samedi 23 avril 2016

The huntsman : winter's war

Il y a fort longtemps, la reine Ravenna a assisté à la trahison amoureuse qui a brisé le cœur de sa sœur, Freya. Celle-ci s’est alors employée alors à lever une armée de guerriers impitoyables, au fond d’un palais glacé. Elle n'a qu'une seule règle : il est interdit de tomber amoureux. Sara et Éric ont enfreint la règle, ils en ont subi les conséquences.
J'avais bien aimé Blanche-Neige et le chasseur. Le prequel-suite est dans la même veine. Il est rythmé, notamment par des combats au corps à corps bien filmés. Les effets spéciaux, beaux et bien intégrés, apportent un plus indéniable en terme d'ambiance. Les costumes sont aussi soignés, notamment ceux de Ravenna, superbes. J'ai moins aimé ceux de Freya, genre cosmonaute élisabéthain, un peu étrange. Chris Hemsworth et son sourire charmeur à tomber, amène de l'humour et de la virilité au milieu de ces trois femmes de tête. Charlize Theron, sublime, retrouve avec plaisir, semble-t-il, son personnage de reine vénéneuse et fascinante. Emily Blunt campe une reine des glaces autoritaire et forte mais également meurtrie et pathétique. Jessica Chastain, plein de fougue et de charme, joue une guerrière plus complexe qu'il n'y paraît. Le quatuor de nains apportent un brin de légèreté et de fantaisie. Le scénario est assez prévisible mais l'action se suit avec beaucoup de plaisir malgré une voix off envahissante. Comme le premier opus, le film développe une vision sombre et esthétique des contes de fées. Il multiplie les  petits détails à la fois esthétiques et malins. Le générique de fin, "Castle" par Halsey, élégant, apporte une touche finale bienvenue.

8,5/10





dimanche 17 avril 2016

Brooklyn de Colm Toibin

J'ai vu et aimé le film. Quand je suis tombée sur le livre en librairie, j'ai pensé que c'était l'occasion de voir si l'un était à la hauteur de l'autre.
Enniscorthy, en Irlande, années 50. Eilis Lacey ne parvient pas à trouver du travail. Par l'entremise du père Flood, sa sœur Rose obtient pour elle un emploi aux États-Unis. Terrorisée à l'idée de quitter le cocon familial, mais contrainte de se plier à la décision de sa famille, Eilis quitte l'Irlande pour Brooklyn, où elle loue une chambre dans une pension de famille irlandaise et travaille dans un grand magasin.


Colm Tóibín (1955 - ), romancier et journaliste irlandais a reçu plusieurs prix littéraires. Il a beaucoup voyagé, de l'Espagne à l'Amérique du Sud. Il est membre d'Aosdána, une organisation irlandaise de promotions des arts et vit désormais en Irlande. Son premier roman, Désormais notre exil obtient le prix de l'Irish Times Irish Literature pour une première œuvre. Il écrit ensuite La Bruyère incendiée, Histoire de la nuit, Le Bateau-phare de Blackwater. Le Maître reconstitue la vie d'Henry James entre janvier 1895 et octobre 1899. Est ensuite paru L'Épaisseur des âmes, recueil de nouvelles autour de la relation mère-fils. Depuis Brooklyn, il a encore publié trois romans.

Le film est adapte fidèlement le roman, ne supprimant que ce qui n'était pas nécessaire : les trois frères qui travaillent en Angleterre, le match de baseball... Le roman permet d'approfondir le personnage d'Eilis. C'est une jeune fille attachante, mais pas parfaite. Elle observe beaucoup son entourage, ce qui la rend parfois passive. Elle se laisse porter par le courant, ne prenant des décisions que lorsque c'est inévitable. Je regrette que la fin, un peu abrupte, ne permette pas de déterminer si Eilis est heureuse de la décision qu'elle a fini par prendre. Rose, évoquée souvent mais présente seulement au début du roman, est un personnage à part entière très attachant alors que les personnages féminins plus âgés, la mère dans une moindre mesure mais surtout, l'épicière et Mrs. Kehoe, sont dépeintes de façon plus négative. Les jeunes hommes, Tony, ses frères, Jim, sont sympathiques.
Toibin dépeint l'exil, le mal du pays, le difficile retour, le deuil, mais aussi l'amour à distance et la fragilité des sentiments. Il parvient à décrire les sentiments et les émotions de son héroïne sans pathos, avec finesse, justesse et sincérité. Et parfois avec drôlerie aussi. Il évoque aussi la vie d'un village irlandais dans les 50's et celle de Brooklyn. C'est précis, sensible. Les descriptions sont nombreuses mais jamais ennuyeuses. Ça m'a un peu évoqué Jane Austen, ce qui n'est pas un petit compliment.
Même si l'absence de chapitre m'a un peu gênée, notamment parce que ça ne m'aidait pas à poser le livre, ce dernier se lit rapidement, impatiemment. Au final, on le referme à regrets. Je lirai volontiers un autre roman de cet auteur.

9/10

Le livre de la jungle

Mowgli, un petit d'homme, a été élevé dans la jungle par une famille de loups. Mais le redoutable tigre Shere Khan, qui porte les cicatrices des hommes, promet d’éliminer celui qu’il considère comme une menace. Mowgli se lance dans un voyage captivant, à la découverte de soi, guidé par son mentor la panthère Bagheera et l’ours Baloo.
Honnêtement, je n'étais pas totalement convaincue par la bande annonce. Je trouvais les animaux étranges. J'ai tenté le coup quand même. Effectivement, certains animaux sont bizarrement fichus. Bagheera a une tête trop grosse et trop large et Kaa est vraiment gigantesque. Toutefois, dans l'ensemble, les effets spéciaux sont magnifiques et plutôt réalistes. Neel Sethi livre une jolie prestation, d'autant plus impressionnante qu'il a tout tourné seul. Le doublage français est bon. J'ai particulièrement apprécié Eddie Mitchell, impeccable, à la fois drôle et menaçant. Pour avoir vu la bande annonce en anglais, Ben Kingsley, Idris Elba et surtout Scarlett Johannson semblaient avoir des voix parfaites qui me font regretter de ne pas avoir pu voir le film en V.O. Seules deux chansons du dessin animé sont reprises, c'est un excellent choix, elles s'intègrent bien dans la narration et donne un coup de swing. Le générique de fin permet d'entendre une jolie version de Trust in me. Je ne m'attendais pas à être surprise par l'émotion à deux ou trois reprises. En revanche, j'ai trouvé que Mowgli manquait un peu de caractère, comme le film à certains moments. C'est un beau film d'aventures et d'apprentissage rythmé et sans doute plus sombre et bien moins drôle que de le dessin animé.
7/10