vendredi 1 juillet 2016

Mamma Mia

En 1999, sur une île grecque, dans un hôtel tenu par Donna, sa fille Sophie et le fiancé de celle-ci, Sky s'apprêtent à se marier. Sophie a invité trois hommes dont elle pense que l'un d'eux est son père. De trois points du globe, trois hommes s'apprêtent à retourner sur l'île - et vers la femme - qui les avait enchantés 20 ans auparavant.
A l'époque où je l'ai vu, j'étais un peu déprimée, j'étais ressortie avec le sourire aux lèvres ! Je ne suis pas particulièrement fan d'ABBA mais j'avoue que j'ai adoré ce film ! Et que je le revois toujours avec plaisir à la télévision. Le casting est fantastique et les acteurs ont l'air de vraiment s'amuser. Du coup, c'est vrai qu'ils en font parfois un peu trop. Mais leur plaisir à jouer et chanter est si évident qu'il nous entraîne. Meryl Steep, resplendissante et même encore sexy, campe avec une énergie débordante cette femme qui s'est beaucoup amusée dans sa jeunesse (dot dot dot !), croule sous les difficultés financières et techniques, se retrouve face à trois anciens amants et craint de perdre sa fille qu'elle juge trop jeune pour se marier. Si elle n'était pas une si excellente actrice, on regretterait presque qu'elle ne soit pas devenue chanteuse tant sa voix est agréable : pleine, chaleureuse, puissante. Et même si on ne peut pas en dire autant de Pierce Brosnan (voix et justesse un peu moyenne mais mince, James Bond qui pousse la chansonnette !!!), les autres -Colin Firth, Amanda Seyfried, Julie Walters, Christine Baranski...- sont drôles et agréables à écouter. Les chansons sont parfaitement intégrées dans l'histoire. Les costumes sont une insulte au bon goût, les décors sont tout aussi kitsch, pourtant c'est coloré, joyeux, foutraque, bref plaisant. Le scénario est convenu et ne fait pas d'étincelle, ce n'est qu'un prétexte pour chanter, danser et s'amuser. C'est léger, festif, ensoleillé, un peu niais sur les bords et sans conséquence.
A voir ne serait-ce que pour l'effet sourire -connu aussi sous le nom effet Bridget Jones-.

8/10

Bohême de Mathieu Gaborit

En ce moment, je suis d'humeur steampunk, je découvre ce drôle d'univers. Donc Bohême avec sa belle couverture et sa quatrième de couv' prometteuse.
Bon la photo est floue mais je n'ai pas réussi à faire mieux.
L'Europe est submergée par l'écryme, une substance corrosive. Reliées par un fragile réseau de traverses d'acier, seules quelques cités gouvernées par l'aristocratie capitaliste émergent. Mais sous le joug de la Propagande, la révolte gronde... Quand un dirigeable s'échoue dans l'écryme, c'est Louise Kechelev, avocate-duelliste, qui est chargée de récupérer la cargaison. Dans la même zone, un régiment de hussards a été décimé par une mystérieuse crise de folie. Seul survivant, le commandant Léon Radurin doit fuir les foudres de la Propagande. Pour Louise et Léon, c'est le début d'un voyage sans retour aux confins des traverses, où se murmure le nom d'une cité perdue : Bohème.

Mathieu Gaborit (1972 - ), est un écrivain français, auteur de romans de fantasy et de science-fiction. Rôliste, il a collaboré au magazine Casus Belli et est l'auteur d'un jeu de rôle steampunk peu connu, Ecryme. Il a collaboré au jeu de rôle Agone, adapté de son roman le plus célèbre, Les Chroniques des Crépusculaires. Avec Fabrice Clin, il a écrit Confessions d'un automate mangeur d'opium. Il a aussi travaillé sur les jeux Outcast et Outcast II.

Bohême est un roman étrange, coupé en deux romans courts. L'un ressemble presque à un roman d'enquête et d'aventures mêlées mais à peine commence-t-il enfin qu'il se finit abruptement. La seconde partie, plus politique, disperse le récit dans plusieurs lieux entre divers personnages qui disparaissent presque aussitôt, laissant Louise et particulièrement Léon de côté. Elle se finit tout aussi abruptement que la première. Autant celle-ci est plaisante et se suit facilement, autant la seconde, décousue, et virant à l'ésotérisme, se révèle plus ardue et tourne parfois au glauque. De surcroît, le roman ne paraît pas fini, comme si une troisième partie manquait pour développer ce qui n'est qu'esquissé.
Contrairement à beaucoup de romans du genre, Bohême n'est pas drôle, il est même très sérieux. Il évoque pêle-mêle le totalitarisme, la manipulation des masses, la religion, le cynisme, la maternité, l'art. L'univers est riche, si bien qu'il est difficile d'y entrer, et paradoxalement trop peu utilisé. Louise est un personnage attachant, plein de volonté. C'est la seule dont le caractère peut s'épanouir un tant soit peu, les autres, y compris Léon, Igor le conteur, ou El Râmsa le prince, ne font que passer. Pourtant la lecture est agréable, grâce à une jolie plume et à l'imagination débordante de l'auteur. Celui-ci crée une dystopie originale, foisonnante et créative. L'écryme, les pierrots, les traverses... Il semble avoir une idée à la page.

5/10

dimanche 26 juin 2016

Le monde de Dory

Dory, le poisson chirurgien bleu, avec un trouble de la mémoire immédiate, tente de retrouver ses parents avec l'aide de ses amis Nemo et Marin. Pourra-t-elle retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ?
J'adore Le monde de Nemo. Et j'adore Dory. Alors en savoir plus sur Dory, c'était immanquable. Nage droit d'vant toi... Le schéma général est calqué sur l'opus précédent -donc exit la surprise- mais l'histoire est suffisamment différente pour provoquer l'intérêt. Émaillé d'humour efficace, ce film d'animation énergique est plein de rebondissements, frôlant parfois la suractivité. L'animation soignée de Disney-Pixar donne à ces créatures, dans une belle explosion de couleurs, des expressions humaines attendrissantes (bébé Dory, trop chou). On retrouve des personnages connus avec plaisir, on en découvre de nouveaux avec curiosité, tous sont attachants et bien doublés, et parmi les nouveaux, Hank la pieuvre caméléon et Destinée le requin-baleine en particulier. Le film parvient à être émouvant tout en dénonçant sans lourdeur l'état de nos magnifiques fonds marins et à parler de handicap et de peur de l'abandon sans être gnangnan. Le générique de fin chanté par Sia, nouveau clin d'œil à Dory, est top. Je craignais un peu une suite gadget juste pour les recettes mais Le monde de Dory est un divertissement poétique et généreux. Attention toutefois, si un nouveau personnage devait être développé, il faudra trouver un nouveau filon : j'ai gardé mon âme d'enfant mais mon esprit critique n'est jamais loin.

9/10