samedi 20 février 2016

Haut-Royaume, tome 2 L'héritier de Pierre Pevel

Ceux qui me lisent régulièrement -merci, ça me fait plaisir- savent que j'ai quelques marottes. Parmi celles-ci, les ouvrages de Pierre Pevel, que je peux lire avec un certain retard parce que j'attends le "bon moment". C'était le bon moment pour le 2ème tome de Haut-Royaume. 
Après les derniers événements qui ont déchiré le Haut-Royaume, le prince Alderan a pris le commandement de la garde d'Onyx, garante de l'autorité du souverain. Mais la reine, aussi ambitieuse qu'impitoyable, est bien décidée à gouverner à la place de son époux mourant. Menacé par la guerre civile et les luttes de pouvoir, le royaume se trouve plus divisé que jamais.

Pierre Pevel (1968 - ) a d'abord été scénariste, journaliste et auteur pour les jeux de rôle, avant de venir à l'écriture. Il écrit plusieurs romans de fantasy sous le pseudonyme de Pierre Jacq, puis signe ses livres de son vrai nom. Il se fait connaître par sa trilogie des Ombres de Wielstadt, publiée en 2001, qui lui vaut en 2002 un Grand prix de l'Imaginaire. Ses romans se rapprochent souvent de l'uchronie, et en particulier de l'uchronie de fantasy. Par ailleurs, il a entrepris, depuis 2006, de traduire à nouveau les aventures de James Bond de façon à respecter le texte original.

D'abord, ce deuxième opus est encore plus sombre que le précédent. Je soupçonne d'ailleurs monsieur Pevel de se complaire dans la noirceur et l'amertume. C'est d'autant plus prégnant que l'humour est moins présent que dans le premier tome. Les personnages affrontent les conséquences de leurs décisions et en prennent de nouvelles qui ne laissent pas augurer d'un avenir radieux. 
On retrouve la majorité des personnages que nous connaissions, les nouveaux ont tous un rôle très secondaire. Du coup, on les connaît de mieux en mieux, l'auteur approfondissant leur personnalité, leur donnant souvent une réelle complexité. On s'attache à certains, moins à d'autres. Nombre d'entre eux sont torturés, entre noirceur, honneur, ambition, amours, à des degrés différents. Alan, notamment, occupe une place plus importante, de même qu'Alissia dans la première partie. J'aurais aimé que les dracs soient plus développés, notamment le messager du Conseil des Gardiens.
Le livre, fluide, a de nouveau plusieurs points de vue, dans sa première partie surtout, puis tout se recentre. Comme toujours, c'est un page-turner dont la lecture, dense, nécessite de prendre son temps pour le savourer. 
Il dévoile certains complots, traite brillamment de politique et de stratégie militaire, est ébouriffant de rebondissements et de retournements de situation, sans jamais perdre sa cohérence. Certaines scènes sont particulièrement épiques, notamment l'attaque du monastère, qui fait retenir son souffle, et celle des Vouivres, mélange de stratégie et de combats sanglants. Impériales. 

Vivement le troisième tome ! 

8,5/10

Ave César

Deux jours dans la vie d’Eddie Mannix, fixer chez Capitole, un célèbre Studio de cinéma. Il y est chargé de régler tous les problèmes inhérents à chacun de leurs films. Il doit gérer aussi bien les susceptibilités des différentes communautés religieuses, qu’un réalisateur vedette, la reine du ballet nautique, le virtuose de claquettes, une énorme star disparue, deux jumelles journalistes... 
On suit un type limite psychopathe ultra religieux pendant deux jours. Il doit régler plusieurs problèmes du studio. Du coup, les saynètes se succèdent sans former un véritable scénario. Les personnages ne sont pas fouillés, peu attachants. Reste le cabotinage charmant des acteurs. Se détachent Alden Ehrenreich, Scarlett Johansson, Josh Brolin, Frances McDormand -dans un mini rôle- et Channing Tatum. Si la B.O et les décors sont top et l’esthétique élégante, je regrette le manque de fond. Certes, c’est une parodie en forme d’hommage plutôt réussie - mais foutraque- des films de l’âge d’or d’Hollywood. J’ai parfois souri mais l’outrance du propos -d’autres diront le troisième ou quatrième degré- m’a empêché de rire franchement mais pas de m’ennuyer un peu. Le film est un peu insipide, faute d’un véritable mordant Je crois que je ne suis définitivement pas fan des frères Coen, True Grit mis à part.

4/10

lundi 15 février 2016

Palmarès des BAFTA awards 2016

Voici les résultats de cette année. Pour plus de petites précisions sur les BAFTA, cf mon article de 2015. 

