illusions, s’embarquent pour une périlleuse mission. Leur but : découvrir les secrets de Tomorrowland.

J'avoue être déçue. Je m'attendais à autre chose. Le film peine à démarrer et le rythme n'est jamais particulièrement trépidant. Certes, on suit les aventures de ces personnages sans déplaisir mais ceux-ci ne sont pas attachants entre George Clooney qui bougonne, Hugh Laurie impassible et Britt Robertson qui hurle toutes les deux minutes. Seule Raffey Cassidy et son étrange personnage sont attachantes et intéressantes. La musique appuie lourdement le contenu des scènes, les effets spéciaux sont soignés mais pas transcendants. Les scènes de combat à mains nues sont accompagnées d'étranges bruitages qui semblent dater des films de Bruce Lee. L'esthétique est belle bien que visiblement très inspirée par Disneyland. Le fond ? Sur une base de science-fiction, le message est martelé jusqu'à la nausée : il faut être optimiste et tout faire pour construire un monde meilleur. Je m'interroge sur le public à qui le film est destiné : les plus petits n'y comprendront rien, les plus grands seront comme moi déçus. Donc le cœur de cible est mince. Pourtant, ce n'est pas une catastrophe, c'est juste que je l'aurai oublié la semaine prochaine, sauf si une personne mal intentionnée prononce le mot "optimisme", je risque d'avoir des hauts-le-cœur. Plus sérieusement, le propos n'est pas absurde, loin de là mais il est appuyé, répété, j'ai eu l'impression qu'on me prenait pour une imbécile.

4/10

Maggie // Triste //
29 mai 2015

Une épidémie transforme les individus atteints en zombies cannibales. Le gouvernement impose de placer les malades infectés en quarantaine.Maggie, 16 ans, a été contaminée. Son père, Wade Vogel, est déterminé à la protéger.

Ce film est très étrange et aurait pu être excellent. Mais... Le réalisateur, Henry Hobson, a fait plonger son film. C'est tourné en partie caméra à l'épaule donc l'image n'est pas stable et souvent floue. Ce n'est pas grave, on ne voit pas grand chose de toute façon puisque c'est filmé en clair-obscur permanent, même les scènes à l'extérieur en pleine journée. Le réalisateur est monomaniaque : il ne fait que des plans larges sur de jolis paysages crépusculaires ou des plans serrés sur au choix : le visage des acteurs -enfin une partie de leur visage- ou le bas de la robe de l'actrice gonflé par le vent. Visuellement c'est un supplice. Et la musique ? Monocorde, sans intérêt. Le scénario n'est pas tant un film de zombie qu'un drame familial, pas mauvais au demeurant. Quelques incohérences à déplorer, ainsi que le manque d'opposition : pour ainsi dire tout le monde veut aider Schwarzie et sa fifille. Arnold Schwarzenegger ne sera jamais un grand acteur mais il réussit à rendre ce papa poule plutôt attachant. Abigail Breslin, qui bénéficie -si l'on peut dire- d'un maquillage soigné, est émouvante en ado qui essaie de vivre sa vie d'ado alors qu'elle est mourante et dangereuse. Joely Richardson est l'intrus dans ce duo filial débordant d'amour, elle apporte un contrepoint de normalité. Le film, mélancolique à tendance contemplative, parvient, malgré une flopée de défauts, réussit -miracle ?- à émouvoir.

4/10
Gunman // Décevant //
27 juin 2015

Ex-agent des forces spéciales, Jim Terrier est devenu mercenaire. Jusqu’au jour où il décide de tourner la page et de se racheter une conscience en travaillant pour une association humanitaire en Afrique. Lorsque son ancien employeur tente de le faire tuer, Jim n’a d’autre choix que de reprendre les armes.

