samedi 9 juillet 2016

Vicky Christina Barcelona

Deux bonnes copines avec des visions complètement opposées de l'amour (la première, Vicky, est une femme de raison, fiancée à un jeune homme respectable et sinistrement chiant ; la seconde, Christina, sans d'inhibition et perpétuellement à la recherche de nouvelles expériences, qui ne sait pas ce qu'elle veut mais sait ce qu'elle ne veut pas) passent l'été à Barcelone. Juan Antonio, un peintre épicurien aborde Vicky et Cristina en leur proposant de s'envoler avec lui pour Oviedo, consacrer le week-end à explorer les beautés de la ville, à boire du bon vin et à faire l'amour. Vicky est choquée et agacée, Cristina, ravie, la persuade de tenter l'aventure. Le week-end va tout et rien changer dans leurs vies à tous les trois et le tout devient explosif lorsque Maria Elena, l'ex-femme de Juan Antonio qui a failli le tuer lorsqu'il a osé la tromper "avec les yeux" avec une autre.
Seul vrai bémol : la voix off, agaçante. Je n'ai pas besoin qu'on m'explique ce qu'il se passe ni ce que ressentent les personnages, les acteurs sont là pour ça. C'est une mauvaise habitude de Woody Allen. Penelope Cruz, débordante d'énergie et de sentiments, cinglée à souhait, toujours prête à flinguer son ex ou à se suicider, tire son épingle du jeu. Scarlett Johansson, sexy et indécise, balade sa voix grave et sensuelle sur les pavés ibériques. Rebacca Hall, émouvante, troublée par ce fameux week-end, ennuyée par son mari trop directif, offre un contre point de normalité entre les deux autres personnages féminins exceptionnels. Javier Bardem, charismatique à souhait, sexy, agaçant aussi parfois, est débordé par trois femmes aux caractères différents et complémentaires. La B.O est géniale, Barcelone et Oviedo, magnifiques, offrent des paysages et des vues superbes. Le ton est celui du marivaudage léger mais Allen évoque aussi le déterminisme, les habitudes, les passions incontrôlables et les émotions contrôlées, ravalées. Les dialogues sont percutants, habiles, virevoltants. Le spectateur sourit souvent des péripéties des deux amies mais le conte n'en est pas moins cruel.

9/10

PS : Le baiser entre la blonde Scarlett et la brune Penelope n'est pas si torride que cela. Ou est-ce parce que je suis une femme ?

dimanche 3 juillet 2016

Camping 3

Comme chaque été, au Camping des Flots Bleus les Pic, Gatineau tout juste divorcé de Sophie, le 37, et Patrick Chirac fidèle à ses habitudes se retrouvent pour leurs vacances. Patrick a décidé de tester le co-voiturage avec trois jeunes dijonnais : Robert le charmeur, Benji le beau gosse et José la grande gueule. Après le co-voiturage, Patrick se voit contraint de tester le co-couchage…
Après l'avoir vu (ma mère ne voulait pas y aller toute seule), une question reste posée : ce troisième -et je l'espère dernier- volet est-il ou non pire que le précédent. Certes, ce n'est pas la copie en pire du premier. Cette fois, ce sont trois jeunes qui sont adoptés par Patrick (ne pourrait-il pas porter au moins un short ????). Honnêtement, un seul aurait suffit, les deux autres ne servent à rien. Honnêtement, tout cela est assez pathétique et peu fouillé en plus. Patrick et Paulo ont vieilli (mal) et ont une hygiène douteuse, les singeries du vieux Jacky n'amusent que lui, le personnage de Christiana Reali est une farce ni drôle ni crédible, Jugnot et Laroque font une ou deux apparitions minables... Et tout s'enchaîne comme ça, pas drôle, à peine quelques sourires forcés, sans vrai scénario. La partie sur homosexualité est nulle et inutile. Malgré tout, le loser Patrick, à qui sa fille manque et qui s'attache malgré lui à un gosse (mignon d'ailleurs Louka Meliava), s'avère attachant, relou mais attachant, presque touchant dans sa solitude. Une brève mais efficace critique de la génération snapchat pointe le bout de son nez de façon bienvenue. Un gros problème subsiste : la plupart du temps, à part de rares exceptions, ce n'est pas drôle. J'ai passé mon temps à me dire : "oh non, ils n'ont pas osé ?". Ben si.

3/10