samedi 5 mars 2016

Charlie et la chocolaterie

Faisons un tour en juillet 2005.
Charlie, issu d'une famille pauvre mais aimante, doit économiser chaque penny et ne peut s'offrir le chocolat dont il raffole. Ses parents lui offrent la possibilité d'obtenir un ticket d'or pour visiter la fabrique de chocolaterie de l'inquiétant Willy Wonka avec quatre autres enfants. 
Encore une pépite du couple cinématographique Tim Burton/Johnny Depp ! Un des rares films que j'ai vu deux fois au cinéma. 
Pourquoi est-il si bon ? D'abord parce qu'il ressemble aux sucreries qui le peuplent. Les décors fastueux et colorés sont d'une inventivité folle -merci Roald Dahl. La prairie, exceptionnelle, et la rivière de chocolat sont de véritables délices visuels. Les excellents effets spéciaux permettent de s'immerger dans cet étrange d'univers. Mention spéciale pour les écureuils si mignons, enfin au début. Ensuite parce qu'il est drôle. Willy Wonka a des répliques hilarantes et les cruelles péripéties endurées par les sales gamins sont à mourir de rire, sans parler des chansons (j'adore particulière celles d'Augustus et de Veruca). Johnny Depp, parfait en grand gamin psychologiquement en dérangement, y tient l'un de ses meilleurs rôles. Freddie Highmore joue de sa mignonne frimousse et de ses grands yeux curieux. Helena Bonham-Carter cape une mère raisonnable et tendre quand Christopher Lee est un père inquiétant. Les autres enfants sont délicieusement détestables et leurs parents itou. Ce film plein de charme(s), savoureux et poétique me ravit à chaque fois que je le vois et ranime mon âme d'enfant. Absolument réjouissant.

10/10

Daddy, je veux un écureuil !!!!

jeudi 3 mars 2016

Angel

Un petit tour en mars 2007.

Angleterre, 1905. Angel Deverell, jeune écrivain prodige, connaît une ascension fulgurante et réalise ainsi le rêve de toute jeune fille : succès, gloire et amour. Mais n'est-ce pas trop pour une seule femme ?
Le film raconte l'ascension facile et la chute brutale d'une jeune écrivain ambitieuse au tempérament bien trempé. Si l'héroïne peut agacer par son égocentrisme, elle touche aussi grâce à son amour presque démesuré pour un peintre médiocre, torturé par son art et tourmenté par ce qu'il a vécu à la guerre. Romola Garai est excellente et Michael Fassbender, tour à tour, séducteur -et séduisant- et inquiétant. Certes le film fait preuve d'une certaine froideur mais les décors sont magnifiques, la lumière très travaillée et les seconds rôles très bons. Ozon montre ici la société anglaise du début du XXème siècle et ses travers. Ce film est, selon moi, plus actuel que l'on ne pourrait le croire car les turpitudes de la gloire n'ont pas changé. Néanmoins, c'est aussi un film romantique dont le centre est une magnifique et tragique histoire d'amour. De la guimauve, oui, mais épicée. Je comprends qu'il soit controversé et que l'on puisse ne pas l'aimer car certains côtés du personnage principal -notamment son comportement avec sa mère- sont détestables mais moi j'ai beaucoup aimé.
8/10

lundi 29 février 2016

Le palmarès des oscars 2016

Présentée par Chris Rock, la cérémonie fut, parait-il, très politique, entre polémique sur l'absence de nomination de personne noire et élection présidentielle. Voici le palmarès :

Meilleur film (et donc producteur) :

Spotlight – Michael Sugar, Steve Golin, Nicole Rocklin et Blye Pagon Faust
The Big Short : Le Casse du siècle (The Big Short) – Brad Pitt, Dede Gardner et Jeremy Kleiner
Brooklyn – Finola Dwyer et Amanda Posey
Mad Max: Fury Road – Doug Mitchell et George Miller
Le Pont des espions (Bridge of Spies) – Steven Spielberg, Marc Platt et Kristie Macosko Krieger
The Revenant – Arnon Milchan, Steve Golin, Alejandro González Iñárritu, Mary Parent et Keith Redmon
Room – Ed Guiney
Seul sur Mars (The Martian) – Simon Kinberg, Ridley Scott, Michael Schaefer et Mark Huffam

Le film avait le mérite de revenir sans complaisance sur l'un des plus grands scandales de ces trente dernières années et de faire une belle déclaration d'amour au journalisme d'investigation. Il est moins clinquant sur la forme mais n'en a que plus de mérites. 