Je commence mal la séance, je n'avais pas vu qu'elle était en français sous titré français. Un supplice ! D'autant que le doublage n'est pas top. Cela faisait un moment que je n'avais pas vu Sean Penn au cinéma et j'avais oublié combien je n'aime pas sa voix française. Voilà un thriller classique qui se veut à l'ancienne. D'ailleurs, la trame est très classique et donc prévisible d'autant que la bande annonce en dévoile beaucoup. C'est lent à démarrer et ça manque de tension, faute de véritable enjeu. Sean Penn, bodybuildé, s'essaie au film d'action. Pourquoi pas ? Il ne s'en sort pas trop mal mais son personnage est sous exploité, surprenant vu qu'il s'agit du personnage principal. Les personnages secondaires sont tantôt horripilants -Javier Bardem surexcité- tantôt attachants -Ray Winstone-. Les scènes d'action se révèlent bien réalisées et lisibles. Le sujet politique est secondaire mais intéressant : l'action des multinationales sur les pays africains en guerre. On ne peut que regretter qu'il ne soit que survolé au profit d'une intrigue assez artificielle et pleine d'incohérences. Restent quelques bonnes scènes d'action.

4/10

Le tout nouveau testament // Inclassable //
6 septembre 2015

Dieu existe, il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger, j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde…

Voilà un objet cinématographique non identifié très étrange. Mélange de comédie absurde et de drame désespéré. On y évoque une religion dévastatrice, violence familiale, solitude, mort, y compris des enfants, tolérance, acceptation de la différence. Le résultat est au final extrêmement bien pensant. Benoît Poelvoorde excelle en salaud irrécupérable violent tendance psychopathe. Je le préfère dans des rôles plus tendres. Pili Groyne ne manque pas de talent malgré son jeune âge mais son rôle est celui d'une observatrice extérieure qui agit une fois et puis plus rien. Le reste du casting est bon mais les personnages ne sont pas toujours attachants, sauf le gamin. J'ai bien aimé l'idée de la petite musique, peut-être parce que ça m'a fait penser à Sagan. C'est souvent drôle mais la plupart des scènes humoristiques constituent la bande annonce. La B.O est plutôt chouette, elle donne un peu de rythme à cette suite de scénettes étranges dans des décors moches avec un faux gorille affreux. Certains côtés sont trop absurdes pour moi. De surcroît, ce n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais. Un peu dommage, il y avait autre chose à faire avec un tel synopsis.

4/10

Mes 11 tops de 2015

Queen and country // Délicieux //
12 janvier 2015

1952. Bill Rohan a 18 ans et l’avenir devant lui. Pourquoi pas avec cette jolie fille qu’il aperçoit sur son vélo depuis la rivière où il nage chaque matin ? Mais il est appelé pour effectuer deux années de service militaire en tant qu’instructeur dans un camp d’entraînement pour jeunes soldats anglais en partance pour la Corée. Bill se lie d’amitié à Percy, un farceur dépourvu de principes avec lequel il complote pour tenter de faire tomber de son piédestal leur bourreau : le psychorigide Sergent Major Bradley.

Je ne m'attendais pas du tout ça et j'ai été très agréablement surprise. Une fois passée la première scène qui ne sert à rien si on n'a pas vu Hope and Glory, on découvre Bill, un jeune homme qui espère que l'armée l'aura oublié. Bah non. Plutôt sage, il se lie avec un trublion et tombe amoureux d'une ravissante jeune femme vraiment très compliquée. Les personnages sont traités avec tendresse mais sans complaisance. Callum Turner est touchant dans son rôle qui aurait pu être agaçant parce que trop sage au début. On s'attache à ce grand dadais dépassé par les événements. Caleb Landry Jones a une palette de jeu extrêmement variée. David Thewlis surprend (dans le bon sens) dans un rôle tellement à contre-emploi que j'ai eu du mal à le reconnaître. Tamsin Egerton, superbe, campe à merveille l'enquiquineuse de service. Vanessa Kirby et Aimee-Ffion Edwards sont épatantes. Le film parle de l'entraînement -lacunaire- des soldats dans les années 50, de l'armée, de la jeunesse confrontée à l'autorité, d'amitié, de famille et d'amour. Sur un ton tantôt vraiment drôle et impertinent, tantôt touchant, il traite de choses graves. Les scènes passées sur l'île bénéficient de la beauté du paysage et d'une lumière au top. Cela m'a fait penser au Grand Meaulnes, par sa poésie, sa mélancolie et son charme désuet. Je crois que je tiens ma pépite anglaise de l'année (ça m'avait manqué ces deux ou trois dernières années).

