samedi 27 février 2016

Palmarès des César 2016

Voyons ce que nous a concocté le jury présidé par Claude Lelouch.
J'ai vu peu des films nommés, j'ai des regrets pour certains d'entre eux comme Marguerite et Mustang.

Meilleur film :

Fatima de Philippe Faucon, produit par Yasmina Nini-Faucon et Philippe Faucon
Dheepan de Jacques Audiard, produit par Pascal Caucheteux et Grégoire Sorlat
La Loi du marché de Stéphane Brizé, produit par Christophe Rossignon et Philip Boëffard
Marguerite de Xavier Giannoli, produit par Olivier Delbosc et Marc Missonnier
Mon roi de Maïwenn, produit par Alain Attal
Mustang de Deniz Gamze Ergüven, produit par Charles Gillibert
La Tête haute d'Emmanuelle Bercot, produit par François Kraus et Denis Pineau-Valencienne
Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin, produit par Pascal Caucheteux et Grégoire Sorlat

Meilleur réalisateur :

Arnaud Desplechin pour Trois souvenirs de ma jeunesse
Jacques Audiard pour Dheepan
Stéphane Brizé pour La Loi du marché
Xavier Giannoli pour Marguerite
Maïwenn pour Mon roi
Deniz Gamze Ergüven pour Mustang
Emmanuelle Bercot pour La Tête haute

Meilleur acteur :

Vincent Lindon pour le rôle de Thierry dans La Loi du marché
Jean-Pierre Bacri pour le rôle de François Sim dans La Vie très privée de Monsieur Sim
Vincent Cassel pour le rôle de Georgio dans Mon roi
François Damiens pour le rôle de François dans Les Cowboys
Gérard Depardieu pour le rôle de Gérard dans Valley of Love
Antonythasan Jesuthasan pour le rôle de Dheepan dans Dheepan
Fabrice Luchini pour le rôle de Michel Racine dans L'Hermine

Meilleure actrice :

Catherine Frot pour le rôle de Marguerite dans Marguerite
Loubna Abidar pour le rôle de Noha dans Much Loved
Emmanuelle Bercot pour le rôle de Tony dans Mon roi
Cécile de France pour le rôle de Carole dans La Belle Saison
Catherine Deneuve pour le rôle de Florence Blaque dans La Tête haute
Isabelle Huppert pour le rôle d'Isabelle dans Valley of Love
Soria Zeroual pour le rôle de Fatima dans Fatima

Meilleur acteur dans un second rôle :

Benoît Magimel pour le rôle de Yann dans La Tête haute
Michel Fau pour le rôle de Atos Pezzini / Divo dans Marguerite
Louis Garrel pour le rôle de Solal dans Mon roi
André Marcon pour le rôle de Georges Dumont dans Marguerite
Vincent Rottiers pour le rôle de Brahim dans Dheepan

Meilleure actrice dans un second rôle :

Sidse Babett Knudsen pour le rôle de Ditte Lorensen-Coteret dans L'Hermine
Sara Forestier pour le rôle de Séverine dans La Tête haute
Agnès Jaoui pour le rôle de Laetitia dans Comme un avion
Noémie Lvovsky pour le rôle de Monique dans La Belle Saison
Karin Viard pour le rôle de Pattie dans 21 nuits avec Pattie

Là, je suis particulièrement d'accord. Je l'ai trouvée formidable dans ce film.

Meilleur espoir masculin :

Rod Paradot pour le rôle de Malony dans La Tête haute
Swann Arlaud pour le rôle d'Elisée dans Les Anarchistes
Quentin Dolmaire pour le rôle de Paul Dédalus dans Trois souvenirs de ma jeunesse
Félix Moati pour le rôle de Micha dans À trois on y va
Finnegan Oldfield pour le rôle de Kid dans Les Cowboys

Meilleur espoir féminin :