Meilleur film :

The Big Short
Le pont des Espions
The Revenant
Carol
Spotlight

Sur les 5, j'en ai vu 3, j'en ai raté 1 et je n'irai pas voir l'autre, à savoir le gagnant. Honnêtement, voir DiCaprio souffrir pendant 3h, même dans des paysages sublimes, ça ne me tente pas. Des 3 visionnés, j'ai préféré Spotlight. 

Meilleure actrice :

Brie Larson – Room
Saoirse Ronan – Brooklyn
Cate Blanchett – Carol
Alicia Vikander – The Danish Girl
Maggie Smith – Lady in the Van

Je n'ai vu que Carol. Cate Blanchett y est excellente mais je ne peux pas comparer. J'ai manqué The danish girl, j'essayerai de voir les 3 autres. 

Meilleur acteur :

Leonardo DiCaprio – The Revenant
Eddie Redmayne – The Danish Girl
Michael Fassbender – Steve Jobs
Matt Damon – Seul sur Mars
Bryan Cranston – Trumbo

Dans Seul sur Mars, Matt Damon est bon mais je ne suis pas convaincue que ça vaille un prix. Je voyais plutôt Michael Fassbender mais je n'ai pas vu son film. Quand à notre ami Leo, est-ce qu'on peut considérer qu'il a accompli une véritable performance puisqu'il a vraiment souffert pendant le tournage ? Si c'est pour voir Koh Lanta, je reste dans mon canapé (et donc je mets un DVD parce que Koh Lanta ce n'est pas possible). 

Meilleure actrice dans un second rôle :

Kate Winslet – Steve Jobs
Alicia Vikander – Ex Machina
Rooney Mara – Carol
Jennifer Jason Leigh – Les Huit Salopards
Julie Walters – Brooklyn

Meilleur acteur dans un second rôle :

Benicio Del Toro – Sicario
Christian Bale – The Big Short
Idris Elba – Beasts of No Nation
Mark Ruffalo – Spotlight
Mark Rylance – Le pont des Espions

Dans le lot, pour ceux qui suivent, j'en ai donc vu... 2. La prestation de Mark Rylance, très nuancée et attachante, m'avait marquée. Entre les deux, cette fois, c'était lui le meilleur. 

Meilleur film britannique :

45 Years
Amy
Brooklyn
The Danish Girl
Ex Machina
The Lobster

Meilleur film en langue étrangère :

The Assassin
Force Majeure
Theeb
Timbuktu
Wild Tales

Meilleur film d’animation :

Vice Versa
Les Minions
Shaun le mouton

C'était le plus original en tout cas. 

Meilleur réalisateur :

Adam McKay – The Big Short
Steven Spielberg – Le pont des Espions
Ridley Scott – Seul sur Mars
Alejandro G. Iñárritu – The Revenant

J'en ai vu 2, j'ai préféré Seul sur Mars. 

Meilleur scénario original :

Le Pont des Espions de Matthew Charman, Ethan Coen, Joel Coen
Ex Machina de Alex Garland
Les Huit Salopards de Quentin Tarantino
Vice Versa de Josh Cooley, Pete Docter, Meg LeFauve
Spotlight de Tom McCarthy, Josh Singer

Le scénario de Spotlight est intelligent et bien construit, je suis plutôt d'accord. 

Meilleur scénario adapté :

The Big Short de Adam McKay, Charles Randolph
Brooklyn de Nick Hornby
Carol de Phyllis Nagy
Room de Emma Donoghue
Steve Jobs de Aaron Sorkin

Meilleur Montage :

The Big Short par Hank Corwin
Le pont des Espions par Michael Kahn
Mad Max : Fury Road par Margaret Sixel
Seul sur Mars par Pietro Scalia
The Revenant par Stephen Mirrione

Meilleur décors :

Le pont des Espions – Adam Stockhausen, Rena DeAngelo
Carol – Judy Becker, Heather Loeffler
Mad Max : Fury Road – Colin Gibson, Lisa Thompson
Seul sur Mars – Arthur Max, Celia Bobak
Star Wars 7 : Le Réveil de la Force – Rick Carter, Darren Gilford, Lee Sandales

Meilleur costume :

Brooklyn – Odile Dicks-Mireaux
Carol – Sandy Powell
Cendrillon – Sandy Powell
The Danish Girl – Paco Delgado
Mad Max : Fury Road – Jenny Beavan

Meilleur maquillage et coiffure :

Brooklyn – Morna Ferguson, Lorraine Glynn
Carol – Jerry DeCarlo, Patricia Regan
The Danish Girl – Jan Sewell
Mad Max : Fury Road – Lesley Vanderwalt, Damian Martin
The Revenant – Sian Grigg, Duncan Jarman, Robert Pandini

Tous les prix techniques remportés par Mad Max : Fury road sont mérités. Ce film est une tuerie ! 