Meilleur réalisateur :

Alejandro González Iñárritu pour The Revenant
Lenny Abrahamson pour Room
Tom McCarthy pour Spotlight
Adam McKay pour The Big Short : Le Casse du siècle (The Big Short)
George Miller pour Mad Max: Fury Road

La grandiloquence récompensée. Pourquoi pas, peut-être la surenchère est-elle une tendance actuelle d'Hollywood. Mais deux fois de suite ? Je viens effet de me souvenir qu'Iñárritu a réalisé Birdman, film que j'ai détesté et qui souffrait déjà de ce défaut. Il faudrait arrêter maintenant. 

Meilleur acteur :

Leonardo DiCaprio pour le rôle de Hugo Glass dans The Revenant
Bryan Cranston pour le rôle de Dalton Trumbo dans Dalton Trumbo
Matt Damon pour le rôle de Mark Watney dans Seul sur Mars (The Martian)
Michael Fassbender pour le rôle de Steve Jobs dans Steve Jobs
Eddie Redmayne pour le rôle de Lili Elbe / Einar Wegener dans The Danish Girl

Si Leonardo Dicaprio est indéniablement un grand acteur, fallait-il récompenser une performance physique plutôt qu'artistique ?

Meilleure actrice :
Brie Larson pour le rôle de Ma dans Room
Cate Blanchett pour le rôle de Carol Aird dans Carol
Jennifer Lawrence pour le rôle de Joy Mangano dans Joy
Charlotte Rampling pour le rôle de Kate Mercer dans 45 Years
Saoirse Ronan pour le rôle de Eilis Lacey dans Brooklyn

Meilleur acteur dans un second rôle :

Mark Rylance pour le rôle de Rudolf Abel dans Le Pont des espions (Bridge of Spies)
Christian Bale pour le rôle de Michael Burry (en) dans The Big Short : Le Casse du siècle (The Big Short)
Tom Hardy pour le rôle de John Fitzgerald dans The Revenant
Mark Ruffalo pour le rôle de Michael Rezendes dans Spotlight
Sylvester Stallone pour le rôle de Rocky Balboa dans Creed : L'Héritage de Rocky Balboa (Creed)

Stallone est étonnamment bon dans Rocky mais Mark Rylance m'avait impressionnée.

Meilleure actrice dans un second rôle :

Alicia Vikander pour le rôle de Gerda Wegener dans The Danish Girl
Jennifer Jason Leigh pour le rôle de Daisy Domergue dans Les Huit Salopards (The Hateful Eight)
Rooney Mara pour le rôle de Therese Belivet dans Carol
Rachel McAdams pour le rôle de Sacha Pfeiffer dans Spotlight
Kate Winslet pour le rôle de Joanna Hoffman dans Steve Jobs

Meilleur scénario original :

Spotlight – Josh Singer et Tom McCarthy
Ex Machina – Alex Garland
NWA : Straight Outta Compton – Jonathan Herman, Andrea Berloff, S. Leigh Savidge et Alan Wenkus (en)
Le Pont des espions (Bridge of Spies) – Matt Charman, Joel et Ethan Coen
Vice-versa (Inside Out) – Pete Docter, Meg LeFauve, Josh Cooley et Ronnie del Carmen

Meilleur scénario adapté :

The Big Short : Le Casse du siècle (The Big Short) – Charles Randolph et Adam McKay, d'après le livre The Big Short : Inside the Doomsday Machine de Michael Lewis
Brooklyn – Nick Hornby, d'après le roman du même nom de Colm Tóibín
Carol – Phyllis Nagy, d'après le roman du même nom de Patricia Highsmith
Room – Emma Donoghue, d'après son propre roman du même nom
Seul sur Mars (The Martian) – Drew Goddard, d'après le roman du même nom d'Andy Weir

Meilleurs décors :

Mad Max : Fury Road – Colin Gibson et Lisa Thompson
The Danish Girl – Michael Standish et Eve Stewart
Le Pont des espions (Bridge of Spies) – Rena DeAngelo, Bernhard Henrich et Adam Stockhausen
The Revenant – Jack Fisk et Hamish Purdy
Seul sur Mars (The Martian) – Celia Bobak et Arthur Max

