samedi 9 avril 2016

A bigger splash

La légende du rock Marianne Lane part sur l’île méditerranéenne de Pantelleria avec Paul, son compagnon, pour se reposer. Mais quand Harry, un producteur de musique iconoclaste avec qui Marianne a eu autrefois une liaison, débarque avec sa fille Pénélope, la situation se complique. Le passé qui ressurgit et beaucoup de sentiments différents vont faire voler la quiétude des vacances en éclats.
Ceci est un remake lointain de La piscine de Jacques Deray, film que je n'ai pas vu. Cette version est étrange, à la fois sensuelle, esthétique et pourtant parfois mal filmée. Tilda Swinton promène son élégance racée et silencieuse de la piscine au marché, dans des décors sublimes. Matthias Schoenaerts joue bien les nounours faussement impassibles. Ces deux-là sont assez sympathiques. Ralph Fiennes campe, à contre-emploi et avec talent, un insupportable beau parleur qui ne cesse jamais -vraiment jamais- de parler. Son personnage est extrêmement irritant. Dakota Johnson joue les lolitas provocantes. A vrai dire, je ne l'avait pas reconnue. Si le casting est impeccable, il n'est, étrangement, pas toujours filmé à son avantage, comme si le réalisateur n'avait pas pris le parti de sublimer les corps. La musique est en demi-teinte, tantôt agréable, tantôt irritante. L'histoire est connue, il s'agit des relations perverses entre quatre personnes durant quelques jours au bord d'une piscine. Deux hommes qui se disputent la même femme, les rapports étranges entre un père et sa fille -sous-exploités-, ceux d'un couple qui allait bien avant l'arrivée explosive des autres... Ces gens semblent ne rien ressentir mais ça bouillonne à l'intérieur. Le propos, actualisé -star du rock, crise des migrants- est plein d'ironie. Le film est plaisant à regarder mais il manque de tension, de piquant et peut-être aussi d'humour. Il existe aussi quelques scènes inutiles. S'il n'est pas déplaisant, ce film est vain.

5/10

vendredi 8 avril 2016

Joyland

Stephen King est un auteur que j'apprécie beaucoup. J'ai une nette préférence pour ses nouvelles mais en général, je ne suis pas déçue. Le seul truc, c'est que parfois ses romans sont un peu longuets et traînent en longueur. Je n'ai jamais pu finir Bazaar et Shinning est un brin ennuyeux selon mes critères. Avec ce roman court, j'avais bon espoir d'être tombée sur un opus intéressant.
En 1973, Devin Jones, étudiant, vient travailler pour l'été à Joyland, le parc d'attractions de Heaven's Bay, en Caroline du Nord. Il apprend le métier sous la houlette de Lane Hardy, Fred Dean et Gary Allen, trois forains expérimentés, et se lie d'amitié avec deux autres saisonniers, Erin Cook et Tom Kennedy. On lui raconte aussi l'histoire de la jeune femme assassinée par un tueur en série dans le train fantôme et dont le spectre hante depuis l'attraction. Devin traverse une période de profonde déprime car sa petite amie l'a quitté mais il se découvre un talent particulier pour jouer le rôle de Howie, le chien qui est la mascotte du parc.

On ne présente plus Stephen King mais des fois qu'un jeune public tombe sur ce blog...
Stephen King (1947 - ) a publié son premier roman en 1974 et est rapidement devenu célèbre pour ses contributions dans le domaine de l'horreur mais a également écrit des livres relevant du fantastique, de la fantasy, de la science-fiction et du roman policier. Il a publié plus de cinquante romans, dont sept sous le pseudonyme de Richard Bachman, et environ deux cents nouvelles, dont plus de la moitié sont réunies dans dix recueils de nouvelles. Depuis un grave accident survenu en 1999, il a ralenti son rythme d'écriture, quoique ces dernières années aient été très productives. 
Ses livres ont été vendus à plus de 350 millions d'exemplaires. Longtemps dédaigné par les critiques littéraires et les universitaires, il a acquis plus de considération depuis les années 90. Il a souvent été critiqué pour son style familier, son recours au gore et la longueur jugée excessive de certains de ses romans. À l'inverse, son sens de la narration, ses personnages vivants et colorés, et sa faculté à jouer avec les peurs des lecteurs ont toujours été salués. Il a remporté de nombreux prix littéraires : 13 Bram Stoker, 7 British Fantasy, 5 Locus, 4 World Fantasy, 1 Hugo, 1 O. Henry Award et 1 Edgar-Allan-Poe. Il a reçu en 2003 la médaille de la National Book Foundation pour sa contribution à la littérature américaine et a été décoré de la National Medal of Arts en 2015. Ses ouvrages ont souvent été adaptés pour le cinéma ou la télévision avec des fortunes diverses.