Meilleur Son :

Le Pont des Espions – Drew Kunin, Richard Hymns, Andy Nelson, Gary Rydstrom
Mad Max : Fury Road – Scott Hecker, Chris Jenkins, Mark Mangini, Ben Osmo, Gregg Rudloff, David White
Seul sur Mars – Paul Massey, Mac Ruth, Oliver Tarney, Mark Taylor
The Revenant – Lon Bender, Chris Duesterdiek, Martin Hernandez, Frank A. Montaño, Jon Taylor, Randy Thom
Star Wars 7 : Le Réveil de la Force – David Acord, Andy Nelson, Christopher Scarabosio, Matthew Wood, Stuart Wilson

Meilleur Effets Spéciaux :

Ant-Man – Jake Morrison, Greg Steele, Dan Sudick, Alex Wuttke
Ex Machina – Mark Ardington, Sara Bennett, Paul Norris, Andrew Whitehurst
Mad Max : Fury Road – Andrew Jackson, Dan Oliver, Tom Wood, Andy Williams
Seul sur Mars – Chris Lawrence, Tim Ledbury, Richard Stammers, Steven Warner
Star Wars 7 : Le Réveil de la Force – Chris Corbould, Roger Guyett, Paul Kavanagh, Neal Scanlan

J'ai une préférence pour ceux de Mad Max : Fury road qui utilisent beaucoup moins de numérique. 

Meilleur Documentaire :

Amy
Cartel Land : Matthew Heineman, Tom Yellin
He named me Malala : Davis Guggenheim, Walter Parkes, Laurie MacDonald
Listen to me Marlon : Stevan Riley, John Battsek, George Chignell, R.J. Cutler
Sherpa : Jennifer Peedom, Bridget Ikin, John Smithson

Meilleure Photographie :

The Revenant
Mad Max : Fury Road
Le Pont des Espions
Carol
Sicario

Meilleure musique originale :

Les 8 Salopards – Ennio Morricone
Le Pont des Espions
Star Wars 7 : Le Réveil de la Force
The Revenant
Sicario

Meilleur Premier film :

Theeb
Ex Machina
Second Coming
A Syrian Love Story
The Survivalist

Revélation :

Bel Powley
Brie Larson
Dakota Johnson
John Boyega
Taron Egerton

Nominations multiples :

9 : Carol
8 : The Revenant, Le Pont des espions
7 : Mad Max: Fury Road
6 : Seul sur Mars, Brooklyn
5 : The Danish Girl, The Big Short, Ex Machina
4 : Star Wars VII
3 : Sicario, Spotlight, Steve Jobs, Les Huit Salopards
2 : Amy, Vice-Versa, Room, Theeb

Les grands gagnants :

5/8 : The Revenant
4/7 : Mad Max: Fury Road

Et encore, je trouve que Mad Max : Fury road, auraient mérité des nominations et des prix qu'il n'a pas eus. Le phénomène The revenant est agaçant. On nous en rebat les oreilles jusqu'à la nausée. Je n'ai vu que la bande-annonce mais il me semble surrestimé. 

Les petits perdants :

1/3 : Spotlight, Steve Jobs et Les Huit Salopards
1/4 : Star Wars : Le Réveil de la Force
1/5 : The Big Short : Le Casse du siècle
1/6 : Brooklyn
1/8 : Le Pont des espions

Les grands perdants :

0/3 : Sicario,
0/5 : The Danish Girl, Ex Machina
0/6 : Seul sur Mars

0/9 : Carol 

Carol a, à mon humble avis, souffert de son sujet et de l'absence de sensualité. en revanche, sa photographie léchée et sa beauté formelle ne peuvent être niées. Seul sur Mars bénéficiaient d'excellents effets spéciaux qui auraient pu être récompensés, d'une bonne B.O aussi. 

dimanche 14 février 2016

Deadpool

Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, Wade Wilson, un mercenaire ex des Forces Spéciales, va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie.

On m'avait prévenu que ce serait pour le moins ordurier. En effet, Deadpool est un obsédé sexuel grossier qui n'aie rien tant que se battre en balançant des blagues graveleuses. Il faut s'y faire. Une fois qu'on accepte ce côté badass revendiqué, on passe un bon moment de rigolade musclée bourrée de clins d'œil et de références. Honnêtement, parfois, son humour va un peu trop loin à mon goût mais bon... L'action, survitaminée, propose de bons effets spéciaux. Le scénario est simple mais efficace. Ryan Reynolds est fun, Morena Baccarin pleine de charme, Ed Skrein a la classe comme méchant pervers et Gina Carano fait marcher ses muscles. Le film est franchement drôle et bénéficie d'une bonne B.O mais ne casse pas trois pattes à un canard. Ça manque d'un je-ne-sais-quoi plus corrosif, moins gras, moins potache peut-être, pour être top. On pose son cerveau à l'entrée de la salle et on le reprend à la sortie.

6,5/10