samedi 18 juin 2016

La fille de Monaco

Revenons à août 2008, à ce que j'espérais être un petit film de l'été sympa. Il arrive que je me plante en choisissant un film, ce fut le cas ce jour-là.

Bertrand, brillant avocat d'assises médiatique, cultivé et cérébral. Fraîchement arrivé à Monaco pour y assurer la défense d'une meurtrière septuagénaire, il est protégé par Christophe, agent de sécurité, franc, direct et taciturne. Audrey, présentatrice météo sur une chaîne câblée à Monaco, ambitieuse, culottée, comprend assez mal le sens de certains mots, notamment "limites", "tabous", et "scrupules". Il aurait mieux valu que ces trois-là ne se rencontrent pas...
Autant le dire tout de suite, c'est très décevant et incroyablement vain !
Fabrice Luchini et Roschdy Zem, je me suis dit super comédie en perspective. Et bien non, Luchini est plat, amorphe, il a l'air de s'ennuyer. Zem, perpétuellement les sourcils froncés, surjoue le garde du corps impassible. Et Louise Bourgoin ? Une catastrophe ! Elle surjoue les niaises pétasses, sorte de sous Nicole Kidman dans Prête à tout -et là j'insulte Kidman- porte des tenues toutes plus courtes et plus vulgaires les unes que les autres, une bombe a explosé dans ses cheveux et elle devra -re-prendre les cours de théâtre avant de tourner autre chose. La tension pseudo dramatique ne tient pas une seconde et la fin est nulle. Bref, un film sans saveur, plein de clichés, pas très drôle - à peine quelques sourires- un peu vulgaire, malgré le talent de Luchini. Depuis, je n'ai jamais pu apprécier le jeu de Roschdy Zem auquel je ne trouve qu'une expression. .

2/10

mercredi 15 juin 2016

Slaine Adamson tome 1 De trèfle et de plumes de J.Arden

J'ai choisi ce livre par hasard, sur un étal de librairie plus ou moins parce que la couverture et le titre me plaisaient.
1890, Londres. Lady le jour, Rose de la reine la nuit, Slaine Adamson mène une double vie qui nécessite quelques ajustements vestimentaires et beaucoup d’entorses à l’étiquette. Quand, dans un cimetière de Whitechapel, la brume revêt un parfum de soufre et de trèfles et qu’un partenariat temporaire est requis avec une grande brute d’Irlandais très félin, il se pourrait que même des litres de thé ne suffisent pas à garder intact le flegme de notre enquêtrice. Au moins, voilà l’occasion pour elle de troquer ses aiguilles contre des couteaux. Pour la reine !

J. Arden (1987 - ), a abandonné ses manuels de droit au profit des romans fantastiques. Elle a commencé par Les sentinelles de l'ombre, aujourd'hui à son tome 4. Elle est aussi l'auteur de Brèves de réception.

Même si elle n'est pas dénuée de petits défauts, cette gaslamp fantasy est tout à fait plaisante, et même mieux que ça. On découvre l'univers victorien un peu particulier de cette héroïne féministe avant l'heure. Slaine, narratrice gentiment ironique de cette histoire, est attachante, de même que le divin et souvent dénudé, Kieran O'Farrell, l'évanescent et si serviable James,  l'excentrique lord Adamson et l'adorable Feardorcha, le chien le plus craquant que j'ai lu depuis longtemps.
Grâce à l'aventureuse lady amatrice de Earl grey, on vogue entre five o'clock tea avec un fantôme amical, poursuites dans les cimetières, détour par les docks, rêves angéliques et bal de la bonne société. C'est délicieusement foutraque, j'adore. L'univers présenté est bien détaillé grâce de nombreuses mais brèves descriptions. De plus, Slaine nous explique tout, ce qui ne manque pas de la rendre bavarde mais aussi sympathique. J. Arden en fait parfois un peu trop, à grands coups de métaphores, mais on lui pardonne volontiers parce qu'elle a beaucoup d'humour et m'a souvent fait sourire. Les dialogues sont particulièrement savoureux. Comme c'est un tome d'exposition, on passe plus de temps à découvrir l'univers à qu'à avancer dans l'intrigue, plaisante mais légère. Les rebondissements s'enchaînent tranquillement, suffisamment pour que ce roman s'avère être un redoutable page turner. Le final, qui voit les évènements s'accélérer, est réussi.

7,5/10

dimanche 12 juin 2016

Bienvenue à Marly-Gomont

Années 70's, Seyolo Zantoko, médecin fraichement diplômé originaire de Kinshasa, saisit l’opportunité d’un poste de médecin de campagne dans un petit village français. Arrivés à Marly-Gomont, Seyolo et sa famille déchantent. Les habitants ont peur, ils n’ont jamais vu de noirs de leur vie. Mais Seyolo est bien décidé à réussir son pari et va tout mettre en œuvre pour gagner la confiance des villageois.
J'y suis allée moitié faute de mieux, moitié pour faire plaisir à la personne qui m'accompagnait et avait envie de le voir. C'est un joli film évoquant la France profonde des 70's, l'intégration, le racisme, les relations familiales à cette époque, la désertification médicale déjà entamée. Parfois cruel, il se révèle aussi tendre et mélancolique. C'est l'hommage d'un fils admiratif mais lucide à un père exigeant et déterminé. Marc Zinga, charismatique, campe un homme attachant, que rien ou presque ne désespère, malin mais aussi maladroit et autoritaire. Aïssa Maïga joue bien l'épouse haute en couleurs qui soutient son médecin de mari mais pose aussi des limites. Une petite mention pour Rufus, paysan plein de bonté et de bon sens. On n'échappe pas à un manichéisme facile, ni à quelques clichés, pourtant, ce récit sincère et émouvant s'avère également attachant grâce à sa galerie de personnages et à son humour. On pourra regretter le manque d'innovation sur la forme et un scénario un peu léger.

7,5/10