Difficile d'émettre un avis sans dévoiler l'intrigue mais je vais essayer.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en commençant le livre parce que la quatrième de couverture du format poche est assez énigmatique. Il s'agit d'une histoire de passage à l'âge adulte le temps d'un été et d'un automne. Il s'agit aussi de la fin du premier amour. Devin entraîne le lecteur dans le monde étrange et fascinant des forains dans les 70's, mélange de camaraderie, de dur labeur, de joie, d'arnaque et de plaisanteries.
Devin est un personnage attachant, avec sa peine de cœur et sa gentillesse. Annie et Mike le sont plus encore. Ils sont les principaux et efficaces vecteurs d'émotion du roman.
Au niveau de l'intrigue, elle est lente et avance à petits pas mais pas une once d'ennui pendant la lecture. Avec King, on sait qu'une fois entré(e) dedans et bien ancré(e), il est dur -très dur- de lâcher son livre. La partie policière n'existe qu'en filigrane, comme un discret fil rouge dont le dénouement n'est pas la partie la plus importante du livre. D'ailleurs, j'ai vite pressenti qui est le tueur de la maison de l'horreur. C'est un bref roman passionnant qui se lit rapidement et facilement. L'écriture de Stephen King est reconnaissable et transparaît à chaque page, ses obsessions aussi, y compris celle de l'enfant spécial, avec un don. Il n'oublie pas non plus de distiller une bonne dose d'ironie qui m'a souvent fait sourire. Ici, le lecteur trouve mystère et nostalgie plutôt que fantastique franc ou horreur qui fait se planquer sous sa couette. C'est une vraie réussite.

9/10

jeudi 7 avril 2016

Le fantôme de Canterville

Aliénor de Canterville est condamnée à hanter le château de sa famille et fait fuir tout nouvel habitant. Elle remplit cette mission à merveille, aidée de Gwilherm, son fidèle valet. Mais lorsque les Otis, une famille fuyant la vie parisienne, achètent le château, Aliénor se désole car elle n'arrive pas à effrayer cette tribu du XXIe siècle... Pire : les enfants la ridiculisent et les parents l'ignorent ! Seule Virginia Otis, âgée de quinze ans, veut elle aussi que toute la famille rentre à Paris.

Je m'attendais un peu à une sinistre daube avec Mickaël Youn qui en fait des tonnes et des vannes à deux francs six sous. Pourquoi y être allée alors ? Parce que je me suis dit, au pire, je pourrai me défouler un peu, au mieux, ce sera sympa et de toute façon, je n'ai pas lu le roman de Wilde. J'ai été très agréablement surprise. Certes, c'est une histoire de maison hantée toute simple avec sa malédiction, ses coups d'esbroufe... Rien que de parfaitement prévisible. En revanche, c'est aussi vraiment drôle, certaines scènes sont hilarantes, les répliques sont percutantes et font mouche. Bien sûr, le film vise un public familial donc l'humour est sous-entendu. Audrey Fleurot est impeccable en fantôme en colère et dépassé. Mickaël Youn fait un bon valet, il n'en rajoute pas, c'est agréable. Michèle Laroque et Lionel Astier forment un drôle de couple complètement à l'Ouest. Mathilde Daffe campe une jeune fille pleine de caractère et pas trop cruche, ça change des princesses en détresse. Julien Frison est touchant et comique en jeune homme timide. Les deux gamins sont mignons et marrants comme tout. Les effets spéciaux, réussis, et les décors soignés mais relativement sobres apportent une touche esthétique à l'ensemble. Si on accepte de se détendre et de ne pas trop réfléchir, on passe un bon moment devant cette série B à gros budget.

