samedi 30 janvier 2016

Spotlight

Adapté de faits réels, Spotlight retrace la fascinante enquête du Boston Globe qui a mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique. Une équipe de journalistes d’investigation a enquêté pendant un an sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde.
Le film, quoi que dépourvu d’action et de sang, est construit comme un thriller. C’est une enquête prenante qui a plusieurs facettes. Elle est menée par quelques journalistes sans peur et sans reproche. Le casting -Michael Keaton, Rachel McAdams, Liev Schreiber- est impeccable mais lisse. Seuls Stanley Tucci et Mark Ruffalo apportent quelques aspérités à leurs personnages qui se distinguent. Malgré quelques scènes creuses, le réalisateur parvient à maintenir la tension. Il parvient à nous faire ressentir l’effarement des journalistes lorsqu’ils découvrent l’ampleur des abus sexuels. L’enquête, documentée et précise, et la façon dont elle est menée, avec compassion pour les victimes et pugnacité, est passionnante d’autant que les journalistes se posent aussi des questions éthiques. Un peu plus d’humour aurait pu alléger un peu le film sans diminuer le propos. Un peu plus de paranoïa n’aurait pas nui non plus. Un bel hommage au journalisme d’investigation. Au final, le film est sobre, vraiment intéressant et absorbant mais manque de relief.

7,5/10

dimanche 24 janvier 2016

Legend

Londres, les années 60. Les jumeaux Reggie et Ronnie Kray, célèbres gangsters, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence paraît sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable…
Le meilleur film de ce début d’année ! Un thriller de gangster classique à la fois drôle et tendu totalement porté par Tom Hardy. Ce dernier joue des jumeaux, l’un brutal mais globalement bon fond, loyal, l’autre, psychopathe schizophrène paranoïaque particulièrement flippant. Il parvient à remplir les deux rôles avec le magnétisme qu’on lui connaît. Sa performance est exceptionnelle, la bagarre entre les deux frères est incroyable. On passe plus de temps sur les relations entre les deux frères et avec leur entourage que sur leur ascension même si celle-ci est expliquée entre quelques scènes efficaces, c'est ce qui fait la particularité du film. Emily Browning use de ses yeux de biche et campe joliment l’amoureuse malheureuse. David Thewlis, Paul Anderson et Christopher Eccleston complètent ce casting de première classe. Parlons de la reconstitution de l’East End des années 50 et 60 : royale. Et la B.O ? Parfaite, merci Duffy qui chante une partie des très jolies chansons qui parsèment le film. Celui-ci alterne scènes intimistes, scènes tendues et scènes de montée de violence.

9,5/10