samedi 16 avril 2016

Fritz Bauer, un héros allemand

En 1957, le juge Fritz Bauer apprend qu'Adolf Eichmann se cache à Buenos Aires. Les tribunaux allemands préfèrent tourner la page plutôt que le soutenir. Fritz Bauer décide alors de faire appel au Mossad, les services secrets israéliens.
Le titre original de ce film à la mise en scène classique est bien plus parlant : Der Staat gegen Fritz Bauer : L'état contre Fritz Bauer. Personne ne voulait du procès Eichmann en Allemagne, ni le gouvernement allemand, ni la CIA, et surtout pas les anciens nazis qui noyautaient toute la société. Comment tous les juger d'ailleurs ? Malgré les obstacles, le procureur général luttera pied à pied pour obliger les Allemands à faire face à leur douloureux passé. Il est aussi question du traitement juridique de l'homosexualité dans l'Allemagne de la réconciliation. Le film est courageux mais aussi sombre et pessimiste. Burghart Klaußner et Ronald Zehrfeld -vu dans Phœnix- incarnent sobrement deux hommes courageux mais aussi pleins de contradictions et de doutes. Le film, sorte de film d'espionnage politique, explore une zone méconnue de la récente histoire allemande avec précision et suspense. Toutefois, sur le thème de la reconstruction de la mémoire allemande, Le labyrinthe du silence avait plus de force et d'optimisme. Si le classicisme du film peut rebuter, il faut le dépasser tant son sujet paraît essentiel.

8,5/10

mercredi 13 avril 2016

Sagan

Toujours en 2008...
Françoise Quoirez a tout juste 18 ans quand elle écrit les premières lignes de Bonjour Tristesse, un roman dont le succès fulgurant suffira à lancer le mythe de " La Sagan ", le charmant petit monstre. Un mythe fait de formules brillantes, d'amours affranchies et de scandales tapageurs, derrière lesquels se cache une femme, que l'on qualifie d'anticonformiste pour ne pas la dire libre. Libre d'écrire, d'aimer, et de se détruire...

A l'époque, je connaissais mal l'écrivain comme son œuvre mais j'avais beaucoup aimé le film. Tant et si bien que depuis j'ai un certain nombre de ses œuvres dont le fameux Bonjour Tristesse, mais l'un de mes favoris, La femme fardée. Il est question de la femme intime et publique, mais aussi de l'auteur et de son travail. Sylvie Testud incarne brillamment Sagan : intelligente, égoïste, généreuse, drôle. C'est l'un de ses meilleurs rôles, si ce n'est le meilleur. Pierre Palmade est touchant, Jeanne Balibar sensuelle et pragmatique. Les autres seconds rôles sont au diapason. Les dialogues, savoureux, amènent une vraie drôlerie dans vie qui oscille entre fantasque et tragique. Je trouve regrettable que certaines parties de la vie de Sagan manquent et que sa relation avec son fils soit trop peu développée si bien qu'on ne comprend pas tout ce qu'il se passe entre eux. Cela aurait pu rester un téléfilm, qui permet plus de développements. Mais le plaisir du grand écran... Néanmoins, ce film est juste, sincère, pas toujours tendre avec son héroïne que l'on peut aimer ou détester. Moi, je la trouve touchante, drôle, acide, dynamique, fragile, flamboyante, mélancolique, pleine de verve... : complexe et humaine.

8/10

dimanche 10 avril 2016

Les visiteurs : la révolution

Godefroy de Montmirail et Jacquouille sont projetés à l'époque la Terreur, période de grands dangers pendant laquelle les descendants de Jacquouille La Fripouille, révolutionnaires convaincus, confisquent le château et tous les biens des descendants de Godefroy de Montmirail, aristocrates arrogants en fuite dont la vie ne tient qu'à un fil.
Bon, c'est moins raté que Les visiteurs en Amérique mais c'est gâché quand même. D'abord, le casting pléthorique empêche d'approfondir le moindre personnage. Mis à Part Jacquouille qui hurle tout le temps, les autres sont presque inaudibles et invisibles. Du coup, ce n'est pas que les acteurs jouent mal, c'est qu'ils n'ont rien à jouer ou si peu. Sylvie Testud et Alex Lutz s'en sortent assez bien malgré tout et sortent un peu du lot. Ensuite, on ne s'ennuie pas vraiment mais le scénario est inexistant et dépourvu d'enjeu. Il tient sur une demi-page. Si quelques scènes font sourire, la plupart m'ont laissée de marbre à cause d'un humour poussif et éculé. La dernière scène laissait espérer quelque chose et puis stop c'est fini. Le premier film n'est pas un chef d'œuvre mais il est vraiment drôle, ne vieillit pas trop mal. L'effet de surprise n'est plus là, l'inventivité non plus, sans parler de la présence comique de Valérie Lemercier. Dommage.

4/10