9,5/10

Me suis laissée emportée par l'euphorie de l'instant, sans doute. Et alors ?

La femme au tableau // Fantastique //
19 juillet 2015

Maria Altmann, septuagénaire excentrique, confie une mission des plus sidérantes à Randy, jeune avocat : l’aider à récupérer l’un des plus célèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé en d’Autriche, dont elle assure que celui-ci appartenait à sa famille ! Mais l’Autriche n’entend évidemment pas rendre la « Joconde autrichienne » à sa propriétaire légitime…

Ce qui frappe d'abord, c'est la facilité avec laquelle on entre dans cette histoire qui mêle habilement deux époques. La reconstitution des années 30 et du début des années 40 est impeccable, tout à tour mélancolique et joyeuse. Les personnages ont une vraie profondeur. Helen Mirren est extraordinaire, très touchante et en même temps drôle et piquante. Maria est compliquée, elle veut que justice soit rendue mais pense aussi abandonner plusieurs fois, désemparée par l'ampleur et la difficulté de la tâche. Ryan Reynolds m'a surprise, dans le bon sens, c'est la première fois qu'il m'émeut. Tous les seconds rôles sont parfaits : de Charles Dance, glacial, au talentueux Daniel Brühl, en passant par l'attachante Katie Holmes, aux charmants et émouvants Max Irons et Tatiana Maslany, sans oublier la troublante Antje Traue de le rôle de la belle Adèle. Le cinéma s'intéresse rarement à l'Autriche pendant la guerre, voilà chose faite. On y découvre la persécution des Juifs, abjecte, et le vol de leurs biens, y compris leurs œuvres d'arts. On découvre aussi, atterré, la volonté de non restitution de l'Autriche moderne, dérangeante. Cependant, son point de vue n'est pas réellement présenté, c'est sans doute l'un des seuls défauts du film avec le fait que j'aurais aimé plus voir les toiles. Certaines scènes sont sincèrement émouvantes, sans grands violons. D'autres, comme celle du mariage, sont de petites merveilles.

9,5/10

Crimson Peak // Fascinant //
17 octobre 2015

Edith Cushing, jeune romancière en herbe, vit avec son père dans l’État de New York. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : "Prends garde à Crimson Peak". Une marginale dans la bonne société de la ville de par sa fâcheuse "imagination", Edith est tiraillée entre deux prétendants: son ami d’enfance, le docteur Alan McMichael, et un intrigant baronnet anglais, Thomas Sharpe.

J’ai adoré ce film ! Plus qu’un film d’horreur, c’est un drame horrifique un peu gore sur la fin. L’atmosphère sombre et glauque du château délabré est une merveille, notamment grâce à un travail sur les décors (le manoir qui s’enfonce dans l’argile rouge qui suinte même des murs, avec sa toiture percée et son architecture gothique) et la lumière. Les fantômes ont une esthétique novatrice et superbe, un brin flippante mais pas trop. On frissonne pour l’héroïne, on sourit aussi de temps à autre parce que le scénario n’est pas dénué d’humour noir. Certes, le pot aux roses devient vite évident. Cependant, ce n’est pas ce qui compte car Del Toro s’intéresse surtout à ses personnages à leur psychologie, à leurs contradictions. Mia Wasikowska campe une jeune femme qui se veut moderne mais est éblouie par l’image du prince charmant. Son personnage est aussi courageux et ne passe pas son temps à hurler, ça c’est vraiment chouette. Elle est naïve mais évolue vers la maturité. Tom Hiddleston est magnétique en aristocrate désargenté pris en étau entre les deux femmes de sa vie. Jessica Chastain, à la fois vénéneuse et glaciale, convainc loin des autres rôles qu’elle a pu jouer, de même que Charlie Hunnam, impeccable, que j’ai mis un temps fou à reconnaître. La fin est émouvante. Un bel hommage au gothique anglais.

