samedi 30 avril 2016

Dalton Trumbo

Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste. Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler. Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, il va contourner cette interdiction. En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.
C'est un film passionnant qui raconte comment la lutte anti-communiste à détruit vies et carrières à Hollywood et comment un scénariste flamboyant et charismatique a résisté. Bryan Cranston campe un homme brillant, souvent, drôle, sarcastique, de temps à autre tyrannique, mais aussi plein de principes qu'il a peine parfois à concilier avec sa carrière. A noter le fait qu'il s'agisse d'un bourreau de travail, jusqu'à perdre de vue tout le reste, intéressant. Diane Lane joue élégamment sa patiente épouse. Helen Mirren a hérité du rôle de l'extrémiste de service et elle y excelle -comme toujours pourrait-on dire. Et ses chapeaux sont extraordinaires. Elle Fanning amène une touche de charme et de jeunesse. Le reste du casting est impeccable, tout comme la reconstitution des 50's. Jay Roach montre sans pitié un Hollywood hystérique, à genoux devant une bande d'anti-communistes acharnés. Son scénario est intelligent, ne prend que peu de raccourcis et donne à voir une belle leçon de résilience. Si le film est un biopic classique, il n'est jamais ennuyeux et conserve une certaine tension pendant toute sa durée. Il semble toutefois que certaines scènes aient été coupées, ce qui rend le basculement du personnage abrupt. Les dialogues, jamais explicatifs, tantôt philosophiques, tantôt drôles, amènent du tonus. J'ai lu beaucoup de critiques sur le dialogue du début entre Trumbo et sa fille. Je ne suis pas d'accord avec elles, il s'agit juste d'un père qui explique à sa très jeune fille l'une des valeurs du communisme, il n'allait pas lui faire un discours sur le capital. La réplique de Douglas à Hopper va devenir culte.

9/10

dimanche 24 avril 2016

Adopte un veuf

Hubert Jacquin, veuf depuis peu, déprime dans son immense appartement. Suite à un quiproquo, Manuela, jeune et pétillante baroudeuse, s'installe chez lui. D’abord réticent, Hubert va vite s’habituer à la présence de cette tempête d’énergie, qui parvient même à le convaincre de loger deux autres personnes.
J'étais un peu inquiète quant à la qualité du film. Finalement, cette comédie est plutôt sympathique. Quatre personnes fort dissemblables cohabitent dans un bel appartement, ce qui entraîne un certain nombre de quiproquos, de disputes, de rires... Certes, le scénario est assez banal mais la réalisation bénéficie de l'extraordinaire énergie de Bérengère Krief, de la douceur de Julia Piaton et du charisme bougon d'André Dussolier. Arnaud Ducret en fait moins que d'habitude, ce qui le rend tolérable. Le ton choisi se révèle plutôt juste, sans pathos et avec une certaine légèreté. Desagnat vante, sans grande finesse mais plaisamment, le partage intergénérationnel et la solidarité. On sourit quoique sans vrais éclats de rire. La bande-annonce, comme souvent, en révèle trop. Le spectateur est diverti mais le film vite oublié.

6,5/10