samedi 12 mars 2016

Brooklyn

Dans les années 50, Eilis Lacey quitte l’Irlande et sa famille pour tenter sa chance à New York. Sa rencontre avec un jeune homme lui fait oublier le mal du pays qui la dévore... Son retour en Irlande l’écartèle entre deux pays et entre deux hommes. 
J'ai immédiatement fait le rapprochement avec The immigrant en 2013 dont le thème était proche. Là où le film de James Gray était formellement beau mais froid et sombre, John Crowley offre un film solaire et lumineux. Il regarde ses acteurs et particulièrement ses actrices, avec beaucoup de tendresse. Les personnages sont très attachants, notamment grâce à leurs interprètes. Saoirse Ronan campe une jeune femme gentille et raisonnable mais pas ennuyeuse pour autant. Son visage est très expressif et sa palette d'expression riche et nuancée. Emory Cohen et Domhnall Gleeson jouent les deux prétendants sympathiques, charmants... de quoi vous faire hésiter en effet. Julie Walters, Jim Broadbent et Fiona Glascott complètent ce casting élégant. La reconstitution est belle et soignée mais j'ai remarqué une incrustation assez moche sur le bateau, dommage. Le film est traversé par de grands courants d'amours, notamment entre Eilis et sa sœur, Rose, qui échangent de très belles lettres. Il y a peu de péripéties, pourtant on ne s'ennuie pas une seconde dans ce beau mélo émouvant qui évoque l'exil, la distance, le passage à l'âge adulte, les choix et bien sûr l'amour. Je dis mélo mais le film sait rester sobre. Je reconnais que j'ai eu la larme à l'œil, c'est justement parce que ni les acteurs ni les dialogues n'en font trop. L'intrigue est prévisible, quoi que le choix final reste incertain jusqu'à ce qu'Eilis le fasse. Bref, le film est élégant, tendre et lumineux, une réussite.
9/10

dimanche 6 mars 2016

Éperdument

Anna vient d’être incarcérée pour une affaire médiatisée. Jean est le directeur bienveillant de la prison. Leur liaison, forcément dangereuse, est interdite.
J’y suis allée un peu à reculons. J’adore Gallienne mais Exarchopoulos m’agace. J’essaie quand même. Le traitement de cette histoire d’amour est dépourvu de jugement, j’ai apprécié ce parti pris. en revanche, je ne comprends pas pourquoi le fait divers à l’origine de l’incarcération est à peine effleuré, pas vraiment mentionné. Pourtant ça a dû compter dans l’histoire réelle. L’univers carcéral est dépeint sans fioriture et sans misérabilisme, avec une certaine froideur. Guillaume Gallienne est génial : sensuel, tendre, désinvolte parfois, paumé, aveuglé. La barbe lui va à ravir, il devrait la conserver. Adèle Exarchopoulos joue comme je m’y attendais : peu d’expressions et le plus souvent une moue dédaigneuse. Entre eux cependant, pas d’alchimie physique. Stéphanie Cléau campe élégamment une épouse bafouée mais patiente. S’il est long à démarrer, le film ne manque pas de tension mais de rebondissements, de sentiment et de passion. Éperdument est loin de correspondre au film. La fin est une fin typiquement française, trouble, sans réponse, agaçante. La problématique du film est posée verbalement -des fois que le spectateur serait trop stupide pour comprendre- choisit-on de tomber amoureux ? Choisit-on de le rester ?
Le problème principal, c’est sans doute que je n’en retiens rien, si ce n’est la prestation de Guillaume Gallienne.

5/10