7,5/10

mercredi 6 avril 2016

High-rise

1975. Le Dr Robert Laing emménage près de Londres dans un nouvel appartement d’une tour à peine achevée. Il découvre que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n’ont pas l’intention de le laisser en paix… Bientôt, il se prend à leur jeu.
Ce film est une vraie claque. Il est vraiment particulièrement dérangeant. Dès les premières minutes, Wheatley instille une tension qui ne fait que croître malgré quelques invraisemblances logiques. La musique n'y est pas pour rien (cf l'excellente reprise de SOS d'ABBA par Portishead). Quoiqu'elle soit souvent suggérée ou montrée de manière détournée, la violence inonde rapidement le film. A partir de simples pannes d'électricité, le climat social dégénère en quelques nuits entre émeutes et orgies. Il faut dire que dès le départ, certains personnages sont bien barrés, ça ne pouvait que mal finir. Tom Hiddleston campe excellemment et avec charisme -magnétisme ?- un homme qui sombre dans la folie. Sa prestation hallucinée accroche le spectateur jusqu'au bout. Jeremy Irons joue brillamment l'architecte-alchimiste qui joue avec le feu. Elisabeth Moss amène un contrepoint de douceur et de mélancolie dans ce chaos. Sienna Miller, très sexy, Luke Evans, habité, et James Purefoy complètent le casting. La métaphore de la lutte des classes paraît évidente mais elle n'a rien perdu de sa pertinence ou comment l'isolement et la frustration peuvent conduire un groupe à céder à ses pires instincts. La séance a parfois été inconfortable, j'ai failli partir, mais finalement c'était intéressant. Si cela n'avait pas été le talentueux Tom Hiddleston que j'apprécie beaucoup, je ne suis pas ^convaincue que je serais restée. Le truc, c'est que je ne sais pas si j'ai aimé.

7,5/10

dimanche 3 avril 2016

Five

Cinq amis d'enfance rêvent de vivre ensemble. Julia, Vadim, Nestor, Timothée et Samuel, qui paie la moitié du loyer, emménagent dans un bel appartement ! A peine installés, le père de Samuel découvre la vérité au sujet de ce dernier et lui coupe les vivres. Il décide de ne rien dire aux autres et d'assumer sa part en se mettant à vendre de l'herbe. Mais n'est pas dealer qui veut et quand tout dégénère, Samuel n’a d’autre choix que de se tourner vers la seule famille qu'il lui reste : ses amis !

Soyons honnête, je n'ai pas tellement aimé, même si je veux bien admettre que le film est divertissant. Par où commencer ? Certes, certaines répliques sont drôles. Certes, les comédiens jouent bien. Cependant, Pierre Niney ne trouve pas ici son meilleur rôle, loin de là. J'ai eu un problème avec les personnages que je n'ai pas trouvés attachants. Timothée est véritablement crispant et les autres ne sont qu'une bande de jeunes parisiens bourgeois jamais vraiment en danger dans lesquels, quoi que nous appartenions à la même génération, je ne me suis pas reconnue. Aucune identification n'a été possible pour moi. Seuls la vieille actrice amateur et Nestor, le dieu du sexe en pleine crise, à peine esquissé, m'ont plu. Je n'ai pas été sensible aux rares moments sensés être émouvants. J'aurais pu être sensible au propos relatif à l'amitié mais ça ne suffit pas à faire un bon film. Le langage de cette bande -et pourtant je ne suis pas la dernière à lâcher un juron- m'a agacée. Je reconnais que le scénario, bien que loufoque, tient la route et que l'histoire est sympa mais je me suis retrouvée au bord du chemin.

4/10