9,5/10
Souvenirs de Marnie // Superbe //
17 janvier 2015

Anna, jeune fille solitaire, vit en ville avec ses parents adoptifs. Un été, elle est envoyée dans un petit village au nord d’Hokkaïdo. Dans une vieille demeure inhabitée, au coeur des marais, elle va se lier d’amitié avec l’étrange Marnie…

Quel dommage qu'il soit question de fermer les studios Ghibli ! Ils produisent pourtant des films d'animation d'une qualité incroyable, tant scénaristiquement que visuellement.

Il est ici question d'une ado sombre, un peu révoltée, qui est envoyée respirer le bon air de la campagne (elle est asthmatique et un poil dépressive) chez sa tante et son oncle, un couple de débonnaires sympathiques. Elle y rencontre Marnie, jeune fille mystérieuse avec qui elle vit une amitié exaltée. Ici pas de créatures fantastiques ou de sorcières mais un marais et la campagne japonaise si chère à Miyasaki, beaucoup de mystère, de poésie et de tendresse. Les personnages sont très attachants et le fin mot de l'histoire dévoilé à la fin. Le film aborde des sujets graves : solitude, mal-être, deuil, transmission. On se demande même un moment si Anna n'est pas folle. D'ailleurs il faut éviter d'emmener les tout petits qui n'y comprennent rien (je le sais, celui derrière moins posait des questions à ses parents tout le temps). Esthétiquement, c'est superbe. Le dessin est précis mais garde sa grâce, les couleur sont magnifiques. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas cessé de pensé à Princesse Sarah. Peut-être à cause du côté un peu mélo. Pas de révolution mais une œuvre poétique, mélancolique, émouvante.

9/10
The imitation game // Brillant //
31 janvier 2015

1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

J'en attendais beaucoup, je ne suis pas déçue. Il est autant question de briser un système de codage et des conséquences de la réussite que de tenter de vivre sa sexualité dans un pays qui la pénalise. La recherche scientifique est montrée sans être ennuyeuse, Tyldum aurait toutefois put appuyer un peu plus sur l'aspect politique, sur l'existence de travaux antérieurs et sur les voyages de Turing. Turing est dévoilé sans que ses défauts soient dissimulés. Il est attachant, tantôt agaçant, tantôt émouvant. Benedict Cumberbatch laisse exploser tout son talent, avec finesse et sensibilité. C'est lui qui porte, avec succès, une bonne partie du film sur ses épaules. Keira Knightley a toujours autant de charme mais elle a gagné en profondeur. Le reste du casting (Goode, Strong, Leech, Beard, Dance...) est à l'avenant, c'est à dire brillant. Et drôle. En effet, le scénario évite de plonger dans le thriller dramatique et ne néglige pas l'humour (british évidemment) qui allège grandement l'atmosphère. Certes, il s'agit d'un film d'acteurs, d'un film à oscars de surcroît, cependant le suspense tient, bien que l'on connaisse la fin. Les trois périodes qui se chevauchent ne perdent pas le spectateur, au contraire, elles permettent de casser le rythme qui serait sinon trop linéaire. De plus, celle de la jeunesse éclaire un peu la personnalité de ce génie solitaire et malheureux. La fin est affreusement triste et laisse un goût amer. Bien sûr, le film ne traite pas tous les aspects de la vie et du caractère de Turing mais c'est un excellent point de départ.