Zita Hanrot pour le rôle de Nesrine dans Fatima
Lou Roy-Lecollinet pour le rôle d'Esther dans Trois souvenirs de ma jeunesse
Diane Rouxel pour le rôle de Tess dans La Tête haute
Sara Giraudeau pour le rôle de Sonia dans Les Bêtises
Camille Cottin pour le rôle de Camilla dans Connasse, princesse des cœurs

Meilleur scénario original :

Mustang – Deniz Gamze Ergüven et Alice Winocour
Dheepan – Jacques Audiard, Thomas Bidegain et Noé Debré
Marguerite – Xavier Giannoli
La Tête haute – Emmanuelle Bercot et Marcia Romano
Trois souvenirs de ma jeunesse – Arnaud Desplechin et Julie Peyr

Meilleure adaptation :

Fatima – Philippe Faucon adapté de Prière à la lune de Fatima Elayoubi
L'Affaire SK1 – David Oelhoffen et Frédéric Tellier adapté de L'Affaire SK1 de Patricia Tourancheau
Asphalte – Samuel Benchetrit adapté de Les Chroniques de l’Asphalte, de Samuel Benchetrit
L'Enquête – Vincent Garenq et Stéphane Cabel adapté de Clearstream, l'enquête de Denis Robert
Journal d'une femme de chambre – Benoît Jacquot et Hélène Zimmer adapté de Le Journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau

J'avais beaucoup aimé L'affaire SK1 et L'enquête.

Meilleurs décors :

Marguerite – Martin Kurel
Dheepan – Michel Barthélémy
Journal d'une femme de chambre – Katia Wyszkop
L'Odeur de la mandarine – Jean Rabasse
Trois souvenirs de ma jeunesse – Toma Baquéni

Meilleurs costumes :

Marguerite – Pierre-Jean Larroque
Journal d'une femme de chambre – Anaïs Romand
Mustang – Selin Sözen
L'Odeur de la mandarine – Catherine Leterrier
Trois souvenirs de ma jeunesse – Nathalie Raoul

Meilleure photographie :

Valley of Love – Christophe Offenstein
Dheepan – Éponine Momenceau
Marguerite – Glynn Speeckaert
Mustang – David Chizallet et Ersin Gök
Trois souvenirs de ma jeunesse – Irina Lubtchansky

Meilleur montage :

Mustang – Mathilde Van de Moortel
Dheepan – Juliette Welfling
Marguerite – Cyril Nakache
Mon roi – Simon Jacquet
Trois souvenirs de ma jeunesse – Laurence Briaud

Meilleur son :

Marguerite – François Musy et Gabriel Hafner
Dheepan – Daniel Sobrino, Valérie Deloof et Cyril Holtz
Mon roi – Nicolas Provost, Agnès Ravez et Emmanuel Croset
Mustang – Ibrahim Gök, Damien Guillaume et Olivier Goinard
Trois souvenirs de ma jeunesse – Nicolas Cantin, Sylvain Malbrant et Stéphane Thiébaut

Meilleure musique :

Mustang – Warren Ellis
Les Cowboys – Raphael
En mai, fais ce qu'il te plaît – Ennio Morricone
Mon roi – Stephen Warbeck
Trois souvenirs de ma jeunesse – Grégoire Hetzel

Meilleur premier film :

Mustang de Deniz Gamze Ergüven, produit par Charles Gillibert
L'Affaire SK1 de Frédéric Tellier, produit par Julien Madon et Julien Leclercq
Les Cowboys de Thomas Bidegain, produit par Alain Attal
Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore, produit par Jean-Christophe Reymond et Amaury Ovise
Nous trois ou rien de Kheiron Tabib, produit par Simon Istolainen et Sidonie Dumas

Meilleur film d'animation :

Le Petit Prince de Mark Osborne, produit par Dimitri Rassam, Aton Soumache et Alexis Vonarb
Adama de Simon Rouby, produit par Philippe Aigle, Séverine Lathuillière, Azmina Goulamaly et Alain Séraphine
Avril et le Monde truqué de Christian Desmares et Franck Ekinci, produit par Marc Jousset et Franck Ekinci

Meilleur film documentaire :

Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, produit par Bruno Lévy
Le Bouton de nacre de Patricio Guzmán, produit par Renate Sachse
Cavanna jusqu'à l'ultime seconde, j’écrirai de Denis Robert et Nina Robert, produit par Denis Robert, Nina Robert et Bertrand Faivre
L'Image manquante de Rithy Panh, produit par Catherine Dussart
Une jeunesse allemande de Jean-Gabriel Périot, produit par Nicolas Brevière

Meilleur film étranger :

Birdman d'Alejandro González Iñárritu
Le Fils de Saul de László Nemes
Je suis mort mais j’ai des amis de Guillaume et Stéphane Malandrin
Mia madre de Nanni Moretti
Taxi Téhéran de Jafar Panahi
Le Tout Nouveau Testament de Jaco Van Dormael
Youth de Paolo Sorrentino

Là, je ne suis pas d'accord du tout ! Ce film était affreux ! Suffisant et pédant en plus.

Meilleur court métrage :

La Contre-allée de Cécile Ducrocq, produit par Stéphane Demoustier et Guillaume Dreyfus Le Dernier des Céfrans de Pierre-Emmanuel Urcun, produit par Pierre-Emmanuel Urcun, Roy Arida, Vincent Le Port et Louis Tardivier
Essaie de mourir jeune de Morgan Simon, produit par Jessica Rosselet
Guy Môquet de Demis Herenger, produit par Naïm Aït-Sidhoum, Julien Perrin, Elsa Minisini et Élisabeth Pawlowski
Mon héros de Sylvain Desclous, produit par Florence Borelly

Meilleur court métrage d'animation :

Le Repas dominical de Céline Devaux, produit par Ron Dyens
La Nuit américaine d'Angélique de Pierre-Emmanuel Lyet et Joris Clerté, produit par Maryline Charrier
Sous tes doigts de Marie-Christine Courtès, produit par Jean-François Le Corre et Marc Faye
Tigres à la queue leu leu de Benoît Chieux, produit par Dora Benousilio

César d'honneur :
Michael Douglas (pour la seconde fois)

Ce n'est pas un mauvais acteur, mais de là à lui donner deux César ?

Les grands gagnants :

4 : Mustang, Marguerite
3 : Fatima
2 : La Tête haute

Les grands perdants :

1/11 : Trois souvenirs de ma jeunesse
0/9 : Dheepan
0/8 : Mon roi

vendredi 26 février 2016

Pourquoi je n'irai pas voir The revenant

Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.
Depuis des semaines, on ne nous parle que de ce film. Et de l'oscar de Dicaprio (toutes mes félicitations à l'heureux vainqueur). Et des paysages grandioses. Et du foie de bison cru. Et du camping dans la carcasse fumante d'un cheval mort. Beurk ! Honnêtement, je n'en peux plus de ce matraquage médiatique... Pas un jour sans un article ou un mot à la télé. J'en ai marre !!! J'ai l'impression que si tu ne vas pas voir The revenant, tu as raté ta vie. J'exagère évidemment, mais c'est l'idée. Je ne veux plus entendre parler de ce film. 
J'aime beaucoup Dicaprio, j'adore Hardy, mais je n'ai aucune envie de les voir barbus, couverts de boue, de neige, de crasse et de sang et en train de souffrir réellement. Je ne pense pas que la performance physique, toute réelle qu'elle soit, renvoie à leur meilleur jeu.
J'ai lu plusieurs critiques négatives qui m'ont confortée dans mon opinion. Que disaient ces critiques ? D'abord que le francophones étaient représentés comme des brutes épaisses, une bande de violeurs pilleurs alcooliques, pire que les anglophones qui n'étaient pourtant sans doute pas meilleurs. Ensuite qu'Inarritu a réalisé un film pour gagner des oscars mais pas forcément pour tenir un quelconque propos. Que malheureusement son œuvre est creuse, vide, violente et morne. Ajoutons à cela que le film dure 2h30. 2h30 ! Pour voir un type se faire attaquer par un ours, tomber d'une falaise à cheval, se faire attaquer par des Indiens, nager dans un torrent et peut-être à la fin se battre avec un autre type... Pfiou ! Ce n'est pas un véritable scénario ça. Et donc pas vraiment de dialogues non plus... 1h30 ou 1h45, j'aurais peut-être vaincu ma lassitude et mon agacement, cette durée, c'est le coup de grâce. 
Non, décidément, aucune envie de me déplacer pour ça.
Si je me trompe, laissez un message... 

