samedi 6 février 2016

Point break

Une série de braquages spectaculaires aux quatre coins du monde met à mal des intérêts financiers américains. Johnny Utah, une ancienne légende du moto-cross devenue agent du FBI, infiltre le groupe de sportifs de l’extrême soupçonné d’en être à l’origine. Alors qu’il pense avoir identifié le cerveau des braquages, il se retrouve entraîné dans les activités criminelles du groupe dopé à l’adrénaline…
Ce n’est pas tout à fait un remake puisque l’histoire n’est pas identique. Reeves interprétait un blanc-bec sans expérience et des règles morales claires qui découvrait une autre culture. Là, Luke Bracey campe dès le départ un adepte de sports extrêmes qui s’infiltre dans un milieu qu’il connaît déjà. Du coup, on perd en contraste et en enjeu. C’est d’ailleurs l’un des principaux défauts du film : il n’a pour ainsi dire pas d’enjeu. Franchement, on se fiche que cette bande de cinglés qui prêche une pseudo philosophie de vie assez inintelligible, mis à part “suis ton propre chemin”, soit arrêtée ou non. Autre problème, j’apprécie Edgar Ramirez mais comme Bracey, s’il joue correctement, il est aussi assez transparent. Contrairement à Patrick Swayze à qui il suffisait de sourire. Le scénario est quasi inexistant et les motivations des personnages simplistes. La relation de Utah avec la fille est réduite au minimum, en fait à rien, d’ailleurs, le personnage perd toute profondeur. L’intérêt du film repose entièrement sur les images, superbes, successions de cascades impressionnantes. Celles des exploits de ces poly-athlètes de l’extrême dans différents milieux naturels sublimes. Trois scènes sont particulièrement ressorties : le motocross du début, le surf et l’escalade libre. Cette dernière est très intense, immersive et particulièrement réussie. Les effets spéciaux, réussis, s’intègrent parfaitement. Je ne me suis pas complètement ennuyée mais il s’en est fallu de peu.

3/10

dimanche 31 janvier 2016

Encore heureux

D’accord, Marie est un peu fatiguée de l’insouciance de son mari Sam, cadre sup au chômage depuis 2 ans. D’accord, elle est très tentée de se laisser séduire par ce bel inconnu qui lui fait la cour. D’accord, il y a aussi le concours de piano de sa fille... Si cet équilibre dingue et léger tient à peu près debout, un événement inattendu jette toute la famille sur un chemin encore plus fou.
Effectivement, ce film est un peu fou. Léger, pétillant, souvent drôle, il raconte les aventures quelque peu abracadabrantesques d'une famille subissant une certaine misère matérielle mais toujours pleine de rebond. Sandrine Kiberlain, explosive, forme un joli couple complice avec Edouard Baer, dont le personnage, d'abord passif, devient attendrissant. Bulle Ogier campe une grand-mère pour le moins piquante et maligne. Carla Besnaïnou est une jeune fille prometteuse. Ils rendent leurs personnages attachants. Parfois sympathiquement amorale, cette jolie fable met l'accent sur le lien familial. Comment apprendre l'honnêteté à ses enfants quand on vole pour les nourrir ? Comment conserver sa dignité ? Comment s'aimer encore, surtout quand monsieur joue les larves dans le salon et accumule les idées foireuses ? Avec fantaisie et quelques efforts. Les dialogues sont fins, ciselés, pleins de -mauvais- esprit, les retournements de situation enlevés quoiqu'improbables. Les scènes se suivent en rythme, parfois sans résoudre toute l'intrigue. Joyeusement anarchique.

9/10