Meilleure création de costumes :

Mad Max : Fury Road – Jenny Beavan
Carol – Sandy Powell
Cendrillon (Cinderella) – Sandy Powell
The Danish Girl – Paco Delgado
The Revenant – Jacqueline West

Meilleurs maquillages et coiffures :

Mad Max : Fury Road – Lesley Vanderwalt, Elka Wardega et Damian Martin
The Revenant – Siân Grigg, Duncan Jarman and Robert Pandini
Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (The Hundred-Year-Old Man Who Climbed Out the Window and Disappeared) – Love Larson et Eva von Bahr

Meilleure photographie :

The Revenant – Emmanuel Lubezki
Carol – Edward Lachman
Les Huit Salopards (The Hateful Eight) – Robert Richardson
Mad Max : Fury Road – John Seale
Sicario – Roger Deakins

C'est peut-être le seul oscar que j'applaudis pour ce film qui effectivement semblait mettre à l'honneur des paysages extraordinaires.

Meilleur montage :

Mad Max : Fury Road – Margaret Sixel
The Big Short : Le Casse du siècle (The Big Short) – Hank Corwin
The Revenant – Stephen Mirrione
Spotlight – Tom McArdle
Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force (Star Wars: The Force Awakens) – Maryann Brandon et Mary Jo Markey

Meilleur montage de son :

Mad Max : Fury Road – Mark A. Mangini et David White
The Revenant – Martin Hernández et Lon Bender
Seul sur Mars (The Martian) – Oliver Tarney
Sicario – Alan Robert Murray
Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force (Star Wars: The Force Awakens) – Matthew Wood et David Acord

Meilleur mixage de son :

Mad Max : Fury Road – Chris Jenkins, Gregg Rudloff et Ben Osmo
Le Pont des espions (Bridge of Spies) – Andy Nelson, Gary Rydstrom et Drew Kunin
The Revenant – Jon Taylor, Frank A. Montaño, Randy Thom et Chris Duesterdiek
Seul sur Mars (The Martian) – Paul Massey, Mark Taylor et Mac Ruth
Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force (Star Wars: The Force Awakens) – Andy Nelson, Christopher Scarabosio et Stuart Wilson

Tous ces prix techniques à Mad Max sont mérités car ce film approchait visuellement de la perfection et créait une ambiance, y compris sonore, tout à fait particulière.

Meilleurs effets visuels :

Ex Machina – Mark Williams Ardington, Sara Bennett, Paul Norris et Andrew Whitehurst
Mad Max : Fury Road – Andrew Jackson, Dan Oliver, Andy Williams et Tom Wood
The Revenant – Richard McBride, Matt Shumway, Jason Smith et Cameron Waldbauer
Seul sur Mars (The Martian) – Anders Langlands, Chris Lawrence, Richard Stammers et Steven Warner
Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force (Star Wars: The Force Awakens) – Chris Corbould, Roger Guyett, Paul Kavanagh et Neal Scanlan

Meilleure chanson originale :

Writing's on the Wall dans 007 Spectre (Spectre) – Paroles et musique : Jimmy Napes et Sam Smith
Earned It dans Cinquante nuances de Grey (Fifty Shades of Grey) – Paroles et musique : Abel Tesfaye, Ahmad Balshe, Jason Daheala Quenneville et Stephan Moccio
Manta Ray dans Racing Extinction – Paroles et musique : Antony Hegarty
Simple Song #3 dans Youth – Paroles et musique : David Lang
Til It Happens To You dans The Hunting Ground – Paroles et musique : Diane Warren et Lady Gaga

Que peut-on faire face à James Bond ? 

Meilleure musique de film :

Les Huit Salopards (The Hateful Eight) – Ennio Morricone
Carol – Carter Burwell
Le Pont des espions (Bridge of Spies) – Thomas Newman
Sicario – Jóhann Jóhannsson
Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force (Star Wars: The Force Awakens) – John Williams


Enfin ! Après un oscar d'honneur il y a quelques années, Ennio Morricone remporte enfin un oscar. Il était temps, non ? 