PS : Allez, je me laisserai peut-être tentée par un passage à la télé. Peut-être. 



Palmarès des Berlinales 2016

Oui, je sais, je suis en retard. Le palmarès des Berlinales, qui étaient présidées par l'impériale Meryl Streep, a été dévoilé le 21. J'avoue qu'il m'intéresse moins que les autres, primant souvent un cinéma plus engagé dont je suis moins friande et portant sur des films que je n'ai pas vus et peu de chance de voir. Ave César, dont vous savez ce que je pense, a fait l'ouverture.

L’Ours d’or : Fuocoammare de Gianfranco Rosi 

Le Grand Prix du Jury : Danis Tanovic pour Mort à Sarajevo 

Le Prix de la mise en scène : Mia Hansen-Love pour l’Avenir. Cocorico, le meilleur réalisateur est une femme et elle est française. Ce film est porté par la merveilleuse Isabelle Huppert. Pour la peine, celui-ci, j'essayerai de le voir. 

Le Prix d’interprétation féminine : Trine Dyrholm dans Kollektivet 

Le Prix d’interprétation masculine : Majd Mastoura dans Hédi 

Le Prix du scénario : United States of Love de Tomasz Wasilewski 

Le Prix Alfred Bauer : A Lullaby to the Sorrowful Mystery de Lav Diaz. Un film philippin de 8 heures. Déjà que je suis agacée quand un film dépasse les 2h15... 

Le Prix de la contribution technique : Crosscurrent de Yang Chao 


Le Prix du premier film : Hedi de Mohamed Ben Attia 

dimanche 21 février 2016

Sweeney Todd le diabolique barbier de Fleet street

Je n'ai pas pu aller au cinéma aujourd'hui alors j'ai décidé de ressortir une vieille critique. Après tout, il n'y a pas que les films récents... D'où un nouvel intitulé : Souvenirs souvenirs. J'ai choisi Sweeney Todd parce que c'est l'une des premières critiques que j'ai écrites, le 9 avril 2008. Au début, c'était pour quelques amis qui se fiaient à mon jugement.

Incarcéré pendant quinze ans, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres pour se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme, Lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mrs. Lovett. Celle-ci l'informe que Lucy est morte. Lorsque son flamboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l'égorger. L'astucieuse Mme Lovett trouve une ingénieuse solution pour se débarrasser du corps.

Je reconnais que cette œuvre partage les spectateurs en deux catégories : ceux qui aiment et ceux qui détestent. Personnellement, j'adore. J'ai même tellement aimé quand je l'ai vu que j'ai peur de le revoir et d'être déçue s'il n'est pas à la hauteur de mes souvenirs. Un film génial : gore, sanglant, poétique, musical, cruel, sentimental, gothique... Que de qualificatifs pour ce film un peu étrange, à l'esthétique soignée, aux décors et aux costumes superbes, aux dialogues - même musicaux- hilarants et à la morale... absente. Mais c'est ce que l'on aime chez Burton qui réunit ici des acteurs formidables : Johnny Depp, torturé, violent, flippant, il finira par oublier son but, Helena Bonham Carter, maladroite, touchante et singulièrement attachante, Alan Rickman, détestable, inquiétant. Ce conte macabre passe par tous les extrêmes, sur fond de noirceur et de chansons parfaitement intégrées au film. En effet, s'il est très drôle, celui-ci est aussi particulièrement tragique, shakespearien en somme. La scène imaginée par Mrs. Lovett est une pure merveille, drôle, singulière, et infiniment triste.
A voir absolument.

10/10