9/10

Kingsman : the secret service // Jubilatoire //
22 février 2015

Kingsman, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, fait passer des tests à des recrues potentielles. L’une d’elles semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie ?

Pour une fois, l'affiche ne ment pas, l'influence de Tarantino se fait clairement sentir. Tant mieux. S'il faut un petit moment pour entrer dans le film, une fois que c'est fait, on peut véritablement profiter de cette parodie intelligente, dynamique et drôle. Quelle bonne idée de détourner le si sérieux Colin Firth de ses rôles habituels pour lui offrir celui du parfait agent secret avec gadgets de folie (mention spéciale au parapluie, d'une classe folle) ! Il est impeccable, très élégant et toujours aussi charismatique. Taron Egerton est un jeune premier intéressant qui porte bien mieux le costume que la casquette (un crime que cet accessoire vestimentaire). Mark Strong, Michael Caine et Samuel L. Jackson jouent les seconds rôles efficacement. Sofia Boutella a pour principal intérêt des jambes épatantes. Visuellement, on tangue entre entre effets spéciaux volontairement loufoques et scènes d'action impeccables. Quoiqu'on se demande souvent comment le scénariste a osé écrire tel dialogue ou telle scène, on rit beaucoup. Le scénario suit une trame classique de film d'espionnage pour mieux en détourner les codes ou les moquer, de même que notre société ultra connectée.

9/10

Mad Max : Fury road // Brillant //
17 mai 2015

Mad Max, emprisonné pour servir de réserve de sang, se retrouve enchaîné à l'avant d'un véhicule lancé à la pousuite du camion piloté par l'Imperator Furiosan fuyant la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s'est fait voler des possessions irremplaçables.


N'ayant pas vu la trilogie originelle, je ne peux pas comparer. Par ailleurs, le doublage est assez mauvais. Cela dit, cet opus est top. Visuellement, il est magnifique. Les paysages sont traités en profondeur grâce à la 3D qui, pour une fois, apporte un vrai plus esthétique. Les effets spéciaux sont grandioses et l'action, omniprésente, est bien visible, notamment grâce à des cascades dépourvues d'effets numériques (ou du moins pas complètement numériques). Le rythme est soutenu et, si le scénario est relativement prévisible, le film, nerveux, est prenant. Tom Hardy est torturé et mystérieux à souhait. Charlize Theron est pleine de force et de courage. Nicholas Hoult est parfaitement déjanté. Hugh Keays-Byrne campe un tyran étrange et charismatique. Zoë Kravitz, Rosie Huntington-Whiteley et les autres jeunes filles sont les atouts charmes de ce film violent, brutal et spectaculaire, le tout orchestré sur une musique puissante. La question du chaos, des sociétés qu'il engendre, est traitée en filigrane. Les war boys sont dingues, à tendance dégénérés, et au final assez fun dans cette ambiance post-apocalyptique tendance nihiliste très bien rendue. A quelques occasions cependant, et malgré des personnages pas assez développés à mon goût, l'émotion affleure. C'est un film à voir.

9/10

Le labyrinthe du silence // Passionnant //
22 mai 2015

Allemagne 1958 : un jeune procureur découvre des pièces essentielles permettant l’ouverture d’un procès contre d’anciens SS ayant servi à Auschwitz. Mais il doit faire face à de nombreuses hostilités dans cette Allemagne d’après-guerre. Déterminé, il fera tout pour que les allemands ne fuient pas leur passé.

