samedi 11 juin 2016

Braquage à l'anglaise

Été 2008, un petit film de braquage, ça ne se dédaigne pas.

Jusque-là, Terry s'était toujours contenté de vols de voitures et de petites magouilles, mais lorsque Martine lui propose de participer au braquage infaillible d'une prestigieuse banque londonienne, il y voit la chance de sa vie... Voici l'incroyable histoire vraie d'un cambriolage à scandale où les voleurs sont certainement les plus innocents de l'affaire...

Après braquage à l'italienne, braquage à l'anglaise, décidément les publicitaires français ont de l'imagination pour les titres ! The bank job, c'était clair pourtant.
Cela dit, c'est un excellent film dans le genre dont il respecte à la lettre les codes : action + humour, british forcément et là on aime ou pas. Moi j'aime. Ajoutons de bons acteurs, notamment le charismatique Jason Statham qui pour une fois, sourit -de quoi faire craquer les filles- et Saffron Burrows, sulfureuse à souhait, une romance, un scandale dans le milieu de la politique et de la couronne (quelle coquine cette princesse !), des arnaqueurs magouilleurs pas bien méchants qui se font avoir par une organisation -et même plusieurs- mais qui finissent par s'en sortir, enfin à peu près. La réalisation, efficace et rythmée, n'élude pas la violence -mais rien de trop hard non plus- et sert une intrigue solide. Desservi par l'absence de promo en France, ce bon divertissement est à ne pas manquer.

8,5/10

jeudi 9 juin 2016

Wanted

Revenons en 2008, c'est l'été et Angelina Jolie se balade en tenue d'Eve devant la caméra.

Wesley Gibson, tyrannisé par son patron, malmené par ses collègues de bureau, trompé et humilié par sa petite amie, victime d'angoisses récurrentes, ne survit qu'à coup de tranquillisants et de plateaux repas macrobiotiques. C'est alors qu'une fille de rêve fait irruption dans sa triste vie. Fox est une tueuse d'élite, affiliée à une secte ultra-secrète : la Fraternité, dont les membres se sont érigés en instruments du Destin.

Surprenant. C'est le premier mot qui m'est venu après avoir vu ce film. Si le scénario basé sur le jeune loser devant reprendre le flambeau de son père tueur professionnel est déjà vu, son traitement visuel est assez particulier : multiplication des effets ralentis, un peu déroutants au début, des giclées de sang à tout va... etc... Ah ! Les balles à effet ! Ça c'est quelque chose ! L'esthétique, léchée, est ultra travaillée, notamment grâce à des effets spéciaux soignés. James McAvoy semble légèrement en dessous de ses excellentes prestations habituelles. Cela pourrait être dû à ce rôle à contre-emploi : il a quand même une tête de jeune premier romantique, pas de dangereux tueur à gage épris de montées d'adrénaline. Angelina Jolie, sublime, campe efficacement un personnage aussi mystérieux que dangereux. Morgan Freeman est toujours impeccable. Le final n'est finalement pas si prévisible que cela et l'action est au rendez-vous : poursuite en voitures, fusillades, courses dans et sur un train... L'humour n'est pas en reste non plus, pourvu que l'on apprécie, comme moi, l'humour noir et le second degré. De morale, point. Un divertissement jouissif, c'est sûr.

8,5/10

dimanche 5 juin 2016

Retour chez ma mère

À 40 ans, Stéphanie est contrainte de retourner vivre chez sa mère. Elle est accueillie les bras ouverts : à elle les joies de l'appartement surchauffé, de Francis Cabrel en boucle, des parties de Scrabble endiablées et des précieux conseils maternels sur la façon de se tenir à table. Et lorsque le reste de la fratrie débarque pour un dîner, règlements de compte et secrets de famille vont se déchaîner de la façon la plus jubilatoire.
Contre toute attente, c'est à la fois plus drôle et plus réaliste que ce que j'avais imaginé. Alexandra Lamy campe une femme forte qui se retrouve au fond du trou aux prises avec le Pôle emploi, sa mère occupée par une histoire d'amour, son frère passionné de régates mais peu de famille, sa sœur, vipère dictatoriale. Son personnage, attachant, est drôle et a beaucoup de répondant. Josiane Balasko joue la mère, qui n'a pas oublié sa féminité malgré son veuvage. Quant à Mathilde Seigner, c'est l'emmerdeuse jalouse et despotique dotée d'un gentil mari un peu niais. Les dialogues, percutants, regorgent de répliques marrantes. On pourrait reprocher une trame classique, voire convenu, mais elle a l'avantage d'aborder de vrais sujets : les liens familiaux, l'amour après 60 ans, la génération boomerang, la crise. Elle s'attache particulièrement aux liens entre les personnages, complexes mais plein d'amour et dominé par les femmes. Chaque scène ou presque fait rire mais sans virer à la caricature, avec justesse. La traditionnelle scène du dîner, hilarante, foisonne de piques jubilatoires et vachardes et compense le final trop facile.

9/10