samedi 25 juin 2016

Love and friendship

Angleterre, fin du XVIIIe siècle : Lady Susan Vernon est une jeune veuve dont la beauté et le pouvoir de séduction font frémir la haute société. Sa réputation et sa situation financière se dégradant, elle se met en quête de riches époux, pour elle et sa fille. Épaulée dans ses intrigues par sa meilleure amie Alicia, Lady Susan Vernon devra déployer des trésors d'ingéniosité et de duplicité pour parvenir à ses fins, en ménageant deux prétendants : le charmant Reginald et Sir James Martin, un aristocrate fortuné mais prodigieusement stupide…
J'ai lu de bonnes critiques, et Jane Austen est l'un de mes auteurs favoris, aussi attendais-je beaucoup de ce film. Je dois admettre que même si j'étais résolue à l'aimer, je suis un peu déçue. Bon point pour lui : l'adaptation est fidèle. Kate Beckinsale campe avec talent une femme brillante et amorale mais ne parvient pas à la rendre complètement attachante. Le reste du casting est au diapason mais manque d'éclat. Les intrigues sont bien construites (merci aunty Jane) et certains dialogues sont fascinants d'ironie, souvent drôles et incisifs (encore merci aunty Jane). En revanche, le passage de roman épistolaire au film est plus mitigé. Ça donne lieu à des scènes sans lien dont le montage manque de fluidité. Le réalisateur a de surcroît choisit de répéter sans cesse le même morceau de musique assez grandiloquent qui empiète sur les scènes. Je reconnais que les costumes et la reconstitution sont réussis mais ils ne suffisent pas à rendre le film aussi attrayant qu'il aurait pu l'être. La représentation caustique de la société géorgienne est intéressante mais manque de tendresse et de relief.

6/10

dimanche 19 juin 2016

Ma meilleure amie

Milly et Jess sont deux meilleures amies inséparables depuis l’enfance. Alors que Milly se voit diagnostiquer un cancer, Jess essaie d'avoir un enfant...
Miss you already, le titre anglais est bien plus juste. C'est l'histoire de deux vraies amies qui font fassent à leurs propres difficultés : l'une ne parvient pas à tomber enceinte, l'autre se voit diagnostiquer un cancer du sein. Catherine Hardwicke propose une peinture crue, parfois cruelle, mais toujours juste de la maladie et de l'enfantement. Certes classique, parfois un peu outré, son film émeut et amuse malgré une qualité d'image un peu désagréable à deux ou trois reprises. Drew Barrymore et Tony Colette, complices, livrent une prestation d'une grande justesse et d'une belle sobriété. elles sont épatantes, tout comme Dominic Cooper et Paddy Considine. Jacqueline Bisset est géniale en mère indigne qui essaie de se rattraper comme elle peut. Tyson Ritter est à tomber. Tous les personnages, imparfaits, sont intelligents. On pourrait croire que le film est larmoyant, et, de fait, on pleure, beaucoup. Parce que c'est triste, beau et triste. Mais le film n'est pas larmoyant, il est drôle, très drôle. Les deux amies sont sérieusement déjantées, leurs répliques sont hilarantes. Certaines situations, cocasses, allègent celles qui sont dramatiques. Au-delà, peut-on se comporter comme une garce soit prétexte qu'on est malade et qu'on a peur de mourir ? A quel point peut-on mettre sa propre vie entre parenthèses parce qu'on aime quelqu'un qui a besoin de nous ? Et comment sauver son couple quand sa féminité se fait la malle ? En tout cas Miss you already prouve une chose : il faut rire dans les moments difficiles, parce qu'il n'y a parfois rien d'autre à faire.

9/10

PS : Je trouve la critique du Nouvel Observateur injuste et limite misogyne.