Je n'avais jamais pensé que treize ans après la fin de la guerre, les Allemands ignoraient ce qui s'est passé à Auschwitz et même le nom du camp. Et personne ne voulait savoir, ou presque. En cela, le film recèle un aspect implacable. Il traite clairement de la volonté d'oubli de certains Allemands opposée à celle de vérité et d'expiation d'autres. Il est aussi question de l'Allemagne d'après guerre avide de fêtes (la reconstitution est impeccable), de la difficile reconstruction des déportés, d'amitié, d'obsession, d'acharnement, de pardon. Le film, bien qu'assez académique dans sa réalisation et son déroulement, est riche, non dénué d'humour et porté par une très jolie bande originale. De façon générale, le casting est impeccable. Plus particulièrement, Alexander Fehling est excellent, tout passe par son visage. Friederike Becht apporte une touche de fraîcheur et de légèreté. Johannes Krisch est très touchant. Si la partie concernant la vie privée du procureur -mélange de trois procureurs ayant existé- est prévisible, on se laisse porter par cette enquête semée d'embûches, passionnante de bout en bout entre inertie de l'administration, politique internationale complexe et changeante, témoins rétifs et protections en haut lieu. Elle ménage par ailleurs quelques plages d'émotion sincère et puissante, sans jouer sur du gros pathos tire-larmes. Un premier film brillant et aussi indispensable d'un point de vue historique qu'un film peut l'être.

9/10

Seul sur Mars // Top //
25 octobre 2015

Lors d’une expédition sur Mars, Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers obligés de décoller en urgence. Il a survécu et reste seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre.

Pour une fois que je vois un film en 3D, je ne suis pas déçue, loin de là. Elle n’est pas utile tout le temps mais elle ajoute de l’agrément aux scènes d’action et d’extérieur et ne gêne jamais dans les autres. On a dit du bien du dernier Ridley Scott mais c’est mieux que ça ! Pas de temps mort dans ce film prenant et drôle qui vante l’ingéniosité et la solidarité. Il est plein d’humour et de tendresse pour ses personnages, tous attachants. La B.O, très disco, et toujours rythmée donne un contre-point intéressant à la tension de certaines scènes. Matt Damon joue un astronaute optimiste et brillant, souvent émouvant. Jessica Chastain, Kate Mara, Sebastian Stan, Aksel Hennie, Chiwetel Ejiofor et les autres forment un casting éclectique au jeu impeccable. Visuellement, les effets spéciaux sont magnifiques, parfois spectaculaires. La partie scientifique est complexe mais accessible. Le scénario est clair, plein de rebondissements. J’ai apprécié l’alternance Mars / Nasa qui permet des ruptures dans l’aspect linéaire du film. Scott ne s’est pas privé d’une présentation ambivalente de l’agence américaine dont le directeur semble plus intéressé par la com’ que par ses équipages. En revanche, je suis un peu agacée par le côté “ouais, nous les Américains, on est super forts”. La fin est prévisible -et jouissive- mais comment pourrait-il en être autrement ? On ne passe pas loin de l’épique.

9/10

Loin de la foule déchaînée // Magnifique mélo //
7 juin 2015

Dans la campagne anglaise de l’époque victorienne, une jeune héritière, Bathsheba Everdeene doit diriger la ferme léguée par son oncle. Femme belle et libre, elle veut s’assumer seule et sans mari mais se fait courtiser par trois hommes, le berger Gabriel Oake, le riche voisin Mr Boldwood et le sergent Troy.

Ce qui frappe en premier dans ce film, c'est sa beauté formelle : paysages magnifiques, travail sur les lumières, jeu d'ombres, reconstitution soignée, musique adaptée et non envahissante. Ensuite sur le fond, il est question de savoir si une femme peut s'assumer seule, si elle peut choisir de s'appuyer sur un homme et si elle peut choisir lequel. Suivre son cœur, sa raison, son envie ? Carey Mulligan est excellente en héroïne perdue dans ses contradictions : entre indépendance et naïveté. Matthias Schoenaerts est incroyable de densité. Dommage qu'entre ces deux acteurs principaux l'alchimie à l'écran soit trop limitée à mon goût, ou filmée avec trop de pudeur, je ne sais pas. Michael Sheen, en gentleman farmer grave, se révèle émouvant. Tom Sturridge est beau mais ne parvient pas à rendre son personnage sympathique malgré une volonté d'éviter le manichéisme. Le film, romanesque, se déroule au rythme des travaux de la ferme et ne manque pas de rythme. On spécule pas mal sur qui Bathsheba va choisir et quand et pour quelle raison. Il semble toutefois que le roman présente des aspérités plus rugueuses ici un peu gommées. Au final, on en ressort transporté(e).

