jeudi 14 juillet 2016

Florence Foster Jenkins

L’histoire vraie de Florence Foster Jenkins, héritière new-yorkaise mélomane, convaincue d’avoir une très belle voix. Son mari et imprésario, St Clair Bayfield, comédien raté, tenait coûte que coûte à ce que son épouse bien-aimée n’apprenne jamais que sa voix est un supplice. Mais lorsque Florence décide de se produire en public à Carnegie Hall en 1944, St Clair comprend qu’il s’apprête à relever le plus grand défi de sa vie.
Le film présente un drôle de trio : l'impayable Florence, généreuse, passionnée, mélancolique, St Clair, aimant, passionné, mélancolique, et Cosmé, le pianiste, maladroit, attendri et attendrissant. Pour un biopic classique concernant une mauvaise chanteuse, il parle très bien de musique, de passion de la musique et de représentation. Il traite aussi d'amour, de tendresse, de compromis, de gestes d'amour, de mensonge, de loyauté. Stephen Frears éprouve visiblement de la tendresse pour ce couple étonnant et détonnant et pour tout dire extrêmement attachant. Face à eux Cosmé, qui essaie de les ramener à la réalité avec beaucoup de tact. Son fou rire dans l'ascenseur est mémorable. Meryl Streep, touchante et exubérante, démontre l'étendue de sa palette de jeu, entre l'extase d'un air d'opéra (magnifique au passage) et la détresse d'une femme amoureuse ou d'une chanteuse malheureuse. Elle se moque du ridicule, parce, soyons honnête, Florence a quelque chose de pathétique, de ridicule, et lui donne une profonde humanité. Hugh Grant trouve ici son meilleur rôle depuis longtemps. Il laisse tomber le séducteur pour un rôle plus riche, plus profond. Leur couple est charmant. Simon Helberg joue de façon légère, toujours le sourire aux lèvres, avec douceur. Mentionnons aussi Rebecca Ferguson et Nina Arianda, deux seconds rôles qui ne sont pas oubliés et parviennent à exister en quelques scènes. Très drôle, notamment grâce à ses dialogues ciselés, le film sait aussi émouvoir et cueillir le spectateur, sans oublier de l'éblouir avec une belle reconstitution. Certaines scènes sont vraiment hilarantes. Bienveillante, cette comédie rythmée est une réussite de plus dans la filmographie déjà bien remplie de Stephen Frears.

9/10

dimanche 10 juillet 2016

Tarzan

John Clayton, alias Tarzan, a renoué avec ses origines aristocratiques, répondant désormais au nom de Lord Greystoke. Convié au Congo en tant qu'émissaire du Commerce, il s'y rend accompagné de Jane et du Docteur Williams. Il est loin de se douter du piège qui l'attend. Car le redoutable belge Leon Rom est bien décidé à l'utiliser pour assouvir sa cupidité…
John, tout à fait acclimaté à la froide Angleterre, renoue avec ses origines : le Congo, les tribus locales, les singes et autres animaux de la jungle. On débute avec les paysages sublimes du Congo, qui nous accompagnent pendant tout le film. C'est une bonne idée parce qu'on ne se lasse pas de les admirer. La narration enchaîne scènes de dialogue et action rythmée. Les effets spéciaux, tant dans les combats, les courses poursuites (géniales) ou les animaux sont réalisés avec soin mais manquent parfois de réalisme. Dommage que le grain de l'image apparaisse dans certaines scènes. Évidemment, le film combat le colonialisme et l'esclavage avec virulence, ainsi que le cynisme acharné de la politique. Le scénario, toutefois, aurait pu gagner à avoir plus d'épaisseur. La succession d'aventures reste éminemment plaisante. Alexander Skarsgard propose un Tarzan calme et efficace, très séduisant, et non dénué d'humour, ce qui ne gâche rien. Il aurait pu être un poil moins victorien, dirigé vers plus de bestialité (en plus on sait qu'il sait le faire). Margot Robbie campe une Jane intelligente, énergique et loin de la demoiselle en détresse, si bien qu'elle fascine le méchant de l'histoire, Christoph Waltz qu'on a connu plus inspiré mais néanmoins très bon. Elle vole presque la vedette à ces messieurs. Samuel Jackson donne un contrepoint humoristique. Humaniste, cette nouvelle version de Tarzan manque peut-être d'un brin d'ambition mais le spectacle est assuré.

8/10