Meilleur film en langue étrangère :

Le Fils de Saul (Saul fia) – László Nemes Drapeau de la Hongrie Hongrie (en hongrois)
A War (Krigen) – Tobias Lindholm Drapeau du Danemark Danemark (en danois)
L'Étreinte du serpent (El abrazo de la serpiente) – Ciro Guerra Drapeau de la Colombie Colombie (en espagnol)
Mustang – Deniz Gamze Ergüven Drapeau de la France France (en turc)
Theeb (ذيب) – Naji Abu Nowar Drapeau de la Jordanie Jordanie (en arabe)

Meilleur film d'animation :

Vice-versa (Inside Out) – Pete Docter et Jonas Rivera
Anomalisa – Charlie Kaufman, Duke Johnson et Rosa Tran
Le Garçon et le Monde (O Menino e o Mundo) – Alê Abreu (en)
Shaun le mouton, le film (Shaun the Sheep Movie) – Mark Burton et Richard Starzak
Souvenirs de Marnie (思い出のマーニー) – Hiromasa Yonebayashi et Yoshiaki Nishimura

J'avais adoré Souvenirs de Marnie, sa beauté, sa poésie. Mais c'était couru d'avance.

Meilleur film documentaire :

Amy – Asif Kapadia et James Gay-Rees
Cartel Land (en) – Matthew Heineman et Tom Yellin
The Look of Silence – Joshua Oppenheimer et Signe Byrge Sørensen (en)
What Happened, Miss Simone? (en) – Liz Garbus, Amy Hobby et Justin Wilkes
Winter on Fire: Ukraine's Fight for Freedom (en) – Evgeny Afineevsky et Den Tolmor

Meilleur court métrage de fiction :

Stutterer – Serena Armitage et Benjamin Cleary
Everything Will Be Okay (en) (Alles wird gut) – Patrick Vollrath
Ave Maria – Eric Dupont et Basil Khalil
Day One – Henry Hughes
Shok – Jamie Donoughue

Meilleur court métrage d'animation :

Bear Story (Historia de un oso) – Pato Escala Pierart et Gabriel Osorio Vargas
We Can't Live Without Cosmos (Мы не можем жить без космоса) – Konstantin Bronzit
Prologue – Imogen Sutton et Richard Williams
Sanjay’s Super Team – Nicole Paradis Grindle et Sanjay Patel
World of Tomorrow – Don Hertzfeldt

Meilleur court métrage documentaire :

A Girl in the River : The Price of Forgiveness – Sharmeen Obaid-Chinoy
Body Team 12 – David Darg et Bryn Mooser
Chau, Beyond the Lines – Courtney Marsh et Jerry Franck
Claude Lanzmann: Spectres of the Shoah – Adam Benzine
Last Day of Freedom – Dee Hibbert-Jones et Nomi Talisman

Oscars d'honneur :

Spike Lee
Gena Rowlands

Jean Hersholt Humanitarian Awards :

Debbie Reynolds

Les grands gagnants :

6/10 : Mad Max : Fury Road
3/12 : The Revenant
2/6 : Spotlight

Tant mieux pour l'excellent Mad Max et pour Spotlight. Je regrette peut-être que les prix décernés à Mad Max n'aient été que techniques, parce que la réalisation de l'extraordinaire George Miller et les acteurs étaient parfaits mais passons. Enfin quand même, ce film, c'était une vraie claque ! 
Quant à The revenant, peut-être qu'ils vont enfin nous ficher la paix avec ce truc !

Les grands perdants :

0/5 : Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force
0/6 : Carol
0/7 : Seul sur Mars

Seul sur Mars pouvait guigner les oscars techniques mais rien à faire devant l'impeccable Mad Max.  

dimanche 28 février 2016

Zootopie

A Zootopie, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque…

Zootopie, c'est un dessin animé malin pour petits et grands. L'enquête policière prévisible mais pas trop est riche en rebondissements pas idiots sur fond de musique pop et d'univers inventif. Véritable buddy movie, il oppose la lapine la plus adorable qui soit et un renard hâbleur. Cet improbable et attendrissant duo a beaucoup de charme et d'humour. L'héroïne, pugnace, drôle et pleine de ressources est très attachante. L'animation, très réussie, fait voyager entre les différends paysages et les divers animaux, de la grosse panthère mangeuse de beignets au paresseux, vraiment, vraiment, vraiment, très lent. Zootopie est un vrai calque de notre société avec la belle morale favorite de Disney : la tolérance. D'ailleurs, les bons sentiments coulent à flots. J'ai aimé le deuxième niveau de lecture sur le déterminisme social. En bref : trop mignon et pas crétin.  

7,5/10