8,5/10

Agents très spéciaux Code U.N.C.L.E // Réjouissant //
20 septembre 2015

Début des années 60, en pleine guerre froide, l'agent de la CIA Solo et de l'agent du KGB Kuryakin doivent coopérer pour une mission conjointe. Solo et Kuryakin n'ont qu'une piste : le contact de la fille d'un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d'infiltrer l'organisation criminelle.

On m'avait dit du bien du film et je ne suis pas déçue. Ce film d'espionnage parodique à prendre au second degré respecte les codes du genre tout en injectant une bonne dose d'humour. Le film est vraiment drôle. Il exploite l'antagonisme entre les deux agents aux caractères opposés. Tous deux partagent une certaine arrogance qui les conduit à faire quelques imbécillités dangereuses. Henry Cavill, sourire ultra bright en avant, joue l'Américain arrogant et séducteur, alors qu' Armie Hammer est le soviétique réservé plein de maîtrise (jusqu'à ce qu'il s'agite...). L'un et l'autre remplissent leur rôle à merveille, avec un avantage pour le second, dont le jeu est plus magnétique. Alicia Vikander et Elizabeth Debicki sont les efficaces atouts charmes de ce film. Sylvester Groth campe l'inquiétant oncle Rudi qui joue magistralement une scène de torture. Quant à Hugh Grant, il fait une apparition charmante, bien qu'il ait vieilli. L'intrigue est secondaire par rapport aux relations entre les deux héros. La musique sixties est au top et les paysages sont superbes. La reconstitution des années 60 est bien réalisée, tout comme les effets spéciaux. La photographie est soigné et utilise des filtres pour rendre un côté vintage. C'est bavard mais rythmé avec des split screens intelligents. Le résultat est fun, punchy et élégant. On se prend au jeu sans s'y attendre et on ressort amusé et détendu.

8,5/10

Pension complète

François et Charlotte dirigent ensemble un hôtel-restaurant gastronomique mais leur relation conjugale n’est pas au beau fixe : obsessionnel acharné, François veut sa première Étoile au Michelin tandis que Charlotte ne rêve que d’un enfant. Cette situation va exploser le jour où le premier mari de Charlotte, Alex, débarque dans leur vie alors que tout le monde le croyait mort dans le tsunami de 2004…
J’y suis allée à reculons pour faire plaisir à ma mère. Ça a été pire quand j’ai compris au cours de la séance qu’il s’agissait d’un remake de La cuisine au beurre avec Fernandel et Bourvil que je n’ai pas vu depuis longtemps mais dont j’ai un bon souvenir. Tout est-il à jeter dans ce film ? Non, pas tout à fait. La B.O est géniale, enlevée, dynamique, rigolote. Et... ? Le générique de début est vraiment chouette. De beaux paysages dans le Sud de la France. Franck Dubosc n’en fait pas trop mais ce n’est pas un acteur exceptionnel. Gérard Lanvin surjoue parfois un peu, c’est dommage pour un acteur de cette qualité. Pascale Arbillot semble mal à l’aise avec son rôle, d’ailleurs son personnage est peu sympathique. Seul le personnage d’Audrey Dana, la sœur déjantée et alcoolique, est attachant en forme de poil à gratter. D’ailleurs, les personnages de François et Alex sont peu attachants. Quelques scènes font sourire, c’est rarement réellement drôle, parfois navrant. Certaines concernant la cuisine, assez bien réalisées, ressortent entre deux clichés et rebondissements prévisibles et paresseux. Est-on distrait ? Oui. Agréablement distrait ? Je ne sais pas. Ma mère oui. Mois, c’est moins sûr.

3/10