samedi 21 mai 2016

Drive

A l'heure où Nicolas Winding Refn présente son dernier film à Cannes, France 2 a rediffusé Drive en douce, en deuxième partie de soirée (CSA oblige, je suppose). Sorti en 2011, le film avait cartonné et j'avais moi-même beaucoup aimé. J'ai pris grand plaisir à le revoir.
Un jeune homme pas bavard (mais alors vraiment pas du tout) est cascadeur pour le cinéma, mécano dans un garage et occasionnellement conducteur pour des truands auxquels il impose ses règles. Il rencontre Irene et de son fils auxquels il s'attache. Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide de lui venir en aide.
Le film repose presque entièrement sur la prestation flegmatique de Ryan Gosling. Celui-ci est épatant, crédible en homme calme et silencieux mais paradoxalement expressif et charismatique jusqu'à l'explosion de violence froide et sans limite. Ses sourires illuminent le film plus encore que ceux de Carey Mulligan, charmante en jeune mère mais discrète. Bryan Cranston, Ron Perlman, Albert Brooks, Christina Hendricks et Oscar Isaak campent des seconds rôles intéressants, entre ratés pathologiques et gangsters vieillissants. Le film oscille avec brio entre romance en filigrane et action tendue. Celle-ci est très bien filmée et surtout visible, sans cameraman parkinsonien. La ville est est superbe et filmée, comme le reste, avec une belle esthétique. La B.O est géniale, elle porte le film qui est plein de silences. Ceux-ci ne sont pas gênants, on ne s'ennuie pas une seconde et on s'attache aux personnages. Pas d'action téstostéronnée, plutôt de l'action intelligente, bien dosée. La violence est tellement outrée qu'elle peut prêter à sourire mais pas longtemps parce qu'au fond, elle sert le film. Juste un tout petit bémol : la mise en place est un peu lente mais cela s'oublie très vite tant le film est excellent et le scénario est somme toute très classique.

9,5/10

dimanche 15 mai 2016

Money Monster

Lee Gates est une personnalité influente de la télévision et un gourou de la finance à Wall Street. Les choses se gâtent lorsque Kyle, un spectateur ayant perdu tout son argent en suivant les conseils de Gates, décide de le prendre en otage pendant son émission, devant des millions de téléspectateurs…
Je ne suis une fan, ni de Julia Roberts, ni de George Clooney. J'aime bien la première, le second me déçoit souvent. Si je me suis déplacée c'est que le sujet m'intéresse et que Jodie Foster est pour moi un gage de qualité. Bien m'en a pris. J'ai noté quelques faux raccords et le film n'évite pas un certain sensationnalisme. Toutefois ce dernier peut s'expliquer par le traitement que font les médias de l'actualité. Clooney cabotine jusqu'à ce que ça dérape et qu'il redevienne sérieux, c'est selon moi là qu'il est le meilleur. Julia Roberts est excellente, entre stress et professionnalisme. Les deux affichent une belle complicité. Jack O'connell campe finement le cinglé de service, loin d'être si cinglé que ça. Dommage que les raisons de son action restent un peu floues. Caitriona Balfe, discrète mais séduisante, capte tout notre attention, à suivre donc. Les personnages en général sont assez caricaturaux et trop peu approfondis. Le film critique-t-il le capitalisme ultra libéral ? Sans doute, mais aussi les médias assoiffés de sensationnel, le silence coupable d'un paquet de monde, les spectateurs indifférents qui ne lâchent plus leur smartphone connectés aux réseaux sociaux et un certain cynisme généralisé. Jodie Foster construit un film prévisible sur certains points mais tendu au suspense efficace avec rebondissements.

6,5/10