samedi 23 janvier 2016

Carol

Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d'un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle.
En attendant dans la file d'attente, je me suis attardée sur l'affiche pour la première fois. Je ne l'aime pas. Ces visages coupés qui regardent dans des directions différentes... Cela dit, cela ressemble à certains plans du réalisateur sur des parties de visages des actrices. C'est un choix artistique que personnellement, je n'ai pas aimé. La reconstitution des années 50, qui passe essentiellement par les vêtements, les voitures et la musique -très chouette-, est bien faite. Le film repose entièrement sur la prestation des deux actrices principales, les autres n'étant que de discrets faire-valoir auxquels on s'intéresse finalement assez peu. Rooney Mara promène sa grâce délicate, son regard de biche et son innocence avec, il est vrai, un je-ne-sais-quoi d'Audrey Hepburn, notamment lorsqu'elle est derrière la vitre de voiture embuée. Cate Blanchett, d'une élégance folle en bourgeoise , semble filmée de moins près. Elle impose sa présence et son charisme. Je trouve que Haynes ne lui rend pas justice dans certaines scènes. L'une des exceptions notables est la dernière image qu'il fait d'elle, elle est sublime et très lumineuse. Ces deux actrices sont exceptionnelles, c'est entendu. C’est grâce à leur talent qu’on s’attache aux personnages et qu’on veut connaître la suite de leur histoire. La cadette a de l'admiration pour son aînée, c'est visible. Cependant, il n'existe aucune alchimie physique entre elles, ce qui rend la relation des deux héroïnes très froide. D'ailleurs, l'ensemble du film, d'une beauté formelle indéniable, reste un peu froid. Le questionnement moral et philosophique n'est qu'effleuré. Haynes reste en surface sans approfondir complètement les conséquences des choix des personnages : deux femmes qui essaient de s'émanciper dans une société traditionnelle et patriarcale.

7/10

dimanche 17 janvier 2016

Creed - L'héritage de Rocky Balboa

Adonis Johnson n'a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d'être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. D'abord réticent, l'ancien champion décèle une force inébranlable chez Adonis et finit par accepter…
D’abord, je n’ai pas vu les précédents Rocky, pas même le dernier, mais je connais à peu près le contexte. Comme en général j’aime plutôt bien les films de boxe, je me suis laissée tenter. En plus, Stallone a eu un golden globe, je voulais savoir pourquoi. A priori, parce qu’il reste sobre et se révèle émouvant en ancien boxeur vieillissant qui a raccroché les gants. D’ailleurs, “tonton” ne boxe pas dans ce film, il entraîne un nouveau venu, le sympathique, musculeux et crédible Michael B Jordan. Le personnage de ce dernier est en quête d’un père, d’autorité, d’une famille, de reconnaissance. Il a la rage de vaincre et se révèle attachant. Tessa Thompson, constitue un joli soutien pas trop cruche.
Ce film ressemble à ce que, pour moi, un Rocky doit être : un film dynamique, avec une musique trop démonstrative mais réellement entraînante, les rues de Philadelphie, de l’émulation, de l’émotion, une petite dose d’humour, de bons combats de boxe filmés de façon visible. Dommage que certaines scènes hors ring soient tremblotantes et que la trame reste classique et prévisible. Le premier vrai combat en pro est beau mais trop bref à mon goût, le combat final est toutefois épatant. La saga se renouvelle sans perdre ses valeurs et son capital sympathie. Et la suite promet de nouveaux combats épiques.

8/10